Crapaud commun
Le Crapaud commun est un amphibien trapu, à la peau bosselée, présent dans une grande partie de la France métropolitaine. Il quitte surtout sa cachette à la tombée du jour et rejoint les mares, étangs et fossés au printemps pour se reproduire.
Mis à jour le

Bufo bufo
- En France
- Préoccupation mineureLe Crapaud commun est classé en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge nationale des amphibiens de France métropolitaine. Il est protégé par la réglementation française applicable aux amphibiens sauvages : sa capture, sa mutilation, sa destruction et la destruction de ses œufs ou de ses larves sont interdites selon les dispositions prévues. Il n’est pas une espèce chassable.
- Taille
- Le corps mesure généralement 5 à 9 cm chez le mâle et 7 à 12 cm chez la femelle, avec des individus pouvant approcher 15 cm selon les régions. La femelle est souvent plus grande et plus lourde que le mâle.
- Où le voir
- On le rencontre dans la plupart des régions de France métropolitaine, des plaines jusqu’aux secteurs de moyenne montagne. Il fréquente les bois, haies, jardins, parcs, talus, prairies et friches proches d’une mare, d’un étang, d’un fossé ou d’un bassin. Il évite les milieux très secs et les eaux fortement polluées.
- Quand
- Observez-le surtout de mars à octobre, au crépuscule ou pendant la nuit, après une pluie douce et par temps humide. Les déplacements vers les lieux de reproduction sont particulièrement visibles entre février et avril, avec des variations selon l’altitude et la température.
Sommaire7 parties
Reconnaître le Crapaud commun
Son corps ramassé porte une peau sèche, brune, roussâtre, grise ou olivâtre, couverte de petites bosses. Derrière chaque œil se trouve une glande parotoïde, allongée et légèrement saillante. L’œil possède une pupille horizontale et un iris souvent cuivré ou orangé, deux détails utiles pour le distinguer d’une grenouille.
Ses pattes arrière sont courtes et adaptées à la marche plus qu’aux grands bonds. En période de reproduction, le mâle est généralement plus petit que la femelle et peut s’agripper à elle avec ses pattes avant. Le ventre est souvent clair, avec des taches plus foncées irrégulières.
Le Crapaud calamite a une ligne jaune sur le dos et des pattes arrière plus longues. La Grenouille rousse a une peau plus lisse et une silhouette plus élancée. La peau bosselée, les glandes derrière les yeux et la démarche lente forment un ensemble de critères fiables.
Un animal terrestre lié aux mares
Adulte, il passe la plupart de l’année à terre, dans une souche creuse, sous des feuilles, entre des pierres ou dans un sol meuble. Il recherche les endroits frais et ombragés où l’humidité limite la perte d’eau à travers sa peau. Ses déplacements peuvent couvrir plusieurs centaines de mètres entre son refuge et une mare.
Pour se reproduire, il revient souvent dans un point d’eau qu’il connaît depuis plusieurs années. Il accepte les mares, étangs, lavoirs, fossés en eau et bassins de jardin, à condition que les berges permettent l’entrée et la sortie. Les poissons introduits peuvent manger une partie des œufs et des têtards.
Une mare favorable comporte des zones peu profondes, des plantes locales et des abris terrestres à proximité. Une pente douce ou une planche rugueuse aide les amphibiens à sortir d’un bassin aux parois lisses, où ils peuvent rester piégés après leur arrivée.
Une reproduction concentrée au printemps
À la fin de l’hiver, les adultes quittent leurs abris et gagnent l’eau lorsque les nuits deviennent assez douces et humides. La femelle pond plusieurs milliers d’œufs, généralement disposés en longs cordons gélatineux autour de la végétation immergée. Le mâle les féconde pendant la ponte, en les tenant avec ses pattes avant.
Les têtards éclosent après quelques jours, selon la température de l’eau. Ils sont sombres, vivent en groupe et se nourrissent surtout d’algues et de débris végétaux. La métamorphose produit de minuscules crapelets, souvent longs d’environ un centimètre, qui quittent l’eau en grand nombre au début de l’été.
Le régime des adultes comprend des vers de terre, limaces, cloportes, araignées et insectes. La langue collante projette rapidement la proie dans la bouche. Un individu peut vivre une dizaine d’années dans la nature, parfois davantage lorsque les conditions sont favorables.
Indices et observations discrètes
Le signe le plus facile à repérer est une silhouette qui avance lentement sur un chemin humide, souvent après la pluie. Le Crapaud commun se déplace au ras du sol et s’arrête fréquemment. Avec une lampe, observez sans le toucher et évitez de diriger longtemps une lumière forte vers ses yeux.
