

Bec-en-sabot du Nil
Balaeniceps rex
Aussi appelé Bec-en-sabot
Le bec-en-sabot du Nil est un grand oiseau gris des marais africains, reconnaissable à son énorme bec en forme de sabot. Il peut attendre longtemps sans bouger avant de saisir un poisson d’un mouvement brusque. Classé vulnérable par l’UICN, il dépend de zones humides menacées par leur transformation et les dérangements.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Environ 100 à 140 cm de hauteur debout ; envergure généralement comprise entre 230 et 260 cm.
- Poids
- Environ 4 à 7 kg ; les mâles sont généralement plus lourds que les femelles.
- Longévité
- Mal connue dans la nature ; peut dépasser 30 ans en captivité.
- Régime
- Mangeur de poissonsIl mange surtout des poissons, notamment des dipneustes et des poissons-chats, ainsi que des amphibiens et, occasionnellement, de petits reptiles.
- Mode de vie
- Diurne, solitaire, en couple pendant la reproduction
- Famille
- Balénicipitidés (Balaenicipitidae), ordre des Pélécaniformes (Pelecaniformes)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit le bec-en-sabot du Nil ?
Vastes marais d’eau douce à papyrus, roseaux et végétation flottante, avec des secteurs peu profonds ou dégagés pour chasser.
Principales régions : Soudan du Sud, Ouganda, République démocratique du Congo, Tanzanie, Zambie.
- Afrique
Environ 3 300 à 5 300 individus matures selon BirdLife International et l’UICN ; cette estimation reste incertaine dans les marais difficiles à prospecter.
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le bec-en-sabot du Nil ?
Vous pouvez le reconnaître à son bec beige, très large et profond, dont l’extrémité porte un crochet. Sa tête paraît massive, avec une petite huppe à l’arrière. Le plumage adulte est gris, souvent plus clair sur le ventre. Les longues pattes sombres lui permettent de se déplacer dans les eaux peu profondes.
Debout, un adulte mesure généralement entre 1 et 1,4 mètre de haut. Ses ailes déployées dépassent largement deux mètres d’envergure. Les deux sexes se ressemblent, même si le mâle est souvent plus grand. Les jeunes ont un plumage davantage teinté de brun ; leurs yeux et leur bec changent d’aspect en grandissant.
Où vit le bec-en-sabot du Nil ?
Son aire naturelle suit de grandes zones humides d’Afrique centrale et orientale. Il vit notamment dans le Sudd, au Soudan du Sud, dans les marais ougandais et dans ceux du Bangweulu, en Zambie. Sa présence est dispersée : un pays peut abriter quelques secteurs favorables séparés par de vastes régions où il est absent.
Il recherche des marais d’eau douce où la végétation dense côtoie des passages ouverts. Les papyrus, les roseaux et les tapis de plantes flottantes servent de refuge et de support pour le nid. Il ne vit pas à l’état sauvage en France et ne fait donc pas l’objet d’une évaluation comme espèce nicheuse dans la liste rouge nationale.
Que mange-t-il et comment chasse-t-il ?
Les poissons constituent l’essentiel de ses repas. Parmi ses proies figurent les dipneustes africains, des poissons capables de respirer de l’air, ainsi que des poissons-chats. Il capture aussi des grenouilles et parfois de petits reptiles. Le menu varie selon les marais, la saison et les animaux accessibles près de la surface.
Pour chasser, il reste immobile ou avance très lentement en surveillant l’eau. Quand une proie passe à portée, il projette la tête et le corps vers l’avant, puis referme son bec. Cette attaque peut ramasser des plantes avec le poisson : il trie alors sa prise avant de l’avaler.
Pourquoi reste-t-il si longtemps immobile ?
Son immobilité fait partie de sa chasse à l’affût : en bougeant peu, il limite les mouvements susceptibles d’alerter les poissons. Il est surtout actif pendant la journée, mais peut également chasser à d’autres heures. Malgré sa grande taille, il passe facilement inaperçu parmi les hautes plantes d’un marais.
Les adultes vivent généralement seuls en dehors de la reproduction. Même les partenaires d’un couple peuvent rechercher leur nourriture séparément. Habituellement discret, cet oiseau produit un claquement sonore en frappant les deux parties de son bec l’une contre l’autre, notamment lors des salutations au nid. En vol, il replie le cou.
Comment élève-t-il ses petits ?
Les deux adultes construisent une large plateforme de végétaux, souvent sur de la végétation flottante ou un îlot du marais. La période de reproduction varie selon les régions et le niveau de l’eau. La femelle pond généralement un à trois œufs, que les parents couvent pendant environ un mois.
