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Grand-duc d’Europe

Avec ses aigrettes dressées et ses yeux orange, le grand-duc d’Europe est le plus grand rapace nocturne de France métropolitaine. Il chasse surtout au crépuscule et pendant la nuit, dans les falaises, les carrières, les forêts et certains paysages agricoles.

Mis à jour le

Grand-duc d'Europe

Bubo bubo

En France
Préoccupation mineureEn France métropolitaine, le grand-duc d’Europe est classé en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge nationale des oiseaux nicheurs. Il est protégé par l’arrêté ministériel du 29 octobre 2009, qui interdit notamment sa destruction, sa capture, la destruction de ses œufs et de ses nids ainsi que sa perturbation intentionnelle. Il n’est pas une espèce chassable.
Taille
Longueur de 60 à 75 cm, envergure d’environ 160 à 188 cm. La femelle, souvent plus lourde, pèse généralement de 2,5 à 4,2 kg, contre environ 2 à 3,2 kg pour le mâle. Les mesures varient selon les individus et les régions.
Où le voir
Il vit dans une grande partie de la France métropolitaine, surtout dans les régions rocheuses, les massifs montagneux, les vallées encaissées et les anciennes carrières. Il fréquente aussi les lisières forestières, les landes et les plaines agricoles proches d’un site de nidification. Les Alpes, les Pyrénées, le Massif central, le Jura, les Vosges, la Provence et plusieurs régions de l’ouest accueillent des couples.
Quand
Toute l’année, observez-le au crépuscule ou après la tombée de la nuit, depuis un point éloigné d’une falaise ou d’une carrière connue. Les chants territoriaux s’entendent surtout de l’automne au début du printemps, avec un pic en hiver. Une longue-vue peut aider à repérer un oiseau posé sans s’approcher du nid.
Sommaire7 parties
  1. Reconnaître le grand-duc d’Europe
  2. Falaises, carrières et territoires boisés
  3. Un chasseur nocturne aux proies variées
  4. Indices de présence à observer
  5. Les menaces et les moyens de le protéger
  6. Questions fréquentes
  7. Sources

Reconnaître le grand-duc d’Europe

Le grand-duc d’Europe possède une silhouette massive, une grosse tête et deux aigrettes de plumes qui ressemblent à des oreilles. Ses yeux orange vif, son disque facial peu marqué et son plumage brun roux strié de noir le distinguent des autres rapaces nocturnes. En vol, ses ailes larges et arrondies battent lentement, avec une envergure pouvant approcher 1,90 m.

La femelle est généralement plus grande que le mâle, mais la différence de taille ne suffit pas pour les identifier à distance. Son chant territorial est un hululement grave, souvent transcrit par « hou-ou », répété à intervalles réguliers. Dans le silence nocturne, il peut porter à plusieurs kilomètres selon le relief et le vent.

Falaises, carrières et territoires boisés

Le nid est souvent installé sur une corniche rocheuse, dans une anfractuosité de falaise ou dans une ancienne carrière. L’espèce peut aussi utiliser un rebord au sol, une cavité ou un ancien nid d’un autre grand oiseau. Elle recherche un secteur calme, avec des zones ouvertes pour chasser et des reliefs ou des arbres pour se cacher pendant la journée.

Chaque couple occupe un vaste territoire, dont la superficie varie selon l’abondance des proies et la structure du paysage. Les versants rocheux, les vallées, les lisières et les cultures proches peuvent tous être utilisés. La présence d’une route, d’une carrière ou d’une ligne électrique n’empêche pas forcément l’installation, mais les dérangements répétés peuvent provoquer l’abandon d’un site.

Un chasseur nocturne aux proies variées

Le grand-duc d’Europe chasse principalement entre le coucher du soleil et l’aube. Il capture des rats, des lapins, des hérissons, des oiseaux, des chauves-souris et parfois des poissons ou des amphibiens. Il repère une proie depuis un perchoir, puis fond sur elle en silence grâce aux plumes souples du bord de ses ailes.

La ponte compte le plus souvent deux ou trois œufs, déposés à quelques jours d’intervalle, généralement entre février et avril selon le climat. La femelle couve pendant environ 34 à 36 jours, tandis que le mâle apporte la nourriture. Les jeunes commencent à quitter le nid avant de bien voler, puis restent dépendants des adultes pendant plusieurs semaines.

Indices de présence à observer

Les pelotes de réjection sont les indices les plus faciles à trouver sous un perchoir ou près d’une paroi. Elles sont souvent volumineuses, allongées et contiennent des os, des poils ou des plumes. Les restes de proies, les plumes et les fientes blanches sur une corniche peuvent compléter l’identification, mais plusieurs rapaces nocturnes laissent des traces comparables.

Le chant permet surtout de repérer un territoire, sans localiser précisément le nid. Écoutez depuis un chemin public, à distance, puis éloignez-vous si un oiseau répond ou si vous apercevez des adultes qui tournent autour d’une falaise. Ne diffusez pas d’enregistrement sonore près d’un site occupé, car cela peut perturber la défense du territoire et l’élevage des jeunes.

Les menaces et les moyens de le protéger

Les collisions avec les lignes électriques, les clôtures et les véhicules peuvent tuer des adultes ou des jeunes. Les travaux en falaise, l’escalade, le quad, les drones et les visites répétées près d’un nid augmentent aussi le risque d’abandon. L’empoisonnement indirect par des appâts destinés aux rongeurs peut contaminer les proies consommées par le rapace.

Pour le protéger, respectez les arrêtés temporaires de fermeture des falaises et les consignes des sites naturels. Gardez votre chien près de vous dans les secteurs sensibles, ne grimpez pas vers une aire occupée et signalez une collision ou un oiseau mort à l’OFB, à une association naturaliste ou au gestionnaire du site.

Questions fréquentes

Peut-on voir un grand-duc d’Europe en journée ?

Oui, mais il reste généralement immobile et dissimulé dans une falaise, un arbre ou une carrière. Un oiseau posé en plein jour n’est pas forcément malade. Observez-le à distance, sans le faire voler. Un comportement anormal, une aile tombante ou l’impossibilité de s’envoler justifient un appel à un centre de soins.

Le grand-duc d’Europe attaque-t-il les personnes ?

Il évite habituellement l’être humain. Une approche répétée du nid peut toutefois provoquer des vols d’intimidation, surtout pendant l’élevage des jeunes. Restez sur les chemins autorisés, ne cherchez pas le nid et tenez les chiens en laisse près des falaises et des carrières.

Comment reconnaître son chant ?

Le chant du mâle est un hululement grave, bref et répété, souvent décrit comme « hou-ou ». La femelle peut répondre avec une voix plus aiguë. Le relief modifie fortement la portée et l’écho, alors ne vous fiez pas au seul volume sonore pour estimer la distance.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quel indice permet de reconnaître facilement le grand-duc d’Europe ?
  2. 2.À quel moment a-t-on le plus de chances d’entendre un grand-duc ?
  3. 3.Que faut-il faire si un grand-duc blessé est trouvé au sol ?

Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Grand-duc

Sources

  1. INPN, Inventaire national du patrimoine naturel, espèces et statuts inpn.mnhn.fr
  2. LPO, Grand-duc d’Europe lpo.fr

Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)

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