

Arlequin plongeur
Histrionicus histrionicus
Aussi appelé Canard arlequin
L’arlequin plongeur est un petit canard marin de l’hémisphère Nord. Le mâle porte un plumage bleu ardoise marqué de taches blanches et de roux, tandis que l’espèce fréquente des torrents rapides pour se reproduire. Sa population mondiale est classée en préoccupation mineure par l’UICN, même si certaines populations locales diminuent.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation stable
- Taille
- 33 à 46 cm de longueur, pour 55 à 66 cm d’envergure
- Poids
- Environ 500 à 700 g, les mâles étant généralement un peu plus lourds que les femelles
- Longévité
- Souvent 5 à 10 ans dans la nature, avec des records nettement supérieurs chez certains individus bagués
- Régime
- CarnivoreIl capture surtout des invertébrés aquatiques, notamment des crustacés, des mollusques et des larves d’insectes, et mange aussi de petits poissons et des végétaux.
- Mode de vie
- Diurne, en petits groupes, parfois en grandes bandes hivernales
- Famille
- Anatidés (Anatidae), ordre des Ansériformes (Anseriformes)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit l’arlequin plongeur ?
Il se reproduit près de torrents froids et rapides, souvent en montagne, puis hiverne le long des côtes rocheuses et dans les eaux marines peu profondes.
Principales régions : Canada, États-Unis, Islande, Norvège, Russie, Japon, Groenland.
- Europe
- Asie
- Amérique du Nord et centrale
La population mondiale est estimée à plusieurs centaines de milliers d’individus, avec une incertitude importante selon les régions et les méthodes de comptage.
Sommaire11 parties
Comment reconnaître l’arlequin plongeur ?
Le mâle adulte est reconnaissable à son corps bleu ardoise, à ses flancs brun roux et aux taches blanches qui soulignent la tête, le cou et les ailes. Une petite crête arrondie prolonge l’arrière de sa tête. Son bec est court et sombre, adapté à la capture de proies sous l’eau.
La femelle est plus discrète, avec un plumage brun grisâtre et deux taches claires sur la tête. Les jeunes ressemblent aux femelles. En vol, les ailes montrent des zones blanches bien visibles, et la silhouette reste compacte, avec une queue relativement courte.
Il mesure environ 33 à 46 centimètres. Sa petite taille et son corps robuste le distinguent des grands canards marins, tandis que ses plongeons rapides permettent de le repérer dans les eaux agitées.
Où vit l’arlequin plongeur ?
Pendant la période de reproduction, il recherche des rivières et des torrents froids, clairs et rapides. Ces cours d’eau traversent souvent des paysages montagneux ou subarctiques, avec des rochers, des berges végétalisées et des zones où le courant crée de petits remous.
Le nid se trouve généralement près de l’eau, dans une cavité, sous une touffe de végétation ou à l’abri d’un rocher. La femelle choisit un emplacement difficile à voir depuis le torrent, ce qui réduit le risque de découverte par les prédateurs.
En hiver, les populations rejoignent les côtes rocheuses, les îlots et les baies exposées. Elles restent souvent près du rivage, là où les vagues décollent des petits animaux fixés aux rochers.
Que mange l’arlequin plongeur ?
Dans les torrents, il plonge pour chercher des larves d’insectes, des crustacés et des mollusques entre les pierres. Il peut se laisser entraîner brièvement par le courant, puis remonter à la surface quelques secondes plus tard.
En mer, son menu comprend des moules, des patelles, des petits crabes et d’autres invertébrés. Il avale parfois de petits poissons. Les végétaux aquatiques et les graines complètent son alimentation, surtout lorsque les proies animales sont moins accessibles.
Ses pattes sont placées assez loin vers l’arrière du corps. Cette disposition le rend efficace pour nager et plonger, mais lui donne une démarche maladroite sur la terre ferme.
Comment se comporte l’arlequin plongeur ?
Il nage avec agilité dans une eau agitée qui ferait dériver beaucoup d’autres canards. Lorsqu’il se nourrit, il plonge souvent près des rochers et remonte plus loin, porté par le courant, avant de revenir vers sa zone de recherche.
Les couples se forment généralement en hiver et peuvent rester associés pendant la saison de reproduction. Le mâle accompagne parfois la femelle jusqu’au cours d’eau où elle nichera, puis il participe peu à l’élevage des jeunes.
En dehors de la reproduction, l’espèce peut se rassembler en groupes sur les côtes. Elle décolle rapidement lorsqu’elle est dérangée, mais préfère souvent plonger ou se cacher derrière les rochers si la menace reste éloignée.
