

Arapaïma
Arapaima gigas
Aussi appelé Pirarucu, Païche
L’arapaïma est l’un des plus grands poissons d’eau douce connus. Il vit dans les eaux calmes et les forêts inondées d’Amérique du Sud, où il remonte régulièrement à la surface pour respirer grâce à un organe ressemblant à un poumon. Sa situation mondiale reste difficile à mesurer, et l’UICN le classe parmi les espèces dont les données sont insuffisantes.
- Statut
- Données insuffisantespopulation inconnue
- Taille
- En général 2 à 3 mètres de longueur ; des individus exceptionnellement grands peuvent dépasser 4 mètres.
- Poids
- Souvent 100 à 200 kilogrammes chez les adultes ; les plus grands individus peuvent approcher 250 kilogrammes.
- Longévité
- Probablement 15 à 20 ans dans la nature ; la longévité en parc zoologique varie selon les conditions d’élevage.
- Régime
- Mangeur de poissonsIl capture surtout des poissons, mais mange aussi des crustacés, des insectes et parfois de petits animaux terrestres tombés dans l’eau.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, solitaire hors période de reproduction
- Famille
- Arapaïmidés (Arapaimidae), ordre des Ostéoglossiformes (Osteoglossiformes)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit l’arapaïma ?
Il fréquente les plaines inondables, les lacs, les bras morts et les eaux calmes peu profondes du bassin amazonien, généralement en basse altitude.
Principales régions : Brésil, Pérou, Colombie, Bolivie, Guyana.
- Amérique du Sud
Sommaire11 parties
Comment reconnaître l’arapaïma ?
Son corps est allongé et cylindrique, avec une tête large et aplatie. Les écailles épaisses, brunes ou gris verdâtre sur le dos, prennent souvent une teinte rouge sombre vers la queue. Cette couleur explique le nom de pirarucu utilisé au Brésil, formé à partir de mots amérindiens associés au poisson rouge.
La bouche s’ouvre largement vers le haut, ce qui facilite la capture de proies proches de la surface. Les nageoires dorsale et anale sont placées très en arrière, près de la queue. Cette silhouette puissante lui permet de produire une accélération brusque lorsqu’il chasse ou fuit.
Un adulte atteint généralement 2 à 3 mètres. Les récits anciens parlent de tailles supérieures à 4 mètres, mais les mesures fiables de très grands individus sont rares. Les chiffres varient aussi parce que plusieurs espèces d’arapaïmas ont longtemps été confondues sous le nom Arapaima gigas.
Où vit l’arapaïma ?
Il habite les rivières lentes, les lacs, les chenaux et les bras morts associés aux grandes plaines inondables d’Amérique du Sud. Pendant la saison des pluies, l’eau recouvre la forêt et agrandit son terrain de chasse. À la saison sèche, il peut se retrouver concentré dans des mares ou des lacs isolés.
Il préfère généralement les eaux calmes, chaudes et relativement peu profondes, plutôt que les rapides. Son aire naturelle couvre surtout le bassin amazonien, avec des populations signalées au Brésil, au Pérou, en Colombie, en Bolivie et au Guyana. Des introductions ont aussi été réalisées ailleurs, mais elles ne correspondent pas à son aire d’origine.
La surface de l’eau est indispensable à sa survie. Il remonte régulièrement inspirer de l’air, souvent avec un mouvement bref et bruyant qui peut révéler sa présence aux pêcheurs. Les jeunes utilisent des secteurs abrités par la végétation et restent proches de leurs parents.
Que mange l’arapaïma ?
Son alimentation est principalement composée de poissons. Il aspire sa proie en ouvrant rapidement sa grande bouche, ce qui produit un puissant appel d’eau. Il peut aussi capturer des crevettes, des crabes, des insectes aquatiques et de petits animaux terrestres tombés depuis les berges ou les branches.
La chasse se déroule souvent près de la surface ou dans la végétation inondée. Les jeunes consomment des proies plus petites que les adultes, notamment de petits poissons et des invertébrés. Son régime change donc avec l’âge, la taille de sa bouche et la disponibilité des proies.
Comme il respire l’air, il doit coordonner ses remontées avec ses déplacements et sa chasse. Une prise très rapide lui permet d’avaler une proie avant de replonger, puis de poursuivre sa nage dans les eaux troubles.
Comment vit l’arapaïma ?
L’arapaïma est généralement solitaire en dehors de la période de reproduction. Il occupe un secteur de lacs, de chenaux ou de forêt inondée, mais les poissons peuvent se concentrer dans les mêmes eaux lorsque la saison sèche réduit fortement les habitats disponibles.
Sa vessie natatoire est très vascularisée et fonctionne comme un organe respiratoire. Les adultes peuvent ainsi utiliser l’air atmosphérique lorsque l’eau contient peu d’oxygène. Ils doivent toutefois revenir à la surface régulièrement, ce qui les rend visibles et vulnérables à la pêche.
