

Ara de Spix
Cyanopsitta spixii
Aussi appelé Ara bleu de Spix, petit ara bleu
L’ara de Spix était un petit perroquet bleu du nord-est du Brésil, reconnaissable à son plumage bleu gris et à sa tête plus claire. La destruction de son habitat, la capture pour le commerce et la disparition de son arbre de nidification l’avaient fait disparaître de la nature vers 2000. Des élevages conservatoires ont permis des réintroductions.
- Statut
- Éteinte à l’état sauvageDisparu de la nature vers 2000 ; des individus ont ensuite été réintroduits au Brésil à partir de 2022.
- Taille
- environ 55 à 57 cm de longueur totale, dont une grande partie pour la queue
- Poids
- environ 360 à 400 g chez l’adulte
- Longévité
- probablement plusieurs dizaines d’années ; des individus captifs ont dépassé 30 ans
- Régime
- Mangeur de grainesIl mangeait surtout des graines, des fruits, des fleurs et des feuilles de plantes de la caatinga, avec une forte dépendance aux graines du pinhão-bravo.
- Mode de vie
- Diurne, en couple ou en petits groupes
- Famille
- Psittacidés (Psittacidae), ordre des Psittaciformes
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vivait l’ara de Spix ?
Il fréquentait les boisements secs et les galeries d’arbres bordant les cours d’eau de la caatinga, dans le nord-est du Brésil, à basse altitude.
Principales régions : Brésil, Bahia.
- Amérique du Sud
Sommaire11 parties
Comment reconnaître l’ara de Spix ?
L’ara de Spix mesurait environ 55 à 57 centimètres, queue comprise. Son plumage allait du bleu gris au bleu plus intense sur les ailes et la queue. La tête paraissait plus pâle, avec une zone grisâtre autour du bec. Son bec noir, épais et crochu lui permettait de casser des graines très résistantes.
Les jeunes avaient des couleurs moins marquées et une bande claire sur le bec, qui changeait avec l’âge. Les deux sexes se ressemblaient beaucoup, ce qui rendait leur distinction difficile sans observation rapprochée ou analyse génétique.
Il se distinguait de l’Ara hyacinthe par sa taille beaucoup plus petite. Il ne possédait pas non plus le jaune vif présent sur la face et la poitrine de plusieurs autres grands aras sud-américains.
Où vivait l’ara de Spix ?
L’espèce vivait dans la caatinga, une région sèche du nord-est du Brésil où les arbres perdaient souvent leurs feuilles pendant la saison aride. Elle occupait surtout les boisements installés le long du rio São Francisco et de ses affluents, car ces zones conservaient davantage d’arbres et de nourriture.
Les couples utilisaient des arbres creux pour nicher. Le craibeira, ou Tabebuia aurea, fournissait souvent des cavités adaptées, tandis que d’autres arbres produisaient des graines et des fruits consommés par les oiseaux.
Son aire naturelle était très réduite et morcelée. La transformation des berges en terres agricoles et la coupe des arbres avaient séparé les groupes, ce qui compliquait la recherche de partenaires et l’élevage des jeunes.
Que mangeait l’ara de Spix ?
L’ara de Spix se nourrissait principalement de graines, de fruits, de fleurs et de feuilles. Il recherchait notamment les graines du pinhão-bravo, une plante abondante dans certains secteurs de la caatinga. Son bec puissant ouvrait des enveloppes végétales que de petits oiseaux ne pouvaient pas briser.
Il se déplaçait entre les arbres nourriciers et les points d’eau, parfois sur plusieurs kilomètres. Pendant la saison sèche, la présence de végétation près des rivières devenait particulièrement importante pour son alimentation.
Les couples pouvaient se nourrir côte à côte et transporter des morceaux de végétaux dans leur bec. Les jeunes recevaient ensuite une nourriture régurgitée par les adultes dans la cavité du nid.
Comment se comportait l’ara de Spix ?
Il vivait généralement en couple, avec des regroupements plus importants lorsque plusieurs oiseaux se retrouvaient près d’une ressource alimentaire ou d’un dortoir. Ses cris permettaient aux partenaires de rester en contact dans les boisements clairsemés.
L’espèce passait une partie de la journée à se déplacer entre les arbres, puis se reposait dans le feuillage ou dans une cavité. Comme beaucoup de perroquets, elle utilisait son bec et ses pattes pour grimper avec précision.
Les oiseaux captifs avaient montré une forte fidélité aux partenaires et aux sites de nidification. Dans la nature, la raréfaction des individus avait toutefois réduit les occasions de former des couples.
Comment se reproduisait l’ara de Spix ?
La femelle pondait généralement deux à trois œufs dans une cavité d’arbre, même si la taille des pontes pouvait varier. L’incubation durait environ 25 à 28 jours, principalement assurée par la femelle, tandis que le mâle apportait de la nourriture.
Les jeunes restaient au nid plusieurs semaines et dépendaient encore de leurs parents après leur envol. Cette longue période familiale rendait chaque perte de nid particulièrement coûteuse pour une petite population.
En captivité, les éleveurs avaient dû gérer les accouplements avec soin, car le nombre réduit de fondateurs pouvait favoriser la consanguinité. Les échanges entre établissements et le suivi génétique avaient donc accompagné les naissances.
Le saviez-vous ?
- 1.Le nom Cyanopsitta signifie approximativement « perroquet bleu », en référence à son plumage.
- 2.Le dernier Ara de Spix observé dans la nature avait été surnommé Presley après sa capture en 2002, puis transféré au Brésil pour participer à un programme d’élevage.
- 3.Le film d’animation Rio avait popularisé l’espèce, même si plusieurs scènes simplifiaient son histoire et son comportement.
- 4.Des individus élevés dans plusieurs pays avaient été réunis au Brésil avant les premières réintroductions documentées dans la nature.
Pourquoi l’ara de Spix a disparu
Destruction de l’habitat
La coupe des arbres de la caatinga et la transformation des berges du rio São Francisco avaient réduit les sites de nourriture et les cavités de nidification.
Capture pour le commerce
La capture d’oiseaux sauvages pour le commerce international avait aggravé le déclin d’une population déjà limitée. L’espèce était inscrite à l’annexe I de la CITES.
Population fragmentée
Les groupes isolés comptaient trop peu d’individus pour assurer régulièrement la formation de couples et le renouvellement naturel de la population.
Perte des arbres creux
La disparition des grands arbres utilisés pour nicher avait réduit les possibilités de reproduction, même dans les secteurs où la végétation subsistait.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Élevage conservatoireDes zoos et des centres spécialisés avaient constitué une population captive suivie par des programmes internationaux, dont le programme d’élevage européen EEP.
- Réintroduction au BrésilL’organisation ACTP, le gouvernement brésilien et l’ICMBio avaient préparé des oiseaux élevés en captivité, puis relâché les premiers groupes dans la région de Curaçá, en Bahia, à partir de 2022.
- Protection juridiqueL’espèce bénéficiait d’une protection stricte au Brésil et figurait à l’annexe I de la CITES, qui encadrait fortement le commerce international des spécimens.
- Suivi génétiqueLes élevages avaient utilisé les pedigrees, les échanges entre établissements et les analyses génétiques pour conserver autant de diversité que possible avant les lâchers.
Questions fréquentes
L’ara de Spix a-t-il complètement disparu ?
Il avait disparu de la nature vers 2000, mais l’espèce survivait en captivité. Des oiseaux élevés dans des centres spécialisés avaient été relâchés au Brésil à partir de 2022. Son statut UICN restait donc « éteint à l’état sauvage », et non « éteint ».
Pourquoi l’ara de Spix était-il devenu si rare ?
La disparition des boisements de la caatinga avait réduit sa nourriture et ses cavités de nidification. La capture pour le commerce avait aussi retiré des adultes reproducteurs. Comme les groupes étaient peu nombreux et séparés, chaque perte avait eu de fortes conséquences.
Peut-on voir un ara de Spix en France ?
Il pouvait être présenté dans certains établissements zoologiques ou centres spécialisés participant à sa conservation, selon les périodes et les autorisations. Il ne vivait pas à l’état sauvage en France. Les visites et les présentations dépendaient des programmes d’élevage en cours.
L’ara de Spix était-il un bon animal de compagnie ?
Il s’agissait d’une espèce extrêmement rare, soumise à des règles internationales strictes. Sa détention ne convenait pas à un foyer ordinaire. En France, la détention d’un perroquet protégé exigeait des documents et des conditions conformes à la réglementation, avec une traçabilité vérifiable.
Que signifiait le statut EW de l’UICN ?
EW signifiait « éteint à l’état sauvage ». Cela indiquait que l’espèce ne possédait plus de population sauvage connue au moment de l’évaluation, tandis que des individus vivaient encore en captivité ou dans des situations contrôlées.
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Autour de cet animal
Sources
- UICN, Liste rouge des espèces menacées iucnredlist.org
- ICMBio, Centro Nacional de Pesquisa e Conservação de Aves Silvestres gov.br
- Association for the Conservation of Threatened Parrots, projet de conservation de l’Ara de Spix act-parrots.org
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





