

Takahé du Sud
Porphyrio hochstetteri
Aussi appelé Takahé
Le takahé du Sud est un gros oiseau de Nouvelle-Zélande, au plumage bleu et vert, qui se déplace à pied : ses ailes ne lui permettent pas de voler. Longtemps considéré comme disparu, il a été retrouvé en 1948 dans les montagnes du Fiordland. Classé en danger par l’UICN, il bénéficie d’une protection intensive contre les prédateurs introduits.
- Statut
- En dangerpopulation en hausse
- Taille
- Environ 50 à 63 cm de longueur totale, du bec à la queue.
- Poids
- Environ 2 à 4 kg ; les mâles sont généralement plus lourds que les femelles.
- Longévité
- Jusqu’à environ 18 ans ; les données disponibles concernent surtout des oiseaux suivis dans le cadre de la conservation.
- Régime
- HerbivoreIl mange surtout les bases tendres, les feuilles et les graines des graminées, ainsi que des rhizomes de fougères selon la saison.
- Mode de vie
- Diurne, en couples territoriaux, parfois accompagnés de leurs jeunes
- Famille
- Rallidés (Rallidae), ordre des Gruiformes
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit le takahé du Sud ?
Il fréquente les prairies à grandes touffes d’herbes, notamment en montagne, et utilise aussi des milieux plus bas avec des abris végétaux.
Principales régions : Nouvelle-Zélande.
- Océanie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le takahé du Sud
Vous pouvez le reconnaître à son corps massif, à son cou épais et à son gros bec rouge, prolongé par une plaque rouge sur le front. La tête, le cou et le dessous du corps sont principalement bleu foncé, tandis que le dos et les ailes ont des reflets verts. Ses pattes rouges portent de longs doigts.
Avec environ 50 à 63 cm de longueur, cet oiseau a le gabarit d’une grosse poule, mais une silhouette plus ramassée. Les deux sexes se ressemblent ; le mâle est généralement plus lourd. Il peut être confondu avec la talève australasienne, appelée pūkeko en Nouvelle-Zélande, qui a des pattes proportionnellement plus longues et peut voler.
Où vit le takahé du Sud ?
Cette espèce est endémique de Nouvelle-Zélande : elle n’existe naturellement dans aucun autre pays. Son dernier refuge historique connu se trouve dans les monts Murchison, au sein du parc national de Fiordland, sur l’île du Sud. Elle y fréquente des prairies de montagne dominées par de grandes graminées en touffes, ainsi que des secteurs abrités à proximité.
La présence actuelle dépasse ce refuge grâce aux déplacements organisés par les équipes de conservation. Des oiseaux vivent dans des sanctuaires clôturés, sur des îles protégées et dans d’autres sites de l’île du Sud, notamment dans le parc national de Kahurangi. Les prairies de basse altitude lui conviennent aussi lorsque la nourriture, les abris et la sécurité contre les prédateurs sont suffisants.
Que mange le takahé du Sud ?
Son alimentation est principalement végétale. Il saisit les tiges de graminées avec son bec, les coupe et prélève leurs bases tendres, riches en nutriments. Les feuilles et les graines complètent le menu selon leur disponibilité. Après son passage, de petits fragments de végétaux rejetés peuvent signaler les endroits où il s’est nourri.
Dans les montagnes, l’accès à la nourriture change avec les saisons et l’enneigement. Il peut rechercher des rhizomes de fougères, des tiges souterraines qui stockent des réserves. Il consomme occasionnellement de petits invertébrés, mais les végétaux dominent nettement son régime. Dans les sites de conservation, un complément alimentaire peut être fourni lorsque les ressources naturelles ne suffisent pas.
Comment se comporte le takahé du Sud ?
Actif surtout pendant la journée, il consacre une grande partie de son temps à chercher et à préparer sa nourriture. Il marche entre les touffes d’herbe et utilise la végétation pour se cacher. Ses ailes sont réduites : elles ne lui permettent pas de décoller. Face à un danger, il dépend donc de la fuite au sol et des abris disponibles.
Les adultes vivent généralement en couples durables et défendent un territoire contre leurs congénères. Des jeunes peuvent rester auprès de leurs parents après leur première saison. Les cris permettent aux oiseaux de garder le contact dans les herbes hautes. Lorsque vous en observez dans un sanctuaire, restez sur les chemins et laissez-les chercher leur nourriture sans les approcher.
Comment se reproduit le takahé du Sud ?
La reproduction commence généralement au printemps austral, à partir de septembre ou d’octobre selon les conditions locales. Le couple construit un nid au sol, dissimulé dans une touffe de végétation. La femelle pond le plus souvent deux œufs, avec des pontes pouvant compter un à trois œufs. Les deux parents se relaient pour les couver pendant environ 27 à 30 jours.
Les poussins naissent couverts d’un duvet sombre et peuvent quitter rapidement le nid, mais ils dépendent des adultes pour être nourris et protégés. Les parents leur présentent des aliments adaptés à leur petit bec. La maturité sexuelle survient généralement vers deux ans. Dans les populations suivies, les équipes surveillent les nids et peuvent intervenir pour améliorer la survie des œufs et des jeunes.
Le saviez-vous ?
- 1.En 1948, une expédition menée par le médecin Geoffrey Orbell retrouve des takahés dans les monts Murchison, alors que l’espèce était considérée comme disparue.
- 2.Le takahé appartient à la même famille que les foulques et les râles, malgré son gabarit inhabituellement massif.
- 3.L’île du Nord possédait une autre espèce de takahé, Porphyrio mantelli, aujourd’hui éteinte : les deux ne doivent pas être confondues.
- 4.Son histoire montre qu’un oiseau incapable de voler peut vivre en montagne : l’altitude ne l’oblige pas à utiliser ses ailes.
Ce qui menace le takahé du Sud
Prédateurs introduits
Les hermines peuvent tuer les takahés, tandis que d’autres mammifères introduits menacent les œufs ou les jeunes selon les sites. L’absence de vol limite les possibilités de fuite.
Concurrence avec les cerfs
Les cerfs introduits consomment les plantes des prairies de montagne et modifient leur structure. Ils peuvent ainsi réduire la nourriture et les abris disponibles pour les oiseaux.
Population encore réduite
Les effectifs restent faibles et répartis entre plusieurs sites. La gestion des couples doit limiter la consanguinité, tandis qu’un accident local peut toucher une part importante d’un petit groupe.
Conditions hivernales difficiles
Un enneigement important peut rendre les plantes nourricières moins accessibles dans le Fiordland. Les oiseaux doivent alors trouver d’autres ressources ou gagner des secteurs plus abrités.
Protéger le takahé du Sud
- Protection en Nouvelle-ZélandeLe takahé du Sud est strictement protégé par la législation néo-zélandaise sur la faune sauvage. Le Department of Conservation coordonne son rétablissement avec Ngāi Tahu et d’autres partenaires.
- Réduction des prédateursLe piégeage des hermines protège les oiseaux dans les monts Murchison. Des îles protégées et des sanctuaires clôturés accueillent aussi des populations dans des conditions contrôlées.
- Élevage et suiviLe centre de Burwood participe à l’élevage destiné à la conservation. Le suivi des oiseaux et les transferts entre sites permettent de former des couples et de préserver la diversité génétique.
- Retour dans KahurangiDes takahés ont été relâchés dans le parc national de Kahurangi à partir de 2018. Ces retours sont accompagnés d’un suivi et d’une lutte contre les prédateurs introduits.
Questions fréquentes
Le takahé du Sud peut-il voler ?
Non, ses ailes sont trop réduites pour soulever son corps. Il se déplace en marchant et peut se réfugier dans la végétation. Cette absence de vol le rend vulnérable aux mammifères prédateurs introduits en Nouvelle-Zélande, notamment aux hermines.
Pourquoi dit-on qu’il a été redécouvert ?
L’espèce était considérée comme disparue après des décennies sans observation confirmée. En 1948, l’expédition menée par Geoffrey Orbell a retrouvé des oiseaux vivants dans les monts Murchison. Ce refuge montagneux avait permis à une population de subsister à l’écart des secteurs les plus transformés.
Est-il encore en danger aujourd’hui ?
Oui, l’UICN le classe dans la catégorie « en danger », et non « en danger critique ». Les effectifs augmentent grâce aux mesures de conservation, mais cette progression dépend encore de la protection contre les prédateurs, du suivi des oiseaux et de la gestion des sites d’accueil.
Quelle différence entre le takahé et le pūkeko ?
Le pūkeko, ou talève australasienne, a une silhouette plus élancée et des pattes proportionnellement plus longues. Il peut voler, contrairement au takahé. Les deux oiseaux ont un plumage bleu et un bec rouge, mais le takahé possède un corps plus massif et un bec particulièrement épais.
Peut-on garder un takahé comme animal de compagnie ?
Cet oiseau sauvage protégé fait l’objet d’une gestion de conservation en Nouvelle-Zélande. Il ne relève pas de la détention familiale : ses besoins, sa reproduction et ses déplacements entre sites sont suivis par des équipes autorisées. Vous pouvez l’observer dans certains sanctuaires accessibles au public, selon leurs règles de visite.
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Pour aller plus loin
Sources
- Department of Conservation, Takahē doc.govt.nz
- New Zealand Birds Online, Takahē, encyclopédie portée notamment par le musée Te Papa nzbirdsonline.org.nz
- UICN, Liste rouge mondiale, Porphyrio hochstetteri iucnredlist.org
- Wikipédia, Takahé du Sud fr.wikipedia.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer








