
Aiguillat commun
Squalus acanthias
Aussi appelé chien de mer, roussette épineuse, aiguillat à piquants
L’aiguillat commun est un petit requin des eaux tempérées, reconnaissable à ses deux nageoires dorsales précédées d’une épine. Il vit près des fonds marins, notamment dans la Manche et l’Atlantique français, mais reste difficile à observer depuis le rivage. L’espèce est classée vulnérable à l’échelle mondiale et en France.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Mâles généralement de 60 à 100 cm, femelles de 80 à 160 cm de longueur totale
- Poids
- Environ 2 à 5 kg chez les mâles et 4 à 10 kg chez les femelles, avec des records supérieurs
- Longévité
- Environ 30 à 50 ans dans la nature, parfois jusqu’à 70 ans selon les populations
- Régime
- CarnivoreIl mange surtout des poissons, des calmars, des crustacés et parfois des méduses ou des vers marins.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, en groupes parfois nombreux, souvent séparés par sexe et par taille
- Famille
- Squalidés (Squalidae), ordre des Squaliformes
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit l’aiguillat commun ?
Il fréquente les fonds du plateau continental, depuis les eaux côtières jusqu’à environ 900 mètres, surtout entre 10 et 200 mètres.
Principales régions : France, Royaume-Uni, Norvège, États-Unis, Canada, Chili, Australie, Nouvelle-Zélande.
- Europe
- Amérique du Nord et centrale
- Amérique du Sud
- Océanie
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître l’aiguillat commun ?
Son corps allongé ressemble à celui d’un petit requin, avec un museau pointu, des yeux assez grands et une bouche située sous la tête. Son dos est gris brun à gris ardoise, parfois ponctué de petites taches claires, tandis que son ventre est plus pâle.
Deux nageoires dorsales se trouvent loin derrière la tête. Chacune est précédée d’une épine, capable de blesser un prédateur ou une personne qui manipulerait le poisson. Il n’a pas de nageoire anale, ce qui aide à le distinguer de plusieurs autres requins.
Les femelles atteignent une taille nettement supérieure à celle des mâles. Comme chez beaucoup de requins, leurs nageoires pelviennes sont modifiées chez l’adulte mâle en organes appelés ptérygopodes, utilisés pendant l’accouplement.
Où vit l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun vit dans les eaux tempérées et froides de l’Atlantique et du Pacifique. Dans l’Atlantique Nord-Est, son aire s’étend de la Scandinavie aux côtes européennes, puis vers la Méditerranée septentrionale selon les populations et les sources.
En France métropolitaine, il est surtout signalé dans la Manche, la mer Celtique et le golfe de Gascogne. Il peut se rapprocher des côtes, mais beaucoup d’individus vivent au large, sur des fonds sableux, vaseux ou graveleux.
Son observation en plongée reste occasionnelle. Les meilleures chances concernent les sorties en mer avec des professionnels connaissant les fonds locaux, sans nourrissage ni tentative de capture. Depuis la plage, il est rarement visible.
Que mange l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun est un carnivore opportuniste. Il capture des poissons comme les harengs, les maquereaux ou les petits gadidés, ainsi que des calmars, des crevettes, des crabes et d’autres animaux vivant près du fond.
Ses dents sont petites, nombreuses et disposées en rangées. Elles lui servent à saisir puis à découper ses proies. Son odorat et sa capacité à détecter de faibles signaux électriques l’aident à repérer un animal caché dans les sédiments.
Il peut suivre des bancs de poissons et effectuer des déplacements saisonniers. La composition de ses repas varie donc selon la région, la profondeur et les proies disponibles.
Comment vit l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun nage souvent en groupes qui peuvent réunir de nombreux individus. Ces groupes sont parfois séparés selon le sexe et la taille, un comportement observé chez plusieurs requins de la même famille.
Il se déplace près du fond, mais peut monter dans la colonne d’eau lorsqu’il suit une proie. Son activité se poursuit de jour comme de nuit, avec des rythmes qui changent selon la saison et la profondeur.
Les épines situées devant ses nageoires dorsales servent de protection. Il faut éviter de le toucher, même s’il paraît immobile, car une manipulation peut provoquer une blessure et endommager ses nageoires ou sa peau.
Comment se reproduit l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun est ovovivipare. Les œufs restent dans l’utérus de la femelle, où les embryons se développent grâce à leurs réserves, puis les jeunes naissent déjà formés et capables de nager.
La gestation dure généralement 18 à 24 mois, selon la température et la population. Une portée compte souvent de 2 à 11 jeunes, mesurant environ 20 à 30 centimètres à la naissance.
Les femelles atteignent leur maturité sexuelle tardivement, souvent entre 12 et 20 ans selon les populations. Cette croissance lente, une longue gestation et un faible nombre de jeunes rendent les populations vulnérables à une pêche trop importante.
Le saviez-vous ?
- 1.Son nom vient des épines placées devant ses nageoires dorsales, et non de dents particulièrement dangereuses.
- 2.Chez certaines populations, la gestation peut durer près de deux ans, davantage que chez la plupart des mammifères terrestres.
- 3.Les femelles peuvent atteindre environ 1,60 mètre, alors que les mâles dépassent rarement 1 mètre.
- 4.Il peut vivre plusieurs dizaines d’années, ce qui laisse longtemps aux effets de la pêche le temps de se cumuler.
Ce qui menace l’aiguillat commun
Pêche accidentelle
L’aiguillat commun est souvent capturé involontairement par des chaluts, des filets et des palangres. Sa croissance lente et ses portées peu nombreuses ralentissent le rétablissement des populations.
Pêche ciblée
Ses filets et sa chair ont été exploités dans plusieurs régions. La pression historique de la pêche a entraîné de fortes diminutions, notamment dans l’Atlantique Nord-Est.
Reproduction lente
Les femelles deviennent adultes tardivement et portent peu de jeunes après une longue gestation. Une baisse du nombre d’adultes reproducteurs peut donc avoir des effets durables.
Protéger l’aiguillat commun
- Statut mondialL’UICN classe l’espèce vulnérable à l’échelle mondiale. En France, elle est également évaluée comme vulnérable dans la Liste rouge des poissons marins de métropole.
- Règles de pêcheDans les eaux européennes, sa capture, sa conservation à bord et son débarquement sont encadrés par des règles de gestion qui peuvent changer selon les zones et les années. Il faut consulter la réglementation maritime locale.
- Commerce internationalLes espèces de la famille des Squalidae, dont l’aiguillat commun, sont inscrites à l’Annexe II de la CITES depuis 2023. Le commerce international nécessite donc des documents et des contrôles.
Questions fréquentes
Que mange l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun mange surtout des poissons, des calmars, des crevettes et des crabes. Il capture aussi des vers marins et d’autres animaux du fond. Son alimentation change selon la région, la profondeur et les proies disponibles.
Combien de temps vit l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun vit généralement plusieurs dizaines d’années, souvent autour de 30 à 50 ans. Certaines populations peuvent atteindre environ 70 ans, mais la longévité varie selon les méthodes d’étude et les régions.
Où vit l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun vit dans les eaux tempérées et froides des océans Atlantique et Pacifique, près des fonds marins. En France, il est surtout présent dans la Manche, la mer Celtique et le golfe de Gascogne, souvent au large.
L’aiguillat commun est-il dangereux ?
L’aiguillat commun n’est généralement pas dangereux pour les baigneurs et fuit souvent les plongeurs. Ses épines dorsales peuvent toutefois blesser une personne qui le capture ou le manipule. Ne le touchez pas et éloignez-vous d’un animal pris dans un engin de pêche.
Quelle taille fait l’aiguillat commun ?
L’aiguillat commun mesure généralement 60 à 100 centimètres chez le mâle et 80 à 160 centimètres chez la femelle. Les femelles sont donc plus grandes. Le poids varie souvent de quelques kilogrammes à une dizaine de kilogrammes.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- INPN, Inventaire national du patrimoine naturel, espèces et statuts inpn.mnhn.fr
- UICN France et MNHN, Liste rouge des poissons marins de France métropolitaine uicn.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





