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L'apollon (Parnassius apollo)
LC
Parnassius apollo

Apollon

Parnassius apollo

Aussi appelé Grand apollon

L’apollon est un grand papillon blanc dont les ailes portent des taches noires et des ocelles rouges, ces marques rondes qui ressemblent à des yeux. Il fréquente les pentes fleuries et rocailleuses d’Europe et d’Asie. Classé en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, il reste protégé en France, où plusieurs populations sont fragilisées.

Statut
Préoccupation mineurepopulation en baisse
Taille
Environ 6 à 9 cm d’envergure, selon le sexe et les populations.
Poids
Pas de fourchette de poids adulte suffisamment documentée pour cette fiche.
Longévité
Quelques semaines au stade adulte, généralement 2 à 4 semaines ; le cycle complet dure habituellement un an.
Régime
Mangeur de nectarL’adulte boit le nectar des fleurs ; la chenille mange surtout les feuilles d’orpins et, selon les populations, de joubarbes.
Mode de vie
Diurne, solitaire, avec des rassemblements sur les fleurs
Famille
Papilionidés (Papilionidae), ordre des Lépidoptères (Lepidoptera)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Europe, Asie centrale et certaines régions de Sibérie

Où vit l’apollon ?

Pelouses rocailleuses, éboulis et pentes ouvertes ensoleillées, souvent en montagne, depuis de basses altitudes dans le nord de son aire jusqu’à environ 2 500 m ou davantage selon les régions.

Principales régions : France, Espagne, Suisse, Italie, Suède, Roumanie, Russie, Kazakhstan.

  • Europe
  • Asie
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître l’apollon ?
  2. Où vit l’apollon ?
  3. Que mange l’apollon ?
  4. Comment se comporte l’apollon ?
  5. Comment se reproduit l’apollon ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître l’apollon ?

Vous pouvez le reconnaître à ses grandes ailes blanches, marquées de taches noires sur les ailes antérieures. Les ailes postérieures portent généralement deux ocelles rouges cerclés de noir, souvent avec un centre blanc. Le bord des ailes paraît légèrement transparent, car il porte moins d’écailles que leur partie centrale.

Le corps est sombre et couvert de poils, particulièrement visibles sur le thorax. Les femelles présentent souvent des marques plus sombres que les mâles, mais l’aspect varie selon les populations. Pour le distinguer du petit apollon, observez notamment les ailes antérieures : l’apollon n’y porte normalement pas les petites marques rouges caractéristiques de son cousin.

Où vit l’apollon ?

Son aire s’étend de plusieurs régions d’Europe jusqu’à l’Asie centrale et à certaines régions de Sibérie. Sa présence est discontinue : une population peut occuper une pente favorable et être absente de la vallée voisine. Il lui faut à la fois des plantes nourricières pour les chenilles, des fleurs pour les adultes et des surfaces ouvertes réchauffées par le soleil.

En France, vous pouvez l’observer dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif central et le Jura, avec une présence variable selon les secteurs. Cherchez-le surtout de juin à août, parfois plus tôt ou jusqu’en septembre selon l’altitude et la météo. Une balade par temps ensoleillé, peu venteux, près de pelouses rocailleuses fleuries augmente vos chances de le voir.

Que mange l’apollon ?

L’adulte utilise sa trompe pour aspirer le nectar. Il visite notamment les chardons, les centaurées et les scabieuses, dont les fleurs lui permettent de se poser pendant le repas. Une pente couverte de plantes nourricières pour les chenilles peut donc rester insuffisante si les fleurs disparaissent pendant la période de vol.

La chenille mange surtout des orpins, ces plantes aux feuilles charnues capables de pousser dans les fissures rocheuses. Selon les régions, elle utilise aussi certaines joubarbes. Ses plantes nourricières ne sont pas identiques partout : conserver la végétation spontanée d’un site connu est plus utile que planter au hasard une espèce horticole.

Comment se comporte l’apollon ?

Ce papillon vole pendant la journée et son activité dépend fortement de la température et de l’ensoleillement. Lorsqu’il fait frais, vous pouvez le voir posé, ailes ouvertes, exposé au soleil. Son corps velu contribue à limiter les pertes de chaleur, un avantage dans les milieux montagnards où la météo change rapidement.

Les mâles parcourent les zones favorables à la recherche de femelles. Plusieurs adultes peuvent se retrouver sur une même touffe fleurie, sans former une colonie organisée. Les populations occupent souvent des habitats séparés par des boisements ou des vallées : les déplacements entre ces sites deviennent plus difficiles lorsque les pelouses ouvertes se réduisent.

Comment se reproduit l’apollon ?

Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs séparément, sur les plantes ou sur des supports proches des plantes nourricières. Le mâle laisse généralement une structure appelée sphragis à l’extrémité de son abdomen. Cette sorte de bouchon externe limite les accouplements suivants ; elle peut parfois être visible sur une photographie rapprochée.

