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Le loup des Malouines (Dusicyon australis)
EX
Dusicyon australis

Loup des Malouines

Dusicyon australis

Aussi appelé Renard des Malouines, Warrah

Le loup des Malouines était le seul mammifère terrestre indigène de cet archipel de l’Atlantique Sud. Ce canidé au pelage brun roussâtre et à la queue terminée de blanc se laissait approcher facilement, selon les voyageurs. Persécuté après l’installation des éleveurs, il disparut en 1876 ; aucun individu ne subsiste aujourd’hui, même en captivité.

Statut
Éteintedisparu en 1876, date du dernier individu connu tué sur la Malouine occidentale
Taille
Environ 80 à 100 cm pour la tête et le corps, auxquels s’ajoutait une queue d’environ 25 à 35 cm ; les mesures variaient selon les spécimens.
Poids
Souvent estimé autour de 10 à 15 kg ; les données historiques ne permettent pas une fourchette aussi solide que pour une espèce actuelle.
Longévité
Inconnue dans la nature ; les quelques séjours en captivité n’ont pas fourni de référence fiable.
Régime
CarnivoreIl consommait notamment des oiseaux, dont des manchots, ainsi que des animaux morts ; le détail de son régime restait incomplet.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, organisation sociale mal connue
Famille
Canidés (Canidae), ordre des Carnivores (Carnivora)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

îles Malouines, dans l’Atlantique Sud

Où vivait le loup des Malouines ?

Il fréquentait les landes, les prairies et les secteurs côtiers des îles Malouines, un archipel dépourvu de forêts naturelles.

Principales régions : Îles Malouines (territoire britannique d’outre-mer, revendiqué par l’Argentine).

  • Amérique du Sud

Aucun individu vivant : l’espèce est éteinte selon l’UICN.

Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaissait-on le loup des Malouines ?
  2. Où vivait le loup des Malouines ?
  3. Que mangeait-il ?
  4. Comment se comportait-il ?
  5. Que savait-on de sa reproduction ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Disparition
  8. Ce qu’il en reste
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaissait-on le loup des Malouines ?

Son pelage était brun à roussâtre sur le dos, plus clair sous le corps. La queue touffue portait une extrémité blanche, un repère utile dans les descriptions anciennes. Avec ses oreilles dressées et son museau allongé, il avait une silhouette de canidé, sans atteindre la taille d’un grand loup gris.

Les peaux et les squelettes conservés permettaient de comparer sa morphologie à celle des autres canidés. Son nom de « loup » ne signifiait pas qu’il appartenait à l’espèce du loup gris. Les analyses génétiques l’ont rapproché de Dusicyon avus, un canidé sud-américain également disparu.

Où vivait le loup des Malouines ?

Il occupait les deux grandes îles des Malouines, la Malouine orientale et la Malouine occidentale. Le paysage comportait des prairies, des landes basses et des tourbières, sans forêt naturelle. Les côtes abritaient des colonies d’oiseaux marins qui pouvaient lui fournir des proies et des restes d’animaux.

Il ne vivait pas en France et aucune population continentale de cette espèce n’était connue. Sa présence sur un archipel séparé de l’Amérique du Sud par plusieurs centaines de kilomètres intriguait déjà Darwin. Les recherches génétiques et les reconstitutions des anciennes conditions marines ont ensuite permis d’explorer son arrivée, sans établir tous les détails du trajet.

Que mangeait-il ?

Les témoignages historiques indiquaient qu’il mangeait des oiseaux, notamment des manchots, et qu’il profitait de carcasses. Les Malouines n’abritaient pas de petits rongeurs terrestres indigènes : son alimentation dépendait donc de ressources différentes de celles de nombreux renards continentaux. Les colonies d’oiseaux et le littoral tenaient une place importante dans cet environnement.

Les éleveurs le considéraient comme une menace pour leurs moutons et le poursuivaient pour cette raison. Les documents disponibles ne permettaient toutefois pas de mesurer précisément la fréquence des attaques. Il fallait distinguer cette réputation, qui avait motivé sa destruction, d’un régime alimentaire étudié par des observations régulières.

Comment se comportait-il ?

Plusieurs voyageurs décrivaient un animal peu craintif, qui s’approchait des humains. Cette familiarité apparente le rendait facile à tuer : certains récits rapportaient qu’on l’attirait avec de la nourriture avant de le frapper. Son isolement sur des îles sans autre grand mammifère terrestre pouvait contribuer à expliquer cette faible méfiance.

Des observations avaient lieu en journée, mais aucun suivi continu ne permettait de préciser son rythme d’activité. Son organisation sociale, la taille de ses territoires et ses moyens de communication étaient également peu documentés. Les récits de rencontre ne suffisaient pas à savoir s’il vivait surtout seul, en couple ou en petits groupes.

Que savait-on de sa reproduction ?

La reproduction restait très mal connue. Les sources disponibles ne fournissaient pas de données suffisamment solides sur la durée de gestation, le nombre habituel de petits ou l’âge de la première reproduction. Lui attribuer les valeurs d’un renard ou d’un loup actuel aurait donné une précision trompeuse.

Aucun programme d’élevage n’avait constitué une population durable en captivité avant sa disparition. Les quelques animaux transportés vivants hors de l’archipel n’avaient pas permis de documenter un cycle reproducteur complet. Les spécimens de musée renseignaient surtout son anatomie et son histoire évolutive, beaucoup moins les soins apportés aux petits.

Le saviez-vous ?

  • 1.Lors de son voyage aux Malouines en 1833, Charles Darwin avait déjà prédit que ce canidé disparaîtrait après la colonisation durable des îles.
  • 2.Il était le seul mammifère terrestre indigène des Malouines ; les phoques et les otaries appartenaient, eux, à la faune marine.
  • 3.Une étude publiée en 2013 a utilisé de l’ADN ancien pour rapprocher ce canidé insulaire de Dusicyon avus, disparu du continent sud-américain.
  • 4.Les récits décrivant sa faible crainte des humains expliquaient aussi sa vulnérabilité : les chasseurs pouvaient parfois l’attirer à très courte distance.

Pourquoi le loup des Malouines a disparu

  • Persécution par les éleveurs

    Après le développement de l’élevage ovin au XIXe siècle, il fut tué parce qu’on le jugeait dangereux pour les moutons. Cette destruction directe joua un rôle majeur dans sa disparition.

  • Chasse pour les peaux

    Sa fourrure était recherchée et des chasseurs le tuaient pour récupérer sa peau. Cette exploitation s’ajoutait aux destructions liées à l’élevage.

  • Une aire très limitée

    L’espèce n’existait que dans cet archipel, sans population extérieure susceptible de compenser les pertes. Sa faible méfiance envers les humains facilitait encore les captures et les mises à mort.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Spécimens de muséeDes spécimens sont conservés notamment au Natural History Museum de Londres et au Naturalis Biodiversity Center de Leyde, aux Pays-Bas. Ces collections permettent encore d’étudier sa morphologie et, lorsque les prélèvements sont possibles, son ADN.
  • Recherches sur l’ADNL’étude « The origins of the enigmatic Falkland Islands wolf », publiée dans Nature Communications en 2013, a comparé son ADN ancien à celui de canidés apparentés. Elle a examiné l’hypothèse d’une arrivée naturelle pendant la dernière période glaciaire.
  • Une extinction définitiveAucune population captive ne subsiste et aucune réintroduction n’est possible avec des animaux vivants de cette espèce. Les collections et les archives conservent les principales traces matérielles de son existence.

Questions fréquentes

Était-ce un loup ou un renard ?

Il appartenait à la famille des canidés, comme les loups et les renards, mais à une espèce distincte : Dusicyon australis. Les noms « loup » et « renard des Malouines » étaient tous deux employés. L’ADN ancien l’a rapproché de Dusicyon avus, un canidé disparu d’Amérique du Sud.

Quand le dernier loup des Malouines a-t-il disparu ?

Le dernier individu connu fut tué en 1876 sur la Malouine occidentale. Cette date est retenue pour l’extinction, même si les archives ne permettent pas de reconstituer le sort de chaque animal. Aucun survivant n’a ensuite été confirmé dans la nature ou en captivité.

Comment avait-il atteint des îles aussi éloignées ?

Son arrivée reste discutée. Une étude génétique publiée en 2013 soutient une colonisation naturelle pendant la dernière période glaciaire, lorsque le niveau marin était plus bas. Un passage facilité par les conditions de glace a été proposé, mais le trajet exact n’est pas démontré.

Pourquoi se laissait-il approcher aussi facilement ?

Les voyageurs rapportaient une faible crainte des humains. Son histoire sur des îles longtemps dépourvues de présence humaine permanente pouvait l’expliquer en partie. Cette attitude variait probablement entre individus, mais elle facilitait la chasse, notamment lorsque les animaux étaient attirés avec de la nourriture.

Peut-on encore en voir un dans un musée ?

Des musées, notamment le Natural History Museum de Londres et Naturalis à Leyde, conservent des spécimens. Une collection scientifique n’est toutefois pas forcément exposée au public. Avant une visite, consultez le programme des galeries ou demandez au musée si un spécimen est visible.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Où vivait le loup des Malouines ?
  2. 2.Quel détail caractérisait sa queue ?
  3. 3.Quelle cause a fortement contribué à sa disparition ?

Sources

  1. UICN, Liste rouge mondiale : Dusicyon australis iucnredlist.org
  2. Natural History Museum de Londres, collections zoologiques et spécimens de Dusicyon australis data.nhm.ac.uk
  3. Nature Communications, « The origins of the enigmatic Falkland Islands wolf » (2013) nature.com

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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