

Faucon crécerelle
Falco tinnunculus
Aussi appelé Crécerelle
Le faucon crécerelle est un petit rapace que vous pouvez observer au-dessus des champs, des prairies et parfois en ville. Son vol sur place, appelé « Saint-Esprit », lui permet de chercher des proies au sol. Présent en France toute l’année, il est protégé et classé quasi menacé parmi les oiseaux nicheurs du pays.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation en baisse
- Taille
- Environ 31 à 37 cm de longueur totale, queue comprise, pour 68 à 80 cm d’envergure.
- Poids
- Environ 150 à 300 g ; les femelles sont généralement plus lourdes que les mâles.
- Longévité
- Souvent quelques années dans la nature ; des oiseaux bagués ont dépassé 16 ans.
- Régime
- CarnivoreIl mange surtout de petits rongeurs, notamment des campagnols, ainsi que des insectes, des lézards et de petits oiseaux selon les milieux.
- Mode de vie
- Diurne, souvent solitaire, en couple pendant la reproduction
- Famille
- Falconidés (Falconidae), ordre des Falconiformes
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit le faucon crécerelle ?
Il fréquente les milieux ouverts pour chasser et niche dans des cavités, des falaises, des bâtiments ou d’anciens nids, de la plaine à la montagne.
Principales régions : France, Royaume-Uni, Espagne, Maroc, Kenya, Afrique du Sud, Inde, Chine.
- Europe
- Afrique
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le faucon crécerelle
Vous pouvez reconnaître ce petit rapace à ses ailes pointues, à sa longue queue et à son dos brun roux marqué de taches sombres. Le mâle adulte a la tête et la queue grises, avec une large bande noire près de l’extrémité de la queue. Son ventre clair porte des taches foncées.
La femelle a une tête brune striée et une queue brune barrée de noir. Les jeunes lui ressemblent beaucoup, ce qui rend leur identification moins facile. En vol, les ailes semblent plus étroites que celles d’une buse. Une série de cris aigus, souvent transcrits « ki-ki-ki », peut attirer votre attention près d’un site de nidification.
Où vit le faucon crécerelle ?
L’espèce occupe une vaste aire en Europe, en Afrique et en Asie. Elle recherche surtout des espaces ouverts où les proies restent accessibles : prairies, cultures, friches et landes. Des arbres, des poteaux ou des rochers lui servent de postes d’observation. Elle peut aussi vivre en ville lorsque des terrains de chasse sont accessibles à proximité.
En France, vous pouvez l’observer toute l’année dans une grande partie du territoire, Corse comprise. Les populations du nord de l’Europe sont davantage migratrices, et certains oiseaux viennent hiverner chez nous. Pour le repérer, balayez aux jumelles les prairies et les bordures de champs pendant la journée, puis examinez les poteaux et les fils, depuis un emplacement sûr.
Que mange le faucon crécerelle ?
Dans de nombreuses régions françaises, les campagnols constituent une part importante de son alimentation. Il capture aussi d’autres petits mammifères, de gros insectes et parfois des lézards ou de petits oiseaux. Le menu varie selon la saison, le milieu et l’abondance des proies. Une prairie riche en petits rongeurs peut être visitée régulièrement par le même individu.
Pour chasser, il observe le sol depuis un perchoir ou se maintient dans les airs en battant des ailes face au vent. Quand il repère une proie, il descend et la saisit avec ses serres. Il rejette ensuite les éléments peu digestibles, comme les poils et certains os, sous forme de pelotes de réjection.
Un chasseur capable de voler sur place
Le vol dit « Saint-Esprit » est particulièrement visible lorsque l’oiseau chasse au-dessus d’un champ. Sa queue déployée et les ajustements de ses ailes lui permettent de rester presque au même endroit par rapport au sol. Sa tête bouge peu pendant cette observation. Avec un vent favorable, il peut aussi maintenir sa position avec très peu de battements.
En dehors de la reproduction, vous le verrez souvent seul. Pendant la saison de nidification, le couple défend les abords de son nid, sans que tous ses terrains de chasse soient forcément exclusifs. Les déplacements varient selon les régions : certains adultes restent près de leur territoire, tandis que les jeunes se dispersent après leur indépendance.
Comment se reproduit le faucon crécerelle ?
Le couple utilise une cavité de falaise, un trou dans un bâtiment, un nichoir adapté ou un ancien nid de corvidé. Il ne bâtit pas lui-même un nid de branches. En France, la ponte a généralement lieu au printemps, souvent entre avril et mai, avec des variations liées au climat et à la disponibilité des proies.
La femelle pond généralement 4 à 6 œufs, qu’elle couve surtout elle-même pendant environ 27 à 31 jours. Le mâle lui apporte des proies, puis participe au ravitaillement des jeunes. Ceux-ci prennent leur premier envol vers 4 à 5 semaines. Ils restent encore dépendants des adultes plusieurs semaines, le temps de mieux maîtriser le vol et la chasse.
Le saviez-vous ?
- 1.Il peut nicher sur une église, un immeuble ou un château, si une cavité convenable et des terrains de chasse sont accessibles.
- 2.Son vol stationnaire demande des ajustements continuels : la queue sert de gouvernail, tandis que les ailes compensent les mouvements de l’air.
- 3.Les pelotes rejetées sous ses perchoirs permettent aux naturalistes d’identifier une partie de ses proies grâce aux os et aux poils.
- 4.Les premières sorties du nid ne signifient pas l’indépendance : les jeunes continuent de réclamer des proies à leurs parents pendant plusieurs semaines.
Ce qui menace le faucon crécerelle
Moins de terrains favorables
La disparition des prairies, des friches et des bordures de champs réduit les zones où il peut trouver des proies. L’intensification agricole peut aussi appauvrir les populations d’insectes et de petits mammifères.
Intoxication par les rodenticides
En mangeant des rongeurs contaminés par certains produits de lutte contre les rats et les souris, il peut être intoxiqué à son tour. Ce risque concerne notamment les rodenticides anticoagulants.
Perte des sites de nidification
La fermeture des cavités lors de travaux sur les bâtiments peut supprimer des sites de reproduction. Des travaux près d’un nid occupé peuvent également provoquer un dérangement ou la destruction d’une nichée.
Collisions avec les véhicules
Les accotements herbeux attirent parfois les petits rongeurs et les rapaces qui les chassent. Cette proximité avec la circulation expose les oiseaux aux collisions.
Protéger le faucon crécerelle
- Protection légale en FranceL’espèce est protégée en France : sa capture, sa destruction et la destruction de ses œufs sont interdites. Ses nids et ses sites de reproduction bénéficient également d’une protection réglementaire.
- Des statuts à distinguerLa Liste rouge mondiale de l’UICN le classe en préoccupation mineure, avec une tendance à la baisse. Dans la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine publiée en 2016, il est classé quasi menacé.
- Commerce international encadréLe faucon crécerelle figure à l’annexe II de la CITES. Le commerce international est donc soumis à des documents et à des contrôles ; cette inscription n’autorise pas sa capture dans la nature.
- Maintenir des sites adaptésLa préservation des prairies et des cavités de nidification aide l’espèce. Des nichoirs adaptés peuvent compléter ces mesures, avec les conseils d’une association naturaliste et sans déranger un couple déjà installé.
Questions fréquentes
Pourquoi reste-t-il immobile dans le ciel ?
Il surveille le sol pour repérer une proie, souvent un campagnol. En se plaçant face au vent et en ajustant ses ailes et sa queue, il reste presque au même endroit. Ce vol stationnaire, appelé « Saint-Esprit », alterne avec des déplacements et des périodes d’affût sur un perchoir.
Comment le distinguer d’une buse variable ?
La buse variable est plus grande, avec des ailes larges et une silhouette plus massive. Le crécerelle a des ailes pointues et une longue queue. La buse peut elle aussi faire brièvement du vol stationnaire : regardez donc plusieurs caractères, notamment la forme des ailes et de la queue, avant de conclure.
Est-il dangereux pour les enfants ou les animaux de compagnie ?
Il ne recherche pas le contact avec les humains et chasse surtout de petites proies sauvages. Un chien ou un chat adulte ne correspond pas à ses proies habituelles. Gardez toutefois les petits animaux de compagnie, notamment les rongeurs et les oiseaux, dans un espace extérieur sécurisé. Près d’un nid, observez à distance.
Que faire si je trouve un jeune au sol ?
Un jeune récemment envolé peut encore être nourri par ses parents. Éloignez les chiens et les chats, puis observez à distance. S’il saigne, semble blessé, a été attrapé par un chat ou se trouve en danger immédiat, appelez sans attendre un centre de soins pour la faune sauvage. Ne lui donnez ni nourriture ni eau de force.
Peut-on installer un nichoir pour lui ?
Oui, un nichoir conçu pour cette espèce peut être utilisé près de terrains ouverts où elle chasse. Son emplacement doit limiter les dérangements et permettre une fixation sûre. Demandez conseil à une association comme la LPO avant de l’installer, surtout en hauteur. Ne déplacez jamais un nid occupé pour installer un nichoir.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Falco tinnunculus iucnredlist.org
- UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France : oiseaux de France métropolitaine uicn.fr
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel : Falco tinnunculus, statuts et réglementation inpn.mnhn.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





