

Requin-nourrice
Ginglymostoma cirratum
Aussi appelé Requin dormeur
Le requin-nourrice vit près du fond dans les eaux chaudes de l’Atlantique, notamment aux Antilles françaises. Ses deux petits barbillons l’aident à repérer ses proies, qu’il aspire avec une bouche puissante. Souvent immobile le jour, il part surtout chasser la nuit. L’UICN le classe vulnérable : ses populations diminuent sous l’effet des captures et de la dégradation des habitats côtiers.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Généralement 2 à 3 m de longueur totale à l’âge adulte ; les tailles maximales rapportées varient selon les sources.
- Poids
- Plusieurs dizaines de kilogrammes, souvent autour de 40 à 110 kg pour les grands adultes ; le poids varie fortement avec la longueur.
- Longévité
- Au moins 25 ans documentés en captivité ; la longévité dans la nature reste mal connue.
- Régime
- CarnivoreIl mange des crustacés, des mollusques et des poissons qu’il recherche principalement près du fond.
- Mode de vie
- Nocturne, chasse souvent seul, se repose parfois en groupes
- Famille
- Ginglymostomatidés (Ginglymostomatidae), ordre des Orectolobiformes
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit le requin-nourrice ?
Il fréquente les récifs, les fonds sableux, les herbiers et les mangroves des eaux côtières tropicales, surtout à faible profondeur, mais peut descendre jusqu’à environ 130 m.
Principales régions : États-Unis, notamment la Floride, Bahamas, Belize, Mexique, France, aux Antilles, Brésil, Cap-Vert, Sénégal.
- Amérique du Nord et centrale
- Amérique du Sud
- Afrique
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le requin-nourrice ?
Son corps allongé est généralement brun jaunâtre à gris-brun, avec un ventre plus clair. Sa tête large porte de petits yeux et une bouche placée dessous. Deux barbillons pendent devant cette bouche : vous pouvez les comparer à de courtes moustaches, même s’ils n’ont pas la structure des poils d’un mammifère.
Ses deux nageoires dorsales sont arrondies et situées assez loin en arrière. La queue possède une longue partie supérieure, tandis que les nageoires pectorales sont larges. Les jeunes peuvent porter de petites taches sombres qui s’atténuent en grandissant. Un adulte mesure habituellement entre 2 et 3 mètres, mais l’identification doit aussi s’appuyer sur la tête et les nageoires.
Où vit le requin-nourrice ?
L’espèce occupe les eaux chaudes de l’Atlantique, sur les côtes américaines et dans certaines régions de l’Afrique occidentale. Elle utilise les récifs, les herbiers, les fonds sableux et les mangroves. Les jeunes fréquentent notamment des secteurs très peu profonds, où les racines et les reliefs leur procurent des abris.
En France, vous pouvez le rencontrer dans les eaux de Guadeloupe et de Martinique, toute l’année. Lors d’une plongée encadrée, il peut être visible le jour sous une corniche ou près du fond. Il n’existe pas de saison garantissant sa présence : la visibilité, le site et les dérangements influencent les observations.
Les anciens documents attribuent parfois à cette espèce une aire allant jusqu’au Pacifique oriental. Les requins-nourrices de cette région sont aujourd’hui rattachés à une espèce distincte, Ginglymostoma unami. Cette distinction explique pourquoi certaines cartes anciennes donnent à Ginglymostoma cirratum une répartition trop étendue.
Comment trouve-t-il sa nourriture ?
À la tombée de la nuit, il explore le fond à la recherche de crabes, de crevettes, de mollusques et de poissons. Ses barbillons portent des récepteurs sensoriels qui l’aident à localiser la nourriture. Comme les autres requins, il peut aussi détecter de faibles champs électriques produits par des animaux, une aide précieuse lorsque la proie est cachée.
Pour capturer une proie, il agrandit rapidement sa cavité buccale et crée une aspiration. Ce mécanisme lui permet d’extraire de petits animaux de certaines anfractuosités. Sa bouche contient de nombreuses petites dents, renouvelées au cours de sa vie, qui retiennent ou écrasent la nourriture.
Pourquoi reste-t-il immobile sur le fond ?
Pendant la journée, plusieurs individus peuvent se reposer sous le même abri, parfois en se touchant ou en se chevauchant. Ils se dispersent souvent pour chercher leur nourriture la nuit. Des suivis ont montré que certains reviennent régulièrement dans les mêmes secteurs : protéger un lieu de repos peut donc bénéficier à des animaux qui l’utilisent longtemps.
Il peut faire passer de l’eau sur ses branchies sans nager continuellement, grâce à des mouvements de pompage de la bouche et du pharynx. Son immobilité n’indique donc pas qu’il manque d’oxygène. En plongée, gardez vos distances : saisir sa queue, le toucher ou bloquer sa sortie peut provoquer une morsure.
Comment naissent les petits ?
La fécondation est interne. Les embryons se développent dans le corps de la femelle et se nourrissent principalement des réserves de leur sac vitellin, sans placenta. Après une gestation d’environ cinq à six mois, la mère donne naissance à des petits vivants. Ce mode de reproduction est appelé viviparité sans placenta.
Une portée compte généralement quelques dizaines de petits, souvent autour de 20 à 30, avec des variations selon les observations. À la naissance, ils mesurent environ 27 à 30 centimètres et sont déjà autonomes. Dans les populations étudiées, les femelles peuvent se reproduire tous les deux ans ; la maturité tardive et ce rythme limitent la vitesse de renouvellement des populations.
Le saviez-vous ?
- 1.Une bouche capable de créer une forte aspiration lui permet de capturer des proies cachées dans des creux du récif.
- 2.Plusieurs requins-nourrices peuvent partager un abri de jour, même s’ils recherchent souvent leur nourriture séparément pendant la nuit.
- 3.Les petits naissent avec une silhouette de requin déjà complète et ne reçoivent pas de soins parentaux après la naissance.
- 4.Le requin-nourrice du Pacifique oriental a été distingué comme une autre espèce, Ginglymostoma unami, en 2015.
Ce qui menace le requin-nourrice
Captures côtières
Il est capturé volontairement ou accidentellement par différentes pêcheries côtières. Son utilisation régulière des mêmes secteurs peut l’exposer de façon répétée aux engins de pêche.
Habitats dégradés
La destruction des mangroves, la dégradation des récifs et les aménagements du littoral réduisent les abris et les zones fréquentées par les jeunes.
Tourisme avec nourrissage
Le nourrissage et les manipulations peuvent modifier son comportement et multiplier les contacts risqués avec les visiteurs. Un animal au repos doit pouvoir quitter son abri sans être encerclé.
Protéger le requin-nourrice
- Évaluation mondialeL’UICN classe Ginglymostoma cirratum dans la catégorie vulnérable, avec une tendance à la baisse. Ce classement signale un risque d’extinction à l’échelle mondiale, sans constituer à lui seul une protection juridique.
- Protection des sitesAux Antilles françaises, des espaces protégés comme le cœur marin du Parc national de la Guadeloupe encadrent les prélèvements et les activités. Les règles dépendent du secteur : vérifiez-les auprès du gestionnaire avant de pêcher ou de plonger.
- Statut en FranceLe statut mondial VU ne doit pas être présenté comme une catégorie de liste rouge nationale française. La fiche ne fournit pas de catégorie nationale vérifiée pour cette espèce ; les restrictions locales de pêche doivent être consultées séparément auprès des autorités maritimes.
Questions fréquentes
Le requin-nourrice est-il dangereux pour les humains ?
Il ne recherche pas les humains comme nourriture, mais il peut mordre s’il est saisi, harcelé ou coincé. Ses mâchoires peuvent provoquer une blessure sérieuse. Observez-le sans le toucher ni le nourrir. En cas de morsure, sortez de l’eau avec assistance et appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Pourquoi l’appelle-t-on aussi requin dormeur ?
Ce nom évoque ses longues périodes de repos sur le fond pendant la journée. Il peut rester immobile tout en faisant circuler l’eau sur ses branchies. Attention toutefois : « requin dormeur » est aussi employé pour d’autres requins. Le nom scientifique Ginglymostoma cirratum permet d’éviter cette confusion.
Peut-on le voir en France ?
Oui, dans les eaux des Antilles françaises, notamment en Guadeloupe et en Martinique. Il n’est pas une espèce habituelle des côtes métropolitaines. Vous pouvez l’observer toute l’année lors de sorties encadrées, parfois au repos sous un relief du récif, sans garantie de rencontre sur une sortie donnée.
Est-ce que la femelle pond des œufs ?
Les embryons se développent à l’intérieur de la femelle, alimentés par les réserves de leur sac vitellin. Elle met au monde des petits vivants après environ cinq à six mois de gestation. Les nouveau-nés mesurent autour de 27 à 30 centimètres et commencent leur vie sans accompagnement de leur mère.
Peut-on garder un requin-nourrice dans un aquarium familial ?
Sa taille adulte, généralement de 2 à 3 mètres, et ses besoins en espace excluent un aquarium familial. Son entretien demande des installations professionnelles, une filtration importante et des compétences spécialisées. Acheter un jeune de petite taille ne résout pas ce problème : il grandira pendant de nombreuses années.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale : Ginglymostoma cirratum iucnredlist.org
- Florida Museum of Natural History, Discover Fishes : Nurse Shark floridamuseum.ufl.edu
- DORIS, Fédération française d’études et de sports sous-marins : Ginglymostoma cirratum doris.ffessm.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





