

Orvet fragile
Anguis fragilis
Aussi appelé Orvet commun
L’orvet fragile est un lézard sans pattes, aux écailles lisses et aux paupières mobiles. Dans les jardins, les haies et les lisières, il chasse surtout les limaces et les vers de terre à l’abri de la végétation. Présent dans une grande partie de la France continentale, ce reptile inoffensif est protégé et classé en préoccupation mineure.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation inconnue
- Taille
- Généralement 30 à 50 cm de longueur totale chez l’adulte, queue comprise ; certains individus dépassent cette fourchette.
- Poids
- Environ 20 à 70 g chez l’adulte, selon la taille, le sexe et l’état reproducteur.
- Longévité
- Une dizaine à une vingtaine d’années dans la nature ; des longévités de plus de 30 ans sont documentées en captivité.
- Régime
- CarnivoreIl mange surtout des limaces et des vers de terre, ainsi que de petits escargots et divers invertébrés.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, plutôt solitaire, avec des regroupements dans les abris
- Famille
- Anguidés (Anguidae), ordre des Squamates (Squamata)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit l’orvet fragile ?
Il fréquente les prairies, haies, lisières forestières et jardins pourvus d’une végétation couvrante et de refuges, en plaine comme en montagne.
Principales régions : France métropolitaine continentale, Royaume-Uni, Espagne septentrionale, Portugal septentrional, Belgique, Allemagne, Suisse, Norvège méridionale.
- Europe
Sommaire11 parties
Comment reconnaître l’orvet fragile ?
Son corps cylindrique, sans pattes visibles, porte de petites écailles lisses qui lui donnent un aspect brillant. La tête se distingue peu du cou. Les adultes mesurent généralement 30 à 50 cm, queue comprise. Leur couleur varie du gris au brun cuivré ; les femelles présentent souvent des flancs plus sombres et une ligne foncée sur le dos.
Regardez ses yeux sans le saisir : il possède des paupières mobiles et peut cligner, contrairement aux serpents de France. Les jeunes ont fréquemment un dos doré ou argenté, une fine ligne dorsale noire et des flancs très sombres. Certains mâles adultes portent de petites taches bleues, mais leur absence ne suffit pas à déterminer le sexe.
Où vit l’orvet fragile ?
L’espèce occupe une grande partie de l’Europe occidentale, notamment les îles Britanniques, la France et le nord de la péninsule Ibérique. Les études génétiques ont distingué plusieurs espèces autrefois réunies sous le même nom. Certaines cartes anciennes étendent donc trop largement son aire vers l’est de l’Europe et l’Italie.
En France, vous pouvez le rencontrer dans une grande partie du territoire continental ; il est absent de Corse. Dans une partie du Sud-Est, l’orvet de Vérone, une espèce proche, complique l’identification. Cherchez surtout les milieux avec des haies, des herbes hautes, une litière de feuilles et des refuges qui conservent un peu d’humidité.
Que mange l’orvet fragile ?
Les limaces et les vers de terre constituent une grande part de son alimentation. Il capture aussi de petits escargots et divers invertébrés rencontrés au sol. Ses petites dents recourbées retiennent les proies glissantes. La chasse se déroule souvent sous la végétation, parmi les feuilles mortes ou à proximité d’un abri.
Au jardin, sa consommation de limaces peut aider à limiter certains dégâts sur les plantes, sans garantir leur disparition. Vous n’avez pas besoin de le nourrir : un terrain avec des refuges et des zones peu entretenues lui permet de trouver ses proies. Les traitements qui raréfient les invertébrés réduisent aussi ses ressources alimentaires.
Comment se comporte-t-il au fil des saisons ?
Discret, il passe beaucoup de temps caché et peut se réchauffer sous un objet exposé au soleil. En France, les observations sont surtout possibles du printemps à l’automne, avec un calendrier variable selon l’altitude et la météo. Par temps doux et humide, vous pouvez l’apercevoir en fin de journée au bord d’une haie ou d’une prairie.
Pendant la saison froide, il hiverne dans un refuge protégé du gel, parfois avec d’autres orvets. Face à un prédateur, il peut abandonner une portion de sa queue : c’est l’autotomie. Le morceau détaché continue brièvement à bouger, ce qui détourne l’attaquant. La queue repousse partiellement, sans retrouver nécessairement sa longueur ni sa forme initiales.
Comment naissent les petits ?
