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La fourmi rousse (Formica rufa)
NT
Formica rufa

Fourmi rousse

Formica rufa

Aussi appelé Fourmi rousse des bois

La fourmi rousse construit en forêt des dômes de brindilles et d’aiguilles, habités par des milliers d’ouvrières. Présente en France, elle chasse de petits invertébrés et récolte le liquide sucré produit par les pucerons. Son classement mondial « quasi menacée » repose sur une ancienne évaluation : il ne permet pas de connaître précisément sa situation actuelle.

Statut
Quasi menacéepopulation inconnue
Taille
Corps des ouvrières : environ 4 à 9 mm ; reines : environ 9 à 11 mm.
Poids
Quelques milligrammes pour une ouvrière ; le poids varie avec sa taille et le contenu de son abdomen.
Longévité
Les ouvrières peuvent vivre plusieurs années et les reines dépasser dix ans ; les durées rapportées varient selon les conditions et les sources.
Régime
OmnivoreElle consomme surtout le miellat sucré des pucerons, ainsi que des insectes et d’autres petits invertébrés, capturés ou trouvés morts.
Mode de vie
Diurne, en colonies de dizaines à centaines de milliers d’ouvrières
Famille
Formicidés (Formicidae), ordre des Hyménoptères (Hymenoptera)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Europe et partie occidentale de l’Asie, jusqu’en Sibérie

Où vit la fourmi rousse ?

Elle fréquente les forêts tempérées de feuillus, de conifères ou mixtes, notamment leurs lisières et leurs clairières, en plaine comme en montagne.

Principales régions : France, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Suisse, Pologne, Suède, Russie.

  • Europe
  • Asie
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître la fourmi rousse
  2. Où vit la fourmi rousse ?
  3. Que mange-t-elle en forêt ?
  4. Comment fonctionne la colonie ?
  5. Comment naissent les nouvelles fourmis ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître la fourmi rousse

Une ouvrière possède six pattes, des antennes coudées et une taille étroite entre le thorax et l’abdomen. Son corps associe des parties brun-rouge et des zones sombres, notamment sur l’abdomen. La coloration varie d’un individu à l’autre. Les ouvrières d’une même colonie peuvent aussi avoir des tailles différentes.

Le nom « fourmi rousse » désigne souvent plusieurs espèces forestières proches, dont Formica polyctena et Formica lugubris. Pour reconnaître précisément Formica rufa, les naturalistes examinent notamment la répartition des poils avec un fort grossissement. Si vous voyez un grand dôme en forêt, vous pouvez reconnaître un nid de fourmis rousses sans pouvoir donner avec certitude le nom de l’espèce.

Où vit la fourmi rousse ?

Son aire naturelle couvre une grande partie de l’Europe et se prolonge en Asie. Elle habite des forêts de feuillus, de conifères ou mixtes. Les lisières et les clairières lui permettent de profiter du soleil tout en restant près des arbres où vivent les pucerons qu’elle exploite.

En France, cherchez les dômes dans les massifs boisés, notamment dans l’Est, le Centre et les régions de relief ; sa répartition n’est toutefois pas limitée à ces secteurs. L’observation est généralement plus facile du printemps à l’automne, par temps doux. Restez sur le chemin : les pistes d’ouvrières peuvent s’étendre bien au-delà du monticule visible.

Que mange-t-elle en forêt ?

Le miellat est un liquide sucré rejeté par les pucerons lorsqu’ils se nourrissent de la sève des plantes. Les ouvrières le récoltent sur les arbres, puis le rapportent au nid dans une poche digestive appelée jabot. Elles peuvent ensuite en transmettre une partie à d’autres fourmis, de bouche à bouche.

Les insectes et les autres petits invertébrés apportent notamment les protéines nécessaires à la croissance des larves. Les ouvrières capturent des proies et récupèrent aussi des animaux morts. Elles participent ainsi aux relations entre espèces de la forêt ; leur présence ne signifie cependant pas que tous les insectes susceptibles d’abîmer les arbres disparaissent.

Comment fonctionne la colonie ?

Les ouvrières entretiennent le nid, nourrissent les larves et recherchent la nourriture. Des substances odorantes, les phéromones, les aident à suivre des trajets et à transmettre une alerte. Une colonie peut compter des dizaines à des centaines de milliers d’ouvrières, avec une ou plusieurs reines selon son organisation.

Le dôme rassemble des aiguilles, des brindilles et d’autres débris végétaux au-dessus de chambres souterraines. Sa structure et le choix de son emplacement contribuent à réguler la température du nid. Pour se défendre, les ouvrières mordent et projettent une sécrétion contenant de l’acide formique : elles n’ont pas d’aiguillon fonctionnel.

Comment naissent les nouvelles fourmis ?

Les reines pondent des œufs qui donnent des larves sans pattes, nourries par les ouvrières. Les larves deviennent ensuite des nymphes, généralement protégées par un cocon, avant d’émerger comme adultes. Les ouvrières sont des femelles habituellement non reproductrices. À certaines périodes, la colonie produit aussi des mâles et de futures reines ailées.

Après l’accouplement, une jeune reine perd ses ailes. Elle peut être accueillie dans une colonie existante ou fonder une colonie en utilisant temporairement les ouvrières d’une autre espèce de Formica, notamment du groupe de Formica fusca. De nouvelles colonies peuvent également apparaître par division, lorsque des reines partent avec des ouvrières.

Le saviez-vous ?

  • 1.Le grand monticule que vous voyez ne constitue qu’une partie du nid : des chambres et des galeries se prolongent sous terre.
  • 2.Une ouvrière peut transporter du miellat dans son jabot, puis le partager avec une compagne par un échange de bouche à bouche.
  • 3.Les objets blancs parfois appelés « œufs de fourmis » sont souvent des cocons contenant des nymphes, un stade situé entre la larve et l’adulte.
  • 4.Les ouvrières entretiennent des pistes entre le nid et les arbres nourriciers ; vous pouvez parfois suivre leur trajet du regard sur plusieurs mètres.

Ce qui menace la fourmi rousse

  • Destruction des nids

    Le passage d’engins forestiers, le terrassement ou le piétinement peuvent détruire le dôme et les chambres du nid. Les colonies proches des chemins sont particulièrement exposées aux perturbations humaines.

  • Modification des forêts

    Les coupes et les changements de couvert forestier peuvent modifier brutalement la température du nid et supprimer des arbres nourriciers. Les effets dépendent de l’ampleur des travaux et de la conservation des habitats voisins.

  • Produits insecticides

    Les insecticides peuvent atteindre directement les ouvrières ou réduire leurs ressources alimentaires. Leur emploi près des lisières et des nids expose aussi d’autres invertébrés forestiers.

Protéger la fourmi rousse

  • Évaluation mondiale ancienneLa Liste rouge mondiale de l’UICN classe Formica rufa comme quasi menacée, à partir d’une évaluation de 1996. Ce classement ancien ne constitue pas un bilan récent de l’état de ses populations.
  • Statut en FranceL’espèce ne dispose pas d’une évaluation dans une Liste rouge nationale française des fourmis et ne figure pas sur la liste nationale des insectes protégés. Des règles locales ou propres aux espaces protégés peuvent néanmoins interdire les prélèvements et la dégradation des nids.
  • Préservation des coloniesLors de travaux forestiers, repérer les dômes et éviter leur destruction permet de conserver les colonies en place. Maintenir les arbres nourriciers et une mosaïque de zones boisées et de clairières préserve leurs ressources.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

La fourmi rousse peut-elle piquer ?

Elle n’a pas d’aiguillon fonctionnel, mais elle peut mordre et projeter une sécrétion acide pour défendre son nid. Évitez de manipuler les ouvrières et de vous pencher juste au-dessus du dôme. En cas de projection dans l’œil, rincez immédiatement et abondamment à l’eau ; une douleur persistante nécessite un avis médical rapide.

Toutes les grandes fourmilières des bois appartiennent-elles à cette espèce ?

Plusieurs espèces du groupe des fourmis rousses construisent des dômes semblables. Formica rufa, Formica polyctena et Formica lugubris peuvent être difficiles à distinguer sur le terrain. La forme du nid et sa localisation donnent des indices, mais l’identification précise demande souvent l’examen des ouvrières par une personne spécialisée.

Est-elle protégée en France ?

Formica rufa ne figure pas sur la liste nationale des insectes protégés en France. Elle n’a pas non plus de catégorie issue d’une Liste rouge nationale française des fourmis. Dans une réserve ou un autre espace réglementé, la destruction des nids et la collecte d’animaux peuvent toutefois être interdites : consultez les règles du lieu.

Pourquoi les fourmis restent-elles près des pucerons ?

Les pucerons rejettent un liquide riche en sucres, le miellat, que les ouvrières récoltent. Cette ressource leur fournit de l’énergie. Les fourmis peuvent en échange défendre les pucerons contre certains prédateurs. Cette relation explique les files d’ouvrières qui montent et descendent le long des troncs.

Peut-on installer une colonie dans son jardin ?

Prélever un dôme risque de tuer une grande partie de la colonie, car le nid se prolonge sous terre et dépend des ressources alentour. Un jardin ordinaire ne convient pas forcément à cette fourmi forestière. Si une colonie vit déjà sur votre terrain, conservez son emplacement et évitez les traitements insecticides.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle ressource sucrée les ouvrières récoltent-elles surtout sur les arbres ?
  2. 2.Où se trouve le nid d’une fourmi rousse ?
  3. 3.Quel geste permet d’observer une fourmilière sans la perturber ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species, fiche Formica rufa iucnredlist.org
  2. MNHN et OFB, Inventaire national du patrimoine naturel, fiche Formica rufa inpn.mnhn.fr
  3. California Academy of Sciences, AntWeb, Formica rufa antweb.org
  4. Légifrance, arrêté du 23 avril 2007 fixant les listes des insectes protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection legifrance.gouv.fr

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

Espèces proches