

Silure glane
Silurus glanis
Aussi appelé Silure
Le silure glane est un grand poisson d’eau douce reconnaissable à sa tête aplatie et à ses six barbillons. Présent dans de nombreux fleuves français, il repère ses proies même dans une eau trouble grâce à des organes sensoriels développés. L’UICN le classe en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, tandis que ses introductions soulèvent des questions écologiques locales.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation inconnue
- Taille
- Souvent 1 à 2 m de longueur totale chez les grands adultes ; certains dépassent 2,5 m. La taille varie fortement avec l’âge et le milieu.
- Poids
- Souvent 10 à 60 kg chez les grands adultes ; les individus exceptionnels peuvent dépasser 100 kg.
- Longévité
- Souvent plusieurs décennies, autour de 20 à 30 ans ; des âges dépassant 40 ans sont rapportés, avec des estimations variables selon les sources.
- Régime
- CarnivoreIl mange surtout des poissons, mais aussi des écrevisses, des amphibiens et, selon les lieux, des oiseaux aquatiques.
- Mode de vie
- Crépusculaire, souvent solitaire, parfois regroupé
- Famille
- Siluridés (Siluridae), ordre des Siluriformes
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit le silure glane ?
Il fréquente les fleuves, rivières lentes, lacs et retenues, avec des zones profondes et des abris près du fond.
Principales régions : Allemagne, Pologne, Hongrie, Roumanie, Ukraine, Russie, Turquie, France, populations largement issues d’introductions.
- Europe
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le silure glane
Sa tête est large et aplatie, avec une bouche ample et de petits yeux. Deux longs barbillons partent de la mâchoire supérieure, tandis que quatre plus courts se trouvent sous la mâchoire inférieure. Ces filaments portent des récepteurs sensoriels qui l’aident à trouver sa nourriture. Sa peau, dépourvue d’écailles, est recouverte d’un mucus protecteur.
Le dos est généralement sombre, brun, gris ou verdâtre, avec des marbrures sur les flancs et un ventre plus clair. La couleur varie selon le milieu et les individus. Une minuscule nageoire dorsale contraste avec la très longue nageoire anale, située sous l’arrière du corps. Les jeunes peuvent rappeler d’autres poissons-chats, mais ceux-ci possèdent notamment une petite nageoire adipeuse supplémentaire sur le dos.
Où vit le silure glane ?
Son aire naturelle couvre une grande partie de l’Europe centrale et orientale et s’étend vers l’ouest de l’Asie. Il fréquente les grands cours d’eau, les lacs et les retenues, notamment les eaux lentes qui se réchauffent en été. Les fosses, les berges creuses et les arbres immergés lui procurent des abris. Il peut aussi se déplacer dans des secteurs de courant.
En France, il est présent notamment dans les bassins du Rhône, de la Saône, de la Loire, de la Garonne et de la Seine. Sa répartition actuelle résulte largement d’introductions et de déplacements humains, avec une histoire ancienne plus complexe dans certains bassins. De mai à septembre, cherchez sa silhouette depuis une berge sûre, au crépuscule, près des zones calmes. Une observation reste aléatoire, car il demeure souvent sous l’eau, hors de vue.
Que mange le silure glane ?
Les jeunes consomment d’abord de petits invertébrés, puis des proies plus grandes à mesure qu’ils grandissent. Chez les grands individus, les poissons occupent généralement une place importante dans le menu, accompagnés d’écrevisses et d’autres animaux disponibles. La composition du régime varie selon le cours d’eau, la saison et la taille du prédateur. Il peut également manger des animaux morts.
Ses barbillons, son odorat et sa ligne latérale, un système qui détecte les mouvements de l’eau, l’aident à chasser lorsque la visibilité est faible. Certaines populations capturent des oiseaux au bord de l’eau. Dans le Tarn, des silures ont été observés s’échouant brièvement pour attraper des pigeons. Ce comportement local ne décrit pas l’alimentation de tous les individus.
Comment se comporte-t-il ?
Il chasse souvent au crépuscule et pendant la nuit, mais peut aussi être actif en journée. Son activité dépend de la température, de la nourriture et des conditions locales. En période froide, il ralentit ses déplacements et peut se regrouper dans des zones profondes. Des rassemblements existent également à d’autres saisons : son comportement ne se limite donc pas à une vie solitaire.
Un adulte peut utiliser plusieurs secteurs d’une rivière et effectuer des déplacements saisonniers. Son grand corps ne signifie pas qu’il poursuit continuellement des proies : il passe aussi du temps au repos, près du fond ou d’un abri. Si vous en apercevez un depuis la berge, restez à distance et évitez de lui donner de la nourriture, ce qui modifierait son comportement.
Comment se reproduit le silure glane ?
La reproduction se déroule généralement à la fin du printemps ou en été, lorsque l’eau atteint environ 18 à 22 °C, avec des variations régionales. Le mâle prépare un emplacement peu profond, souvent parmi la végétation ou les racines. La femelle y dépose des œufs collants, puis le mâle les féconde. Une grande femelle peut produire plusieurs centaines de milliers d’œufs.
Le mâle reste près de la ponte et la défend. Il remue ses nageoires pour renouveler l’eau autour des œufs, ce qui leur apporte de l’oxygène. L’éclosion survient après quelques jours, sa durée dépendant de la température. Les larves utilisent d’abord les réserves de leur sac vitellin, une poche nutritive, avant de chercher de petites proies.
Le saviez-vous ?
- 1.Ses six barbillons ne sont pas des moustaches faites de poils : ce sont des organes sensoriels qui l’aident à repérer sa nourriture.
- 2.Le silure glane n’a pas d’écailles. Son mucus protège sa peau ; une manipulation avec des mains sèches peut abîmer cette couche.
- 3.Dans le Tarn, certains individus ont appris à capturer des pigeons en sortant brièvement une partie de leur corps de l’eau.
- 4.Malgré sa grande bouche, il possède surtout de nombreuses petites dents serrées, utiles pour retenir les proies.
Ce qui menace le silure glane
Dégradation des milieux
La pollution, les déficits d’oxygène et la disparition des habitats de bordure peuvent affecter ses populations. Les zones peu profondes végétalisées servent notamment à la reproduction.
Obstacles aux déplacements
Les barrages et certains ouvrages limitent les déplacements entre habitats. Leurs effets dépendent du bassin et des possibilités de franchissement.
Prédation dans certains bassins
Dans des secteurs où il a été introduit, sa prédation peut affecter des poissons migrateurs, notamment lorsqu’ils se concentrent près d’obstacles. L’ampleur de ces effets varie selon les sites et ne peut pas être généralisée à toutes les rivières.
Protéger le silure glane
- Statut mondialLe silure glane est classé LC, préoccupation mineure, sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. Ce classement concerne son risque d’extinction et ne mesure pas ses effets dans les milieux où il a été introduit.
- Statut en FranceLa Liste rouge des poissons d’eau douce de France métropolitaine de 2019 le classe NA, non applicable, en raison de son introduction sur la période récente retenue pour l’évaluation. Il ne bénéficie pas d’une protection nationale au titre des espèces de poissons protégées.
- Gestion des introductionsL’espèce n’est pas inscrite aux annexes de la CITES. En France, la pêche et les opérations de transfert ou d’introduction relèvent de règles spécifiques : consultez les arrêtés préfectoraux et la fédération de pêche locale.
Questions fréquentes
Le silure glane est-il dangereux pour les baigneurs ?
Il ne recherche pas les humains comme proies. De rares morsures ont toutefois été rapportées, notamment dans des situations de proximité ou de manipulation. Ne tentez pas de le toucher et respectez les interdictions de baignade. Si une morsure survient, sortez de l’eau, nettoyez la plaie et demandez rapidement un avis médical ; appelez le 15 ou le 112 en cas de blessure grave.
Peut-il vraiment manger des pigeons ?
Oui, ce comportement a été documenté chez certains silures du Tarn. Ils approchent des oiseaux posés au bord de l’eau, puis s’échouent brièvement pour les saisir avant de regagner la rivière. Cette technique concerne certaines populations ; la plupart des observations alimentaires portent sur des poissons et d’autres proies aquatiques.
Où et quand peut-on l’observer en France ?
Vous pouvez tenter une observation depuis les berges du Rhône, de la Saône, de la Loire, de la Garonne ou de la Seine, dans les secteurs où il est présent. La saison chaude, surtout au crépuscule, est favorable. Choisissez une berge accessible et sûre ; sa présence ne garantit pas qu’il remontera près de la surface.
Est-ce une espèce invasive en France ?
Il a été introduit dans de nombreux bassins français et peut y avoir des effets écologiques, notamment sur certains poissons migrateurs. Le terme « invasif » demande toutefois de préciser le lieu et les impacts constatés. Il ne figure pas sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union.
Peut-on garder un silure glane dans un aquarium ?
Sa croissance, sa taille adulte et ses besoins en espace rendent un aquarium familial inadapté. Il peut atteindre plusieurs mètres et vivre plusieurs décennies. Ne prélevez pas un jeune pour l’élever chez vous et ne relâchez jamais un poisson détenu dans la nature : cela peut transmettre des maladies et modifier l’écosystème.
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Autour de cet animal
Pour aller plus loin
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species : Silurus glanis iucnredlist.org
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel : Silurus glanis inpn.mnhn.fr
- FishBase, fiche biologique de Silurus glanis fishbase.se
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer






