Aller au contenu
Le petit-duc de Maurice (Otus sauzieri)
EX
Otus sauzieri

Petit-duc de Maurice

Otus sauzieri

Aussi appelé Hibou de Maurice

Le petit-duc de Maurice était un hibou propre à l’île Maurice, dans l’océan Indien. Ses ossements et quelques témoignages anciens permettent de retracer une partie de son histoire, sans connaître précisément sa vie quotidienne. Disparu au XIXe siècle, il fait partie des oiseaux des Mascareignes perdus après l’installation humaine et l’introduction de nouveaux animaux.

Statut
ÉteinteDisparu au XIXe siècle ; les derniers témoignages généralement retenus remontent à 1837, sans date certaine pour la mort du dernier individu.
Taille
Longueur totale mal établie : aucun spécimen complet ne permet de donner une mesure certaine.
Poids
Inconnu ; aucune pesée documentée d’un individu vivant.
Longévité
Inconnue, dans la nature comme en captivité.
Régime
CarnivoreIl capturait probablement de petits animaux, notamment des reptiles et de gros insectes, mais son régime précis n’est pas documenté.
Mode de vie
Nocturne, organisation sociale inconnue
Famille
Strigidés (Strigidae), ordre des Strigiformes

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Île Maurice, dans l’archipel des Mascareignes

Où vivait le petit-duc de Maurice ?

Il fréquentait probablement les forêts de l’île Maurice ; ses préférences d’altitude et de végétation restent mal connues.

Principales régions : Maurice.

  • Afrique

Aucun individu vivant connu ; espèce classée éteinte par l’UICN.

Sommaire11 parties
  1. À quoi ressemblait le petit-duc de Maurice ?
  2. Où vivait le petit-duc de Maurice ?
  3. Que mangeait-il ?
  4. Comment se comportait-il ?
  5. Comment se reproduisait-il ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Disparition
  8. Ce qu’il en reste
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

À quoi ressemblait le petit-duc de Maurice ?

Les ossements attribués à ce hibou révélaient un rapace de taille moyenne, relativement robuste. Aucun oiseau naturalisé complet ne permettait de vérifier sa silhouette et ses couleurs. Les dessins modernes reconstituaient donc une apparence probable ; ils ne reproduisaient pas un spécimen dont chaque détail aurait été conservé.

Les récits anciens apportaient quelques indications sur son apparence, mais leur précision restait limitée. Son plumage, la forme exacte de ses aigrettes et les éventuelles différences entre mâles et femelles demeuraient mal connus. Les aigrettes des hiboux étaient des touffes de plumes sur la tête, distinctes des oreilles.

Où vivait le petit-duc de Maurice ?

Son aire naturelle se limitait à l’île Maurice, dans l’océan Indien, à l’est de Madagascar. Il était donc endémique : aucune population naturelle n’était connue ailleurs. Les autres îles des Mascareignes, La Réunion et Rodrigues, avaient abrité leurs propres espèces de hiboux, aujourd’hui disparues elles aussi.

Il fréquentait probablement les forêts mauriciennes, qui couvraient autrefois une grande partie de l’île. Des ossements avaient été retrouvés à la Mare aux Songes, un site humide du sud-est. Ce lieu de conservation des restes ne suffisait toutefois pas à établir tous les milieux où l’oiseau avait vécu.

Que mangeait-il ?

Ce rapace se nourrissait d’animaux. Les chercheurs pouvaient envisager des proies comme les petits reptiles et les gros insectes présents sur l’île, mais aucune étude de son alimentation vivante n’avait été réalisée. La part de chaque catégorie de proies et ses techniques de chasse restaient donc incertaines.

Les petits vertébrés indigènes constituaient des ressources possibles avant l’arrivée humaine. Après l’introduction des rats et d’autres mammifères, les proies disponibles avaient changé. On ne disposait cependant pas d’observations assez précises pour affirmer que ce hibou avait régulièrement chassé ces nouveaux animaux ou profité durablement de leur présence.

Comment se comportait-il ?

Il était considéré comme un rapace nocturne, mais son rythme d’activité n’avait pas fait l’objet d’un suivi. Ses heures de chasse, ses lieux de repos et l’étendue de son territoire restaient inconnus. Aucun enregistrement ne conservait sa voix : les cris entendus autrefois n’avaient pas pu être documentés avec les moyens actuels.

Son organisation sociale était également peu documentée. Il n’existait pas de données solides permettant de préciser combien d’individus partageaient un secteur ou comment ils défendaient un territoire. Les comportements connus chez les petits-ducs vivants fournissaient des pistes de comparaison, sans démontrer que l’espèce mauricienne se comportait exactement de la même façon.

Comment se reproduisait-il ?

