

Argyronète
Argyroneta aquatica
Aussi appelé Argyronète aquatique, Araignée d’eau
L’argyronète est une araignée d’eau douce présente en France, dans des mares et d’autres eaux calmes riches en plantes. Elle passe presque toute sa vie sous l’eau, grâce à une cloche de soie remplie d’air. Cette spécialiste des milieux aquatiques n’a pas été évaluée sur la Liste rouge mondiale de l’UICN.
- Statut
- Non évaluéepopulation inconnue
- Taille
- Corps généralement long de 8 à 12 mm chez la femelle et de 10 à 15 mm chez le mâle, sans les pattes ; les mesures varient selon les sources.
- Poids
- Pas de fourchette adulte suffisamment documentée pour être indiquée.
- Longévité
- Environ 1 à 2 ans, avec des variations selon les conditions de vie.
- Régime
- CarnivoreElle capture de petits invertébrés aquatiques, notamment des larves d’insectes et de petits crustacés.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, solitaire, sauf lors des rencontres reproductrices
- Famille
- Argyronétidés (Argyronetidae), ordre des Araignées (Araneae)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit l’argyronète ?
Eaux douces stagnantes ou très lentes, riches en végétation immergée, généralement dans les secteurs peu profonds.
Principales régions : France, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne, Suède, Russie, Chine, Japon.
- Europe
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître l’argyronète ?
Son corps comprend une partie antérieure brunâtre, qui porte huit pattes, et un abdomen couvert de poils fins. Hors de l’eau, cet abdomen paraît gris à brun. Sous l’eau, l’air retenu contre ses poils lui donne un aspect argenté : cette enveloppe brillante constitue un bon indice, même si d’autres araignées peuvent aussi emporter de l’air en plongeant.
La femelle mesure généralement de 8 à 12 mm de longueur corporelle, contre 10 à 15 mm pour le mâle. Les pattes augmentent nettement l’encombrement de l’animal. Pour une identification fiable, associez son apparence à son comportement : une araignée installée durablement dans une cloche d’air sous la végétation aquatique fournit un indice particulièrement caractéristique.
Où vit l’argyronète ?
Son aire s’étend dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie tempérée. Elle fréquente des mares, des étangs, des fossés en eau et certains secteurs très lents de cours d’eau. Les plantes immergées lui fournissent des points d’ancrage pour sa cloche, ainsi qu’un terrain de chasse où vivent les petits invertébrés dont elle se nourrit.
Elle est bien présente en France, malgré l’indication contraire du recoupement fourni. Sa répartition est dispersée et dépend de la disponibilité des zones humides favorables. Du printemps au début de l’automne, observez les herbiers depuis la berge, par exemple dans des mares et des étangs de plaine. Une cloche argentée peut être visible sous une tige, sans qu’il soit nécessaire de prélever l’animal.
Que mange l’argyronète ?
Elle chasse de petits animaux aquatiques, notamment des larves de moustiques et d’autres insectes, ainsi que de petits crustacés comme les aselles. Elle repère les mouvements de ses proies grâce aux vibrations et aux contacts avec son environnement. Ses crochets injectent du venin, puis des liquides digestifs permettent de transformer les tissus en nourriture qu’elle peut aspirer.
Une proie peut être rapportée dans la cloche pour être consommée à l’abri. Comme les autres araignées, l’argyronète ne mâche pas ses aliments avec des dents. La présence de larves de moustiques dans son menu ne permet toutefois pas de lui attribuer un effet chiffré sur les moustiques d’une mare : elle mange aussi d’autres proies disponibles.
Comment respire-t-elle sous l’eau ?
Elle tisse entre les plantes une construction de soie qui retient une poche d’air. Pour la remplir, elle rejoint la surface, recueille de l’air avec les poils de son abdomen et de ses pattes arrière, puis redescend. Plusieurs voyages permettent de gonfler la cloche. L’araignée peut ensuite s’y abriter en mettant ses organes respiratoires au contact de l’air.
La cloche reçoit aussi de l’oxygène dissous dans l’eau : ce gaz traverse la limite entre l’eau et l’air lorsque l’araignée consomme l’oxygène de sa réserve. Elle fonctionne ainsi comme une « branchie physique », sans être un organe du corps. L’azote s’échappe progressivement, ce qui réduit son volume et oblige l’animal à renouveler l’air à la surface.
Comment se reproduit l’argyronète ?
Le mâle recherche une femelle et peut construire sa cloche près de la sienne. L’accouplement se déroule sous l’eau, dans un espace contenant de l’air. La femelle prépare ensuite un cocon de soie à l’intérieur de sa cloche reproductrice. Une ponte comprend quelques dizaines d’œufs, mais les effectifs varient selon les observations et la taille de la femelle.
La mère garde le cocon et entretient l’abri pendant le développement des œufs. Les jeunes restent d’abord dans cet espace protégé, puis se dispersent et construisent leurs propres petites cloches. Leur croissance passe par plusieurs mues : ils quittent leur ancienne enveloppe externe pour augmenter de taille, une étape durant laquelle l’abri sous-marin leur sert de refuge.
Le saviez-vous ?
- 1.L’argyronète est la seule araignée connue à mener une vie presque entièrement subaquatique, avec la chasse, le repos et la reproduction sous l’eau.
- 2.Son éclat argenté sous l’eau vient d’une couche d’air retenue par les poils, et non d’une coloration métallique de son abdomen.
- 3.Des expériences ont montré que l’oxygène dissous dans l’eau peut entrer dans la cloche, ce qui prolonge l’utilisation de sa réserve d’air.
- 4.Chez cette espèce, le mâle dépasse généralement la femelle en longueur corporelle, alors que la situation inverse est fréquente chez les araignées.
Ce qui menace l’argyronète
Disparition des mares
Le drainage des zones humides, le comblement des mares et la suppression des fossés végétalisés font disparaître ses lieux de vie. Des sites isolés deviennent aussi plus difficiles à recoloniser.
Dégradation de l’eau
Les pesticides et les apports excessifs de nutriments peuvent modifier les communautés de proies et la végétation aquatique. Une eau pauvre en oxygène réduit également les échanges gazeux utiles à sa cloche.
Assèchement des habitats
Les sécheresses prolongées peuvent faire disparaître l’eau des petits milieux qu’elle occupe. Un curage qui enlève toute la végétation retire simultanément ses supports de construction et ses refuges.
Protéger l’argyronète
- Évaluations à distinguerL’espèce n’a pas été évaluée sur la Liste rouge mondiale de l’UICN : NE ne signifie donc pas qu’elle est sans menace. La Liste rouge des araignées de France métropolitaine a été publiée en 2023 ; sa catégorie nationale n’est pas indiquée ici faute de confirmation suffisamment sûre.
- Protection en FranceL’argyronète ne figure pas sur la liste nationale des araignées protégées et n’est pas inscrite aux annexes de la CITES. Les règles d’un espace protégé peuvent néanmoins interdire les prélèvements ou les interventions dans son habitat.
- Préserver les herbiersLe maintien des mares et de leur végétation immergée conserve les supports nécessaires aux cloches. Lorsqu’un entretien est nécessaire, intervenir par secteurs laisse des refuges et limite la destruction simultanée de l’habitat.
Questions fréquentes
L’argyronète vit-elle vraiment en France ?
Oui, sa présence est documentée en France métropolitaine. Elle occupe des eaux calmes avec de la végétation immergée, mais sa répartition est dispersée. L’indication « présente en France : faux » du recoupement initial est donc erronée. Les données de l’INPN permettent de consulter des observations françaises.
Peut-elle respirer dans l’eau comme un poisson ?
Elle respire de l’air et ne possède pas de branchies de poisson. Sa cloche contient une réserve d’air, alimentée par ses voyages à la surface. De l’oxygène dissous passe aussi de l’eau vers cette poche, ce qui lui permet de prolonger ses séjours sous l’eau.
Sa morsure est-elle dangereuse ?
Elle peut mordre si elle est saisie ou coincée contre la peau, et la morsure peut être douloureuse. Évitez donc de la manipuler. En cas de morsure, lavez la zone à l’eau et au savon ; demandez un avis médical si la douleur persiste ou si le gonflement augmente. Pour une difficulté respiratoire ou un malaise, appelez le 15 ou le 112.
Comment l’observer sans la déranger ?
Au printemps ou en été, regardez les plantes immergées d’une mare depuis un endroit stable de la berge. Cherchez une petite poche argentée fixée dans la végétation, ou une araignée qui remonte chercher de l’air. Ne plongez pas les mains dans son abri et ne retirez pas les tiges pour mieux voir.
Peut-on l’installer dans un aquarium ?
Son maintien demande un milieu aquatique adapté, des supports végétaux, un accès à la surface et des proies vivantes. Un prélèvement retire aussi un individu à une population locale, parfois peu étendue. Pour une observation familiale, privilégiez une mare et laissez l’animal dans son habitat ; les espaces protégés peuvent interdire sa capture.
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Autour de cet animal
Sources
- Liste rouge mondiale de l’UICN, Argyroneta aquatica iucnredlist.org
- Muséum national d’histoire naturelle, INPN : données sur Argyroneta aquatica et sa présence en France inpn.mnhn.fr
- British Arachnological Society, Spider and Harvestman Recording Scheme : Argyroneta aquatica srs.britishspiders.org.uk
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





