
Bourdon rudéral
Bombus ruderatus
Le bourdon rudéral est un gros bourdon social qui butine les prairies, les friches et les jardins fleuris d’Europe. Sa longue langue lui permet d’exploiter des fleurs profondes, comme celles des trèfles et des vesces. Présent en France, il est classé en préoccupation mineure à l’échelle mondiale et ne bénéficie pas d’une protection nationale spécifique connue.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation inconnue
- Taille
- Corps de 11 à 22 mm, selon la caste : ouvrières de 11 à 16 mm, mâles de 12 à 16 mm et reines de 18 à 22 mm.
- Poids
- Environ 0,1 à 0,4 g, avec les reines plus lourdes que les ouvrières et les mâles.
- Longévité
- Les ouvrières et les mâles vivent généralement quelques semaines. Une reine peut vivre plusieurs mois et hiverne avant de fonder une colonie au printemps.
- Régime
- Mangeur de nectarLes adultes récoltent le nectar et le pollen de nombreuses fleurs, notamment celles des trèfles, des légumineuses, des labiées et des plantes de friche.
- Mode de vie
- Diurne, colonie annuelle de quelques dizaines à plusieurs centaines d’individus
- Famille
- Apidés (Apidae), ordre des Hyménoptères (Hymenoptera)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit le bourdon rudéral ?
Il fréquente les prairies fleuries, lisières, talus, friches, jardins et cultures, généralement des plaines jusqu’aux zones de moyenne montagne.
Principales régions : France, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Italie, Grèce, Turquie, Géorgie.
- Europe
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le bourdon rudéral ?
Le bourdon rudéral possède un corps trapu et très velu. Sa tête et son thorax sont généralement noirs, avec une large bande jaune près de l’avant du thorax. Une autre bande jaune apparaît sur l’abdomen, tandis que l’extrémité de l’abdomen est souvent blanche ou grisâtre.
La silhouette rappelle celle du bourdon des jardins, Bombus hortorum, qui porte aussi une bande jaune et une longue langue. L’identification fiable demande souvent d’observer la répartition exacte des bandes, la pilosité et parfois la forme de la tête. Une photographie nette prise de côté aide un spécialiste.
Les ouvrières sont plus petites que les reines, mais les trois castes ont le même dessin général. Le vol est sonore et régulier. Comme chez les autres bourdons, le corps couvert de poils retient facilement les grains de pollen.
Où vit le bourdon rudéral ?
En France, le bourdon rudéral est signalé dans une grande partie du territoire, avec des abondances variables selon les régions et les années. Il apprécie les prairies peu intensives, les talus fleuris, les friches, les bords de chemins et les jardins où plusieurs plantes fleurissent successivement.
Il peut installer son nid dans un ancien terrier de petit mammifère, sous une touffe d’herbe, dans un tas de compost ou dans une cavité protégée. Le nid reste généralement au niveau du sol. La colonie a besoin d’un endroit sec et d’une source de fleurs située à proximité.
On peut l’observer d’avril à octobre en plaine et dans les collines, avec un maximum d’activité durant le printemps et l’été. Les reines apparaissent tôt, puis les ouvrières deviennent les visiteuses les plus fréquentes des fleurs.
Que mange le bourdon rudéral ?
Le bourdon rudéral se nourrit de nectar et de pollen. Le nectar fournit l’énergie nécessaire au vol, tandis que le pollen apporte des protéines et d’autres nutriments indispensables à l’élevage des larves.
Sa langue relativement longue lui permet de visiter les fleurs profondes des trèfles, des vesces, des pois, des consoudes, des digitales et de nombreuses plantes de la famille des labiées. Il peut aussi utiliser des fleurs à corolle plus courte lorsque le nectar est accessible.
Les ouvrières transportent le pollen jusqu’au nid sur les corbeilles situées sur leurs pattes arrière. En passant d’une fleur à l’autre, elles transportent du pollen et participent à la reproduction de nombreuses plantes sauvages et cultivées.
Comment vit le bourdon rudéral ?
Le bourdon rudéral vit en société dans une colonie annuelle. Une reine sortie d’hivernage cherche un emplacement, construit les premières cellules et nourrit seule ses premières larves. Lorsque les ouvrières deviennent adultes, elles prennent en charge la récolte et l’entretien du nid.
Les bourdons régulent partiellement la température du nid en faisant vibrer leurs muscles thoraciques. Ils peuvent ainsi réchauffer les cellules avant le développement des larves. Leur fourrure limite aussi les pertes de chaleur lorsque les matinées sont fraîches.
