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Le thon rouge (Thunnus thynnus)
LC
Thunnus thynnus

Thon rouge

Thunnus thynnus

Aussi appelé Thon rouge de l’Atlantique, Thon rouge du Nord

Le thon rouge est un grand poisson migrateur de l’Atlantique Nord et de la Méditerranée, présent au large des côtes françaises. Son corps conserve une partie de la chaleur produite par ses muscles, ce qui l’aide à chasser en eau fraîche. Classé en préoccupation mineure à l’échelle mondiale depuis 2021, il reste soumis à une pêche strictement encadrée.

Statut
Préoccupation mineurepopulation en hausse
Taille
Environ 1,5 à 2,5 m de longueur totale chez de nombreux adultes ; les plus grands dépassent 3 m.
Poids
Souvent 60 à 250 kg chez les adultes, selon leur âge ; les individus exceptionnels peuvent dépasser 600 kg.
Longévité
Jusqu’à environ 40 ans dans la nature ; pas de référence générale fiable pour la captivité.
Régime
Mangeur de poissonsIl mange surtout des poissons, comme les sardines, les harengs et les maquereaux, ainsi que des calmars et certains crustacés.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, en bancs, souvent avec des individus de taille voisine
Famille
Scombridés (Scombridae), ordre des Scombriformes

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Atlantique Nord et mers voisines, notamment la Méditerranée

Où vit le thon rouge ?

Il fréquente les eaux côtières et le large, de la surface à plusieurs centaines de mètres de profondeur, avec des plongées dépassant parfois 1 000 m.

Principales régions : France, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Royaume-Uni, États-Unis, Canada.

  • Europe
  • Afrique
  • Amérique du Nord et centrale
  • Océans
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître le thon rouge
  2. Où vit le thon rouge ?
  3. Que mange-t-il ?
  4. Un nageur qui conserve sa chaleur
  5. Comment se reproduit-il ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître le thon rouge

Son corps épais, fuselé, se termine par une queue en croissant portée par un pédoncule étroit. Le dos est bleu sombre, tandis que les flancs et le ventre sont argentés. Une rangée de petites nageoires, appelées pinnules, suit les nageoires dorsale et anale jusqu’à la queue.

Les nageoires pectorales sont courtes, contrairement à celles du germon. La seconde nageoire dorsale est généralement brun rougeâtre et les pinnules jaunâtres, bordées de sombre. Le nom « rouge » renvoie surtout à sa chair, riche en pigments musculaires : vous ne verrez donc pas un poisson rouge vif dans l’eau.

Où vit le thon rouge ?

Cette espèce occupe l’Atlantique Nord et la Méditerranée. Les principales zones de reproduction connues se trouvent en Méditerranée et dans le golfe du Mexique. Des individus traversent l’Atlantique, ce qui relie les populations suivies de part et d’autre de l’océan et complique leur gestion.

En France, vous pouvez parfois observer des chasses en surface en Méditerranée, notamment au large du golfe du Lion, ainsi que dans le golfe de Gascogne. Les observations sont souvent plus accessibles à la belle saison, mais varient avec les bancs de poissons et la température. Depuis la côte, les rencontres restent aléatoires.

Que mange-t-il ?

Le menu dépend de la région, de la saison et de la taille du poisson. Les adultes capturent notamment des sardines, des anchois, des harengs et des maquereaux. Ils prennent aussi des calmars. Les jeunes consomment davantage de petites proies, parmi lesquelles des crustacés et de petits poissons.

Lors d’une chasse collective, les thons peuvent concentrer leurs proies près de la surface. Vous apercevez alors des éclaboussures et parfois des oiseaux marins qui profitent du même banc. Ces épisodes peuvent être brefs : approcher en bateau risque de disperser les proies et de perturber l’alimentation.

Un nageur qui conserve sa chaleur

Des réseaux de vaisseaux sanguins récupèrent une partie de la chaleur produite par les muscles avant qu’elle ne soit perdue dans l’eau. Certaines régions du corps restent ainsi plus chaudes que le milieu environnant. Cette capacité favorise l’activité musculaire dans des eaux où beaucoup de poissons ralentissent.

Il nage presque continuellement, la bouche entrouverte, pour faire circuler l’eau sur ses branchies. Ses déplacements associent migrations sur de longues distances et plongées profondes. Les balises électroniques montrent que les trajets diffèrent entre individus : tous les thons ne suivent donc pas un itinéraire annuel identique.

Comment se reproduit-il ?

La reproduction se déroule dans des eaux chaudes. En Méditerranée, elle a surtout lieu à la fin du printemps et en été, avec des variations selon les secteurs. Les femelles libèrent des œufs dans l’eau et les mâles y émettent leur sperme : la fécondation est externe.

