
Fou du Cap
Morus capensis
Le fou du Cap est un grand oiseau marin des côtes de Namibie et d’Afrique du Sud. Avec ses ailes étroites et sa tête dorée, il plonge depuis les airs pour capturer des poissons en bancs. Classé en danger par l’UICN, il dépend de quelques colonies de reproduction et de ressources alimentaires fragilisées par la pêche et les changements océaniques.
- Statut
- En dangerpopulation en baisse
- Taille
- Environ 84 à 94 cm de longueur totale ; 1,70 à 1,85 m d’envergure.
- Poids
- Environ 2,3 à 3,6 kg chez l’adulte, selon les individus et leur état corporel.
- Longévité
- Peut dépasser 20 ans dans la nature ; les données ne permettent pas de donner une durée habituelle fiable en parc zoologique.
- Régime
- Mangeur de poissonsIl mange surtout des poissons vivant en bancs, notamment des sardines et des anchois, ainsi que des maquereaux et parfois des calmars.
- Mode de vie
- Diurne, en grandes colonies pour la reproduction
- Famille
- Sulidés (Sulidae), ordre des Suliformes
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Où vit le fou du Cap ?
Il pêche dans les eaux côtières et au large, puis niche au sol sur des îles et îlots proches des côtes.
Principales régions : Namibie, Afrique du Sud.
- Afrique
- Océans
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le fou du Cap ?
L’adulte possède un corps blanc, une tête et une nuque teintées de jaune doré, ainsi que de longues ailes dont les grandes plumes terminales sont noires. Sa queue est noire également. Le bec, long et pointu, est gris bleuté ; de fines lignes sombres soulignent les yeux et se prolongent autour de sa base.
Une bande noire descend sous la gorge et aide à le distinguer des autres espèces de fous. Les mâles et les femelles se ressemblent beaucoup. Les jeunes sont d’abord brun sombre, avec de petites marques claires, puis leur plumage blanchit progressivement pendant plusieurs années. En vol, cherchez ses ailes étroites et ses alternances de battements et de glissades.
Où vit le fou du Cap ?
L’espèce se reproduit dans six colonies naturelles principales : trois en Namibie et trois en Afrique du Sud. Parmi ces sites figurent les îles Mercury, Ichaboe et Possession, ainsi que l’île Malgas, Bird Island à Lambert’s Bay et Bird Island dans la baie d’Algoa. Les nids sont serrés sur des surfaces dégagées, accessibles depuis la mer.
Hors des colonies, les oiseaux parcourent les eaux d’Afrique australe à la recherche de bancs de poissons. Sur la côte occidentale, le courant de Benguela fait remonter des eaux froides riches en nutriments, ce qui nourrit toute une chaîne alimentaire. Le fou du Cap ne fait pas partie de l’avifaune régulière de France ; aucune observation familiale habituelle n’y est possible.
Comment le fou du Cap attrape-t-il ses poissons ?
Il repère les poissons en vol, puis bascule vers la mer et replie ses ailes avant l’entrée dans l’eau. Ses plongeons commencent souvent à plusieurs mètres ou plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Il peut poursuivre brièvement une proie sous la surface en utilisant ses ailes, avant de remonter et d’avaler sa prise.
Les sardines et les anchois occupent une place importante dans son alimentation, mais les prises varient selon les régions et les saisons. Il suit aussi certains bateaux de pêche pour récupérer des poissons rejetés. Ces rejets peuvent contenir des poissons moins énergétiques que ses proies habituelles, ce qui ne compense pas toujours la raréfaction des bancs naturels.
Une vie entre le large et la colonie
En période de reproduction, des milliers d’oiseaux peuvent occuper une même île. Chaque couple défend le petit espace situé autour de son nid, notamment à coups de bec et par des postures de menace. Les voisins restent pourtant très proches : cette densité permet de rassembler de nombreux reproducteurs sur quelques sites terrestres disponibles.
Les partenaires se saluent en étirant le cou et en mettant leurs becs en contact, avec des mouvements ritualisés. Pour se nourrir, ils quittent la colonie et peuvent parcourir de longues distances, variables selon la position des poissons. Un adulte doit alors couvrir ses propres besoins et rapporter assez de nourriture pour son poussin.
Comment naissent les petits du fou du Cap ?
La femelle pond généralement un seul œuf dans un nid au sol, constitué de matériaux végétaux et d’autres éléments disponibles. Les deux parents se relaient pour l’incubation, qui dure environ 42 à 46 jours. Ils réchauffent l’œuf avec leurs pieds palmés, richement irrigués par le sang, une particularité que partagent les fous.
