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La squille multicolore (Odontodactylus scyllarus)
NE
Odontodactylus scyllarus

Squille multicolore

Odontodactylus scyllarus

Aussi appelé Squille paon, Crevette-mante paon

La squille multicolore est un crustacé des récifs de l’Indo-Pacifique, reconnaissable à ses couleurs vertes, bleues et rouges. Deux appendices repliés sous sa tête lui permettent de briser les coquilles de ses proies par des frappes extrêmement rapides. Ses yeux détectent aussi des propriétés de la lumière qui nous échappent. Son risque d’extinction n’a pas été évalué à l’échelle mondiale par l’UICN.

Statut
Non évaluéepopulation inconnue
Taille
Environ 8 à 18 cm de longueur totale chez l’adulte ; les tailles publiées varient selon les sources.
Poids
Pas de fourchette de masse adulte suffisamment documentée pour cette fiche.
Longévité
Mal documentée dans la nature ; quelques années en aquarium, avec des estimations variables selon les sources et les conditions de maintien.
Régime
CarnivoreElle mange surtout des crabes, des escargots marins et des bivalves, dont elle brise les protections avec ses appendices frappeurs.
Mode de vie
Diurne, généralement solitaire et territoriale
Famille
Odontodactylidés (Odontodactylidae), ordre des Stomatopodes (Stomatopoda)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Indo-Pacifique tropical, de l’Afrique orientale au Pacifique occidental

Où vit la squille multicolore ?

Fonds sableux ou couverts de débris coralliens, près des récifs tropicaux, généralement entre quelques mètres et une quarantaine de mètres de profondeur.

Principales régions : Afrique orientale, Seychelles, Inde, Indonésie, Philippines, Australie, Nouvelle-Calédonie, Guam.

  • Afrique
  • Asie
  • Océanie
  • Océans
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître la squille multicolore ?
  2. Où vit la squille multicolore ?
  3. Comment casse-t-elle les coquilles ?
  4. Comment utilise-t-elle ses yeux et son terrier ?
  5. Comment se reproduit la squille multicolore ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître la squille multicolore ?

Son corps allongé porte une carapace à l’avant et un abdomen segmenté terminé par une large palette caudale. Les adultes présentent souvent du vert, du bleu et du rouge, avec des taches sombres sur les côtés de la carapace. Les couleurs varient avec le sexe et l’individu : vous ne pouvez donc pas identifier l’espèce à une seule teinte.

Deux yeux portés par des pédoncules dépassent à l’avant de la tête et peuvent bouger indépendamment. Sous eux, une paire d’appendices ravisseurs se termine par des parties épaissies servant de marteaux. Malgré son surnom de crevette-mante, cette squille appartient aux stomatopodes, un ordre de crustacés distinct de celui des crevettes que l’on trouve habituellement chez le poissonnier.

Où vit la squille multicolore ?

Cette espèce fréquente les eaux chaudes de l’Indo-Pacifique, depuis l’Afrique orientale jusqu’au Pacifique occidental. Elle vit sur le fond, notamment autour des récifs coralliens, dans les zones de sable et de débris de corail. Son terrier, souvent doté de deux ouvertures, lui sert à se cacher, à surveiller les alentours et à protéger ses œufs.

Vous ne la rencontrerez pas sur les côtes de France métropolitaine. Elle est toutefois présente en Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique. L’observation se fait en plongée, de jour, en cherchant les yeux qui dépassent à l’entrée d’un abri. Les conditions locales de visibilité comptent davantage qu’une saison unique ; gardez vos mains loin des trous.

Aucune catégorie de liste rouge nationale française n’est retenue ici faute d’évaluation identifiée pour cette espèce. Une réglementation locale peut néanmoins encadrer la collecte des animaux marins, notamment dans les réserves. Avant une sortie en Nouvelle-Calédonie, vérifiez les règles de la province et du site visité : l’absence de classement UICN ne donne pas un droit de prélèvement.

Comment casse-t-elle les coquilles ?

La squille multicolore chasse surtout des animaux protégés par une coquille ou une carapace : escargots marins, bivalves et crabes. Elle peut saisir une proie et la frapper plusieurs fois pour ouvrir sa protection. Ses pièces buccales et ses petits appendices proches de la bouche manipulent ensuite les morceaux accessibles.

La frappe repose sur un mécanisme qui stocke de l’énergie élastique avant de la libérer brusquement. Lors de mesures expérimentales sur cette espèce, l’extrémité frappeuse a atteint environ 23 mètres par seconde. Le mouvement peut provoquer une cavitation : des bulles se forment dans l’eau puis s’effondrent, ajoutant une impulsion à celle du coup.

Comment utilise-t-elle ses yeux et son terrier ?

Chaque œil possède une bande centrale spécialisée et plusieurs régions qui analysent la lumière. Cette espèce détecte les ultraviolets ainsi que la polarisation, c’est-à-dire l’orientation des vibrations lumineuses. Une telle diversité de récepteurs ne signifie pas qu’elle distingue toutes les nuances mieux que nous : des expériences ont montré des limites dans sa discrimination des couleurs.

