

Requin-marteau halicorne
Sphyrna lewini
Aussi appelé Requin-marteau festonné
Le requin-marteau halicorne parcourt les mers chaudes, entre les baies où grandissent ses petits et les îles océaniques où se rassemblent les adultes. Sa tête élargie porte des yeux aux extrémités et des capteurs capables de détecter les signaux électriques des proies. La pêche a fortement réduit ses populations : l’UICN le classe en danger critique d’extinction.
- Statut
- En danger critiquepopulation en baisse
- Taille
- Généralement 2 à 3,5 m de longueur totale à l’âge adulte ; les plus grands individus dépassent 4 m.
- Poids
- Quelques dizaines de kilogrammes à environ 150 kg selon la taille ; les femelles deviennent généralement plus grandes que les mâles.
- Longévité
- Environ 20 à 35 ans dans la nature selon les populations et les méthodes d’estimation ; pas de valeur générale fiable en aquarium.
- Régime
- CarnivoreIl mange des poissons, des calmars, des crustacés et des raies, avec un menu qui change selon son âge et son habitat.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, en bancs parfois nombreux, ou solitaire
- Famille
- Sphyrnidés (Sphyrnidae), ordre des Carcharhiniformes
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit le requin-marteau halicorne ?
Il fréquente les mers tropicales et tempérées chaudes, des baies côtières aux îles océaniques, et peut descendre à plusieurs centaines de mètres.
Principales régions : Costa Rica, Équateur, Mexique, Brésil, Afrique du Sud, Indonésie, Australie, France, territoires ultramarins.
- Afrique
- Asie
- Amérique du Nord et centrale
- Amérique du Sud
- Océanie
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le requin-marteau halicorne ?
Sa tête s’étale sur les côtés comme un marteau, avec un œil à chaque extrémité. Pour reconnaître cette espèce, observez surtout le bord avant : il présente une encoche au milieu et plusieurs courbures, qui lui donnent un aspect festonné. Le requin-marteau lisse, une espèce proche, ne possède pas cette encoche centrale.
Son dos est gris à brunâtre, tandis que son ventre est clair. La première nageoire dorsale est haute, mais elle reste moins imposante que celle du grand requin-marteau. Les adultes mesurent souvent entre 2 et 3,5 mètres. Les femelles atteignent généralement les plus grandes tailles ; une photographie éloignée ne suffit pas toujours à distinguer les espèces.
Où vit le requin-marteau halicorne ?
Cette espèce habite les eaux tropicales et tempérées chaudes de trois océans : Atlantique, Indien et Pacifique. Les jeunes fréquentent notamment les baies, les estuaires et les zones côtières peu profondes. Les adultes utilisent aussi les pentes récifales et les abords d’îles océaniques. Ils peuvent quitter ces secteurs et effectuer de longs déplacements en pleine mer.
Il vit aussi dans les eaux françaises ultramarines, notamment en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Les observations concernent surtout les passes récifales et les pentes externes, depuis un bateau ou lors de plongées encadrées. Il n’existe pas de période d’observation valable partout : sa présence varie avec le site, la saison et les conditions marines. Aucune rencontre n’est garantie.
Que mange-t-il et comment trouve-t-il ses proies ?
Son menu comprend des poissons osseux, des calmars, des crustacés et des raies. Les jeunes consomment surtout les petites proies accessibles dans leurs zones côtières de croissance. En grandissant, ils peuvent capturer des animaux plus volumineux. La part de chaque aliment varie selon la région, la saison et les ressources disponibles.
Sur sa tête et autour de sa bouche se trouvent de minuscules pores reliés à des organes sensoriels, les ampoules de Lorenzini. Ils détectent les faibles champs électriques produits par les animaux. Cette perception l’aide à repérer une proie, y compris lorsqu’elle est dissimulée dans le sable. L’odorat, la vue et la détection des mouvements de l’eau complètent cette recherche.
Pourquoi se rassemble-t-il en bancs ?
Autour de certaines îles, les adultes se regroupent en journée, parfois par dizaines ou par centaines. Ces rassemblements peuvent comporter une forte proportion de femelles. Leur organisation dépend notamment de la taille et du sexe des individus. Les scientifiques étudient encore les fonctions de ces bancs, qui peuvent intervenir dans les interactions sociales et la reproduction.
Dans plusieurs sites étudiés, les requins quittent leurs regroupements pour rechercher de la nourriture, notamment la nuit. Ce rythme n’est toutefois pas identique dans toute leur aire. Des individus suivis par des balises alternent des déplacements près de la surface et des plongées profondes. Certains reviennent régulièrement aux mêmes îles, ce qui rend la protection de ces sites particulièrement utile.
Comment naissent les petits ?
