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Le ver gris (Aporrectodea caliginosa)
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Aporrectodea caliginosa

Ver gris

Aporrectodea caliginosa

Aussi appelé lombric gris, ver de terre gris

Le ver gris est un lombric fréquent des prairies, des terres cultivées et des jardins européens. Son corps cylindrique porte des anneaux et un renflement reproducteur appelé clitellum. En France, il n’est pas inscrit sur la Liste rouge nationale connue des invertébrés évalués et ne bénéficie d’aucune protection réglementaire spécifique.

Statut
Non évaluéepopulation inconnue
Taille
6 à 12 cm de longueur adulte, pour environ 3 à 5 mm de diamètre
Poids
environ 0,3 à 3 g chez l’adulte, selon l’âge, le contenu digestif et l’humidité du sol
Longévité
Souvent 1 à 3 ans dans la nature, parfois davantage dans un sol favorable ; donnée peu documentée en parc zoologique
Régime
DétritivoreIl avale de la terre contenant des feuilles mortes, des racines fines et d’autres débris organiques, puis rejette des turricules riches en éléments minéraux.
Mode de vie
Nocturne, solitaire
Famille
Lombricidés (Lumbricidae), ordre des Haplotaxides (Haplotaxida)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Europe et ouest de l’Asie, avec des populations introduites dans d’autres régions

Où vit le ver gris ?

Il vit dans les sols de prairies, de cultures, de potagers et de jardins, généralement dans les 20 à 40 premiers centimètres, parfois plus profondément quand la surface sèche.

Principales régions : France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, Turquie, Russie occidentale.

  • Europe
  • Asie
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître le ver gris ?
  2. Où vit le ver gris ?
  3. Que mange le ver gris ?
  4. Comment se comporte le ver gris ?
  5. Comment se reproduit le ver gris ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître le ver gris ?

Le ver gris possède un corps allongé, cylindrique et segmenté en nombreux anneaux. Sa couleur varie du gris rosé au brun grisâtre, avec une extrémité avant souvent plus sombre. Il mesure généralement 6 à 12 centimètres adulte, mais sa taille dépend de l’âge, de l’humidité et de la richesse du sol.

Un renflement plus clair entoure plusieurs anneaux vers le tiers avant du corps : le clitellum. Cette structure produit le cocon qui protégera les futurs jeunes. Le ver gris n’a ni pattes ni yeux, mais sa peau sensible à la lumière et aux vibrations l’aide à éviter la surface sèche et les prédateurs.

Le nom « ver gris » peut désigner plusieurs animaux dans le langage courant, notamment des chenilles de noctuelles. Pour reconnaître Aporrectodea caliginosa, il faut donc observer un lombric adulte dans la terre et non une larve d’insecte.

Où vit le ver gris ?

Le ver gris fréquente les prairies, les champs, les vergers, les potagers et les pelouses peu traitées. Il apprécie une terre fraîche contenant de la matière organique, mais il supporte aussi certains sols cultivés. En France, il peut être observé dans la plupart des régions de plaine et de moyenne altitude.

Il reste dans le sol pendant les périodes sèches ou très froides, parfois à plusieurs dizaines de centimètres de profondeur. Les meilleures observations ont lieu au printemps et en automne, le soir ou après une pluie, lorsque la couche superficielle est humide. Retournez une pierre ou une petite motte avec douceur, puis remettez-la en place.

Cette espèce est largement répandue en Europe et atteint l’ouest de l’Asie. Des introductions liées au transport de terre ou de plantes l’ont aussi conduite dans d’autres régions du monde, mais son aire naturelle est principalement européenne et ouest-asiatique.

Que mange le ver gris ?

Le ver gris mange surtout de la terre mélangée à des débris organiques. Il absorbe des fragments de feuilles mortes, des racines fines, des restes de plantes et des micro-organismes présents dans le sol. Sa bouche située à l’avant du corps saisit les particules, qui passent ensuite dans un tube digestif simple.

Dans son intestin, la matière avalée est broyée et transformée avec l’aide de micro-organismes. Les rejets, appelés turricules, contiennent davantage de particules fines et d’éléments disponibles pour les plantes que la terre environnante. Les vers de terre participent ainsi à la formation d’une structure de sol plus grumeleuse.

Le ver gris ne mange pas les racines vivantes comme un ravageur de potager. Il peut toutefois avaler des fragments racinaires morts ou abîmés lorsqu’ils se trouvent dans la terre. Les feuilles laissées en surface deviennent progressivement une ressource alimentaire après avoir été humidifiées et décomposées.

Comment se comporte le ver gris ?

Le ver gris creuse et réutilise des galeries dans le sol. Ses mouvements mélangent des couches de terre différentes et créent de petits passages où l’eau et l’air circulent mieux. Il se déplace grâce à la contraction de ses muscles et à de minuscules soies, appelées soies locomotrices, qui accrochent les parois.

