
Ninoxe rieuse
Ninox albifacies
Aussi appelé Chevêche rieuse, Chouette rieuse
La ninoxe rieuse était une chouette propre à la Nouvelle-Zélande, reconnaissable à son plumage brun strié et à ses cris évoquant un rire. Elle chassait surtout la nuit, souvent au sol, et nichait dans des cavités rocheuses. Le dernier spécimen confirmé date de 1914 ; l’espèce est aujourd’hui classée éteinte.
- Statut
- ÉteinteDernier spécimen confirmé retrouvé mort en juillet 1914, à Bluecliffs, dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande ; des observations ultérieures non confirmées ont été rapportées.
- Taille
- Environ 35 à 40 cm de longueur totale.
- Poids
- Environ 600 g ; les données disponibles sont trop limitées pour établir une fourchette adulte fiable.
- Longévité
- Longévité mal connue, dans la nature comme en captivité.
- Régime
- CarnivoreElle mangeait des insectes, des oiseaux, des lézards et de petits mammifères, notamment des souris introduites.
- Mode de vie
- Nocturne, en couple pendant la reproduction
- Famille
- Strigidés (Strigidae), ordre des Strigiformes
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vivait la ninoxe rieuse ?
Elle fréquentait des milieux rocheux, des prairies et des secteurs boisés, avec des cavités servant d’abri et de nid.
Principales régions : Nouvelle-Zélande.
- Océanie
Aucun individu vivant connu ; espèce classée éteinte par l’UICN.
Sommaire11 parties
À quoi ressemblait la ninoxe rieuse ?
Avec une longueur d’environ 35 à 40 cm, cette chouette avait une silhouette assez robuste. Son plumage brun était marqué de stries claires, particulièrement visibles sur le dessous du corps. Elle avait des yeux sombres, un bec crochu et des pattes couvertes de plumes jusqu’à proximité des doigts.
La face était souvent largement blanchâtre, encadrée par les plumes de la tête. Certains spécimens présentaient toutefois une coloration plus rousse : tous les individus n’avaient donc pas exactement le même visage. Les peaux conservées dans les musées permettaient de comparer ces variations, même si les collections ne reflétaient qu’une petite partie de la population ancienne.
Où vivait la ninoxe rieuse ?
Son aire naturelle se limitait à la Nouvelle-Zélande. Les témoignages et les spécimens historiques provenaient surtout de l’île du Sud, notamment de Canterbury et d’Otago. Elle avait aussi été signalée dans l’île du Nord, où les informations disponibles étaient moins nombreuses. Aucun effectif total fiable n’avait été établi avant son déclin.
Elle fréquentait des paysages associant rochers, espaces herbeux et boisements. Les fissures, les petites grottes et d’autres cavités lui procuraient des refuges pour la journée et des emplacements de nidification. Sa présence dans des milieux assez ouverts correspondait à une chasse souvent pratiquée au sol, où elle trouvait une partie de ses proies.
Que mangeait-elle ?
Les restes de repas et les pelotes de réjection renseignaient sur son alimentation. Comme les autres chouettes, elle rejetait par le bec des boulettes contenant les éléments difficiles à digérer, notamment des os et des fragments d’insectes. Ces indices révélaient un menu varié : coléoptères, grands insectes locaux, lézards et petits oiseaux.
Après l’arrivée de mammifères introduits en Nouvelle-Zélande, elle avait également consommé des souris et des rats. Elle pouvait ainsi exploiter de nouvelles proies, sans être protégée pour autant des bouleversements de son milieu. Les récits anciens décrivaient une chasse au sol ; ses longues pattes facilitaient ses déplacements entre les touffes d’herbe et les pierres.
Comment se comportait-elle ?
Elle était principalement active la nuit et se retirait dans un abri pendant la journée. Son nom venait de cris que les observateurs comparaient à un rire, parfois à une série de notes puissantes. Ces descriptions avaient été transmises par écrit : aucun enregistrement sonore authentifié de l’espèce n’était disponible.
D’autres sons avaient été rapportés, dont des sifflements et des appels plus brefs. Quelques oiseaux avaient été gardés en captivité, ce qui avait permis des observations rapprochées, sans fournir une connaissance complète de leur vie sociale. Les informations sur leurs déplacements, la taille de leurs territoires et leurs relations hors de la reproduction étaient restées limitées.
Comment se reproduisait-elle ?
Les nids connus étaient installés dans des cavités, souvent parmi les rochers. La ponte comportait généralement deux œufs blancs. La reproduction se déroulait au printemps austral, avec des pontes rapportées en septembre et en octobre, lorsque les saisons étaient inversées par rapport à celles de la France métropolitaine.
