
Canard du Labrador
Camptorhynchus labradorius
Aussi appelé Eider du Labrador
Le canard du Labrador fréquentait les côtes atlantiques du Canada et du nord-est des États-Unis. Le mâle portait un plumage noir et blanc contrasté, tandis que son bec avait une forme singulière liée à la recherche de nourriture. Disparu à la fin du XIXe siècle, il reste connu grâce aux spécimens de musées et aux témoignages anciens.
- Statut
- ÉteinteDisparu à la fin du XIXe siècle : derniers spécimens connus en 1875, observation souvent citée en 1878 mais incertaine.
- Taille
- Environ 48 à 60 cm de longueur totale, selon les descriptions et les spécimens.
- Poids
- Les données disponibles ne permettent pas de donner une fourchette adulte fiable.
- Longévité
- Inconnue dans la nature ; aucune longévité en captivité solidement documentée.
- Régime
- CarnivoreIl consommait probablement surtout de petits mollusques et d’autres invertébrés des fonds côtiers, mais son alimentation reste imparfaitement connue.
- Mode de vie
- Diurne, observé en petits groupes, organisation sociale peu connue
- Famille
- Anatidés (Anatidae), ordre des Ansériformes (Anseriformes)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vivait le canard du Labrador ?
Il fréquentait les eaux côtières de l’Atlantique nord-ouest, notamment les baies et les secteurs peu profonds.
Principales régions : Canada, États-Unis.
- Amérique du Nord et centrale
Aucun individu vivant connu ; les effectifs avant la disparition ne sont pas connus.
Sommaire11 parties
Comment reconnaissait-on le canard du Labrador ?
Le mâle adulte se distinguait par le contraste entre ses parties noires et ses parties blanches. Sa tête était principalement blanche, avec une zone sombre sur le dessus, et une large région blanche occupait l’aile. La femelle portait un plumage surtout gris brun, beaucoup moins contrasté. Les jeunes ressemblaient davantage aux femelles.
Son bec constituait un autre repère : il était assez large à son extrémité et comportait de nombreuses lamelles, de petites structures disposées le long des bords. Ces détails étaient visibles sur les spécimens conservés. Avec une longueur d’environ 48 à 60 cm selon les descriptions, cet oiseau avait un gabarit comparable à celui d’un colvert.
Où vivait le canard du Labrador ?
Les observations et les captures le situaient sur la façade atlantique de l’Amérique du Nord. En hiver, il fréquentait notamment les côtes de la Nouvelle-Angleterre et de l’État de New York. Les baies et les eaux côtières peu profondes lui permettaient probablement de rechercher les invertébrés dont il se nourrissait.
Son aire de reproduction restait beaucoup plus incertaine. Le Labrador et d’autres secteurs du nord-est canadien avaient été proposés, sans qu’un ensemble solide de nids et d’œufs identifiés permette de tracer une carte précise. Malgré son nom, rien ne démontrait qu’il nichait uniquement au Labrador. Aucune présence régulière en France n’était connue.
Que mangeait-il ?
Les descriptions anciennes lui attribuaient une alimentation composée surtout de petits mollusques et d’autres invertébrés marins. Il cherchait probablement ces proies dans les secteurs côtiers peu profonds. Les renseignements disponibles étaient toutefois trop limités pour établir la part de chaque aliment ou les différences entre les saisons.
Son bec possédait des lamelles nombreuses et une extrémité élargie, des caractères qui suggéraient une manière spécialisée de recueillir sa nourriture. Les naturalistes avaient supposé qu’il pouvait trier de petites proies dans les sédiments. Cette interprétation reposait surtout sur son anatomie ; son comportement alimentaire n’avait pas été étudié avec les méthodes actuelles.
Comment se comportait-il ?
Cet oiseau était observé en petits groupes sur les eaux côtières. Comme les autres canards marins, il nageait et recherchait sa nourriture dans l’eau. Les récits anciens décrivaient cependant peu ses plongées, ses interactions ou ses déplacements quotidiens, ce qui limitait les comparaisons précises avec les espèces encore vivantes.
La répartition des observations suggérait des déplacements saisonniers entre des régions nordiques et des côtes situées plus au sud. Les captures hivernales dans le nord-est des États-Unis étaient mieux documentées que les séjours estivaux. Aucun suivi individuel ne permettait de connaître ses itinéraires, la durée de ses migrations ou sa fidélité à certains sites.
Que savait-on de sa reproduction ?
La reproduction faisait partie des aspects les moins connus de sa vie. Aucun ensemble de données suffisamment fiable ne permettait d’indiquer une taille habituelle de ponte, une durée d’incubation ou un âge d’envol. Des œufs lui avaient été attribués dans des collections anciennes, mais leur identification avait été contestée.
Les naturalistes supposaient qu’il nichait dans le nord-est du Canada, notamment à partir de son nom et de quelques témoignages. Ils n’avaient toutefois pas décrit sa reproduction avec assez de certitude pour préciser le type de nid ou les soins aux canetons. Sa disparition avait laissé ces questions sans observations directes possibles.
Le saviez-vous ?
- 1.Son autre nom français, « eider du Labrador », ne signifie pas qu’il appartenait au même genre que l’eider à duvet : il était classé dans Camptorhynchus.
- 2.Le nom « Labrador » a longtemps orienté les recherches, alors que ses véritables lieux de nidification n’ont jamais été établis avec certitude.
- 3.Le signalement souvent cité de 1878 concernait Elmira, dans l’État de New York, loin des côtes habituellement fréquentées ; sa fiabilité reste discutée.
- 4.Les lamelles de son bec sont encore étudiables sur les spécimens de musée, même si sa manière exacte de capturer ses proies demeure inconnue.
Pourquoi le canard du Labrador a disparu
Chasse et prélèvements
Des oiseaux avaient été abattus pour la consommation, le commerce ou les collections. Ces prélèvements avaient pu peser sur une espèce déjà peu abondante, mais leur rôle exact dans l’extinction n’était pas établi.
Ressources alimentaires modifiées
La dégradation des milieux côtiers et la diminution de certaines proies avaient été proposées comme causes possibles. La spécialisation supposée de son alimentation aurait pu accroître sa vulnérabilité, sans qu’une relation directe ait été démontrée.
Déclin mal documenté
L’espèce semblait déjà rare lorsque les naturalistes l’avaient décrite en détail. L’absence de comptages et d’informations sur sa reproduction empêchait de départager les causes proposées ou de mesurer leur importance respective.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Spécimens au SmithsonianLe Smithsonian National Museum of Natural History, à Washington, conserve des spécimens du canard du Labrador. Ces collections permettent encore d’examiner son plumage, son bec et d’autres caractères anatomiques.
- Collections à New YorkL’American Museum of Natural History, à New York, conserve également des spécimens de cette espèce. Leur conservation et leur documentation maintiennent des éléments matériels accessibles à la recherche.
- Archives et recherchesLes récits de captures, les anciennes illustrations et les spécimens permettent de réexaminer sa répartition et les hypothèses sur sa disparition. Aucun individu captif ni programme de réintroduction n’existe pour cette espèce éteinte.
Questions fréquentes
Quand le canard du Labrador a-t-il disparu ?
Sa disparition remonte à la fin du XIXe siècle. Les derniers spécimens connus datent de 1875. Un signalement à Elmira, aux États-Unis, en 1878 est souvent cité, mais il reste incertain. La date de mort du tout dernier individu n’est donc pas connue.
Pourquoi a-t-il disparu ?
Aucune cause unique n’a été démontrée. La chasse, les prélèvements pour les collections et des changements dans les ressources alimentaires ont été proposés. Comme l’espèce était peu étudiée et apparemment déjà rare, les naturalistes ne disposent pas des comptages nécessaires pour reconstituer précisément son déclin.
Vivait-il seulement au Labrador ?
Non. Les observations et les captures documentées concernaient plusieurs secteurs de la côte atlantique du Canada et du nord-est des États-Unis. Le Labrador a été proposé comme région de nidification, mais cette hypothèse n’a pas été confirmée par des données suffisamment solides.
Peut-on encore en voir dans un zoo ?
Aucun canard du Labrador vivant n’est connu, en liberté ou en captivité. Son statut UICN est EX, pour « éteint ». Des musées, notamment le Smithsonian à Washington et l’American Museum of Natural History à New York, conservent des spécimens, qui ne sont pas nécessairement exposés au public.
Peut-on recréer cette espèce grâce à son ADN ?
Les spécimens anciens peuvent fournir des informations génétiques, mais retrouver de l’ADN ne permet pas à lui seul de recréer un oiseau vivant. Aucun programme établi de retour du canard du Labrador n’est connu. La protection des canards marins actuels repose sur la préservation de leurs habitats et la réduction des pressions humaines.
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Sources
- BirdLife International, DataZone : Labrador Duck, Camptorhynchus labradorius datazone.birdlife.org
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Camptorhynchus labradorius iucnredlist.org
- Smithsonian National Museum of Natural History, collections ornithologiques naturalhistory.si.edu
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





