
Gélada
Theropithecus gelada
Aussi appelé babouin gélada
Le gélada est un singe vivant uniquement dans les hautes terres d’Éthiopie, où il broute l’herbe assis sur ses hanches. Sa poitrine marquée d’une zone rouge et son organisation sociale complexe le distinguent des autres singes africains. L’espèce est classée en préoccupation mineure par l’UICN, mais ses populations diminuent localement.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation en baisse
- Taille
- Corps de 50 à 75 cm, queue de 30 à 50 cm
- Poids
- Mâles de 14 à 20 kg, femelles de 8 à 14 kg
- Longévité
- Environ 15 ans dans la nature, jusqu’à plus de 20 ans en parc zoologique
- Régime
- HerbivoreIl mange surtout des herbes et des graminées, ainsi que des feuilles, des graines, des fleurs et parfois de petits invertébrés.
- Mode de vie
- Diurne, en unités familiales réunies en grands groupes
- Famille
- Cercopithécidés (Cercopithecidae), ordre des Primates
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Où vit le gélada ?
Il fréquente les hauts plateaux herbeux et les falaises d’Éthiopie, généralement entre 1 800 et 4 400 mètres d’altitude.
Principales régions : Éthiopie.
- Afrique
Plus de 200 000 individus selon l’UICN, avec une estimation ancienne et incertaine.
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le gélada ?
Le gélada possède un corps trapu couvert d’une longue fourrure brun doré. Sa face sombre est entourée de poils plus clairs, et son museau rappelle celui des babouins. La caractéristique la plus visible se trouve sur sa poitrine : une zone de peau presque nue, rouge et en forme de sablier, surtout marquée chez les mâles adultes.
Le mâle porte une crinière abondante autour de la tête et des épaules. Il peut aussi présenter une poitrine plus colorée et des canines plus longues que celles de la femelle. La queue mesure souvent 30 à 50 centimètres et se termine par un pinceau de poils.
Ses doigts fins l’aident à saisir les tiges. Il se déplace fréquemment assis, les hanches posées sur le sol, puis avance en s’appuyant sur ses mains. Cette posture est adaptée à sa manière de brouter les herbes courtes des plateaux.
Où vit le gélada ?
L’espèce est endémique de l’Éthiopie, ce qui signifie qu’elle ne vit naturellement nulle part ailleurs. Elle occupe des plateaux d’altitude, des pentes herbeuses et les abords de falaises, dans des paysages souvent ouverts et soumis à de fortes variations de température entre le jour et la nuit.
Les géladas dorment généralement sur des corniches rocheuses ou dans des parois escarpées. Le matin, ils quittent ces refuges pour gagner les prairies où ils se nourrissent. Les falaises leur offrent une protection contre plusieurs prédateurs terrestres.
On les rencontre notamment dans le parc national du Simien, dans la zone de conservation communautaire de Guassa et dans d’autres massifs des hauts plateaux éthiopiens. L’agriculture gagne toutefois certaines prairies, ce qui réduit et fragmente leur habitat.
Que mange le gélada ?
Le gélada est le seul primate vivant presque exclusivement d’herbes. Il s’assoit, tire une touffe vers lui avec une main, puis coupe les brins avec ses incisives. Il consomme aussi des graines, des fleurs, des feuilles et des tiges lorsque les graminées sont moins abondantes.
Les doigts jouent un rôle précis pendant le repas. Une main maintient la plante tandis que les lèvres et les dents sélectionnent les parties les plus tendres. Cette alimentation explique pourquoi il fréquente surtout les prairies rases plutôt que les forêts denses.
De petits invertébrés peuvent être avalés occasionnellement, mais ils représentent une faible part de son régime. Dans certaines régions, les troupeaux domestiques utilisent les mêmes pâturages, ce qui augmente la concurrence pour l’herbe disponible.
Comment vit le gélada ?
La société du gélada s’organise en plusieurs niveaux. Une petite unité réunit souvent un mâle reproducteur, plusieurs femelles et leurs jeunes. Plusieurs unités se déplacent ensuite ensemble, formant des groupes qui peuvent compter plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’animaux.
Les femelles restent souvent dans leur groupe d’origine et entretiennent entre elles des liens durables. Elles se toilettent, se reposent côte à côte et participent à la surveillance des jeunes. Les cris, les mimiques et les mouvements des lèvres permettent de maintenir les contacts dans les grands rassemblements.
Le mâle défend l’accès aux femelles et peut être remplacé par un autre mâle. Les conflits sont souvent accompagnés de postures, de vocalisations et de démonstrations de la poitrine. Le gélada passe la nuit sur les falaises et la journée à se nourrir dans les prairies.
Comment se reproduit le gélada ?
La femelle donne généralement naissance à un seul petit après une gestation d’environ cinq à six mois. Le nouveau-né s’accroche d’abord au ventre de sa mère, puis se place sur son dos lorsqu’il grandit. La mère le porte et l’allaite pendant plusieurs mois.
La poitrine de la femelle peut changer d’aspect pendant sa période fertile. Le mâle surveille les femelles de son unité et intervient lorsque des rivaux tentent de s’approcher. Les relations sociales influencent donc fortement les accouplements.
Le jeune commence à explorer l’herbe et les déplacements du groupe avant de devenir autonome. Les naissances sont espacées, souvent d’un an et demi à deux ans, car les soins et l’allaitement demandent beaucoup de temps.
Le saviez-vous ?
- 1.Le gélada est parfois appelé babouin, mais il appartient à un genre distinct et se nourrit surtout d’herbes.
- 2.Chez cette espèce, la marche assise permet de brouter sans arracher toute la plante.
- 3.Un grand rassemblement peut réunir plusieurs centaines de géladas, tout en restant organisé en petites unités familiales.
- 4.Ses vocalisations comprennent des sons complexes qui aident les membres du groupe à rester en contact.
Ce qui menace le gélada
Prairies transformées
L’extension des cultures et des pâturages domestiques réduit les prairies d’altitude nécessaires à son alimentation. Les routes et les implantations humaines fragmentent aussi certains secteurs.
Conflits locaux
Les géladas peuvent être tués lorsqu’ils sont perçus comme concurrents des troupeaux ou des cultures. Ces persécutions touchent surtout les populations vivant près des terres agricoles.
Population fragmentée
L’espèce reste commune dans plusieurs massifs, mais certaines populations isolées diminuent. Leur séparation limite les échanges entre groupes et augmente leur vulnérabilité locale.
Protéger le gélada
- Aires protégéesLe gélada vit notamment dans le parc national du Simien et dans la zone de conservation communautaire de Guassa, où la protection des prairies et des falaises soutient les populations.
- Protection internationaleTheropithecus gelada figure à l’annexe II de la CITES. Son commerce international doit donc être contrôlé au moyen de documents officiels, selon la législation applicable.
- Élevage coordonnéDes zoos européens participent à la gestion d’élevage de l’espèce dans le cadre des programmes de l’EAZA, afin de maintenir une population captive diversifiée et de sensibiliser le public.
Questions fréquentes
Le gélada est-il un babouin ?
Il est souvent surnommé babouin gélada, mais il appartient au genre Theropithecus, tandis que les babouins appartiennent au genre Papio. Ces primates sont proches, car ils font partie de la même famille, les Cercopithécidés. Le gélada se distingue surtout par son régime presque entièrement composé d’herbes.
Pourquoi sa poitrine est-elle rouge ?
La poitrine porte une zone de peau peu poilue dont la couleur varie avec l’âge, le sexe et l’état reproducteur. Chez le mâle adulte, elle est souvent rouge et entourée de longs poils. Elle intervient probablement dans les signaux visuels entre individus, notamment pendant les interactions sociales.
Le gélada peut-il vivre dans une forêt tropicale ?
Il fréquente surtout les prairies et les pentes ouvertes des hauts plateaux. Quelques arbustes ou zones boisées peuvent se trouver près de son habitat, mais une forêt dense ne fournit pas les vastes étendues d’herbe dont il dépend. Son mode de vie est donc lié aux milieux montagneux ouverts.
Peut-on observer des géladas en France ?
Il n’existe pas de population sauvage en France. Certains parcs zoologiques peuvent toutefois accueillir l’espèce dans le cadre de programmes d’élevage européens. Pour une observation responsable, renseignez-vous sur les conditions d’accueil du parc et sur les projets de conservation qu’il soutient.
Le gélada est-il dangereux pour les humains ?
Un animal sauvage reste imprévisible lorsqu’il se sent menacé, surtout un mâle adulte défendant son groupe. Les géladas vivant en parc zoologique ne doivent jamais être touchés ni nourris. En Éthiopie, il faut garder ses distances, ne pas bloquer leur passage et suivre les consignes des guides.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- EAZA, European Association of Zoos and Aquaria eaza.net
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