La reproduction de cette espèce n’avait pas été décrite avec assez de précision pour connaître le nombre d’œufs, la durée d’incubation ou l’âge de l’envol. Une nidification dans une cavité d’arbre était plausible par comparaison avec d’autres petits-ducs, mais elle n’était pas suffisamment documentée pour être présentée comme un fait établi.

On ignorait aussi à quelle saison les couples se reproduisaient et combien de jeunes survivaient jusqu’à l’âge adulte. La disparition des grands arbres aurait pu réduire les possibilités de nidification si l’espèce utilisait leurs cavités. Cette conséquence restait une hypothèse, faute de descriptions fiables de ses nids.

Le saviez-vous ?

  • 1.Sa description scientifique date de 1893 : les naturalistes ont nommé l’espèce à partir d’ossements alors qu’elle avait déjà disparu.
  • 2.La Mare aux Songes a livré des restes de ce hibou et de plusieurs autres animaux disparus, dont le dodo.
  • 3.Le nom sauzieri rend hommage à Théodore Sauzier, qui a contribué à la collecte d’ossements d’animaux disparus de Maurice.
  • 4.Longtemps placé dans le genre Mascarenotus, il est aujourd’hui classé dans Otus, le genre de nombreux petits-ducs encore vivants.

Pourquoi le petit-duc de Maurice a disparu

  • Destruction des forêts

    Le défrichement de Maurice pour l’agriculture et les établissements humains avait réduit les habitats disponibles. Il avait aussi transformé les communautés de petites proies dont ce rapace pouvait dépendre.

  • Animaux introduits

    L’arrivée de mammifères introduits, notamment les rats et les chats, avait bouleversé la faune insulaire. La prédation et les changements du réseau alimentaire figuraient parmi les causes probables du déclin, sans que leur rôle respectif puisse être quantifié.

  • Répartition insulaire limitée

    L’espèce ne vivait que sur une seule île. Lorsque les pressions s’y étaient multipliées, aucune population extérieure connue ne pouvait compenser les pertes.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Ossements conservés à CambridgeLe musée de zoologie de l’université de Cambridge conserve du matériel de référence de cette espèce. Ces ossements permettent encore d’étudier son anatomie et de vérifier son identification.
  • Étude des parentésDes recherches comparant les hiboux des Mascareignes aux espèces vivantes ont conduit à leur classement dans le genre Otus. Elles éclairent l’évolution des rapaces insulaires, sans permettre de reconstituer tous leurs comportements.
  • Aucune population survivanteL’espèce est classée éteinte, et aucune population captive n’est connue. Il n’existe donc ni élevage conservatoire ni possibilité de réintroduction à partir d’individus vivants.

Questions fréquentes

Le hibou de Maurice et le petit-duc de Maurice sont-ils le même animal ?

Oui, ces deux noms français désignent la même espèce disparue. Son nom scientifique actuel est Otus sauzieri. Vous rencontrerez aussi Mascarenotus sauzieri dans des ouvrages et des collections : il s’agit de son ancienne combinaison scientifique, et non d’un autre hibou.

A-t-il disparu en même temps que le dodo ?

Non. Le dodo a disparu au XVIIe siècle, tandis que les derniers témoignages généralement retenus pour le petit-duc de Maurice remontent à 1837. Le hibou aurait donc survécu beaucoup plus longtemps, même si la date de disparition de son dernier individu reste inconnue.

Comment sait-on qu’il existait sans oiseau naturalisé complet ?

Les chercheurs disposent d’ossements subfossiles, c’est-à-dire de restes anciens qui ne sont pas entièrement minéralisés, ainsi que de témoignages historiques. La forme des os permet de reconnaître un rapace et de le comparer aux autres hiboux. Ces éléments renseignent moins bien sur ses couleurs ou ses comportements.

Vivait-il aussi à La Réunion ou en France ?

Aucune population naturelle de cette espèce n’est connue en France, y compris à La Réunion. Elle était propre à Maurice, un pays indépendant. La Réunion avait son propre hibou disparu, le petit-duc de La Réunion, aujourd’hui nommé Otus grucheti.

Peut-on encore le voir dans un zoo ?

Non, aucun individu vivant n’est connu, dans la nature ou en captivité. Son statut est EX, pour éteint, et non EW, qui désigne une espèce éteinte à l’état sauvage mais survivant en captivité. Son étude repose désormais sur les collections scientifiques et les documents historiques.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Sur quelle île vivait le petit-duc de Maurice ?
  2. 2.Quels éléments ont permis sa description scientifique ?
  3. 3.Que signifie son statut UICN EX ?

Sources

  1. BirdLife International, DataZone : fiche d’espèce Mauritius Scops-owl, Otus sauzieri datazone.birdlife.org
  2. UICN, Liste rouge mondiale : Otus sauzieri iucnredlist.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

Espèces proches