Une grande femelle peut produire plusieurs millions d’œufs au cours d’une saison, sans soins parentaux. La mortalité des œufs et des larves est très élevée. La maturité sexuelle est souvent atteinte vers 3 à 5 ans dans la population orientale, et généralement plus tard dans la population occidentale.

Le saviez-vous ?

  • 1.Il possède une vessie natatoire, une poche de gaz qui participe au contrôle de sa flottabilité, contrairement à certains autres thons.
  • 2.Le thon rouge du Pacifique et le thon rouge du Sud sont deux autres espèces, avec leurs propres aires et statuts de conservation.
  • 3.Une grande partie des thons rouges élevés dans des cages méditerranéennes sont capturés sauvages puis engraissés : cet élevage dépend donc encore des populations naturelles.
  • 4.Des balises fixées sur les poissons enregistrent la profondeur et la température, révélant des plongées à plus de 1 000 mètres.

Ce qui menace le thon rouge

  • Pression de pêche

    La forte valeur commerciale de sa chair entretient une pression de pêche élevée. Des captures excessives, notamment de jeunes poissons, peuvent réduire le renouvellement des populations.

  • Captures non déclarées

    La pêche illégale et les déclarations incomplètes compliquent le suivi des prélèvements. La traçabilité des captures est particulièrement importante pour cette espèce commercialisée à l’échelle internationale.

  • Modification des eaux

    Le réchauffement de l’océan peut modifier la répartition des proies et les conditions de reproduction. Ses effets précis varient selon les régions et restent étudiés.

Protéger le thon rouge

  • Évaluation mondialeL’UICN classe Thunnus thynnus en préoccupation mineure (LC) depuis l’évaluation de 2021, avec une tendance globale en hausse. Cette amélioration n’efface ni les différences entre stocks ni le besoin de limiter les captures.
  • Gestion internationaleLa Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) encadre les captures par des quotas et d’autres mesures de gestion. Elle organise aussi le suivi scientifique et la documentation des prises.
  • Règles en FranceL’espèce n’est pas soumise à une interdiction générale de capture au titre des espèces protégées, mais sa pêche est strictement réglementée. En pêche de loisir, les autorisations, périodes, tailles minimales et obligations de déclaration doivent être vérifiées pour l’année en cours.
  • Liste rouge françaiseLa catégorie nationale n’est pas indiquée ici faute de confirmation suffisante dans la liste rouge des poissons marins de France métropolitaine. Le classement mondial LC ne doit pas être présenté comme un classement français.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Peut-on voir des thons rouges en France ?

Oui, en Méditerranée et sur la façade atlantique, notamment dans le golfe de Gascogne. Les chasses en surface sont les observations les plus faciles à repérer, souvent à la belle saison. Une sortie en mer ne garantit toutefois aucune rencontre : les poissons se déplacent avec leurs proies.

Pourquoi l’appelle-t-on thon rouge alors qu’il est argenté ?

Son nom vient de la couleur de sa chair. Ses muscles contiennent notamment de la myoglobine, un pigment qui retient l’oxygène et contribue à cette teinte rouge. À l’extérieur, son dos sombre et son ventre argenté le rendent moins visible dans l’eau, selon l’angle d’observation.

Est-il encore menacé de disparition ?

À l’échelle mondiale, l’UICN le classe en préoccupation mineure depuis 2021, après une amélioration de son état. Cela ne signifie pas que toutes les populations sont à l’abri d’une baisse. Les évaluations des stocks et les règles de pêche restent nécessaires pour éviter de nouveaux prélèvements excessifs.

Est-il dangereux pour les nageurs ?

Le thon rouge ne recherche pas les humains comme proies. C’est toutefois un poisson puissant, capable de mouvements brusques. Si vous en rencontrez un, gardez vos distances et ne tentez ni de le toucher ni de le nourrir, particulièrement près d’une activité de pêche.

Peut-on le pêcher pour le loisir ?

En France, cette pêche relève d’un régime particulier, avec des autorisations et des règles qui peuvent changer chaque année. La remise à l’eau et la conservation d’une prise ne suivent pas nécessairement les mêmes conditions. Consultez les informations du ministère chargé de la pêche et de votre direction interrégionale de la mer avant toute sortie.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quoi le nom « thon rouge » fait-il surtout référence ?
  2. 2.Où cette espèce vit-elle naturellement ?
  3. 3.Comment conserve-t-il une partie de sa chaleur ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, Liste rouge mondiale : Thunnus thynnus iucnredlist.org
  2. ICCAT, rapports scientifiques et informations sur le thon rouge iccat.int
  3. NOAA Fisheries, Atlantic Bluefin Tuna fisheries.noaa.gov

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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