Aller au contenu
L'euprocte des Pyrénées (Calotriton asper)
LC
Calotriton asper

Euprocte des Pyrénées

Calotriton asper

Aussi appelé calotriton des Pyrénées, triton des Pyrénées, euprocte pyrénéen

L’euprocte des Pyrénées est une salamandre montagnarde qui vit dans les eaux froides et bien oxygénées des torrents pyrénéens. Son corps brun ou presque noir, aplati et couvert de petites bosses, se camoufle sous les pierres. Présent en France, il est classé en préoccupation mineure à l’échelle mondiale et protégé sur le territoire français.

Statut
Préoccupation mineurepopulation stable
Taille
15 à 16 cm de longueur totale, queue comprise
Poids
environ 3 à 10 g chez l’adulte, avec des variations selon le sexe et la saison
Longévité
Probablement 15 à 20 ans dans la nature ; la durée de vie en parc zoologique est peu documentée
Régime
InsectivoreIl capture des larves d’insectes aquatiques, de petits crustacés, des vers et parfois de minuscules têtards.
Mode de vie
Actif de jour comme de nuit, plutôt solitaire
Famille
Salamandridés (Salamandridae), ordre des Urodèles (Caudata)

Fiche vérifiée le · 6 min de lecture

Pyrénées françaises, espagnoles et andorranes

Où vit l’euprocte des Pyrénées ?

Il fréquente les torrents, ruisseaux froids et petits lacs de montagne, généralement entre 700 et 2 500 m d’altitude, parfois plus bas ou plus haut selon les vallées.

Principales régions : France, Espagne, Andorre.

  • Europe
Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaître l’euprocte des Pyrénées ?
  2. Où vit l’euprocte des Pyrénées ?
  3. Que mange l’euprocte des Pyrénées ?
  4. Comment se comporte l’euprocte des Pyrénées ?
  5. Comment se reproduit l’euprocte des Pyrénées ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Menaces
  8. Protéger l’espèce
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaître l’euprocte des Pyrénées ?

L’euprocte des Pyrénées mesure généralement 15 à 16 cm de la tête au bout de la queue. Son dos brun, brun olive ou presque noir porte de petites aspérités qui donnent à sa peau un aspect granuleux. Le ventre est souvent plus clair, grisâtre ou jaunâtre, parfois marqué de taches sombres.

Sa tête est aplatie et ses yeux sont placés vers le haut, deux traits utiles pour rester caché dans l’eau tout en surveillant les alentours. La queue, comprimée sur les côtés, sert à se propulser dans les courants. Les adultes possèdent quatre pattes courtes munies de doigts sans ventouses.

En France, vous pouvez tenter de l’observer dans les Pyrénées entre le printemps et le début de l’automne, lorsque les ruisseaux sont accessibles et que l’eau n’est pas trop froide. Il reste souvent immobile sous une pierre ou dans une fissure, alors une lampe utilisée brièvement depuis la berge aide davantage que de retourner les pierres.

Où vit l’euprocte des Pyrénées ?

Cette espèce occupe les Pyrénées, de part et d’autre de la frontière entre la France et l’Espagne, ainsi que certaines vallées d’Andorre. Elle choisit des torrents et des ruisseaux permanents, froids, propres et bien oxygénés. Les adultes peuvent aussi fréquenter de petits lacs ou des secteurs calmes reliés à ces cours d’eau.

L’altitude varie selon la région et la sous-population. Beaucoup d’observations se situent entre 700 et 2 500 m, mais l’espèce peut vivre plus bas dans certaines vallées et plus haut dans des secteurs favorables. Les rochers, les blocs immergés et les fissures lui fournissent des abris contre le courant et les prédateurs.

En France, il est surtout présent dans plusieurs vallées des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales. Les cartes précises sont volontairement moins détaillées pour éviter de déranger les populations dans leurs petits habitats.

Que mange l’euprocte des Pyrénées ?

L’euprocte des Pyrénées mange surtout de petites proies aquatiques. Les larves d’insectes, comme celles d’éphémères, de trichoptères et de mouches de pierre, constituent une part importante de son alimentation. Il consomme aussi de petits crustacés, des vers et, à l’occasion, de minuscules têtards.

Il chasse à courte distance, en avançant lentement entre les cailloux. Sa vue et son odorat l’aident à repérer une proie emportée par le courant. Les jeunes larves se nourrissent de proies encore plus petites, notamment de petits invertébrés présents dans l’eau.

La présence de cette salamandre dépend donc d’un ruisseau qui garde une bonne qualité d’eau et une communauté variée de petits animaux. Une eau trouble, polluée ou pauvre en oxygène réduit les ressources disponibles.

Comment se comporte l’euprocte des Pyrénées ?

Il mène une vie surtout aquatique et reste généralement seul. Il se déplace en marchant sur le fond ou en ondulant la queue dans les zones de courant. Les individus cherchent un abri sous les pierres, dans les fissures ou entre les racines, où ils sont difficiles à repérer.

Son activité varie avec la température et le débit du ruisseau. Il peut sortir de son refuge le jour comme la nuit, surtout lorsque le ciel est couvert ou que la lumière est faible. En hiver, il ralentit fortement son activité et se tient dans des endroits abrités.

