

Rhinopithèque de Roxellane
Rhinopithecus roxellana
Aussi appelé Singe doré, Singe doré à nez retroussé
Le rhinopithèque de Roxellane, aussi appelé singe doré, habite les forêts montagneuses du centre de la Chine. Son visage bleuté, son nez retroussé et sa longue fourrure permettent de le reconnaître. Ce primate supporte des hivers enneigés et vit dans de grandes sociétés familiales. L’UICN le classe en danger, notamment à cause de la fragmentation de son habitat.
- Statut
- En dangerpopulation en baisse
- Taille
- Environ 55 à 80 cm de longueur tête-corps, avec une queue de 50 à 75 cm ; les mâles sont plus grands que les femelles.
- Poids
- Environ 15 à 20 kg pour les mâles et 6 à 10 kg pour les femelles, selon les populations et les sources.
- Longévité
- Longévité mal documentée dans la nature ; jusqu’à environ 25 ans en captivité selon les sources.
- Régime
- HerbivoreIl mange surtout des feuilles, des lichens, des bourgeons, des fruits et des graines, avec davantage d’écorce lorsque les ressources se raréfient.
- Mode de vie
- Diurne, en groupes familiaux réunis en bandes de plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’individus
- Famille
- Cercopithécidés (Cercopithecidae), ordre des Primates
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit le rhinopithèque de Roxellane ?
Forêts tempérées de montagne, feuillues, mixtes ou de conifères, généralement entre 1 400 et 3 400 mètres d’altitude.
Principales régions : Chine.
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le rhinopithèque de Roxellane ?
Vous pouvez le reconnaître à son visage presque dépourvu de poils, teinté de bleu pâle, et à son nez très court dont les narines sont dirigées vers l’avant. La fourrure associe des tons dorés, orangés et gris brun. Sa couleur varie avec l’âge, le sexe et la partie du corps observée.
Le mâle adulte est nettement plus lourd que la femelle et porte de longs poils sur le dos et les épaules. La queue, presque aussi longue que le corps, aide à garder l’équilibre dans les arbres. Elle ne sert pas à saisir les branches : ce singe s’accroche avec ses mains et ses pieds.
Où vit le rhinopithèque de Roxellane ?
L’espèce est endémique de Chine : elle n’existe naturellement dans aucun autre pays. Ses populations occupent notamment les monts Qinling, dans le Shaanxi, les montagnes du Sichuan et du sud du Gansu, ainsi que le massif de Shennongjia, dans le Hubei. Ces ensembles forestiers sont séparés par des vallées et des zones transformées par les activités humaines.
Son habitat comprend des forêts de feuillus, de conifères et des forêts mixtes, généralement entre 1 400 et 3 400 mètres. Les limites d’altitude varient selon les régions et les saisons. En hiver, la neige peut couvrir les branches et le sol ; les singes ajustent leurs déplacements aux ressources disponibles et aux conditions locales.
Que mange le rhinopithèque de Roxellane ?
Son menu suit les saisons : jeunes feuilles et bourgeons au printemps, puis fruits et graines lorsqu’ils sont disponibles. Il consomme aussi des lichens, ces organismes formés par l’association d’un champignon avec une algue ou une cyanobactérie. Dans certaines populations, ils occupent une grande place dans l’alimentation, particulièrement pendant les périodes froides.
Son estomac comporte plusieurs compartiments où des microbes participent à la digestion des végétaux riches en fibres. Cette particularité est partagée avec les autres colobinés, le groupe de singes auquel il appartient. En hiver, les lichens et l’écorce permettent de continuer à se nourrir lorsque les feuilles tendres deviennent rares.
Comment s’organise sa vie en groupe ?
La société repose sur des unités familiales qui comprennent généralement un mâle adulte, plusieurs femelles et leurs petits. Plusieurs unités se déplacent ensemble au sein d’une bande plus vaste. Les mâles qui ne dirigent pas d’unité familiale peuvent former leurs propres groupes. La taille de ces rassemblements varie selon la population et la saison.
Actif pendant la journée, ce primate cherche sa nourriture dans les arbres et descend aussi au sol. Les cris permettent de maintenir le contact, tandis que l’épouillage entretient les relations entre individus. Par temps froid, les singes peuvent se serrer les uns contre les autres ; leur fourrure épaisse limite également les pertes de chaleur.
Comment naissent et grandissent les petits ?
Les accouplements ont surtout lieu en automne et les naissances au printemps, avec des différences selon les régions. Après une gestation d’environ six à sept mois, la femelle met généralement au monde un seul petit. Ce calendrier place les premiers mois de croissance à une période où la végétation et les ressources alimentaires se renouvellent.