Le cycle comprend habituellement une génération par an. L’hiver est généralement passé dans l’œuf, avec une petite chenille déjà formée à l’intérieur. Au printemps, la chenille noire, ponctuée de marques orangées, se nourrit puis se transforme en chrysalide dans un cocon léger près du sol. L’adulte émerge ensuite à une date qui dépend du climat local.

Le saviez-vous ?

  • 1.Les parties presque transparentes de ses ailes portent moins d’écailles : leur aspect ne vient donc pas simplement d’une couleur blanche plus pâle.
  • 2.Comme d’autres chenilles de sa famille, la sienne peut déployer derrière la tête un organe odorant de défense, appelé osmeterium.
  • 3.L’apollon peut vivre près du niveau de la mer dans certaines régions nordiques, alors qu’il est surtout montagnard en France.
  • 4.Le sphragis, laissé par le mâle après l’accouplement, constitue un signe visible de l’histoire reproductive d’une femelle.

Ce qui menace l’apollon

  • Fermeture des pelouses

    L’abandon de certaines pratiques pastorales favorise les arbustes puis les arbres. Les orpins, les fleurs et les surfaces ensoleillées dont dépend l’espèce perdent alors du terrain.

  • Réchauffement du climat

    Le réchauffement fragilise notamment les populations situées à basse altitude ou dans les massifs méridionaux. En montagne, les habitats favorables ne peuvent pas toujours se déplacer plus haut.

  • Habitats morcelés

    Les aménagements, le boisement et la dégradation des pelouses peuvent isoler de petites populations. Une population disparue est plus difficile à remplacer lorsque les sites voisins sont trop éloignés.

  • Gestion trop intensive

    Le surpâturage, une fauche pendant la floraison ou l’emploi de pesticides peuvent réduire les ressources disponibles. Les effets dépendent de la période et de l’intensité des interventions.

Protéger l’apollon

  • Statuts à distinguerL’espèce est classée en préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge mondiale et sur la Liste rouge nationale des papillons de jour de France métropolitaine de 2012. Ces classements n’excluent ni les déclins locaux ni des statuts régionaux plus défavorables.
  • Protection en FranceL’apollon est protégé sur le territoire métropolitain : sa capture, sa destruction et la destruction de ses œufs sont notamment interdites. Ses sites de reproduction et ses aires de repos bénéficient également d’une protection réglementaire.
  • Commerce international encadréParnassius apollo figure à l’annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international. Il est aussi inscrit à l’annexe IV de la directive européenne Habitats.
  • Maintien des milieux ouvertsLa conservation repose sur le maintien de pelouses rocailleuses riches en plantes nourricières et en fleurs. Un pâturage adapté ou un débroussaillage ciblé peuvent limiter la fermeture du milieu, en tenant compte du cycle du papillon.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

À quelle période peut-on voir l’apollon en France ?

La période principale va de juin à août, avec des variations selon le massif, l’altitude et l’année. Certains adultes apparaissent plus tôt ou volent encore en septembre. Privilégiez une journée ensoleillée et peu venteuse, près de pentes rocailleuses fleuries des Alpes, des Pyrénées, du Massif central ou du Jura.

Est-il menacé même s’il est classé LC ?

La catégorie LC signifie « préoccupation mineure » à l’échelle évaluée. Elle ne garantit pas que toutes les populations se portent bien. Des populations locales peuvent diminuer ou disparaître, notamment lorsque les pelouses se boisent ou que le climat devient moins favorable. Sa protection légale en France reste applicable.

Puis-je l’attirer dans mon jardin ?

Cela reste surtout possible si votre jardin se trouve près d’une population existante et dans un milieu favorable. Des orpins locaux, des pierres exposées au soleil et des fleurs riches en nectar peuvent aider. Un jardin éloigné de son aire ne suffira généralement pas à le faire venir ; ne transportez ni œufs ni chenilles.

Peut-on ramasser un apollon mort pour le garder ?

Évitez de le ramasser : la réglementation française encadre aussi la détention et le transport des spécimens prélevés dans la nature, y compris morts. Photographiez-le sur place si vous souhaitez garder une trace. Pour un besoin scientifique ou pédagogique particulier, demandez d’abord conseil à l’OFB ou à un organisme naturaliste.

Pourquoi sa chenille ne mange-t-elle pas les mêmes aliments que l’adulte ?

La chenille possède des pièces buccales qui lui permettent de découper les feuilles des plantes nourricières. Après la métamorphose, l’adulte dispose d’une trompe adaptée aux liquides et boit du nectar. Protéger l’espèce demande donc de conserver à la fois ses plantes nourricières et les fleurs utilisées pendant la période de vol.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelles plantes nourrissent principalement la chenille de l’apollon ?
  2. 2.Quel milieu faut-il chercher pour observer l’apollon en France ?
  3. 3.Quel geste respecte sa protection en France ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Parnassius apollo iucnredlist.org
  2. INPN, fiche de Parnassius apollo : répartition et statuts réglementaires inpn.mnhn.fr
  3. UICN France, La Liste rouge des espèces menacées en France : papillons de jour de France métropolitaine uicn.fr

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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