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Grue cendrée

La Grue cendrée est un grand oiseau migrateur qui traverse la France par milliers à l’automne et à la fin de l’hiver. Ses vols en formation, ses cris sonores et son plumage gris permettent de la reconnaître avant même qu’elle se pose.

Mis à jour le

Grue cendrée

Grus grus

En France
VulnérableLa Grue cendrée est classée vulnérable (VU) dans la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine, selon l’évaluation UICN France, MNHN et OFB. Elle est protégée en France par la réglementation applicable aux oiseaux protégés et n’est pas une espèce chassable.
Taille
Elle mesure environ 100 à 130 cm de haut, pour une envergure de 180 à 240 cm. Son poids varie généralement de 4 à 6 kg, avec des différences entre les sexes et selon la saison.
Où le voir
En migration, observez-la surtout dans le Grand Est, notamment autour du lac du Der et des grands lacs de Champagne, en Lorraine, en Bourgogne, en Brenne, en Sologne, dans les Landes et en Camargue. Elle fréquente les marais, les étangs peu profonds, les prairies humides et les champs proches de dortoirs aquatiques.
Quand
Les passages les plus visibles ont lieu de février à avril, puis d’octobre à décembre. Les départs des dortoirs commencent souvent après le lever du soleil, tandis que les retours vers les zones humides se produisent en fin d’après-midi. Un ciel dégagé et un vent favorable facilitent l’observation des vols.
Sommaire7 parties
  1. Reconnaître la Grue cendrée
  2. Des zones humides pour dormir, des champs pour manger
  3. Une migration en groupe familial
  4. Indices à observer sans s’approcher
  5. Préserver les haltes migratoires
  6. Questions fréquentes
  7. Sources

Reconnaître la Grue cendrée

La Grue cendrée porte un plumage gris ardoisé, une tête noire et blanche, ainsi qu’une petite zone rouge vif sur le dessus du crâne. Son long bec est droit, ses pattes sont noires et sa silhouette paraît très étirée en vol. Les adultes ont une queue touffue qui peut faire penser à un court panache.

En vol, elle garde le cou et les pattes tendus, contrairement au héron qui replie son cou en forme de S. Les grues avancent souvent en V ou en lignes irrégulières. Leurs appels, un « kruu » sonore et trompeté, restent audibles à grande distance grâce à une trachée longue et sinueuse.

Des zones humides pour dormir, des champs pour manger

La nuit, les grues recherchent des eaux peu profondes, comme des marais, des étangs ou des secteurs inondés. Elles y dorment debout, parfois en groupe très nombreux, avec les pattes dans l’eau. Cette position limite l’approche de certains prédateurs et permet aux oiseaux de détecter les mouvements autour d’eux.

Pendant la journée, elles gagnent les champs, les prairies et les chaumes où elles consomment des graines, des céréales tombées au sol, des glands, des racines et de petits animaux. En France, les paysages agricoles proches des grands dortoirs jouent donc un rôle important dans leur migration.

Une migration en groupe familial

La Grue cendrée se reproduit surtout dans les marais, les tourbières et les clairières humides du nord de l’Europe et de l’Asie. Le couple construit un nid au sol, souvent sur une touffe de végétation entourée d’eau. La femelle pond habituellement deux œufs, puis les parents défendent le secteur autour du nid.

Les jeunes restent avec leurs parents pendant la migration qui suit leur naissance. Les groupes observés en France peuvent donc réunir des adultes et des jeunes reconnaissables à leur tête encore moins contrastée. La France sert principalement de halte et de zone d’hivernage, même si quelques couples y nichent dans des régions favorables.

Indices à observer sans s’approcher

Le cri est souvent le premier indice, surtout lorsque les oiseaux passent très haut. Une longue formation en V, des battements d’ailes lents et réguliers, puis des changements de direction coordonnés signalent fréquemment un groupe de grues. Une paire de jumelles permet de distinguer le cou tendu et les pattes dépassant nettement derrière la queue.

Au sol, cherchez de grandes empreintes à trois doigts, longues de plusieurs dizaines de centimètres chez les plus grands individus. Dans les champs, les grues laissent parfois des touffes d’herbe retournées et des déjections pâles. Ces indices doivent être examinés à distance, car les oiseaux quittent rapidement une zone où ils se sentent dérangés.

Préserver les haltes migratoires

La disparition des marais, l’assèchement des prairies humides et la diminution des zones d’eau peu profonde réduisent les lieux de repos. Les dérangements répétés, notamment près des dortoirs, consomment l’énergie que les oiseaux doivent conserver pour poursuivre leur migration. Les lignes électriques et les collisions routières peuvent aussi provoquer des accidents localisés.

La protection des étangs, des marais et des prairies voisines aide la Grue cendrée à se nourrir et à dormir sans interruption. Dans les secteurs connus pour leurs rassemblements, rester sur les chemins, tenir les chiens près de soi et utiliser un affût ou des jumelles plutôt que de s’approcher réduit fortement la pression sur les groupes.

Questions fréquentes

La Grue cendrée niche-t-elle en France ?

Oui, quelques couples se reproduisent en France métropolitaine, surtout dans des zones humides tranquilles du nord-est. La majorité des grues observées dans notre pays sont toutefois des migratrices ou des hivernantes venues de régions plus septentrionales. Les oiseaux nicheurs sont difficiles à repérer, car ils installent leur nid dans des secteurs isolés.

Pourquoi les grues volent-elles en V ?

La formation en V aide chaque oiseau à profiter des mouvements d’air créés par celui qui le précède. Le premier oiseau fournit davantage d’effort et les positions changent au cours du trajet. Les appels permettent aussi au groupe de rester coordonné lorsqu’il vole haut ou lorsque la visibilité diminue.

Peut-on nourrir une Grue cendrée dans un champ ?

Non. La Grue cendrée trouve naturellement des graines, des céréales tombées au sol et de petits animaux dans les champs. Nourrir les oiseaux les attire vers les routes, augmente les regroupements à proximité des habitations et peut modifier leurs déplacements. Il vaut mieux observer sans intervenir et respecter les zones de tranquillité.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel détail distingue souvent la Grue cendrée du héron en vol ?
  2. 2.Où les grues passent-elles souvent la nuit ?
  3. 3.Quel comportement respecte le mieux un dortoir de grues ?

Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Grue cendrée

Sources

  1. MNHN, INPN, Grue cendrée, Grus grus inpn.mnhn.fr
  2. UICN France, Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
  3. OFB, Office français de la biodiversité, oiseaux et espèces protégées ofb.gouv.fr
  4. LPO, Grue cendrée et oiseaux migrateurs lpo.fr

Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)

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