Les parents apportent de la nourriture et peuvent verser de l’eau sur les œufs ou les poussins pour les rafraîchir. Souvent, un seul jeune survit : la compétition entre les poussins et les difficultés d’approvisionnement peuvent pénaliser les plus petits. Les premiers vols surviennent vers trois à quatre mois, avec des variations selon les observations.
Le saviez-vous ?
- 1.Malgré son allure de cigogne, il appartient aux Pélécaniformes, l’ordre qui comprend notamment les pélicans et les hérons.
- 2.Son bec mesure plus de vingt centimètres de long chez l’adulte et possède un crochet terminal qui aide à retenir les proies.
- 3.Les dipneustes qu’il chasse doivent remonter respirer de l’air : ces passages près de la surface peuvent donner à l’oiseau une occasion de capture.
- 4.Les parents peuvent transporter de l’eau dans leur bec et la verser sur leur nichée pour la rafraîchir sous la chaleur.
Ce qui menace le bec-en-sabot du Nil
Transformation des marais
Le drainage, la conversion en terres agricoles et certaines modifications du régime des eaux réduisent les secteurs favorables à la chasse et à la nidification.
Dérangements au nid
Le passage répété de personnes ou de troupeaux près des nids perturbe la reproduction. Les feux dans les marais peuvent également détruire la végétation et les sites de nidification.
Captures et commerce
Les captures pour le commerce d’oiseaux vivants constituent une menace pour cette espèce peu nombreuse. Une reproduction lente limite le remplacement des adultes prélevés.
Persécution locale
Dans certaines régions, des oiseaux sont tués ou leurs nids détruits. L’importance de cette menace varie selon les lieux et les relations entre habitants et faune sauvage.
Protéger le bec-en-sabot du Nil
- Commerce international réglementéBalaeniceps rex figure à l’annexe II de la CITES. Son commerce international est soumis à des contrôles et à des documents destinés à éviter des prélèvements incompatibles avec la survie de l’espèce.
- Protection de zones humidesDes sites comme les zones humides du Bangweulu, en Zambie, et le marais de Mabamba, en Ouganda, abritent l’espèce. Mabamba bénéficie d’une désignation Ramsar, qui reconnaît l’importance internationale de cette zone humide.
- Surveillance au BangweuluDans les zones humides du Bangweulu, African Parks et ses partenaires mènent des actions de suivi et de protection du bec-en-sabot, notamment autour des sites de nidification.
Questions fréquentes
Le bec-en-sabot est-il dangereux pour les humains ?
Il chasse des animaux aquatiques et ne considère pas les humains comme des proies. Son bec puissant peut néanmoins blesser s’il se défend ou s’il est manipulé. Lors d’une observation, gardez vos distances et suivez les consignes du guide ; ne cherchez jamais à le toucher ou à le nourrir.
Pourquoi claque-t-il du bec ?
Il frappe rapidement les deux parties de son bec l’une contre l’autre pour produire un son sec et répété. Ce comportement est notamment observé lors des salutations entre partenaires au nid. Vous pouvez entendre ce claquement sans qu’il s’agisse d’une menace dirigée vers une personne.
Peut-on en voir dans la nature en France ?
Aucune population sauvage ne vit en France. Son aire naturelle se trouve dans les marais d’Afrique centrale et orientale. Certains établissements zoologiques peuvent en présenter, mais les collections changent : consultez la liste actuelle des espèces de l’établissement avant de prévoir une visite.
Est-ce une cigogne ou un héron ?
Il appartient à sa propre famille, les Balénicipitidés, dont il est la seule espèce vivante. La classification actuelle le place parmi les Pélécaniformes, avec les pélicans et les hérons. Ses longues pattes rappellent celles des cigognes, mais cette ressemblance ne suffit pas à établir sa parenté.
Pourquoi est-il menacé alors qu’il est si grand ?
Sa grande taille ne le protège ni de la disparition des marais ni des captures. Il dépend de milieux aquatiques particuliers et élève souvent un seul jeune par reproduction. Lorsque des adultes disparaissent ou qu’un marais devient inutilisable, la population peut mettre longtemps à se reconstituer.
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Autour de cet animal
Sources
- Liste rouge mondiale de l’UICN, Balaeniceps rex iucnredlist.org
- BirdLife International, DataZone : fiche d’espèce « Shoebill Balaeniceps rex » datazone.birdlife.org
- San Diego Zoo Wildlife Alliance, Animals & Plants : « Shoebill » animals.sandiegozoo.org
- African Parks, parc « Bangweulu » africanparks.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





