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L'iguanodon (Iguanodon bernissartensis)
Fos.
Iguanodon bernissartensis

Iguanodon

Iguanodon bernissartensis

Aussi appelé Iguanodon, Iguanodon de Bernissart

L’iguanodon était un grand dinosaure herbivore qui vivait en Europe occidentale il y a environ 125 à 120 millions d’années. Les squelettes de Bernissart, en Belgique, permettent de connaître une grande partie de son anatomie. Sa main portait une pointe à la place du pouce, dont la fonction reste discutée.

Époque
Crétacé inférieur, du Barrémien à l’Aptien, il y a environ 125 à 120 millions d’années ; les datations varient selon les gisements.
Découverte
Gideon Mantell a nommé le genre Iguanodon en 1825 à partir de fossiles anglais ; les squelettes découverts à Bernissart, en Belgique, en 1878 ont permis à George Albert Boulenger de nommer Iguanodon bernissartensis en 1881, tandis que les anciennes mentions françaises d'« iguanodons » nécessitent un examen espèce par espèce.
Taille
Environ 8 à 10 mètres de longueur chez les grands individus, avec des estimations atteignant près de 11 mètres selon les reconstitutions.
Poids
Environ 3 à 5 tonnes : une estimation qui varie avec la taille du squelette et la méthode de reconstruction.
Longévité
Inconnue : aucune durée de vie suffisamment établie ne peut être donnée pour cette espèce.
Régime
HerbivoreSon bec et ses dents indiquent une alimentation végétale ; les plantes consommées précisément ne sont pas connues.
Mode de vie
Les nombreux individus de Bernissart rendent une vie en groupe possible, mais ce gisement ne prouve pas à lui seul l’existence de troupeaux permanents.
Famille
Iguanodontidés (Iguanodontidae), ordre des Ornithischiens (Ornithischia)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Europe occidentale : Bernissart, île de Wight et Nehden

Où vivait l’iguanodon ?

Il fréquentait des paysages continentaux comprenant des plaines parcourues de cours d’eau, des zones humides et une végétation abondante.

Principales régions : Belgique, Royaume-Uni, Allemagne.

  • Europe
Sommaire10 parties
  1. À quoi ressemblait l’iguanodon ?
  2. Quand et où vivait l’iguanodon ?
  3. Que mangeait l’iguanodon ?
  4. Comment se déplaçait-il et vivait-il ?
  5. Ce que nous apprennent ses fossiles
  6. Le saviez-vous ?
  7. Ce qu’il en reste
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

À quoi ressemblait l’iguanodon ?

Les squelettes montrent un animal au tronc volumineux, avec des pattes arrière puissantes et une longue queue. Son crâne se terminait par un bec dépourvu de dents à l’avant, tandis que les dents étaient regroupées plus en arrière. La longueur des grands individus est généralement estimée entre 8 et 10 mètres, parfois davantage selon les reconstitutions.

Chaque main possédait cinq doigts aux formes différentes. Le pouce formait une pointe, les trois doigts centraux pouvaient soutenir le poids du corps, et le cinquième était plus mobile. Ces détails sont établis par les os. En revanche, la couleur de sa peau et l’aspect précis des parties molles ne sont pas connus pour cette espèce.

Quand et où vivait l’iguanodon ?

Iguanodon bernissartensis vivait au Crétacé inférieur, au Barrémien et à l’Aptien, approximativement entre 125 et 120 millions d’années. Cette fourchette reste un repère : l’âge exact des couches fossilifères varie selon les études. Il a donc vécu plusieurs dizaines de millions d’années avant le tyrannosaure et avant la disparition des dinosaures non aviens, survenue il y a 66 millions d’années.

Les principaux gisements se trouvent aujourd’hui en Belgique, au Royaume-Uni et en Allemagne. Les points de la carte indiquent Bernissart, le secteur fossilifère du sud-ouest de l’île de Wight et Nehden. Ils localisent des découvertes, sans dessiner toute son aire de vie. À cette époque, le tracé des côtes et la répartition des terres européennes étaient différents.

Que mangeait l’iguanodon ?

Le bec servait probablement à saisir ou à couper les végétaux. Plus loin dans la bouche, les dents présentaient des surfaces d’usure compatibles avec le traitement d’une nourriture végétale. Des dents de remplacement se développaient dans les mâchoires. Ces indices anatomiques établissent son régime herbivore, même si aucun menu détaillé ne peut être reconstitué pour chaque individu.

Des fougères, des prêles et des conifères poussaient dans les paysages qu’il fréquentait ; certaines de ces plantes ont pu faire partie de son alimentation. Leur présence près des fossiles ne démontre toutefois pas qu’il les mangeait toutes. Les mouvements exacts des mâchoires et la manière dont les aliments étaient retenus dans la bouche restent des sujets d’étude.

Comment se déplaçait-il et vivait-il ?

L’anatomie des membres indique qu’il pouvait prendre appui sur quatre pattes et probablement se déplacer aussi sur ses deux pattes arrière. Ses mains étaient adaptées au soutien du corps. La queue restait normalement relevée au-dessus du sol ; des tendons ossifiés, transformés en structures rigides, contribuaient à soutenir l’arrière du corps. Sa vitesse maximale n’est pas connue avec précision.

À Bernissart, de nombreux individus ont été retrouvés dans le même ensemble de dépôts. Cette association a nourri l’hypothèse d’une vie en groupe. Cependant, des animaux morts à des moments différents peuvent aussi être réunis par les processus de dépôt. Les fossiles ne permettent donc pas de décrire avec certitude ses troupeaux, ses relations familiales ou ses habitudes quotidiennes.

Ce que nous apprennent ses fossiles

En 1878, des mineurs ont découvert les premiers ossements de Bernissart dans une mine de charbon, à environ 322 mètres de profondeur. Les fouilles ont livré une trentaine de squelettes d’iguanodontiens, dont beaucoup appartiennent à Iguanodon bernissartensis. Leur conservation a permis d’étudier ensemble le crâne, les mains, les membres et la colonne vertébrale, au lieu de les déduire de quelques os isolés.

Les premières reconstitutions du genre plaçaient la pointe du pouce sur le nez. Les squelettes plus complets ont corrigé cette erreur. Aujourd’hui, les débats portent notamment sur la fonction de cette pointe, les mouvements des mâchoires et les comportements sociaux. Il faut aussi distinguer les espèces : plusieurs anciens « iguanodons » sont désormais classés dans d’autres genres, comme Mantellisaurus.

Le saviez-vous ?

  • 1.Le nom Iguanodon signifie « dent d’iguane » : Mantell avait remarqué une ressemblance entre les dents fossiles et celles des iguanes actuels.
  • 2.Les sculptures historiques de Crystal Palace, à Londres, montrent encore une pointe sur le nez, témoin d’une ancienne interprétation de son pouce.
  • 3.L’iguanodon fait partie des trois genres utilisés par Richard Owen en 1842 pour définir le groupe Dinosauria, avec Megalosaurus et Hylaeosaurus.
  • 4.Les squelettes de Bernissart ont été découverts dans une mine de charbon, mais les animaux vivaient au Crétacé, longtemps après la formation du charbon environnant.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Les squelettes de BernissartLe Museum des Sciences naturelles de Bruxelles conserve et expose les célèbres squelettes provenant de Bernissart. Certaines présentations historiques les montrent dans une posture plus redressée que celle retenue par les reconstitutions actuelles.
  • La découverte sur placeLe Musée de l’iguanodon, à Bernissart, présente un squelette provenant du gisement local et retrace la découverte dans la mine. Vérifiez les horaires auprès du musée avant votre visite.
  • La galerie de ParisLa Galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, présente un moulage d’iguanodon de Bernissart parmi ses squelettes de vertébrés fossiles.

Questions fréquentes

À quoi servait la pointe de son pouce ?

La pointe est bien connue grâce aux fossiles, mais son usage reste incertain. Elle aurait pu servir à se défendre ou à interagir avec d’autres animaux. Aucune trace ne permet de choisir définitivement une fonction. La présenter comme une arme dont on connaîtrait l’emploi exact dépasserait les preuves disponibles.

Marchait-il sur deux pattes ou sur quatre ?

Ses membres montrent qu’il pouvait soutenir son corps sur quatre pattes. Une locomotion sur les deux pattes arrière est également considérée comme possible. Les chercheurs étudient les articulations et les proportions du squelette pour reconstruire ces mouvements, sans pouvoir observer la fréquence de chaque posture chez un animal vivant.

A-t-on trouvé cet iguanodon en France ?

Des fossiles français ont été historiquement attribués à des « iguanodons » ou à des dinosaures proches. Ces noms anciens ne suffisent pas à établir la présence d’iguanodon bernissartensis. Cette fiche retient donc les principaux gisements documentés de Belgique, du Royaume-Uni et d’Allemagne, sans ajouter de point français incertain.

Vivait-il avec le tyrannosaure ?

Non. Iguanodon bernissartensis vivait en Europe occidentale il y a environ 125 à 120 millions d’années. Tyrannosaurus rex vivait en Amérique du Nord il y a environ 68 à 66 millions d’années. Plus de 50 millions d’années séparent donc les périodes durant lesquelles ces deux espèces ont vécu.

Pourquoi a-t-il disparu ?

La cause précise de la disparition de cette espèce n’est pas connue. Ses derniers fossiles connus sont beaucoup plus anciens que l’extinction de fin du Crétacé, il y a 66 millions d’années. On ne peut donc pas attribuer sa disparition à l’impact d’astéroïde associé à cette extinction.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Où se trouvait la pointe caractéristique de l’iguanodon ?
  2. 2.Quel indice permet d’établir son régime herbivore ?
  3. 3.Que peut-on conclure des nombreux squelettes de Bernissart ?

Autour de cet animal

Sources

  1. Natural History Museum de Londres, « Iguanodon », Dino Directory nhm.ac.uk
  2. Indiana University Press, « Bernissart Dinosaurs and Early Cretaceous Terrestrial Ecosystems », ouvrage scientifique dirigé par Pascal Godefroit iupress.org
  3. Wikipédia, Iguanodon fr.wikipedia.org

Mis à jour le . Datations et mensurations selon les publications scientifiques ; elles évoluent avec les nouvelles découvertes

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