
Ibis de La Réunion
Threskiornis solitarius
Aussi appelé Solitaire de La Réunion, Solitaire de Bourbon
L’ibis de La Réunion vivait uniquement sur cette île française de l’océan Indien. Les voyageurs l’appelaient « solitaire », et son identité resta longtemps brouillée par les récits de dodos. Ses ossements révélèrent qu’il appartenait aux ibis. Il disparut au début du XVIIIe siècle, après l’installation humaine et l’arrivée d’animaux introduits.
- Statut
- ÉteinteDisparu au début du XVIIIe siècle, probablement vers 1710 ; les derniers témoignages généralement retenus datent de 1708.
- Taille
- Environ 65 à 75 cm de longueur totale, estimation issue des reconstitutions ; aucune mesure d’un oiseau vivant n’est disponible.
- Poids
- Inconnu : aucune pesée fiable n’a été conservée.
- Longévité
- Inconnue dans la nature ; aucun suivi en captivité n’est documenté.
- Régime
- CarnivoreIl aurait mangé des vers et d’autres petits animaux trouvés au sol, mais son alimentation exacte reste mal connue.
- Mode de vie
- Diurne, souvent solitaire, selon les récits anciens
- Famille
- Threskiornithidés (Threskiornithidae), ordre des Pélécaniformes (Pelecaniformes)
Fiche vérifiée le · 4 min de lecture
Où vivait l’ibis de La Réunion ?
Il fréquentait les milieux terrestres de La Réunion, notamment des secteurs boisés, et les derniers récits le situaient dans les hauteurs.
Principales régions : France (La Réunion).
- Afrique
Aucun individu vivant : l’espèce est éteinte.
Sommaire11 parties
À quoi ressemblait l’ibis de La Réunion ?
Les voyageurs décrivaient un grand oiseau au plumage surtout blanc, avec des parties sombres aux ailes et à l’arrière du corps. Son bec était relativement long. Ces descriptions avaient été rédigées sans photographie ni mesure standardisée : elles donnaient des indices, mais ne permettaient pas de reconstituer chaque détail de son apparence.
Les ossements montraient qu’il appartenait à la famille des ibis. Sa longueur totale aurait été de l’ordre de 65 à 75 cm, selon les reconstitutions. Il se déplaçait beaucoup au sol et semblait voler difficilement. L’idée d’un oiseau entièrement incapable de voler n’était toutefois pas démontrée par les témoignages et les restes disponibles.
Où vivait l’ibis de La Réunion ?
Son aire naturelle se limitait à La Réunion, dans les Mascareignes, à l’est de Madagascar. Aucun peuplement sauvage n’était connu à Maurice ou à Rodrigues. Les récits anciens évoquaient des oiseaux dans des secteurs terrestres boisés, puis surtout dans les hauteurs, à mesure que l’occupation humaine progressait.
Les mentions tardives situaient les derniers oiseaux loin des zones les plus fréquentées. Elles ne permettaient cependant pas de tracer une carte précise de sa répartition ni de fixer une altitude maximale. Les lieux de découverte des ossements renseignaient sur sa présence passée, sans décrire à eux seuls tous les habitats qu’il utilisait.
Que mangeait-il ?
Son alimentation n’avait pas été étudiée scientifiquement de son vivant. Certains récits mentionnaient des vers, et sa parenté avec les ibis rendait plausible la capture de petits animaux au sol. Il aurait pu fouiller la terre ou la litière avec son bec, mais la proportion d’insectes, de vers ou d’autres proies demeurait inconnue.
Comment se comportait-il ?
Le nom « solitaire » venait des rencontres rapportées avec des oiseaux souvent isolés. Il ne prouvait pas que l’espèce évitait toujours ses congénères. Les voyageurs signalaient aussi qu’elle se laissait approcher et pouvait être poursuivie au sol. Sur une île sans mammifères prédateurs indigènes, cette faible méfiance avait pu faciliter sa capture.
Les descriptions évoquaient un vol limité et des déplacements terrestres fréquents. Une activité surtout diurne était probable, comme chez beaucoup d’ibis, mais aucun suivi ne l’avait confirmée. Les cris, les distances parcourues et les éventuels rassemblements saisonniers n’avaient pas été décrits avec assez de précision pour être reconstitués.