Généralement active le jour, elle surveille les alentours depuis son abri et sort pour chercher de la nourriture. Elle défend ce terrier contre les intrus, parfois par des signaux visuels ou des frappes. Comme les autres crustacés, elle doit muer pour grandir ; sa nouvelle enveloppe reste temporairement souple, ce qui la rend plus vulnérable.

Comment se reproduit la squille multicolore ?

Après l’accouplement, la femelle produit une masse d’œufs qu’elle garde près d’elle dans le terrier. Elle la manipule avec ses appendices, ce qui contribue à l’entretien et à l’aération des œufs. Le nombre d’œufs et la durée du développement dépendent notamment de la taille de la femelle et de la température de l’eau.

À l’éclosion, les jeunes n’ont pas encore l’apparence complète d’un adulte. Leur développement comprend une phase larvaire dans l’eau, durant laquelle ils peuvent être transportés par les courants. Après plusieurs transformations et mues, les jeunes rejoignent le fond et commencent leur vie dans un abri ; beaucoup de larves sont consommées par d’autres animaux.

Le saviez-vous ?

  • 1.La squille multicolore peut détecter la lumière polarisée circulairement, une propriété que l’œil humain ne perçoit pas directement.
  • 2.Son marteau naturel possède une organisation microscopique étudiée par les chercheurs pour comprendre comment un matériau résiste à des chocs répétés.
  • 3.La cavitation produite par une frappe peut ajouter une seconde impulsion à l’impact, même lorsque le contact direct avec la proie est imparfait.
  • 4.Ses deux yeux bougent indépendamment : vous pouvez voir l’un examiner l’entrée du terrier pendant que l’autre explore une autre direction.

Ce qui menace la squille multicolore

  • Dégradation des récifs

    La dégradation des fonds récifaux peut modifier ses abris et les communautés de proies. L’ampleur de cet effet sur la population mondiale n’est pas quantifiée.

  • Collecte pour les aquariums

    Cette espèce est commercialisée pour les aquariums marins en raison de ses couleurs et de son comportement. Les conséquences de ces prélèvements à l’échelle de son aire restent mal documentées.

  • Données encore limitées

    Il n’existe pas d’estimation mondiale fiable de ses effectifs ni de tendance globale établie. Le statut NE signifie « non évaluée » et ne permet pas de conclure qu’elle est à l’abri d’un déclin.

Protéger la squille multicolore

  • Protection des habitatsDans son aire australienne, le parc marin de la Grande Barrière de corail comprend des zones où les prélèvements sont interdits. Ces règles protègent les communautés récifales et leurs habitats, sans constituer un programme propre à cette squille.
  • Commerce et réglementationOdontodactylus scyllarus n’est pas inscrite aux annexes de la CITES. Les règles locales de collecte, d’exportation et de protection des espaces marins doivent néanmoins être respectées.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Est-ce une crevette ?

C’est un crustacé, comme les crevettes et les crabes, mais elle appartient à l’ordre des stomatopodes. Son surnom de crevette-mante vient de sa silhouette et de ses appendices ravisseurs repliés. Les crevettes les plus connues appartiennent à l’ordre des décapodes, qui comprend aussi les crabes et les homards.

Peut-elle blesser une personne ?

Oui, ses appendices peuvent provoquer une plaie si vous la saisissez ou placez un doigt à portée de frappe. Observez-la sans la manipuler. En cas de blessure, rincez à l’eau potable et demandez rapidement un avis médical ; appelez le 15 ou le 112 si le saignement est important ou ne s’arrête pas.

Voit-elle davantage de couleurs que nous ?

Elle possède davantage de types de récepteurs impliqués dans la vision des couleurs, dont certains sensibles aux ultraviolets. Cela ne lui donne pas automatiquement une meilleure distinction entre des teintes proches. Son système visuel traite la lumière différemment du nôtre et détecte aussi sa polarisation, invisible pour nous sans instrument.

Peut-on en voir en France ?

Elle n’est pas naturellement présente sur les côtes métropolitaines, mais vit notamment en Nouvelle-Calédonie. Vous pouvez l’y observer en plongée près des récifs, souvent à l’entrée d’un terrier. Ne soulevez pas les pierres pour la chercher et vérifiez les règles locales des réserves et des provinces.

Peut-on la garder dans un aquarium familial ?

Son maintien exige une expérience de l’aquariophilie marine, un abri adapté et une installation sécurisée. Elle peut tuer des animaux placés avec elle et ses frappes peuvent endommager certains éléments fragiles. Ce n’est donc pas une espèce à acheter pour peupler un aquarium communautaire avec des poissons et des crevettes.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quel groupe appartient la squille multicolore ?
  2. 2.À quoi servent principalement ses appendices en forme de marteaux ?
  3. 3.Que signifie son statut mondial NE ?

Autour de cet animal

Sources

  1. Animal Diversity Web, Odontodactylus scyllarus animaldiversity.org
  2. Smithsonian Ocean, ressources sur les invertébrés marins et les squilles ocean.si.edu

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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