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Le rhinocéros laineux (Coelodonta antiquitatis)
Fos.
Coelodonta antiquitatis

Rhinocéros laineux

Coelodonta antiquitatis

Aussi appelé Rhinocéros à toison

Le rhinocéros laineux était un grand mammifère herbivore des paysages froids d’Europe et d’Asie pendant le Pléistocène. Disparu il y a environ 14 000 ans, il portait deux cornes et une épaisse toison. Des corps conservés dans le sol gelé et dans des dépôts particuliers permettent d’étudier ses poils, sa peau et parfois ses derniers repas.

Époque
Pléistocène moyen et supérieur, au moins depuis environ 300 000 ans jusqu’à environ 14 000 ans avant le présent ; l’ancienneté des premiers représentants varie selon les classifications.
Découverte
Johann Friedrich Blumenbach a nommé l’espèce Rhinoceros antiquitatis en 1799 à partir de restes fossiles ; des ossements et des dents sont aussi connus en France, notamment à La Fage, en Corrèze.
Taille
Environ 3 à 3,8 mètres de longueur et 1,5 à 2 mètres de hauteur à l’épaule, selon les spécimens et les reconstitutions.
Poids
Masse estimée à environ 1,5 à 3 tonnes ; les estimations varient selon la taille des individus et la méthode utilisée.
Longévité
Inconnue.
Régime
HerbivoreSes dents, les végétaux conservés dans certains restes digestifs et d’autres indices montrent qu’il mangeait surtout des herbes, avec une alimentation variable selon le milieu.
Mode de vie
Inconnu : les fossiles ne permettent pas de déterminer avec certitude s’il vivait seul ou en groupes.
Famille
Rhinocérotidés (Rhinocerotidae), ordre des Périssodactyles (Perissodactyla)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Europe et Asie septentrionale, de l’Europe occidentale à la Sibérie et au nord-est asiatique

Où vivait le rhinocéros laineux ?

Il fréquentait surtout des paysages ouverts et froids, notamment des steppes riches en herbes, généralement peu enneigées.

Principales régions : France, Royaume-Uni, Ukraine, Russie.

  • Europe
  • Asie
Sommaire10 parties
  1. À quoi ressemblait le rhinocéros laineux ?
  2. Quand et où vivait le rhinocéros laineux ?
  3. Que mangeait-il dans les steppes froides ?
  4. Comment vivait-il avec le froid ?
  5. Ce que nous apprennent ses fossiles
  6. Le saviez-vous ?
  7. Ce qu’il en reste
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

À quoi ressemblait le rhinocéros laineux ?

Son corps massif reposait sur quatre pattes courtes, terminées chacune par trois doigts munis de sabots. Les squelettes permettent de reconstituer un animal d’environ 3 à 3,8 mètres de long. La tête, allongée et portée assez bas, possédait deux cornes : la plus grande se trouvait à l’avant du museau.

Les corps conservés montrent une couverture de longs poils et un sous-poil plus fin. La grande corne pouvait atteindre environ un mètre, voire davantage chez certains individus. Elle était aplatie sur les côtés. Sa forme et certaines traces d’usure suggèrent qu’elle pouvait servir à dégager la neige, mais ce comportement reste une interprétation.

Quand et où vivait le rhinocéros laineux ?

Cette espèce vivait pendant le Pléistocène, une époque marquée par l’alternance de périodes glaciaires et de périodes plus chaudes. Elle est bien documentée durant les dernières centaines de milliers d’années. Les dates attribuées à ses premiers représentants varient, car les chercheurs ne classent pas tous les anciens fossiles du genre Coelodonta de la même manière.

Les points de la carte situent La Fage, en France, Creswell Crags, au Royaume-Uni, Starunia, en Ukraine, et le secteur de Churapcha, en Russie. Ce sont des lieux de découverte, pas les limites de son territoire. Ses restes sont connus dans une grande partie de l’Eurasie ; aucune présence naturelle n’est établie en Amérique du Nord.

Que mangeait-il dans les steppes froides ?

Ses grandes molaires étaient adaptées au broyage de végétaux abrasifs. L’usure des dents et les végétaux retrouvés dans certains restes digestifs indiquent une consommation importante d’herbes. Selon les régions et les saisons, d’autres plantes pouvaient compléter les repas. Les chercheurs croisent ces indices pour éviter de déduire tout son régime d’un seul individu.

Une steppe froide pouvait fournir beaucoup de nourriture pendant la saison de croissance des plantes. En hiver, l’accès aux herbes dépendait notamment de l’épaisseur de la neige. Sa tête basse convient à une alimentation près du sol. En revanche, la quantité exacte qu’il mangeait chaque jour n’est pas connue : aucun fossile ne permet de mesurer directement ses besoins quotidiens.

Comment vivait-il avec le froid ?

Sa toison est directement attestée par les restes conservés, et ses petites oreilles limitaient probablement les pertes de chaleur. Son corps volumineux contribuait aussi à conserver la chaleur, comme chez d’autres grands mammifères. Ces caractères indiquent une adaptation aux climats froids, sans signifier qu’il vivait sur les glaciers : il avait besoin de terrains portant de la végétation.

Sa vie sociale reste mal connue. Les rhinocéros actuels fournissent des pistes de comparaison, mais leurs comportements ne suffisent pas à prouver ceux d’une espèce disparue. Nous ignorons notamment la taille éventuelle de ses groupes, ses horaires d’activité et la durée de ses déplacements. Même plusieurs os trouvés ensemble ne démontrent pas automatiquement l’existence d’un troupeau.

Ce que nous apprennent ses fossiles

Les os et les dents renseignent sur sa taille, sa croissance et son alimentation. Plus rarement, des restes conservés en Sibérie gardent de la peau, des poils et des cornes. À Starunia, des dépôts riches en substances pétrolières et en sels ont préservé des tissus mous. Ces découvertes complètent les squelettes, car les cornes en kératine se conservent rarement.

L’ADN ancien permet aussi d’étudier ses parentés et l’histoire de ses populations. Une étude publiée en 2020 a constaté une stabilité démographique avant le déclin final dans les échantillons analysés. Le réchauffement et la transformation des milieux sont des facteurs majeurs envisagés pour son extinction. L’importance respective du climat et des activités humaines reste discutée selon les régions et les études.

Le saviez-vous ?

  • 1.Des artistes préhistoriques ont représenté des rhinocéros laineux dans la grotte Chauvet, en Ardèche : les humains les ont donc observés vivants.
  • 2.Une corne n’est pas un os : elle est constituée de kératine, la même grande famille de protéines que celle de vos ongles.
  • 3.Le spécimen découvert à Starunia en 1929 a conservé des tissus mous grâce aux propriétés particulières du dépôt où il était enfoui.
  • 4.Malgré sa présence dans le nord-est de l’Asie, aucun fossile ne prouve qu’il ait colonisé l’Amérique du Nord.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Des collections à visiterÀ Paris, la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée du MNHN présente des mammifères fossiles, dont le rhinocéros laineux. Le Natural History Museum de Londres conserve également des restes de cette espèce. À Cracovie, le musée d’histoire naturelle de l’Institut de systématique et d’évolution des animaux de l’Académie polonaise des sciences conserve le célèbre spécimen de Starunia découvert en 1929. Vérifiez les salles accessibles avant votre visite.

Questions fréquentes

Était-il un dinosaure ?

Il appartenait aux mammifères, comme les rhinocéros actuels : il portait des poils et les femelles allaitaient leurs petits. Les dinosaures non aviens avaient disparu depuis plus de 65 millions d’années lorsque cette espèce parcourait les steppes. Ses cousins vivants sont les autres rhinocéros.

Vivait-il en France ?

Oui, des os et des dents ont été découverts dans plusieurs gisements français, notamment à La Fage, en Corrèze. Des représentations existent aussi dans l’art préhistorique, comme à Chauvet. Sa présence variait avec les changements climatiques : la France n’abritait pas toujours les mêmes paysages ni les mêmes animaux.

Pourquoi a-t-il disparu ?

Le réchauffement de la fin de la dernière période glaciaire a modifié ses habitats et l’accès à sa nourriture. Les humains ont également côtoyé et parfois exploité cet animal. Les chercheurs discutent encore du poids de chaque facteur ; les dernières traces connues datent d’environ 14 000 ans.

Ses cornes servaient-elles à se battre ?

Elles pouvaient probablement intervenir dans la défense ou les interactions entre individus, par comparaison avec les rhinocéros actuels. La grande corne a aussi pu aider à dégager la neige. Les cornes conservées renseignent sur leur forme et leur usure, mais elles ne permettent pas d’observer directement ces comportements.

Peut-on connaître la couleur de ses poils ?

Certains restes conservés portent des poils aujourd’hui brunâtres ou roussâtres. Leur couleur peut avoir changé pendant les milliers d’années passées dans le sol. Les peintures préhistoriques apportent d’autres indices, sans constituer des photographies. Une couleur uniforme pour tous les individus ne peut donc pas être affirmée.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quel groupe appartenait le rhinocéros laineux ?
  2. 2.Quel indice permet d’étudier directement une partie de ses repas ?
  3. 3.Dans quelles régions ses fossiles ont-ils été retrouvés ?

Autour de cet animal

Sources

  1. MNHN, galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée mnhn.fr
  2. Natural History Museum de Londres, collections de paléontologie nhm.ac.uk
  3. Current Biology, « Pre-extinction Demographic Stability and Genomic Signatures of Adaptation in the Woolly Rhinoceros » (2020) cell.com
  4. Wikipédia, Rhinocéros laineux fr.wikipedia.org

Mis à jour le . Datations et mensurations selon les publications scientifiques ; elles évoluent avec les nouvelles découvertes

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