Lorsqu’il est surpris, il peut bondir hors de l’eau ou frapper la surface avec son corps. Un adulte possède des écailles épaisses et une musculature puissante. Ces défenses ne le protègent toutefois pas de la capture par les humains, surtout dans les zones où la pêche est intense.
Comment se reproduit l’arapaïma ?
La reproduction a lieu dans des zones peu profondes, souvent pendant la montée des eaux. Le couple creuse un nid dans un fond vaseux ou sableux, à proximité de la végétation. Les dates varient selon le régime des pluies et la région, car les crues ne surviennent pas partout au même moment.
Après la ponte, les deux adultes participent à la protection de la zone, avec un rôle particulièrement marqué du mâle chez les jeunes. Les œufs éclosent en quelques jours environ, puis les larves restent groupées près de la tête du parent protecteur avant de devenir plus autonomes.
Les jeunes nagent en banc serré et peuvent rester près de leurs parents pendant plusieurs semaines. Ils remontent eux aussi à la surface pour respirer dès les premiers stades où leur organe respiratoire aérien devient fonctionnel.
Le saviez-vous ?
- 1.L’arapaïma peut produire un bruit de souffle audible lorsqu’il remonte à la surface pour prendre de l’air.
- 2.Ses écailles épaisses et souples se chevauchent comme une armure, tout en laissant au corps assez de mobilité pour nager.
- 3.Les jeunes nagent près de la tête du parent protecteur et forment un groupe sombre facilement repérable depuis la surface.
- 4.Son nom brésilien pirarucu fait référence à la coloration rougeâtre visible vers la partie arrière du corps.
Ce qui menace l’arapaïma
Pêche intensive
Sa chair et ses écailles sont recherchées, et les grands adultes sont particulièrement ciblés. Dans certaines régions, la capture de reproducteurs peut réduire rapidement les populations locales.
Perte des plaines inondables
La déforestation, les barrages, l’assèchement de zones humides et la modification des crues réduisent les habitats utilisés pour se nourrir et se reproduire.
Données incomplètes
L’UICN classe l’espèce DD, pour données insuffisantes. Les populations sont difficiles à comparer, notamment parce que plusieurs espèces d’arapaïmas ont longtemps été regroupées sous le même nom.
Protéger l’arapaïma
- Commerce encadréArapaima gigas figure à l’annexe II de la CITES, qui encadre son commerce international grâce à des permis et à des contrôles. Cette inscription aide à limiter le commerce susceptible de menacer les populations sauvages.
- Gestion localeAu Brésil, des réserves et des systèmes de surveillance communautaire, notamment dans la réserve de développement durable de Mamirauá, encadrent la pêche et protègent des zones de reproduction.
- Aires protégéesDes populations vivent dans des aires protégées amazoniennes où la pêche est interdite ou soumise à des règles locales. Leur efficacité dépend de la surveillance, du respect des quotas et de la protection des crues naturelles.
Questions fréquentes
L’arapaïma peut-il respirer sous l’eau ?
Oui, comme les autres poissons, il utilise ses branchies dans l’eau. Mais sa vessie natatoire très vascularisée agit aussi comme un organe respiratoire aérien. Il doit donc remonter régulièrement pour avaler de l’air, surtout lorsque l’eau est pauvre en oxygène.
L’arapaïma est-il dangereux pour les humains ?
Il n’est pas connu pour rechercher les humains comme proies. Sa grande taille et sa puissance peuvent cependant provoquer des blessures lors d’une capture ou d’une manipulation. Il faut garder ses distances dans un aquarium et ne jamais tenter de toucher un grand poisson.
Peut-on garder un arapaïma dans un aquarium familial ?
Non. Il atteint plusieurs mètres, produit beaucoup de déchets et a besoin d’un bassin immense avec une filtration adaptée. Sa détention relève d’installations spécialisées. Un achat ou un transport international peut aussi être soumis aux règles de la CITES.
Pourquoi l’UICN indique-t-elle DD ?
DD signifie données insuffisantes. Cela ne veut pas dire que l’espèce est sans risque, ni qu’elle est forcément abondante. Les effectifs sont difficiles à évaluer sur un territoire immense, et la confusion ancienne entre plusieurs espèces complique les comparaisons.
Vit-il en France à l’état sauvage ?
Non. L’arapaïma n’appartient pas à la faune sauvage française. Vous pouvez parfois en voir dans un grand aquarium public, mais les individus observés en France sont détenus en captivité et ne doivent pas être relâchés dans la nature.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge des espèces menacées iucnredlist.org
- FishBase, base de données mondiale sur les poissons fishbase.se
- Institut de développement durable Mamirauá, recherche et conservation en Amazonie mamiraua.org.br
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer
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