

Raie manta
Mobula birostris
Aussi appelé raie manta océanique, manta géante
La raie manta est un grand poisson marin qui vit dans les eaux chaudes de tous les océans. Ses nageoires pectorales peuvent s’étendre sur plusieurs mètres et ses deux lobes charnus, près de la bouche, l’aident à diriger le plancton vers ses branchies. L’espèce est classée vulnérable par l’UICN.
- Statut
- Vulnérablepopulation en baisse
- Taille
- Envergure généralement de 4 à 6 mètres, jusqu’à environ 8,8 mètres chez les plus grandes
- Poids
- Environ 700 à 2 000 kilogrammes chez l’adulte
- Longévité
- Probablement plus de 40 ans dans la nature, avec une durée maximale encore mal connue
- Régime
- Mangeur de planctonElle filtre surtout du zooplancton, notamment de minuscules crustacés et des larves, en nageant gueule ouverte.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, souvent solitaire ou en groupes temporaires
- Famille
- Mobulidés (Mobulidae), ordre des Myliobatiformes
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit la raie manta ?
Elle fréquente les eaux tropicales et subtropicales de tous les océans, depuis la surface jusqu’à plusieurs centaines de mètres, avec des plongées documentées autour de 1 000 mètres.
Principales régions : Mexique, Équateur, Maldives, Indonésie, Philippines, Mozambique, Australie, Polynésie française.
- Afrique
- Asie
- Océanie
- Amérique du Nord et centrale
- Amérique du Sud
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître la raie manta ?
Son corps forme un large disque aplati, prolongé par deux nageoires pectorales triangulaires. La face dorsale est souvent noire ou gris sombre, parfois marquée de taches pâles. La face ventrale, visible lorsqu’elle nage au-dessus d’un plongeur, est généralement blanche avec des marques sombres propres à chaque individu.
Deux lobes charnus se trouvent de chaque côté de la bouche. Ils se déroulent pour guider l’eau chargée de plancton vers la bouche, puis se replient lorsque l’animal nage plus vite. La raie manta n’a pas de dard venimeux à la queue, contrairement à plusieurs autres raies.
Où vit la raie manta ?
Cette espèce vit dans les océans tropicaux et subtropicaux de la planète, autour des archipels, des récifs, des monts sous-marins et des zones où les courants concentrent le plancton. Elle peut parcourir de grandes distances entre des lieux de nourrissage, de nettoyage et de reproduction.
Elle est souvent observée près de la surface, mais elle plonge aussi profondément lorsque la nourriture se trouve sous une couche d’eau chaude. Des suivis par balises ont montré qu’elle peut atteindre environ 1 000 mètres. Elle ne vit pas naturellement sur les côtes françaises métropolitaines.
Que mange la raie manta ?
La raie manta filtre principalement du zooplancton, c’est-à-dire de petits animaux qui dérivent avec les courants. Elle capture notamment des copépodes, de minuscules crustacés et des larves de poissons. Elle peut aussi avaler de petits organismes gélatineux présents dans l’eau.
Pour se nourrir, elle ouvre largement la bouche et nage à travers une concentration de plancton. L’eau ressort par les fentes branchiales tandis que les particules alimentaires sont retenues par des structures spécialisées. Elle peut tourner en boucle ou former des colonnes avec d’autres individus lorsque le plancton est abondant.
Comment vit la raie manta ?
Elle alterne des déplacements solitaires avec des rassemblements temporaires. Plusieurs individus peuvent se réunir près d’un récif ou d’un mont sous-marin pour se nourrir. Des poissons nettoyeurs retirent parfois des parasites de sa peau et de ses branchies dans des stations de nettoyage.
Malgré sa taille, elle nage avec des mouvements souples et économes. Elle peut sauter hors de l’eau, probablement pour communiquer, se débarrasser de parasites ou échapper à une menace, mais la fonction exacte de ces sauts reste discutée. Elle ne chasse pas les plongeurs et ne possède pas de dard.
Comment se reproduit la raie manta ?
La reproduction est lente. Après l’accouplement, la femelle conserve un embryon dans son utérus pendant environ un an, parfois davantage selon les observations. L’embryon se nourrit d’abord de ses réserves vitellines, puis reçoit un liquide nutritif produit par la mère.
La naissance donne généralement un seul petit, déjà formé et capable de nager. Il mesure souvent autour de 1,5 à 2 mètres d’envergure. Les femelles peuvent attendre plusieurs années entre deux naissances, ce qui rend les populations vulnérables lorsque des adultes sont tués par la pêche.
Le saviez-vous ?
- 1.Chaque raie manta possède un motif ventral unique, comparable à une empreinte digitale, qui permet aux chercheurs de la reconnaître.
- 2.Son cerveau est particulièrement grand pour un poisson et contribue probablement à des comportements d’exploration et d’apprentissage.
- 3.Elle peut franchir plusieurs centaines de kilomètres entre des zones de nourrissage, parfois en suivant des courants riches en plancton.
- 4.Des individus ont été observés en train de se retourner sur le dos ou de nager en boucle pour concentrer le plancton devant leur bouche.
Ce qui menace la raie manta
Pêche ciblée
Ses branchies, utilisées pour filtrer l’eau, sont recherchées dans certains marchés. La capture d’adultes se reproduisant lentement peut réduire rapidement une population locale.
Captures accidentelles
Elle peut se prendre dans des filets dérivants, des filets maillants ou des palangres. Les collisions avec des bateaux et l’ingestion de déchets ajoutent d’autres risques.
Océans perturbés
La pollution, le réchauffement de l’eau et la modification de l’abondance du plancton peuvent changer les lieux où elle se nourrit et se reproduit.
Protéger la raie manta
- Protection internationaleLa raie manta est inscrite à l’annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international de l’espèce et de ses parties. Elle figure aussi dans les dispositifs de conservation de la Convention sur les espèces migratrices.
- Sanctuaires marinsDes zones protégées, notamment autour de Raja Ampat en Indonésie, de l’archipel de Revillagigedo au Mexique et de Ningaloo en Australie, limitent certaines activités nuisibles dans des secteurs fréquentés par les mantas.
- Suivi des individusLes chercheurs utilisent des photographies des motifs ventraux, des observations de terrain et des balises pour suivre les déplacements, les rassemblements et l’évolution des populations.
Questions fréquentes
La raie manta est-elle dangereuse pour l’être humain ?
Elle n’est généralement pas dangereuse pour les personnes. Elle ne possède pas de dard venimeux et se nourrit de plancton. Une collision reste possible avec un nageur ou un bateau, surtout lorsque l’animal se nourrit près de la surface. Gardez vos distances et ne tentez jamais de la toucher.
Quelle différence existe-t-il entre une raie manta et une raie pastenague ?
La raie manta vit surtout en pleine mer, filtre du plancton et n’a pas de dard caudal. La raie pastenague fréquente souvent les fonds et possède généralement un ou plusieurs dards venimeux sur la queue. Les deux appartiennent toutefois au grand groupe des raies.
La raie manta pond-elle des œufs ?
Non. L’embryon se développe dans le corps de la femelle et un petit vivant naît après environ un an de gestation. Cette reproduction est appelée ovoviviparité. La femelle donne habituellement naissance à un seul petit, puis plusieurs années peuvent s’écouler avant une nouvelle naissance.
Peut-on voir une raie manta en France ?
Elle ne vit pas naturellement dans les eaux métropolitaines françaises. Vous pouvez toutefois l’observer dans certains aquariums publics ou lors d’un voyage dans les régions tropicales où des sites organisent des observations encadrées. La Polynésie française et certains archipels de l’océan Indien abritent des populations régulièrement suivies.
Pourquoi la raie manta est-elle vulnérable ?
Elle grandit lentement, atteint sa maturité après plusieurs années et produit peu de petits. Les captures ciblées, les prises accidentelles dans les filets et les collisions avec les bateaux peuvent donc avoir des effets durables, même lorsque la population paraît encore abondante dans un site touristique.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- CITES, Sharks and Manta Rays cites.org
- Convention sur les espèces migratrices, espèces de requins et de raies cms.int
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