Le nouveau-né s’agrippe à sa mère, qui le porte et l’allaite. D’autres femelles peuvent le tenir, le surveiller et parfois même l’allaiter : ce comportement a été observé dans des populations sauvages. Le jeune reste dépendant des soins maternels pendant plusieurs mois et acquiert progressivement les gestes nécessaires pour grimper et rechercher sa nourriture.
Le saviez-vous ?
- 1.Des femelles sauvages ont été observées en train d’allaiter des petits qui n’étaient pas les leurs, une forme de soins partagés.
- 2.Sa queue est longue, mais elle n’est pas préhensile : contrairement à celle de certains singes américains, elle ne peut pas saisir une branche.
- 3.Il compte parmi les primates vivant dans des milieux très froids, où les forêts peuvent rester enneigées pendant une partie de l’hiver.
- 4.Les lichens qu’il mange sont des associations entre plusieurs organismes, et non des plantes à feuilles comme les arbres de sa forêt.
Ce qui menace le rhinopithèque de Roxellane
Forêts fragmentées
Les défrichements passés et les aménagements ont morcelé son habitat. Des populations isolées ont moins de possibilités de se déplacer entre massifs et d’échanger des individus.
Perturbations humaines
Les routes, les activités touristiques et l’exploitation des ressources forestières peuvent perturber les groupes et réduire l’accès à leurs zones d’alimentation.
Chasse et captures
La chasse a contribué au déclin historique de l’espèce. Malgré sa protection, des captures illégales et des pièges restent des risques dans certaines parties de son aire.
Protéger le rhinopithèque de Roxellane
- Protection en ChineLe rhinopithèque de Roxellane bénéficie du niveau national de protection le plus élevé pour la faune sauvage en Chine. Sa chasse et sa capture sont strictement réglementées.
- Commerce international encadréIl figure à l’annexe I de la CITES. Le commerce international à des fins commerciales des spécimens sauvages est en principe interdit, et les autres mouvements autorisés nécessitent des documents spécifiques.
- Massifs forestiers protégésDes populations vivent dans des espaces protégés, notamment la réserve naturelle de Foping, dans les Qinling, et le parc national de Shennongjia. La préservation des forêts et de leurs connexions limite l’isolement des groupes.
Questions fréquentes
Le singe doré et le rhinopithèque de Roxellane sont-ils le même animal ?
Dans cette fiche, les deux noms désignent Rhinopithecus roxellana. L’expression « singe doré » peut toutefois désigner d’autres primates, notamment un cercopithèque africain. Pour éviter une confusion dans un livre ou un parc zoologique, regardez le nom scientifique et le pays d’origine.
Pourquoi son visage est-il bleu ?
La peau nue du visage présente naturellement une teinte bleutée, particulièrement visible autour des yeux et du museau. Ce caractère aide à reconnaître l’espèce. La couleur varie selon les individus et l’éclairage ; il serait imprudent de lui attribuer une fonction unique, comme attirer un partenaire, sans données suffisantes.
Comment résiste-t-il à la neige ?
Sa fourrure épaisse limite les pertes de chaleur, et les individus peuvent se regrouper étroitement lorsqu’il fait froid. Il conserve aussi un accès à des aliments hivernaux, notamment les lichens et l’écorce. Ses déplacements varient selon les conditions locales, car toutes les forêts de montagne n’ont pas le même enneigement.
Peut-on en avoir un chez soi en France ?
Ce primate sauvage protégé ne doit pas être envisagé comme un animal de compagnie. Sa détention relève d’autorisations spécifiques, et les mouvements internationaux sont encadrés par la CITES. Ses besoins comprennent une vie sociale complexe et des installations spécialisées, très éloignées de ce qu’un foyer peut lui procurer.
Est-il menacé de disparition ?
Oui. La Liste rouge mondiale de l’UICN le classe « en danger », et sa population est considérée comme en baisse. La fragmentation forestière sépare les groupes et réduit leurs possibilités de déplacement. Les espaces protégés conservent une partie de son habitat, mais la protection des connexions entre forêts reste nécessaire.
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Pour aller plus loin
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale : Rhinopithecus roxellana iucnredlist.org
- Université du Michigan, Animal Diversity Web : Rhinopithecus roxellana animaldiversity.org
- Université du Wisconsin-Madison, Primate Info Net : fiches sur les primates primate.wisc.edu
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer







