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Le grand pingouin (Pinguinus impennis)
EX
Pinguinus impennis

Grand Pingouin

Pinguinus impennis

Le grand pingouin était un oiseau marin de l’Atlantique Nord, incapable de voler, qui poursuivait les poissons sous l’eau avec ses petites ailes. Il rejoignait des îlots rocheux pour pondre un unique œuf. Chassé pendant des siècles, puis recherché par les collectionneurs lorsqu’il devint rare, il disparut au milieu du XIXe siècle.

Statut
ÉteinteDisparu au milieu du XIXe siècle ; le dernier couple dont la mort est solidement documentée fut tué le 3 juin 1844 sur l’île d’Eldey, en Islande.
Taille
Environ 70 à 85 cm de longueur totale chez l’adulte.
Poids
Environ 4 à 5 kg chez l’adulte, avec des variations saisonnières probablement importantes.
Longévité
Longévité mal connue : aucune estimation suffisamment solide dans la nature ou en captivité.
Régime
Mangeur de poissonsIl mangeait surtout des poissons, ainsi que certains crustacés capturés sous l’eau.
Mode de vie
Diurne, en colonies pendant la reproduction
Famille
Alcidés (Alcidae), ordre des Charadriiformes

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Ancienne aire : côtes et îles de l’Atlantique Nord

Où vivait le grand pingouin ?

Il fréquentait les eaux côtières de l’Atlantique Nord et se reproduisait sur des îlots rocheux accessibles à la nage.

Principales régions : Canada, Groenland, Islande, Royaume-Uni, Irlande, Norvège, France, États-Unis.

  • Europe
  • Amérique du Nord et centrale
  • Océans

Aucun individu vivant : l’espèce est éteinte selon l’UICN.

Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaissait-on le grand pingouin ?
  2. Où vivait le grand pingouin ?
  3. Que mangeait-il ?
  4. Comment se comportait-il ?
  5. Comment se reproduisait-il ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Disparition
  8. Ce qu’il en reste
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaissait-on le grand pingouin ?

Cet oiseau avait le dos et la tête noirs, avec un ventre blanc. Son gros bec sombre portait des sillons transversaux bien visibles. Au printemps et en été, une tache blanche se détachait devant chaque œil. En hiver, cette marque changeait d’aspect et la gorge devenait plus claire.

Ses ailes étaient très courtes par rapport à son corps, ce qui rendait le vol impossible. Ses pattes, placées vers l’arrière, et ses pieds palmés convenaient à la nage. À terre, il se tenait assez droit et se déplaçait avec difficulté. Sa silhouette rappelait celle d’un manchot, sans appartenir à la même famille.

Où vivait le grand pingouin ?

Son aire s’étendait de part et d’autre de l’Atlantique Nord. Des colonies étaient connues notamment à Terre-Neuve, en Islande et sur certaines îles britanniques. L’île Funk, au large de Terre-Neuve, avait accueilli une importante colonie. Les lieux de reproduction devaient permettre à cet oiseau incapable de voler de sortir de l’eau.

Il passait une grande partie de sa vie en mer et revenait à terre pour se reproduire. En France, des vestiges archéologiques attestaient sa présence ancienne, notamment sur la façade atlantique. Ces découvertes ne permettaient pas de restituer précisément tous ses déplacements ni de localiser avec certitude des colonies historiques sur les côtes françaises.

Que mangeait-il ?

Il capturait principalement des poissons en plongeant. Les reconstitutions de son alimentation mentionnaient notamment des poissons vivant en bancs, comme les capelans, ainsi que des crustacés. Son bec robuste lui permettait de saisir ses proies. Les connaissances restaient toutefois limitées, car peu d’observations détaillées avaient précédé sa disparition.

Sous l’eau, il se propulsait avec ses ailes, comme les autres alcidés plongeurs. Ses pieds participaient aux changements de direction. Cette manière de nager lui permettait de poursuivre des proies mobiles. La profondeur maximale de ses plongées et la durée habituelle de ses immersions n’avaient pas été mesurées de façon fiable.

Comment se comportait-il ?

Pendant la reproduction, les oiseaux se rassemblaient en colonies sur un nombre limité d’îlots. Cette concentration facilitait leur capture par les humains. À terre, ils ne pouvaient ni s’envoler ni gagner facilement des falaises abruptes. Des récits décrivaient leur capture en grand nombre, parfois en les poussant ensemble vers un lieu d’abattage.

En mer, il était beaucoup plus mobile que sur les rochers. Les observations anciennes décrivaient un nageur efficace, capable de s’éloigner rapidement à la surface ou de plonger. Son comportement hors de la saison de reproduction restait peu documenté : les naturalistes ne disposaient ni de suivi individuel ni d’observations continues.

Comment se reproduisait-il ?