Les accouplements ont généralement lieu au printemps. Le mâle peut maintenir la femelle en la saisissant derrière la tête avec ses mâchoires. La femelle conserve les embryons dans son corps pendant environ trois mois, parfois davantage selon les conditions. La température influence le développement, comme chez de nombreux autres reptiles.
Les petits naissent généralement en été ou au début de l’automne, souvent au nombre de 5 à 20, avec des variations selon les régions et la taille de la mère. Ils sortent dans une fine membrane qu’ils déchirent rapidement. Longs d’environ 7 à 10 cm à la naissance, ils sont autonomes et ne reçoivent pas de nourriture de leurs parents.
Le saviez-vous ?
- 1.Son nom « fragile » évoque sa capacité à perdre une partie de sa queue. Cette défense a un coût : elle lui fait perdre des réserves corporelles.
- 2.Même dépourvu de pattes visibles, il appartient aux lézards. Ses paupières mobiles sont un indice que vous pouvez observer sans le toucher.
- 3.Plusieurs individus peuvent partager un même refuge hivernal, alors qu’ils recherchent habituellement leur nourriture seuls pendant la saison d’activité.
- 4.Un individu de plus de 30 ans a déjà été maintenu en captivité : ce petit reptile peut vivre plusieurs décennies.
Ce qui menace l’orvet fragile
Disparition des refuges
L’arrachage des haies, la suppression des lisières et le nettoyage intensif des jardins retirent les abris où il se cache, chasse et hiverne.
Tonte et circulation
Les tondeuses, débroussailleuses et véhicules peuvent tuer les individus présents dans l’herbe ou traversant une route. Les bordures de végétation sont particulièrement sensibles.
Persécution et prédation
Des orvets sont encore tués parce qu’ils sont pris pour des serpents dangereux. Les chats domestiques peuvent également les capturer dans les jardins.
Protéger l’orvet fragile
- Protection en FranceL’orvet fragile figure à l’article 3 de l’arrêté du 8 janvier 2021 protégeant les amphibiens et reptiles de métropole. Sa destruction, sa capture et son enlèvement sont notamment interdits ; ne le prélevez pas pour le garder chez vous.
- Statuts de conservationIl est classé en préoccupation mineure (LC) dans la Liste rouge mondiale de l’UICN et dans la Liste rouge nationale des reptiles de France métropolitaine publiée en 2015. Ce classement n’empêche pas des pertes locales liées à la dégradation des habitats.
Questions fréquentes
L’orvet est-il un serpent ?
L’orvet est un lézard dont la lignée a perdu les pattes au cours de l’évolution. Il possède des paupières mobiles, contrairement aux serpents de France. Son corps brillant et sa tête peu distincte du cou peuvent tromper au premier regard. Observez ses yeux à distance, sans le capturer pour vérifier.
Est-il dangereux pour les enfants ou les animaux ?
Il n’a pas de venin et ne présente pas de danger lors d’une observation sans contact. Un individu saisi peut toutefois se défendre et mordre. Demandez aux enfants de le regarder sans le toucher : la manipulation peut aussi provoquer la perte de sa queue et lui causer une blessure.
Que faire si j’en trouve un dans mon jardin ?
Laissez-le sur place et éloignez provisoirement les chats ou les chiens. Il profite des limaces et des vers présents dans votre jardin. Évitez de déplacer son abri ou de tondre juste à côté. S’il semble blessé, appelez le jour même un centre de soins pour la faune sauvage ou l’OFB.
Peut-on adopter un orvet trouvé dehors ?
En France, vous ne pouvez pas capturer un orvet sauvage pour en faire un animal de compagnie : l’espèce est protégée. Un terrarium improvisé ne répondrait pas forcément à ses besoins de température, d’humidité et de nourriture. Pour l’observer régulièrement, conservez plutôt des refuges dans votre jardin et laissez-le circuler librement.
Sa queue repousse-t-elle entièrement ?
Après une perte de queue, une repousse partielle est possible, mais la nouvelle portion reste souvent plus courte et d’aspect différent. Cette défense demande de l’énergie et entraîne une perte de réserves. Ne prenez jamais un orvet par la queue, même pour l’éloigner d’un passage.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Anguis fragilis iucnredlist.org
- INPN, fiche espèce et répartition d’Anguis fragilis inpn.mnhn.fr
- UICN France, Liste rouge des reptiles et amphibiens de France métropolitaine uicn.fr
- Légifrance, arrêté du 8 janvier 2021 fixant la liste des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire national legifrance.gouv.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