À l’éclosion, le poussin dépend entièrement de ses parents, puis se couvre d’un duvet blanc. Il reçoit des poissons régurgités et quitte généralement le nid vers trois mois, avec des variations selon son alimentation et son développement. Son premier départ en mer est une étape délicate : il doit apprendre à trouver et à capturer seul ses proies.
Le saviez-vous ?
- 1.Ses narines externes sont fermées : il respire par la bouche, une particularité anatomique des fous qui plongent depuis les airs.
- 2.Des poches d’air sous la peau contribuent à amortir le choc lorsque l’oiseau entre dans l’eau pendant un plongeon.
- 3.Les parents incubent leur œuf avec leurs pieds palmés chauds, au lieu de le réchauffer principalement avec une zone nue du ventre.
- 4.La queue entièrement noire de l’adulte aide à distinguer le fou du Cap du fou de Bassan, dont la queue est blanche.
Ce qui menace le fou du Cap
Moins de poissons accessibles
La pêche et les déplacements des stocks de sardines et d’anchois réduisent parfois la nourriture disponible près des colonies. Des trajets plus longs peuvent diminuer la quantité de nourriture apportée aux poussins.
Captures dans les engins
Des oiseaux peuvent être pris accidentellement dans des engins de pêche ou entrer en collision avec les câbles de certains chalutiers. Leur attirance pour les rejets des bateaux les expose à ces risques.
Pollution par les hydrocarbures
Le pétrole souille le plumage et altère son isolation et son imperméabilité. Un oiseau touché peut se refroidir, s’épuiser et s’intoxiquer en essayant de nettoyer ses plumes.
Mortalité près des colonies
La prédation par certains otaries à fourrure du Cap peut toucher les oiseaux, notamment les jeunes qui prennent la mer. Les maladies et les dérangements peuvent aussi provoquer des pertes dans les colonies denses.
Protéger le fou du Cap
- Sites de nidification protégésL’île Malgas et Bird Island dans la baie d’Algoa appartiennent à des espaces protégés gérés par South African National Parks. La limitation de l’accès aux colonies réduit les dérangements pendant la reproduction.
- Suivi des coloniesLes comptages des reproducteurs et le suivi des déplacements en mer permettent d’évaluer l’évolution des colonies et leurs zones d’alimentation. Ces informations aident à orienter la gestion des activités de pêche.
- Soins aux oiseaux marinsEn Afrique du Sud, SANCCOB recueille et soigne notamment des fous du Cap blessés ou mazoutés. Les oiseaux aptes à survivre en mer sont relâchés après leur réhabilitation.
Questions fréquentes
Que mange le fou du Cap ?
Le fou du Cap mange principalement des poissons, notamment des sardines et des anchois. Il capture aussi d’autres espèces, comme des maquereaux, et parfois des calmars. Pour chasser, il repère ses proies en vol puis plonge dans l’eau ; certains individus récupèrent également des poissons rejetés par les bateaux.
Combien de temps vit le fou du Cap ?
Le fou du Cap peut vivre plus de 20 ans dans la nature. Cette longévité possible ne correspond pas à une durée garantie : les jeunes subissent une forte mortalité, et les adultes sont exposés au manque de nourriture, aux captures accidentelles et aux pollutions marines.
Où vit le fou du Cap ?
Le fou du Cap vit principalement le long des côtes de Namibie et d’Afrique du Sud. Il niche sur quelques îles et îlots, puis se nourrit en mer, parfois loin de sa colonie. Il ne se reproduit pas en France et ne fait pas partie des oiseaux que vous pouvez y observer régulièrement.
Le fou du Cap est-il dangereux ?
Le fou du Cap ne présente pas de danger pour une personne qui l’observe à distance. En revanche, un oiseau acculé ou blessé peut donner de puissants coups de bec. Ne tentez pas de le saisir : maintenez enfants et animaux à l’écart et appelez un centre de soins pour la faune sauvage.
Quelle taille fait le fou du Cap ?
Le fou du Cap mesure environ 84 à 94 cm de longueur, du bec à la queue. Ses ailes déployées atteignent environ 1,70 à 1,85 m d’envergure. L’adulte pèse généralement entre 2,3 et 3,6 kg, avec des variations individuelles et saisonnières.
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Sources
- BirdLife International, DataZone : fiche espèce Cape Gannet (Morus capensis) datazone.birdlife.org
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Morus capensis iucnredlist.org
- SANCCOB, conservation et réhabilitation des oiseaux marins d’Afrique australe sanccob.co.za
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