La femelle pondait un seul gros œuf, directement sur le rocher, sans construire de nid élaboré. La coquille présentait des taches et des traits sombres dont le dessin variait d’un œuf à l’autre. Les adultes se relayaient pour le couver. Les descriptions anciennes situaient la reproduction à la fin du printemps et au début de l’été.

Avec un seul œuf par ponte, chaque prélèvement supprimait toute la descendance immédiate d’un couple. La capture des adultes réduisait aussi les possibilités de reproduction des années suivantes. L’âge de la première reproduction, la durée exacte de l’incubation et les étapes de croissance du jeune n’étaient pas suffisamment documentés pour être établis avec certitude.

Le saviez-vous ?

  • 1.Malgré sa silhouette, il appartenait à la famille du petit pingouin et des macareux, tandis que les manchots appartiennent aux Sphéniscidés.
  • 2.Sur l’île Funk, à Terre-Neuve, les accumulations d’ossements témoignaient de l’exploitation intensive d’une ancienne colonie par les humains.
  • 3.En 1844, le dernier couple connu fut tué sur Eldey ; l’œuf qu’il couvait fut également détruit.
  • 4.Les motifs des œufs conservés variaient d’un exemplaire à l’autre, ce qui permet aujourd’hui de comparer et d’identifier certaines pièces de collection.

Pourquoi le grand pingouin a disparu

  • Chasse intensive

    Les oiseaux furent capturés pour leur viande, leurs plumes, leur graisse et parfois comme appâts. Leur incapacité à voler et leur regroupement à terre permettaient des prélèvements massifs.

  • Récolte des œufs

    Les humains ramassaient leurs œufs pour les consommer ou les collectionner. Comme chaque femelle n’en pondait qu’un, ces prélèvements compromettaient fortement le renouvellement des colonies.

  • Collection des derniers individus

    Lorsque l’espèce devint rare, ses peaux et ses œufs furent davantage recherchés par les collectionneurs. Cette demande contribua à la mise à mort des derniers oiseaux connus.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Spécimens à LondresLe Natural History Museum de Londres conserve des spécimens naturalisés et des œufs de grand pingouin. Ces collections permettent d’étudier sa morphologie et l’histoire de sa disparition.
  • Collections à OxfordL’Oxford University Museum of Natural History conserve du matériel de cette espèce, dont un spécimen naturalisé. Les musées préservent ainsi des éléments irremplaçables pour la recherche et la transmission au public.
  • Études de l’ADN ancienDes travaux scientifiques ont analysé l’ADN de restes de grands pingouins pour étudier leur diversité génétique et leur histoire démographique. Aucun grand pingouin vivant n’a été recréé.

Questions fréquentes

Quelle différence y avait-il entre le grand pingouin et un manchot ?

Le grand pingouin appartenait aux Alcidés, une famille qui comprend les macareux et le petit pingouin. Les manchots appartiennent aux Sphéniscidés. Les deux groupes avaient acquis des adaptations ressemblantes à la nage, mais le grand pingouin vivait dans l’Atlantique Nord et n’était pas un manchot.

Quand le dernier grand pingouin est-il mort ?

Le dernier couple dont la mise à mort est solidement documentée fut tué le 3 juin 1844 sur Eldey, en Islande. Des observations plus tardives ont été rapportées, mais elles ne permettent pas de fixer avec certitude la mort du tout dernier individu. On situe donc sa disparition au milieu du XIXe siècle.

Peut-on encore observer cet oiseau en France ?

Aucun individu vivant ne peut être observé, en France ou ailleurs. Sa présence ancienne en France est attestée par des vestiges archéologiques. Son statut mondial est EX, éteint ; il ne faut pas le confondre avec le petit pingouin, encore présent sur nos côtes. Il n’existe donc aucune période actuelle d’observation.

Quel était son statut de protection en France ?

Sa disparition avait précédé les dispositifs modernes de protection de la faune française. Le statut mondial EX décrit son extinction ; il ne doit pas être présenté comme une catégorie nationale française vérifiée. Aujourd’hui, la protection de ses restes peut relever des règles applicables aux collections patrimoniales et aux découvertes archéologiques.

Pourrait-on faire revenir le grand pingouin ?

Des scientifiques peuvent extraire des fragments d’ADN de certains restes conservés. Cela permet d’étudier l’espèce, sans disposer d’un animal vivant ni d’un œuf viable. Aucun grand pingouin n’a été recréé, et les difficultés biologiques restent considérables. Protéger les espèces encore vivantes évite de dépendre d’une éventuelle recréation.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quoi servaient surtout les petites ailes du grand pingouin ?
  2. 2.Combien d’œufs la femelle pondait-elle par ponte ?
  3. 3.Où le dernier couple connu fut-il tué en 1844 ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Pinguinus impennis iucnredlist.org
  2. BirdLife International, DataZone : Great Auk, Pinguinus impennis datazone.birdlife.org
  3. Natural History Museum, collections et ressources sur le grand pingouin nhm.ac.uk

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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