Que savait-on de sa reproduction ?
La reproduction était très mal documentée. Aucun ensemble d’observations fiables ne précisait la saison de ponte, le nombre d’œufs ou la durée d’incubation. Le lieu exact des nids restait également incertain. Les habitudes d’autres ibis pouvaient suggérer des pistes de recherche, sans permettre d’attribuer les mêmes comportements à cette espèce disparue.
Le saviez-vous ?
- 1.L’île s’appelait Bourbon dans de nombreux récits anciens, ce qui expliquait le nom « solitaire de Bourbon ».
- 2.Le « dodo blanc » longtemps attribué à La Réunion provenait d’une confusion historique ; les ossements locaux avaient révélé un ibis.
- 3.Le solitaire de Rodrigues appartenait à la famille des pigeons : malgré leur nom partagé, ces deux oiseaux n’étaient pas proches parents.
- 4.Des ossements découverts plusieurs siècles après sa disparition avaient permis de corriger son identité zoologique, sans retrouver un seul oiseau vivant.
Pourquoi l’ibis de La Réunion a disparu
Chasse pour la viande
Les habitants et les visiteurs capturaient cet oiseau pour le manger. Sa faible méfiance et ses déplacements fréquents au sol le rendaient vulnérable.
Animaux introduits
Les mammifères apportés par les humains, notamment les rats, les chats et les porcs, avaient probablement accru la pression sur les oiseaux et leur reproduction. La part exacte de chaque prédateur dans cette disparition restait inconnue.
Transformation des milieux
L’installation humaine s’accompagnait de défrichements et d’une fréquentation croissante de l’île. Ces changements s’ajoutaient à la chasse, sans qu’il soit possible de mesurer séparément leur contribution.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Ossements et collectionsDes restes subfossiles constituaient les principaux témoins matériels de l’espèce ; des collections du Natural History Museum de Londres en conservaient. Aucun spécimen naturalisé authentifié n’était connu.
- Identification scientifiqueLes travaux anatomiques publiés à la fin du XXe siècle avaient rapproché les ossements d’ibis des descriptions historiques du solitaire. Ce recoupement avait corrigé l’ancienne attribution à un dodo.
- Archives historiquesLes récits anciens avaient conservé des indications sur son aspect, sa capture et ses derniers refuges. Leur comparaison avec les restes osseux avait permis une reconstitution partielle, avec de nombreuses inconnues sur sa biologie.
Questions fréquentes
Était-ce le dodo de La Réunion ?
Non. Le dodo vivait à Maurice et appartenait à la famille des pigeons. L’oiseau appelé « solitaire » à La Réunion était un ibis. Cette identification repose sur le rapprochement entre les descriptions anciennes et les ossements subfossiles retrouvés sur l’île.
Quand a-t-il exactement disparu ?
La date exacte est inconnue. Les derniers témoignages généralement retenus remontent à 1708, et la disparition est habituellement située vers 1710. Aucun dernier individu identifié n’a été suivi : cette date approximative ne correspond donc pas à un décès observé.
Pouvait-il voler ?
Il semblait capable de voler, mais avec des capacités limitées d’après les récits anciens et l’étude de son squelette. Il passait beaucoup de temps au sol. Le présenter comme totalement incapable de voler irait au-delà de ce que les données permettent d’affirmer.
Peut-on encore l’observer en France ?
Vous ne pouvez plus l’observer vivant, y compris à La Réunion, son unique aire naturelle. Il n’existe aucune population captive connue. Son statut mondial est EX, pour « éteint » ; il ne faut donc pas le présenter comme une espèce actuelle de la faune française.
Pourquoi ses couleurs restent-elles incertaines ?
Aucun spécimen naturalisé authentifié n’a été conservé. Les ossements renseignent sur l’anatomie, mais pas sur les couleurs des plumes. Les reconstitutions utilisent donc les descriptions des voyageurs, parfois imprécises, et des comparaisons avec des ibis vivants.
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Sources
- BirdLife International, DataZone : fiche d’espèce Reunion Ibis, Threskiornis solitarius datazone.birdlife.org
- UICN, Liste rouge mondiale : Threskiornis solitarius iucnredlist.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