Comment se reproduit l’arlequin plongeur ?
La reproduction a lieu au printemps ou au début de l’été, selon la latitude. La femelle pond généralement 5 à 8 œufs dans un nid dissimulé près d’un torrent. Elle les couve seule pendant environ 27 à 29 jours.
Après l’éclosion, les canetons quittent rapidement le nid et suivent leur mère vers l’eau. Ils cherchent eux-mêmes de petites proies dans les zones calmes du torrent, tout en restant groupés près d’elle.
Les jeunes commencent à voler après environ 5 à 8 semaines. Ils doivent alors maîtriser les plongeons et les déplacements dans le courant avant leur premier hiver, période où les conditions de survie deviennent plus difficiles.
Le saviez-vous ?
- 1.L’arlequin plongeur peut chercher sa nourriture dans des torrents où l’eau coule si vite que les autres canards évitent de s’y aventurer.
- 2.Le plumage du mâle associe du bleu ardoise, du blanc et du roux, une combinaison rare parmi les canards de l’hémisphère Nord.
- 3.En hiver, il s’alimente parfois dans les embruns et les vagues près de falaises ou de récifs exposés.
- 4.Ses pattes placées vers l’arrière favorisent la plongée et la nage, mais rendent ses déplacements terrestres peu élégants.
Ce qui menace l’arlequin plongeur
Pollution des torrents
Les hydrocarbures, les métaux et d’autres polluants peuvent réduire les invertébrés dont il se nourrit et dégrader ses cours d’eau de reproduction.
Aménagements hydrauliques
Les barrages, la dérivation de l’eau et la modification des berges changent le courant, les sites de nidification et les zones riches en proies.
Dérangement côtier
Les bateaux, les activités nautiques et les chiens non tenus à distance peuvent faire fuir les groupes hivernants et les éloigner des zones d’alimentation.
Changements climatiques
La modification du débit des torrents, du gel et de la disponibilité des proies peut toucher différemment les populations selon les régions.
Protéger l’arlequin plongeur
- Protection des habitatsLa conservation des torrents naturels, des berges boisées et des côtes rocheuses protège ses lieux de reproduction et d’hivernage. Dans l’Union européenne, l’espèce relève de la protection des oiseaux sauvages et de leurs habitats.
- Aires protégéesDes zones protégées au Canada, aux États-Unis, en Islande, en Norvège, en Russie et au Japon préservent des secteurs fréquentés par l’espèce. Le suivi des populations aide à repérer les déclins locaux.
- Statut mondialL’arlequin plongeur est classé en préoccupation mineure sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. Il n’est pas inscrit aux annexes de la CITES, mais sa protection locale peut être plus stricte selon le pays.
Questions fréquentes
L’arlequin plongeur vit-il en France ?
Il n’est pas un nicheur régulier de France. Des individus peuvent toutefois être observés lors de déplacements ou en hiver, surtout sur les côtes, et ces observations restent peu fréquentes. Il faut éviter de le déranger et transmettre une donnée naturaliste à une association ornithologique.
Pourquoi porte-t-il le nom d’arlequin ?
Le nom fait référence au plumage très contrasté du mâle, qui rappelle les costumes à motifs du personnage d’Arlequin. Les taches blanches et les zones rousses ressortent fortement sur le fond bleu ardoise.
Est-ce un canard marin ?
Il est adapté à la mer en hiver, mais il se reproduit surtout dans les torrents d’eau douce. Cette alternance entre rivières rapides et côtes rocheuses explique son classement parmi les canards plongeurs ayant un mode de vie particulier.
Peut-on lui donner du pain ?
Non. Le pain ne correspond pas à son régime naturel et peut attirer de nombreux oiseaux, salir l’eau et favoriser des déséquilibres. Il vaut mieux l’observer sans le nourrir et préserver les berges où vivent ses proies.
Que faire si un arlequin plongeur est blessé ?
Ne le capturez pas vous-même, sauf consigne d’un professionnel. Éloignez les chiens et contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou l’Office français de la biodiversité si l’oiseau se trouve en France.
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Pour aller plus loin
Sources
- UICN, Histrionicus histrionicus, Liste rouge mondiale des espèces iucnredlist.org
- BirdLife International, fiches d’espèces et données sur les oiseaux datazone.birdlife.org
- Cornell Lab of Ornithology, Birds of the World birdsoftheworld.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer







