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Le lion des cavernes (Panthera spelaea)
Fos.
Panthera spelaea

Lion des cavernes

Panthera spelaea

Aussi appelé Lion des cavernes eurasiatique

Le lion des cavernes était un grand félin qui parcourait l’Europe, le nord de l’Asie et une partie de l’Amérique du Nord pendant les périodes glaciaires. Disparu il y a environ 14 000 ans, il est connu par ses os, de rares petits conservés dans le sol gelé et les images laissées par les humains préhistoriques.

Époque
Pléistocène moyen et supérieur, environ 300 000 à 14 000 ans avant notre époque ; les limites varient selon les fossiles attribués à cette espèce.
Découverte
Georg August Goldfuss l’a nommé en 1810 à partir de fossiles de la grotte de Zoolithen, en Bavière, aujourd’hui en Allemagne ; des restes sont aussi connus en France, notamment à Jaurens, en Corrèze.
Taille
Environ 1,8 à 2,5 mètres de longueur tête et corps, sans la queue, et autour de 1 à 1,2 mètre au garrot ; les estimations varient selon les individus.
Poids
Environ 150 à 300 kg pour les adultes selon les reconstitutions ; la masse est estimée à partir des os, avec des différences liées notamment au sexe.
Longévité
Inconnue.
Régime
CarnivoreSes dents et la composition chimique de ses os indiquent une alimentation de grands herbivores, notamment des rennes dans certaines régions d’Europe.
Mode de vie
Incertain : certaines images préhistoriques montrent plusieurs lions ensemble, sans prouver une vie en groupes comparable à celle des lions actuels.
Famille
Félidés (Felidae), ordre des Carnivores (Carnivora)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Europe, nord de l’Asie et nord-ouest de l’Amérique du Nord

Où vivait le lion des cavernes ?

Il fréquentait notamment les steppes froides, les prairies et les paysages ouverts ou mêlant boisements et espaces dégagés.

Principales régions : France, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, Canada, États-Unis.

  • Europe
  • Asie
  • Amérique du Nord et centrale
Sommaire10 parties
  1. À quoi ressemblait le lion des cavernes ?
  2. Quand et où vivait le lion des cavernes ?
  3. Que mangeait-il ?
  4. Comment vivait-il dans les paysages glaciaires ?
  5. Ce que nous apprennent ses fossiles
  6. Le saviez-vous ?
  7. Ce qu’il en reste
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

À quoi ressemblait le lion des cavernes ?

Les squelettes montrent un grand félin aux membres puissants, avec un crâne et des dents proches de ceux du lion actuel. Les adultes mesuraient environ 1,8 à 2,5 mètres de long sans la queue. Les dimensions variaient : les mâles étaient généralement plus grands que les femelles, et tous les individus n’atteignaient pas les valeurs maximales.

Les os permettent d’estimer les proportions du corps, mais renseignent peu sur la couleur du pelage. Les dessins et sculptures préhistoriques montrent souvent des oreilles arrondies et une queue terminée par une touffe. Plusieurs représentations attribuées à des mâles n’ont pas de grande crinière visible ; cela suggère une crinière absente ou réduite, sans permettre de décrire chaque population avec certitude.

De très rares lionceaux conservés dans le sol gelé de Sibérie ont gardé leur peau et leurs poils. Ces découvertes donnent accès à des détails que les squelettes ne conservent pas. Leur pelage ne suffit toutefois pas à reconstituer celui de tous les adultes, car l’aspect d’un jeune animal peut changer pendant sa croissance.

Quand et où vivait le lion des cavernes ?

Cette espèce appartient au Pléistocène, une période marquée par des alternances de phases froides et plus tempérées. On situe généralement son existence entre environ 300 000 et 14 000 ans avant notre époque. La limite ancienne dépend du classement des fossiles : les grands lions européens plus anciens sont souvent attribués à Panthera fossilis, dont les relations avec Panthera spelaea restent discutées.

Son aire s’étendait de l’Europe au nord de l’Asie, puis jusqu’à l’Alaska et au Yukon. Pendant les périodes où le niveau marin était plus bas, des terres reliaient la Sibérie à l’Amérique du Nord : cet ensemble est appelé la Béringie. Les fossiles montrent sa présence dans ces régions, sans signifier qu’il occupait partout les mêmes milieux au même moment.

Les points de la carte situent approximativement Jaurens en Corrèze, la grotte de Zoolithen et Siegsdorf en Allemagne, la région de l’Uyandina en Sibérie et le Klondike au Yukon. Les deux derniers points correspondent à de vastes régions de découvertes. En France, les ossements et les représentations préhistoriques témoignent tous deux de sa présence.

Que mangeait-il ?

Ses longues canines et ses dents coupantes indiquent un régime carnivore. Comme chez les félins actuels, les dents situées vers l’arrière de la mâchoire pouvaient découper la viande. La taille de son squelette est compatible avec la capture de grands herbivores, mais elle ne permet pas de connaître à elle seule la fréquence de chaque proie dans son alimentation.

Les chercheurs analysent aussi des isotopes, des formes différentes d’un même élément chimique, conservés dans les os. Dans certains échantillons européens, ces analyses indiquent une consommation importante de rennes. D’autres proies, comme des chevaux ou des bisons, sont envisagées selon les régions. Ces résultats concernent les individus étudiés et ne constituent pas un menu valable pour toute l’espèce.

Il pouvait probablement consommer des carcasses, comme le font les lions actuels, mais la part de nourriture obtenue ainsi reste inconnue. Des restes de lions et d’ours dans une même grotte ne prouvent pas automatiquement une chasse à l’ours : les animaux ont pu y être déposés à des moments différents, ou leurs os déplacés après leur mort.

Comment vivait-il dans les paysages glaciaires ?

Une grande partie de son territoire comprenait des espaces ouverts parcourus par des herbivores. Les paysages glaciaires n’étaient pas tous recouverts de glace : des steppes et des prairies occupaient de vastes surfaces. Les fossiles retrouvés dans différents contextes montrent aussi que ce félin ne se limitait pas à un seul type de milieu.

Sa vie sociale reste difficile à reconstituer. Sur les parois de Chauvet, plusieurs lions apparaissent côte à côte, parfois dans des scènes interprétées comme une chasse. Ces images apportent un témoignage humain précieux, mais ne démontrent pas l’existence de troupes organisées comme celles de nombreux lions actuels. Les os seuls ne permettent pas de trancher.

Malgré son nom, rien ne prouve qu’il passait l’essentiel de sa vie dans des cavernes. Ces lieux préservent bien les os et ont donc attiré l’attention des premiers chercheurs. Un lion pouvait y entrer, y mourir ou y être transporté après sa mort ; chaque gisement doit être étudié pour comprendre comment les restes s’y sont accumulés.

Ce que nous apprennent ses fossiles

Les crânes, les mâchoires et les os des membres permettent de comparer ce félin aux autres lions fossiles et actuels. Les chercheurs en déduisent des fourchettes de taille et de masse, jamais un poids mesuré directement. Un squelette incomplet, le sexe de l’animal et la méthode de calcul peuvent modifier l’estimation obtenue.

L’ADN ancien, lorsqu’il est suffisamment conservé, apporte un autre type d’information. Les études génétiques soutiennent la distinction entre Panthera spelaea et Panthera leo, le lion actuel. Cette conclusion explique pourquoi on le présente ici comme une espèce, même si des ouvrages plus anciens le classent comme une sous-espèce sous le nom Panthera leo spelaea.

Les dernières dates fiables situent sa disparition autour de 14 000 ans avant notre époque, avec des différences et des incertitudes selon les régions. Les causes exactes restent discutées. Les changements de climat, de paysages et de populations de proies sont étudiés, ainsi que les interactions avec les humains ; aucune explication unique n’est démontrée pour l’ensemble de son aire.

Le saviez-vous ?

  • 1.Les artistes de la grotte Chauvet, en Ardèche, ont représenté des lions des cavernes, dont plusieurs réunis sur un même panneau.
  • 2.En Sibérie, le sol resté gelé a conservé de rares lionceaux avec leurs poils, une préservation beaucoup plus exceptionnelle que celle des os.
  • 3.Le lion des cavernes n’avait pas les longues canines dépassant largement de la gueule des félins à dents de sabre.
  • 4.Son territoire atteignait le Yukon et l’Alaska, tandis qu’un autre grand lion fossile, Panthera atrox, vivait plus au sud en Amérique du Nord.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Fossiles à ParisLa Galerie de paléontologie et d’anatomie comparée du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, permet d’observer des squelettes de mammifères fossiles, dont le lion des cavernes. Consultez les informations de visite du Muséum avant votre déplacement.
  • Un squelette en BavièreLe musée de Siegsdorf, en Allemagne, présente le lion des cavernes découvert localement, aux côtés d’autres animaux de la période glaciaire. Le nom de l’établissement est Naturkunde- und Mammut-Museum Siegsdorf.
  • Images en ArdècheChauvet 2, à Vallon-Pont-d’Arc, permet de voir une restitution des représentations de lions de la grotte Chauvet. La grotte originale est fermée au public pour préserver ses parois.

Questions fréquentes

Vivait-il avec les dinosaures ?

Il vivait longtemps après la disparition des dinosaures non aviens, survenue il y a environ 66 millions d’années. Ses contemporains comprenaient des mammouths laineux, des rennes et des humains. Les oiseaux, qui sont des dinosaures au sens de la classification scientifique, existaient également à son époque.

Était-il plus gros qu’un lion d’aujourd’hui ?

De nombreux fossiles indiquent des individus plus grands que beaucoup de lions actuels. Les estimations de masse des adultes se situent souvent autour de 150 à 300 kg. Il existe toutefois un chevauchement entre les tailles des deux espèces : une petite femelle des cavernes n’était pas nécessairement plus lourde qu’un grand mâle actuel.

Avait-il une crinière ?

Nous ne pouvons pas répondre pour tous les adultes. Plusieurs images préhistoriques montrent des lions sans grande crinière, y compris des individus interprétés comme des mâles. Elles suggèrent une crinière réduite ou absente. Les lionceaux congelés renseignent sur leur pelage juvénile, pas directement sur l’apparence d’un mâle adulte.

Pourquoi l’appelle-t-on lion des cavernes ?

Le nom vient des fossiles découverts dans des grottes, notamment celle de Zoolithen, en Allemagne, utilisée lors de sa description scientifique en 1810. Une grotte conserve souvent mieux les os qu’un sol exposé. La présence de restes dans ces lieux ne signifie donc pas qu’il y vivait en permanence.

Pourquoi a-t-il disparu ?

Sa disparition se situe vers la fin de la dernière période glaciaire, autour de 14 000 ans avant notre époque. Les chercheurs étudient les transformations des milieux, la disponibilité des proies et les relations avec les humains. Les données disponibles ne permettent pas d’attribuer son extinction à une seule cause dans toutes les régions.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.À quelle époque le lion des cavernes vivait-il ?
  2. 2.Quel indice aide à distinguer le lion des cavernes du lion actuel ?
  3. 3.Que nous apprend son nom de « lion des cavernes » ?

Autour de cet animal

Sources

  1. PNAS, The evolutionary history of extinct and living lions pnas.org
  2. Quaternary Science Reviews, Extinction chronology of the cave lion Panthera spelaea sciencedirect.com
  3. Muséum national d’histoire naturelle, Galerie de paléontologie et d’anatomie comparée mnhn.fr
  4. Wikipédia, Lion des cavernes eurasiatique fr.wikipedia.org

Mis à jour le . Datations et mensurations selon les publications scientifiques ; elles évoluent avec les nouvelles découvertes

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