Les observations anciennes indiquaient que la femelle couvait tandis que le mâle lui apportait de la nourriture. Une durée d’incubation d’environ 25 jours avait été rapportée. Le nombre de nids étudiés était faible : l’âge du premier envol, la réussite moyenne des nichées et l’âge de la première reproduction étaient insuffisamment documentés.
Le saviez-vous ?
- 1.Son ancien nom scientifique, Sceloglaux albifacies, figurait dans de nombreux ouvrages. Les classifications actuelles la plaçaient dans le genre Ninox, d’où le nom de ninoxe rieuse.
- 2.Le qualificatif « rieuse » venait de la ressemblance perçue entre certains de ses appels et un rire humain, sans indiquer une émotion comparable à la nôtre.
- 3.Ses pelotes avaient conservé des traces de ses repas. Les chercheurs pouvaient ainsi identifier certaines proies longtemps après la disparition des oiseaux qui les avaient mangées.
- 4.Le dernier spécimen confirmé avait été retrouvé mort à Bluecliffs en 1914. Cette date ne prouvait pas que tous les individus avaient disparu la même année.
Pourquoi la ninoxe rieuse a disparu
Prédateurs introduits
Les chats et les mustélidés introduits, notamment les hermines et les furets, avaient probablement contribué au déclin. Une chouette chassant au sol et nichant dans des cavités accessibles était exposée à ces nouveaux prédateurs.
Transformation des milieux
La conversion des paysages pour l’agriculture et la modification de la végétation avaient changé ses terrains de chasse et les communautés de proies. Leur contribution exacte à la disparition restait difficile à distinguer de celle des prédateurs introduits.
Collecte d’oiseaux
Des individus avaient été capturés ou tués pour des collections et pour la captivité. Ces prélèvements avaient ajouté une pression sur l’espèce, sans que leur poids dans l’extinction puisse être quantifié.
Déclin mal documenté
La raréfaction s’était produite avant la mise en place d’un suivi scientifique régulier. Les sources disponibles ne permettaient donc pas d’attribuer l’extinction à une cause unique ni de reconstituer précisément les derniers effectifs.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Spécimens de muséeDes spécimens avaient été conservés au Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa, à Wellington, et au Canterbury Museum, à Christchurch. Ces collections restent des références pour étudier son anatomie et vérifier les témoignages anciens.
- Études génétiquesL’étude de l’ADN ancien extrait de spécimens de musée avait aidé à préciser ses liens de parenté avec les autres chouettes. Ces travaux avaient notamment soutenu son classement dans le genre Ninox.
- Aucune population survivanteAucune population sauvage ou captive n’avait été confirmée après sa disparition. Aucun élevage de conservation ni aucune réintroduction ne sont donc possibles à partir d’oiseaux vivants de cette espèce.
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelle-t-on aussi chevêche rieuse ?
Plusieurs noms français ont été employés dans les ouvrages, notamment chevêche rieuse et chouette rieuse. Le nom ninoxe rieuse correspond à son classement actuel dans le genre Ninox. Le binôme Sceloglaux albifacies reste fréquent dans les sources historiques, mais désigne le même oiseau disparu.
A-t-elle vraiment disparu en 1914 ?
1914 est l’année du dernier spécimen confirmé, retrouvé mort à Bluecliffs. Des observations plus tardives ont été rapportées, sans preuve suffisante pour établir la survie de l’espèce. On ne connaît donc pas la date exacte de la mort du dernier individu ; son statut mondial est néanmoins « éteinte ».
Son cri ressemblait-il vraiment à un rire ?
Les observateurs décrivaient certains appels comme une succession de notes rappelant un rire. Cette comparaison a donné son nom à l’espèce. Aucun enregistrement authentifié ne permet aujourd’hui de l’écouter : les descriptions écrites restent notre principale source pour comprendre ses vocalisations.
Peut-on encore la voir dans un musée ?
Des spécimens sont conservés dans les collections du musée Te Papa Tongarewa et du Canterbury Museum, en Nouvelle-Zélande. Leur présence dans les réserves ne garantit pas une exposition permanente au public. Avant une visite, consultez les informations du musée sur les collections présentées et les conditions d’accès.
Vivait-elle aussi en France ?
Non, son aire naturelle était limitée à la Nouvelle-Zélande. Elle n’avait donc pas de population sauvage française ni de statut sur une liste rouge nationale française. En France, vous pouvez observer d’autres rapaces nocturnes, comme la chouette hulotte, en restant à distance de leurs refuges et de leurs nids.
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Sources
- New Zealand Birds Online, Laughing owl nzbirdsonline.org.nz
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa, Collections Online collections.tepapa.govt.nz
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