La femelle donne naissance à des petits vivants après une gestation d’environ 9 à 12 mois, selon les populations et les études. Pendant leur développement, les embryons sont nourris grâce à une connexion placentaire avec leur mère. Une portée compte généralement une dizaine à une quarantaine de petits, avec des variations liées notamment à la taille de la femelle.
À la naissance, les petits mesurent généralement autour de 40 à 60 centimètres. Ils grandissent souvent dans des baies peu profondes qui servent de nurseries, c’est-à-dire de zones de croissance. Les parents ne les élèvent pas. La maturité sexuelle demande plusieurs années et arrive généralement plus tard chez les femelles, ce qui ralentit le renouvellement des populations touchées par la pêche.
Le saviez-vous ?
- 1.Les deux yeux écartés permettent une vision différente de celle des requins à tête étroite, avec un recouvrement des champs visuels devant la tête.
- 2.Des suivis par balises ont enregistré des plongées à plus de 800 mètres, même si les eaux côtières restent importantes dans son cycle de vie.
- 3.Un banc observé près d’une île peut se disperser : ses membres ne restent pas nécessairement ensemble pendant leurs déplacements de chasse.
- 4.Comme les autres requins, il possède un squelette principalement constitué de cartilage, le tissu souple que vous pouvez sentir dans votre oreille.
Ce qui menace le requin-marteau halicorne
Pêche et captures accidentelles
Il est capturé pour ses ailerons et sa chair, mais aussi accidentellement dans des filets et sur des palangres. Les requins-marteaux supportent souvent mal la capture, ce qui limite les chances de survie après remise à l’eau.
Bancs faciles à cibler
Ses rassemblements prévisibles peuvent concentrer de nombreux individus dans une zone de pêche. La capture répétée de grandes femelles réduit le nombre de petits produits.
Nurseries côtières dégradées
L’aménagement des côtes, la pollution et la pêche dans les baies peuvent affecter les habitats utilisés par les jeunes. Les menaces varient selon les régions.
Protéger le requin-marteau halicorne
- Commerce international réglementéSphyrna lewini figure à l’annexe II de la CITES. Son commerce international nécessite les documents prévus par cette convention et doit notamment être compatible avec la survie de l’espèce.
- Protection de sites marinsLe parc national de l’île Cocos, au Costa Rica, et la réserve marine des Galápagos, en Équateur, protègent des sites fréquentés par cette espèce. Les déplacements hors de leurs limites nécessitent aussi des mesures de gestion de la pêche.
- Situation en FranceSa présence en France concerne notamment l’outre-mer : le statut mondial CR ne constitue pas à lui seul une catégorie de liste rouge française. Les règles de pêche et de protection doivent être vérifiées auprès des autorités du territoire concerné, car elles ne sont pas uniformes dans toutes les eaux françaises.
Questions fréquentes
Pourquoi a-t-il une tête en forme de marteau ?
Cette forme écarte les yeux et répartit les organes sensoriels sur une grande surface. Elle intervient dans la vision, la détection des champs électriques et les mouvements dans l’eau. Les avantages précis varient entre les espèces de requins-marteaux ; les scientifiques continuent à étudier leur importance respective.
Est-il dangereux pour les humains ?
Les morsures attribuées aux requins-marteaux sont rares, et l’espèce impliquée est souvent difficile à identifier. Un grand animal sauvage doit néanmoins être observé à distance, sans nourrissage ni tentative de contact. Suivez les consignes locales de baignade. En cas de morsure, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Peut-on le voir en France ?
Oui, dans certaines eaux françaises d’outre-mer, notamment en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Il ne fait pas partie des espèces que vous pouvez habituellement observer sur les côtes métropolitaines. Une sortie encadrée peut permettre une rencontre, mais sa présence dépend du site et des conditions ; aucun opérateur ne devrait la garantir.
Pond-il des œufs comme certains autres requins ?
La femelle donne naissance à des petits vivants, généralement longs de 40 à 60 centimètres. Les embryons se développent dans son corps et reçoivent des nutriments par une connexion placentaire. Après la naissance, les jeunes se nourrissent seuls et utilisent souvent des habitats côtiers peu profonds.
Que signifie « en danger critique d’extinction » ?
Cette catégorie de l’UICN indique un risque extrêmement élevé d’extinction à l’état sauvage. Elle ne signifie pas que l’espèce a déjà disparu. Pour ce requin, les fortes diminutions liées à la pêche justifient ce classement ; une population mondiale totale fiable n’est pas disponible.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge mondiale : Sphyrna lewini iucnredlist.org
- NOAA Fisheries, Scalloped Hammerhead Shark fisheries.noaa.gov
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel : Sphyrna lewini inpn.mnhn.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





