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L'ornithoptère de la reine Alexandra (Ornithoptera alexandrae)
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Ornithoptera alexandrae

Ornithoptère de la reine Alexandra

Ornithoptera alexandrae

Aussi appelé Papillon de la reine Alexandra

L’ornithoptère de la reine Alexandra est un papillon de jour qui vit uniquement dans une petite partie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ses femelles, dont l’envergure peut atteindre environ 28 centimètres, sont les plus grandes parmi les papillons de jour. L’UICN classe cette espèce en danger, notamment à cause de la disparition de sa forêt.

Statut
En dangerpopulation en baisse
Taille
Envergure généralement de 16 à 20 cm chez le mâle et de 20 à 28 cm chez la femelle ; les dimensions varient selon les individus et les sources.
Poids
Pas de fourchette de masse adulte suffisamment documentée pour cette fiche.
Longévité
L’adulte peut vivre environ 2 à 3 mois ; cette durée varie selon les conditions et ne comprend pas la vie de chenille.
Régime
Mangeur de nectarL’adulte boit le nectar des fleurs ; la chenille mange les feuilles de lianes du groupe des aristoloches.
Mode de vie
Diurne, généralement solitaire
Famille
Papilionidés (Papilionidae), ordre des Lépidoptères (Lepidoptera)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

province d’Oro, dans le sud-est de l’île de Nouvelle-Guinée

Où vit l’ornithoptère de la reine Alexandra ?

Forêts tropicales humides de plaine et de piémont, ainsi que certaines forêts secondaires où poussent ses plantes nourricières.

Principales régions : Papouasie-Nouvelle-Guinée.

  • Océanie
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître l’ornithoptère de la reine Alexandra ?
  2. Où vit l’ornithoptère de la reine Alexandra ?
  3. Que mange ce grand papillon ?
  4. Comment se comporte-t-il dans la forêt ?
  5. Comment naissent les jeunes ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître l’ornithoptère de la reine Alexandra ?

La femelle possède de grandes ailes brunes marquées de plages crème, ainsi qu’un abdomen clair. Son envergure atteint généralement 20 à 28 centimètres. Le mâle, plus petit, porte des ailes sombres ornées de zones vertes à bleu-vert et un abdomen jaune. Cette différence d’apparence entre les sexes s’appelle le dimorphisme sexuel.

Si vous observez une photographie, regardez d’abord les couleurs et la silhouette des ailes : celles du mâle paraissent plus étroites, tandis que la femelle a des ailes plus larges. Comme les autres insectes, ce papillon possède six pattes, deux antennes et un corps en trois parties : tête, thorax et abdomen.

Où vit l’ornithoptère de la reine Alexandra ?

Ce papillon est endémique de la Papouasie-Nouvelle-Guinée : à l’état sauvage, il n’existe dans aucun autre pays. Sa répartition se concentre dans la province d’Oro, notamment autour de la plaine de Popondetta et sur le plateau de Managalas. Les populations occupent des secteurs séparés, dans des paysages de forêts tropicales humides.

Les adultes fréquentent les arbres, les lisières et les endroits fleuris, mais la présence de nectar ne suffit pas à maintenir une population. Les femelles doivent aussi trouver les lianes sur lesquelles leurs chenilles peuvent grandir. Certaines forêts secondaires restent utilisables lorsque ces plantes et une structure forestière adaptée sont conservées.

Que mange ce grand papillon ?

L’adulte aspire le nectar avec sa trompe, un long tube qu’il déroule pour atteindre le liquide sucré des fleurs. Au repos, cette trompe reste enroulée sous la tête. Le nectar lui fournit notamment l’énergie nécessaire au vol, à la recherche d’un partenaire et, pour la femelle, à la recherche de sites de ponte.

La chenille possède des pièces buccales broyeuses et mange des feuilles de lianes apparentées aux aristoloches, notamment du genre Pararistolochia. Elle dépend donc de plantes bien particulières. Des substances provenant de ces feuilles contribuent à sa défense chimique contre certains prédateurs ; elles restent présentes après la transformation en papillon.

Comment se comporte-t-il dans la forêt ?

Ce papillon vole pendant la journée et peut se déplacer haut dans les arbres, ce qui rend son observation difficile depuis le sol. Les adultes descendent aussi vers des fleurs pour boire. Leurs ailes, malgré leur grande surface, permettent un vol soutenu entre les zones de nourrissage et les secteurs favorables à la reproduction.

Les mâles peuvent défendre une zone et poursuivre d’autres mâles qui s’en approchent. Ces interactions servent notamment à maintenir l’accès à un secteur fréquenté par les femelles. L’espèce ne forme pas de colonies organisées : les rencontres concernent surtout la reproduction, la nourriture ou la défense d’un espace.

Comment naissent les jeunes ?

Après l’accouplement, la femelle recherche une plante nourricière adaptée et dépose ses œufs séparément sur son feuillage. La jeune chenille commence par consommer l’enveloppe de son œuf, puis mange les feuilles. En grandissant, elle change plusieurs fois de peau : ces mues permettent à son corps d’augmenter de taille.

La chenille devient ensuite une chrysalide, fixée à un support par de la soie. À l’intérieur, son corps se transforme jusqu’à l’émergence du papillon adulte. Le développement complet prend plusieurs mois et varie avec les conditions locales. À sa sortie, l’adulte doit déployer ses ailes et les laisser durcir avant de voler.

Le saviez-vous ?

  • 1.L’espèce a été décrite scientifiquement en 1907 et nommée en l’honneur d’Alexandra de Danemark, alors reine du Royaume-Uni.
  • 2.Le record de taille concerne les papillons de jour : certains papillons de nuit dépassent cette espèce par l’envergure ou la surface des ailes.
  • 3.La chenille porte des excroissances charnues et peut déployer derrière la tête un organe odorant de défense, caractéristique des Papilionidés.
  • 4.La grande femelle brune et le mâle vert peuvent sembler appartenir à deux espèces différentes, alors qu’ils partagent le même cycle de vie.

Ce qui menace l’ornithoptère de la reine Alexandra

  • Disparition de la forêt

    Le défrichement pour l’agriculture, notamment les plantations de palmiers à huile, réduit les habitats disponibles. Il peut supprimer à la fois les plantes nourricières des chenilles et les ressources des adultes.

  • Populations séparées

    La fragmentation de la forêt isole les secteurs occupés. Dans une aire naturellement restreinte, la destruction d’une seule zone favorable peut toucher une part importante de l’habitat restant.

  • Collecte illégale

    La taille et la rareté de ce papillon attirent certains collectionneurs. Les captures et le commerce illégaux ajoutent une pression sur une espèce déjà fragilisée par la perte de son habitat.

Protéger l’ornithoptère de la reine Alexandra

  • Classement en dangerL’UICN classe Ornithoptera alexandrae dans la catégorie « en danger » (EN). Ce classement signale un risque élevé d’extinction à l’état sauvage ; il ne constitue pas, à lui seul, une protection juridique.
  • Commerce international encadréL’espèce figure à l’annexe I de la CITES. Le commerce international des spécimens sauvages à des fins commerciales est interdit, et les échanges autorisés dans des circonstances exceptionnelles nécessitent des permis.
  • Forêts de ManagalasL’aire de conservation de Managalas, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, protège un vaste paysage forestier dans une région de présence de l’espèce. Le maintien des plantes nourricières et l’implication des communautés locales sont nécessaires à sa conservation.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Est-ce le plus grand papillon du monde ?

La femelle est considérée comme le plus grand papillon de jour, avec une envergure pouvant atteindre environ 28 centimètres. Le titre dépend toutefois de ce que l’on mesure : envergure, surface des ailes ou masse. Parmi les papillons de nuit, certaines espèces dépassent cette envergure ou possèdent une surface d’ailes plus importante.

Peut-on le voir dans la nature en France ?

Non, il ne possède aucune population sauvage en France. Son aire naturelle se limite à une partie de la province d’Oro, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il n’a donc pas de statut sur une liste rouge nationale française. Les règles internationales sur le commerce s’appliquent néanmoins aux spécimens susceptibles de circuler en France.

Pourquoi les mâles et les femelles ont-ils des couleurs différentes ?

L’espèce présente un dimorphisme sexuel marqué : les mâles ont des zones vertes à bleu-vert, les femelles des ailes brunes et crème. Ces différences permettent notamment de distinguer les sexes. On ne peut toutefois pas attribuer chaque couleur à une fonction précise sans étude : camouflage et reconnaissance des partenaires demandent des observations spécifiques.

Est-il dangereux pour les personnes ?

Ce papillon ne pique pas et son adulte ne possède pas de pièces buccales permettant de mordre une personne. Sa défense repose notamment sur des substances chimiques issues des plantes consommées par la chenille. Si vous en rencontrez un dans son milieu naturel, observez-le sans le toucher ni le capturer.

Pourquoi ne suffit-il pas de planter des fleurs pour le protéger ?

Les fleurs nourrissent les adultes, mais les chenilles ont besoin de lianes nourricières particulières. Une population doit disposer de ces deux ressources dans un habitat favorable. La conservation porte donc sur les forêts, leurs plantes et leurs connexions, et ne peut pas se limiter à créer quelques zones fleuries.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Où ce papillon vit-il naturellement ?
  2. 2.De quoi sa chenille se nourrit-elle ?
  3. 3.Quelle description correspond à la femelle ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Ornithoptera alexandrae iucnredlist.org
  2. CITES, annexes I, II et III : inscription d’Ornithoptera alexandrae cites.org
  3. Natural History Museum, Queen Alexandra’s birdwing: the world’s largest butterfly nhm.ac.uk
  4. United Nations Development Programme, conservation de Managalas en Papouasie-Nouvelle-Guinée undp.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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