Son activité est surtout nocturne, car l’obscurité limite le risque d’être mangé par les oiseaux. L’humidité est également nécessaire à sa respiration : l’oxygène traverse sa peau maintenue humide. Après une pluie, il peut sortir partiellement du sol, mais une exposition prolongée au soleil le dessèche rapidement.

Le ver gris vit seul et ne défend pas un territoire comme un mammifère. Il réagit aux vibrations du sol, à la lumière et aux variations d’humidité. Les taupes, les merles, les grives, les hérissons et certains coléoptères comptent parmi ses prédateurs.

Comment se reproduit le ver gris ?

Le ver gris est hermaphrodite : chaque adulte possède des organes reproducteurs mâles et femelles. Deux individus s’alignent généralement tête-bêche pour échanger des spermatozoïdes. Le clitellum produit ensuite un anneau de mucus qui devient un cocon autour des œufs et des réserves nutritives.

Les cocons sont déposés dans la terre. Le nombre de jeunes et la durée de développement varient avec la température, l’humidité et la qualité du sol. Les petits ressemblent aux adultes, mais ils sont plus fins et leur clitellum n’est pas encore développé.

La maturité sexuelle est atteinte après plusieurs mois à plus d’un an selon les conditions. Une terre régulièrement humide, riche en débris végétaux et peu perturbée favorise la reproduction, tandis que le dessèchement et les travaux fréquents réduisent les chances de survie des cocons.

Le saviez-vous ?

  • 1.Le ver gris respire par sa peau : celle-ci doit rester humide pour laisser passer l’oxygène, ce qui explique son activité accrue après la pluie.
  • 2.Ses turricules sont des petits tas de terre rejetés à la surface ou dans les galeries. Ils sont particulièrement riches en matière organique transformée.
  • 3.Chaque individu possède des organes reproducteurs mâles et femelles, mais deux vers s’accouplent généralement pour échanger leurs spermatozoïdes.
  • 4.Le ver gris ne possède pas d’yeux. Des cellules sensibles à la lumière réparties dans sa peau l’aident pourtant à éviter la surface éclairée.

Ce qui menace le ver gris

  • Dessèchement des sols

    Les sécheresses prolongées peuvent tuer les individus proches de la surface et réduire la survie des cocons. Les sols nus chauffent et perdent leur humidité plus vite.

  • Travail du sol

    Le labour profond et les passages répétés d’engins peuvent couper des vers, détruire leurs galeries et perturber les cocons présents dans la terre.

  • Produits phytosanitaires

    Certains pesticides et engrais utilisés en excès peuvent modifier la nourriture disponible et nuire aux vers de terre ou aux micro-organismes du sol.

Protéger le ver gris

  • Statut réglementaireEn France, le ver gris ne bénéficie d’aucune protection réglementaire spécifique connue et n’est pas concerné par la CITES. Il ne fait pas partie des espèces évaluées dans la Liste rouge nationale française disponible pour ce groupe.
  • Sols vivantsLa conservation de ses populations repose surtout sur des sols couverts, l’apport modéré de matière organique, la réduction du labour et la limitation des traitements inutiles. Aucun programme national d’élevage ou de réintroduction propre à cette espèce n’est documenté.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Que mange le ver gris ?

Le ver gris mange de la terre contenant des feuilles mortes, des racines fines, des débris végétaux et des micro-organismes. Il ne chasse pas les insectes et ne ronge généralement pas les racines vivantes. Après la digestion, il rejette des turricules qui contribuent à la structure et à la fertilité du sol.

Combien de temps vit le ver gris ?

Le ver gris vit souvent 1 à 3 ans dans la nature, mais cette durée varie selon l’humidité, la température, les prédateurs et les travaux du sol. Certains individus peuvent vivre davantage dans des conditions favorables. Sa longévité exacte est moins bien connue que celle des animaux élevés en captivité.

Où vit le ver gris ?

Le ver gris vit dans les prairies, les champs, les jardins, les potagers et les vergers, surtout dans les sols frais riches en matière organique. En France, vous pouvez le chercher au printemps ou en automne, le soir et après une pluie, sous une pierre ou dans une motte humide.

Le ver gris est-il dangereux ?

Le ver gris est sans danger pour les personnes et les animaux domestiques. Il ne mord pas, ne pique pas et ne possède pas de venin. Lavez simplement vos mains après avoir manipulé de la terre, surtout avant de manger, puis remettez l’animal dans un sol humide.

Quelle taille fait le ver gris ?

Le ver gris adulte mesure généralement 6 à 12 centimètres de long et environ 3 à 5 millimètres de diamètre. Les dimensions varient selon l’âge, la nourriture et l’humidité du sol. Les jeunes sont beaucoup plus fins et leur clitellum, renflement reproducteur, n’est pas encore visible.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Comment le ver gris respire-t-il ?
  2. 2.Que sont les turricules du ver gris ?
  3. 3.Quel est le meilleur moment pour observer le ver gris ?

Sources

  1. Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  2. UICN France, Listes rouges des espèces menacées en France uicn.fr
  3. Université de Rennes, Observatoire participatif des vers de terre et écologie des sols

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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