Il ne cherche pas à attaquer les personnes. Une piqûre reste possible si le nid est manipulé, écrasé ou fortement dérangé. Contrairement aux abeilles domestiques, un bourdon peut piquer plusieurs fois, car son dard n’est pas muni des mêmes barbes qui provoquent l’arrachement chez l’abeille.
Comment se reproduit le bourdon rudéral ?
Au printemps, une reine ayant passé l’hiver seule choisit un emplacement pour son nid. Elle pond quelques œufs dans des cellules de cire et nourrit les larves avec du pollen et du nectar. Les premières ouvrières apparaissent ensuite et permettent à la colonie de grandir.
Au cours de l’été, la colonie produit des mâles et de jeunes reines. Après l’accouplement, les nouvelles reines accumulent des réserves puis cherchent un abri où passer l’hiver. Les mâles et les ouvrières meurent généralement avant la saison froide.
Le cycle complet dure une seule année. La colonie ne réutilise donc pas nécessairement le même nid l’année suivante, même si un site favorable peut être occupé par une autre reine.
Le saviez-vous ?
- 1.Sa longue langue lui permet d’atteindre le nectar de fleurs dont la corolle dépasse souvent un centimètre.
- 2.Une colonie peut produire de nouvelles reines alors que les premières ouvrières sont parfois à peine deux fois plus petites qu’elles.
- 3.Les bourdons peuvent voler par temps frais, car ils réchauffent leurs muscles avant le décollage.
- 4.Le nom rudéral fait référence aux milieux remués par les activités humaines, comme les friches, les talus et les bords de chemins.
Ce qui menace le bourdon rudéral
Raréfaction des fleurs
La disparition des prairies fleuries, des haies et des friches réduit les ressources disponibles pendant toute la saison. La tonte répétée peut supprimer plusieurs semaines de floraison.
Agriculture intensive
L’emploi de pesticides et la transformation des prairies en cultures uniformes peuvent diminuer la nourriture et les lieux de nidification accessibles aux colonies.
Réchauffement climatique
Les modifications de température et de calendrier de floraison peuvent désynchroniser les besoins des bourdons avec la disponibilité du nectar et du pollen.
Protéger le bourdon rudéral
- Statut mondialBombus ruderatus est classé en préoccupation mineure, LC, sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. Cette catégorie ne signifie pas que toutes ses populations sont abondantes ou stables.
- Situation en FranceLe bourdon rudéral est présent en France et ne figure pas parmi les espèces de bourdons bénéficiant d’une protection nationale spécifique dans la réglementation française actuellement connue. Les prairies et habitats favorables peuvent toutefois être protégés par des dispositifs territoriaux.
- Protection des habitatsLes mesures agroenvironnementales, la gestion différenciée des espaces verts et la conservation des prairies fleuries peuvent soutenir cette espèce. Bombus ruderatus n’est pas inscrit aux annexes de la CITES et aucun programme européen EEP spécifique n’est connu.
Questions fréquentes
Que mange le bourdon rudéral ?
Le bourdon rudéral mange du nectar et du pollen. Le nectar alimente les adultes en énergie, tandis que le pollen nourrit les larves. Il visite notamment les trèfles, les vesces, les consoudes, les digitales et d’autres fleurs profondes accessibles avec sa longue langue.
Combien de temps vit le bourdon rudéral ?
Le bourdon rudéral vit généralement quelques semaines lorsqu’il est ouvrier ou mâle. Une reine peut vivre plusieurs mois, car elle passe l’hiver à l’abri avant de fonder une nouvelle colonie au printemps. La colonie entière disparaît habituellement avant l’hiver suivant.
Où vit le bourdon rudéral ?
Le bourdon rudéral vit dans les prairies, les friches, les talus, les lisières, les jardins et certaines cultures. En France, il peut être observé dans une grande partie du pays, surtout d’avril à octobre, lorsque les plantes fournissent du nectar et du pollen.
Le bourdon rudéral est-il dangereux ?
Le bourdon rudéral est généralement inoffensif si vous le laissez tranquille. Une femelle peut piquer si elle est saisie ou si son nid est dérangé. En cas de piqûre avec difficulté à respirer, malaise ou gonflement du visage, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Quelle taille fait le bourdon rudéral ?
Le bourdon rudéral mesure environ 11 à 22 millimètres. Les ouvrières mesurent généralement 11 à 16 millimètres, les mâles 12 à 16 millimètres et les reines 18 à 22 millimètres. Sa taille varie donc selon la caste observée.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale des espèces menacées iucnredlist.org
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
- UICN France, listes rouges et biodiversité uicn.fr
- Office pour les insectes et leur environnement, bourdons et pollinisateurs insectes.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