Pour l’observer, restez sur la berge, gardez les mains sèches et ne le saisissez jamais. Les amphibiens respirent en partie par leur peau, qui peut être abîmée par la manipulation, la crème solaire ou les produits présents sur les doigts.

Comment se reproduit l’euprocte des Pyrénées ?

La reproduction se déroule dans l’eau, souvent au printemps ou au début de l’été, avec des dates qui changent selon l’altitude et la température. Le mâle dépose un spermatophore, une petite capsule contenant les spermatozoïdes, que la femelle récupère avec son cloaque.

La femelle fixe ensuite les œufs un par un ou en petits groupes sous des pierres, dans des fissures ou sur un support immergé. Le nombre d’œufs varie selon les individus et les populations, mais il reste généralement modéré chez cette salamandre de montagne.

Les larves possèdent des branchies externes et vivent dans l’eau. Leur développement peut durer un à trois ans, surtout dans les torrents froids de haute altitude. Cette longue période rend les jeunes sensibles à l’assèchement temporaire du ruisseau et aux changements de température.

Le saviez-vous ?

  • 1.La peau granuleuse de l’euprocte des Pyrénées rappelle celle d’un petit lézard, alors qu’il s’agit bien d’une salamandre.
  • 2.Ses larves peuvent passer plusieurs hivers dans le même ruisseau avant de devenir terrestres ou de prendre leur forme adulte.
  • 3.Il supporte les courants grâce à son corps aplati, qui présente moins de prise à l’eau qu’un corps rond.
  • 4.La femelle choisit souvent une fissure ou le dessous d’une pierre pour protéger ses œufs du courant et des prédateurs.

Ce qui menace l’euprocte des Pyrénées

  • Eau moins abondante

    Les prélèvements d’eau, les captages et les sécheresses peuvent interrompre les petits torrents indispensables aux larves et aux adultes.

  • Dégradation des torrents

    La pollution, les travaux sur les berges, la modification du débit et la disparition des abris entre les pierres réduisent la qualité de son habitat.

  • Poissons introduits

    Des poissons ajoutés dans certains lacs ou ruisseaux de montagne peuvent manger les larves et modifier l’équilibre des communautés aquatiques.

  • Maladies des amphibiens

    Des champignons pathogènes comme Batrachochytrium salamandrivorans représentent un risque pour les salamandres européennes, même si l’impact local varie selon les populations.

Protéger l’euprocte des Pyrénées

  • Protection françaiseL’euprocte des Pyrénées est une espèce protégée en France : sa capture, sa destruction et la dégradation de ses sites de reproduction sont interdites par la réglementation applicable aux amphibiens protégés.
  • Aires protégéesUne partie de ses habitats se trouve dans des sites Natura 2000, le Parc national des Pyrénées et le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, où la qualité des cours d’eau fait l’objet d’un suivi.
  • Statut de conservationL’espèce est classée en préoccupation mineure, LC, sur la Liste rouge mondiale de l’UICN. En France, elle figure aussi sur la Liste rouge nationale des amphibiens avec un statut de préoccupation mineure.

Comprendre les catégories de la Liste rouge

Questions fréquentes

Que mange l’euprocte des Pyrénées ?

L’euprocte des Pyrénées mange surtout des larves d’insectes aquatiques, de petits crustacés et des vers. Il peut aussi avaler de minuscules têtards. Les larves de l’espèce capturent des proies encore plus petites dans les ruisseaux froids où elles grandissent.

Combien de temps vit l’euprocte des Pyrénées ?

L’euprocte des Pyrénées pourrait vivre environ 15 à 20 ans dans la nature, mais les données restent limitées et varient selon les populations. Sa longévité en parc zoologique est mal connue, car l’espèce est rarement maintenue en captivité.

Où vit l’euprocte des Pyrénées ?

L’euprocte des Pyrénées vit dans les torrents, ruisseaux et petits lacs froids des Pyrénées françaises, espagnoles et andorranes. En France, il est présent dans plusieurs vallées des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales.

L’euprocte des Pyrénées est-il dangereux ?

L’euprocte des Pyrénées est sans danger pour les promeneurs et ne cherche pas à mordre. Il faut toutefois éviter de le toucher, car les produits présents sur la peau peuvent abîmer son enveloppe cutanée et le stress fragilise cet amphibien.

Quelle taille fait l’euprocte des Pyrénées ?

L’euprocte des Pyrénées mesure généralement 15 à 16 cm de longueur totale, queue comprise. Son corps est court et aplati, tandis que sa queue représente une partie importante de sa longueur et l’aide à nager dans les courants.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Dans quel milieu l’euprocte des Pyrénées vit-il principalement ?
  2. 2.Comment l’euprocte des Pyrénées se nourrit-il le plus souvent ?
  3. 3.Quel comportement aide à protéger l’euprocte des Pyrénées pendant une balade ?

Autour de cet animal

Sources

  1. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
  2. INPN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  3. Parc national des Pyrénées, biodiversité et patrimoine naturel pyrenees-parcnational.fr

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

Espèces proches