Dans une mare, les cordons d’œufs enroulés autour des tiges indiquent une reproduction de crapauds. Les têtards noirs se déplacent près du fond ou des bords, tandis que les jeunes crapelets sortent parfois par centaines après une période pluvieuse. Leur très petite taille explique pourquoi ils passent facilement inaperçus.
Ses empreintes sont rarement nettes, car il marche sur des sols meubles et humides. Cherchez plutôt ses abris : dessous de planches, tas de feuilles, murets, souches et espaces frais entre les pierres. Soulevez ces éléments uniquement si vous pouvez les remettre exactement en place, sans écraser un animal caché.
Les dangers sur son chemin
La circulation routière constitue une menace importante pendant les migrations vers les mares. Des centaines d’individus peuvent franchir le même passage en quelques nuits. Les routes qui coupent les trajets entre bois et points d’eau provoquent des écrasements, surtout lorsque la pluie et la douceur favorisent les déplacements.
La disparition des mares, le comblement des fossés, l’artificialisation des berges et l’assèchement des petits points d’eau réduisent les lieux de reproduction. Les pesticides et la pollution peuvent aussi affecter les proies, les têtards ou la qualité de l’eau. Les poissons relâchés dans une mare consomment les œufs et les larves.
Les crapauds sont également exposés aux bassins de jardin aux parois verticales, aux robots de tonte utilisés la nuit et aux travaux qui détruisent leurs abris. Dans certaines régions, des associations installent des barrières temporaires et des seaux de collecte le long des routes pour les aider à franchir les secteurs dangereux.
Questions fréquentes
Le Crapaud commun est-il venimeux ?
Il ne possède pas de venin et ne mord pas pour se défendre. Les glandes de sa peau produisent des substances irritantes pour certains prédateurs. Lavez-vous les mains après l’avoir touché, surtout avant de porter vos doigts aux yeux ou à la bouche, et gardez les chiens éloignés de l’animal.
Peut-on installer un Crapaud commun dans une mare de jardin ?
Non. Il ne faut pas capturer ni déplacer un amphibien sauvage pour peupler une mare. Si le milieu lui convient, il peut venir seul. Une mare sans poissons, des berges accessibles, des plantes locales et des abris humides à proximité suffisent à rendre le jardin plus accueillant.
Que faire si un crapaud traverse une route ?
Arrêtez-vous seulement si vous pouvez le faire sans danger pour vous et les autres usagers. Ne traversez jamais une chaussée pour sauver un animal dans une situation risquée. Un bénévole équipé peut intervenir lors des migrations. Prévenez une association locale ou la commune si le passage est régulièrement fréquenté.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Dans l’encyclopédieLa fiche mondiale : Crapaud commun
Sources
- UICN France, Liste rouge des espèces menacées en France uicn.fr
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
- Office français de la biodiversité, espèces et réglementation ofb.gouv.fr
- Ministère de la Transition écologique, protection des espèces de faune et de flore sauvages ecologie.gouv.fr
Mis à jour le . Les statuts nationaux suivent la Liste rouge de la France (Comité français de l’UICN, MNHN, OFB)
Dans le même groupe
- Rana temporariaGrenouille rousseLa grenouille rousse est un amphibien très répandu en France métropolitaine, reconnaissable à son corps trapu et à son masque sombre derrière l’œil. Elle rejoint les mares et les fossés dès la fin de l’hiver pour se reproduire, parfois sous la glace dans les régions froides.
- Hyla arboreaRainette verteLa rainette verte est une petite grenouille arboricole reconnaissable à sa peau verte, à sa bande sombre bordée de clair et à ses doigts terminés par des disques adhésifs. En France métropolitaine, elle fréquente les mares ensoleillées entourées de végétation, surtout dans les paysages bocagers et les plaines humides.
- Salamandra salamandraSalamandre tachetéeLa salamandre tachetée vit surtout dans les forêts fraîches et humides de France métropolitaine. Son corps noir ponctué de jaune la rend facile à reconnaître, mais elle reste active principalement la nuit, par temps doux et pluvieux.
- Triturus cristatusTriton crêtéLe triton crêté est un amphibien des mares et des étangs, reconnaissable au ventre jaune orangé fortement tacheté de noir. En France métropolitaine, il se reproduit surtout au printemps dans des points d’eau assez profonds, dépourvus de poissons ou peu colonisés par ceux-ci.
