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La chimère commune (Chimaera monstrosa)
VU
Chimaera monstrosa

Chimère commune

Chimaera monstrosa

Aussi appelé Chimère monstrueuse, Chimère de fond

La chimère commune est un poisson cartilagineux des grandes profondeurs, apparenté aux requins et aux raies. Sa longue queue, ses grands yeux et sa tête arrondie lui donnent une silhouette singulière. Elle vit dans l’Atlantique nord-est et en Méditerranée, où la pêche accidentelle et la lenteur de sa reproduction contribuent à sa vulnérabilité mondiale.

Statut
Vulnérablepopulation inconnue
Taille
Jusqu’à environ 1,5 mètre de longueur totale, avec des femelles généralement plus grandes que les mâles
Poids
Jusqu’à environ 2,5 kg, selon l’âge et la région
Longévité
Probablement jusqu’à environ 25 ans dans la nature ; les données en aquarium sont très limitées
Régime
CarnivoreElle broie surtout des crustacés, des mollusques, des vers marins et de petits poissons avec ses plaques dentaires robustes.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, solitaire ou en petits rassemblements
Famille
Chiméridés (Chimaeridae), ordre des Chimériformes (Chimaeriformes)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Atlantique nord-est, Atlantique européen et mer Méditerranée

Où vit la chimère commune ?

Elle fréquente les fonds marins du plateau continental et du talus, généralement entre 300 et 800 mètres, avec des observations d’environ 40 à 1 660 mètres selon les régions.

Principales régions : Norvège, Royaume-Uni, France, Espagne, Portugal, Maroc, Italie, Grèce.

  • Europe
  • Afrique
  • Océans
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître la chimère commune ?
  2. Où vit la chimère commune ?
  3. Que mange la chimère commune ?
  4. Comment se comporte la chimère commune ?
  5. Comment se reproduit la chimère commune ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître la chimère commune ?

La chimère commune possède une tête volumineuse, un museau arrondi et de très grands yeux adaptés à la faible lumière. Son corps se termine par une queue très fine et allongée, presque en forme de fouet. Sa peau lisse est généralement gris argenté ou brunâtre, parfois marquée de teintes plus sombres sur le dos.

Comme les requins et les raies, son squelette est formé de cartilage plutôt que d’os. Ses dents ne ressemblent pas à celles d’un requin : elles sont réunies en plaques dures, placées à l’avant de la bouche, qui écrasent les coquilles et les carapaces.

Une épine venimeuse se trouve devant la première nageoire dorsale. Elle sert surtout à se défendre et peut blesser une personne qui manipulerait l’animal. Les observations de chimères vivantes par les plongeurs sont rares, car l’espèce vit généralement trop profond.

Où vit la chimère commune ?

La chimère commune vit sur les fonds de l’Atlantique nord-est, depuis les eaux proches de la Norvège jusqu’aux côtes du Maroc, ainsi que dans une grande partie de la mer Méditerranée. Elle a besoin de fonds meubles ou rocheux où elle peut chercher des proies avec ses organes sensoriels.

En France, elle est présente dans les eaux marines de l’Atlantique, notamment au large du golfe de Gascogne, et en Méditerranée. Elle ne se rencontre presque jamais depuis le rivage. Les campagnes scientifiques et les captures accidentelles constituent les principales façons de la repérer.

Les profondeurs varient selon la saison, l’âge et la région. Elle peut remonter vers quelques dizaines de mètres dans certaines zones, mais les adultes fréquentent souvent plusieurs centaines de mètres. Les sous-marins scientifiques et les robots télécommandés permettent parfois de la filmer sur le fond.

Que mange la chimère commune ?

La chimère commune recherche sur le fond des crabes, des crevettes, des mollusques, des vers marins et de petits poissons. Elle repère ses proies grâce à sa vue, à son odorat et aux faibles signaux électriques produits par les animaux qui l’entourent.

Ses plaques dentaires puissantes écrasent les coquilles et les carapaces. Elle peut donc exploiter des proies résistantes que d’autres poissons avaleraient difficilement. Elle fouille le sédiment avec son museau et ses nageoires pectorales, puis saisit sa nourriture avec une bouche située sous la tête.

Son alimentation varie selon la profondeur et les ressources disponibles. Les jeunes individus consomment généralement des proies plus petites que les adultes, tandis que les grandes femelles peuvent s’attaquer à des animaux benthiques plus volumineux.

Comment se comporte la chimère commune ?

La chimère commune avance en ondulant ses grandes nageoires pectorales, avec des mouvements souples qui la font presque planer au-dessus du fond. Sa queue contribue surtout à la propulsion sur les déplacements plus rapides. Elle reste souvent près du substrat pour chercher sa nourriture.

Elle est principalement solitaire, même si plusieurs individus peuvent se retrouver dans une zone riche en proies ou pendant la période de reproduction. Les rencontres sont difficiles à observer, car la pression et la température de son habitat rendent les plongées ordinaires impossibles.

Son épine dorsale peut injecter un venin douloureux lorsqu’elle est comprimée. Une chimère capturée ne doit donc jamais être saisie à mains nues, même si elle paraît immobile ou morte.

Comment se reproduit la chimère commune ?

La chimère commune se reproduit par fécondation interne. Le mâle possède des organes copulateurs associés aux nageoires pelviennes, tandis que la femelle produit de grandes capsules cornées contenant les œufs. Ces capsules sont déposées sur le fond marin.

La femelle pond généralement deux œufs à la fois, dans des capsules allongées qui peuvent mesurer une dizaine de centimètres ou davantage. La durée du développement varie selon la température, mais elle se compte en plusieurs mois, parfois près d’un an.

Les jeunes naissent déjà formés et ressemblent aux adultes en miniature. Leur croissance est lente, comme chez de nombreux poissons cartilagineux profonds. Cette reproduction tardive et peu abondante rend les populations sensibles aux captures répétées.

Le saviez-vous ?

  • 1.La chimère commune appartient à une lignée de poissons cartilagineux très ancienne, distincte de celle des requins modernes depuis des centaines de millions d’années.
  • 2.Ses yeux peuvent réfléchir une partie de la lumière disponible, ce qui améliore la détection des proies dans les profondeurs sombres.
  • 3.Les capsules d’œufs ont une forme allongée et cornée qui les protège sur le fond marin pendant plusieurs mois.
  • 4.Son nom scientifique, Chimaera monstrosa, fait référence à la Chimère de la mythologie grecque, une créature composée de plusieurs animaux.

Ce qui menace la chimère commune

  • Captures accidentelles

    La chimère commune est prise involontairement dans certains chaluts et engins de pêche de fond. Sa croissance lente et sa faible fécondité compliquent le renouvellement des populations.

  • Dégradation des fonds

    Le chalutage profond peut modifier les fonds où elle se nourrit et pond. Les connaissances restent incomplètes dans plusieurs régions, ce qui rend les évolutions locales difficiles à mesurer.

  • Données insuffisantes

    Les observations directes sont rares et les captures dépendent beaucoup de l’effort de pêche. Cette situation empêche de connaître précisément les effectifs dans les eaux françaises.

Protéger la chimère commune

  • Statut mondialL’UICN classe Chimaera monstrosa dans la catégorie vulnérable, VU. Cette évaluation concerne l’espèce entière et tient compte de sa sensibilité aux captures en profondeur.
  • Règles de pêcheLa gestion des pêcheries européennes et méditerranéennes encadre les engins, les zones et les efforts de pêche, ce qui peut réduire indirectement les captures de chimères. Il n’existe pas, à ma connaissance, de protection française générale interdisant toute capture de cette espèce.
  • Aires marines protégéesDes aires marines protégées françaises et européennes couvrent une partie de ses fonds de vie, notamment dans le golfe de Gascogne et en Méditerranée. Leur efficacité dépend des règles réellement appliquées aux engins de fond.
  • CITESLa chimère commune ne figure pas dans les annexes CITES connues. Le commerce international de ses spécimens n’est donc pas encadré par une inscription CITES spécifique.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Que mange la chimère commune ?

La chimère commune mange surtout des crustacés, des mollusques, des vers marins et de petits poissons vivant sur le fond. Ses plaques dentaires écrasent les coquilles et les carapaces. Elle cherche ses proies dans le sédiment, souvent à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Combien de temps vit la chimère commune ?

La chimère commune pourrait vivre jusqu’à environ 25 ans dans la nature, mais l’âge maximal varie selon les régions et les méthodes d’étude. Les données sont moins nombreuses que pour les poissons côtiers, car cette espèce vit profondément et se laisse difficilement observer.

Où vit la chimère commune ?

La chimère commune vit dans l’Atlantique nord-est, du nord de l’Europe au Maroc, ainsi qu’en Méditerranée. En France, elle fréquente les eaux du golfe de Gascogne et de la Méditerranée, généralement loin du rivage, sur des fonds pouvant dépasser plusieurs centaines de mètres.

La chimère commune est-elle dangereuse ?

La chimère commune évite les humains et ne cherche pas à les attaquer. Elle peut cependant blesser avec l’épine venimeuse située devant sa nageoire dorsale. Ne la touchez jamais, même échouée. En cas de piqûre ou de malaise important, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Quelle taille fait la chimère commune ?

La chimère commune mesure généralement moins de 1,2 mètre, mais les plus grands individus peuvent atteindre environ 1,5 mètre de longueur totale. La femelle est souvent plus grande que le mâle. Cette longueur comprend la queue très fine et allongée.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quelle profondeur vit généralement la chimère commune ?
  2. 2.Quel type de squelette possède la chimère commune ?
  3. 3.Quelle particularité peut blesser une personne qui manipule une chimère commune ?

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
  2. MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  3. Office français de la biodiversité, biodiversité marine et milieux marins ofb.gouv.fr

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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