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Quelle est la grenouille la plus toxique ?

Phyllobates terribilis vit dans les forêts humides de la côte pacifique colombienne. Sa toxicité vient de substances accumulées grâce à son alimentation, surtout chez les individus sauvages. Les quantités varient selon les populations et les conditions de vie, ce qui rend les classements précis difficiles.

Mis à jour le 3 min de lecture

Sommaire9 parties
  1. Le classement
  2. Un record fondé sur une estimation
  3. Une toxine stockée dans la peau
  4. Des grenouilles difficiles à comparer
  5. Une spécialisation liée à la forêt tropicale
  6. Le saviez-vous ?
  7. Questions fréquentes
  8. Testez-vous
  9. Sources

Kokoï de Colombie

La grenouille généralement considérée comme la plus toxique est Phyllobates terribilis, ou kokoï de Colombie. La peau d’un individu sauvage peut contenir jusqu’à environ 1 milligramme de batrachotoxine, une estimation fondée sur des analyses, théoriquement mortelle pour plusieurs personnes.

Le classement

  1. Kokoï de ColombieJusqu’à environ 1 mg de batrachotoxineEstimation issue d’analyses de peau d’individus sauvages, sans expérimentation humaine.
  2. Phyllobate bicoloreEnviron 0,8 mg de batrachotoxineValeur ancienne et variable, mesurée sur des spécimens sauvages.
  3. Phyllobate à bandesEnviron 0,2 mg de batrachotoxineEstimation provenant d’analyses chimiques, avec une forte variation individuelle.
  4. Dendrobate fraiseAlcaloïdes cutanés, quantité non établieLa toxicité varie selon l’alimentation et les populations, sans dose totale comparable.
  5. Dendrobate arlequinAlcaloïdes cutanés, quantité non établieDes toxines sont présentes chez certains individus sauvages, mais le rang reste discuté.
  6. Dendrobate teintéToxicité très variable, souvent absente en captivitéLes animaux élevés en captivité ne reçoivent généralement pas les précurseurs alimentaires nécessaires.

Un record fondé sur une estimation

Phyllobates terribilis est le détenteur généralement admis du record de toxicité chez les grenouilles. Des analyses de peau d’individus sauvages ont estimé la quantité de batrachotoxine à environ 1 milligramme au maximum. Cette valeur concerne une substance extraite du mucus cutané, et non une morsure ou une injection observée chez une personne.

La batrachotoxine agit sur les canaux qui laissent passer le sodium dans les cellules nerveuses et musculaires. Ils restent ouverts de manière anormale, ce qui perturbe les nerfs, les muscles et le cœur. L’estimation souvent citée de dix à vingt personnes mortellement exposées reste théorique, car elle dépend de la dose réellement absorbée et de la voie de contact.

Une toxine stockée dans la peau

Cette grenouille ne fabrique probablement pas seule toute sa batrachotoxine. À l’état sauvage, elle accumule des alcaloïdes provenant de petites proies, notamment certains arthropodes. Les chercheurs ne connaissent pas encore la contribution exacte de chaque aliment. Les individus élevés en captivité perdent généralement cette toxicité lorsqu’ils ne reçoivent plus les molécules ou leurs précurseurs.

Les glandes de la peau libèrent ces substances sur la surface du corps. Les couleurs jaune vif, orange ou verdâtre servent de signal d’avertissement aux prédateurs. La peau humide des amphibiens facilite aussi les échanges avec le milieu, mais elle ne transforme pas la grenouille en animal venimeux au sens strict, car elle n’injecte pas activement sa toxine.

Des grenouilles difficiles à comparer

Phyllobates bicolor et Phyllobates aurotaenia contiennent elles aussi de la batrachotoxine, avec des valeurs historiques souvent citées autour de 0,8 et 0,2 milligramme. Ces mesures ne constituent pas un classement universel : l’âge, le sexe, la saison, la région et le régime alimentaire peuvent modifier la quantité relevée dans la peau.

D’autres dendrobatidés, comme le dendrobate fraise ou le dendrobate arlequin, portent des alcaloïdes cutanés puissants, mais leur dose totale est moins bien établie. Les rangs 4 à 6 sont donc indicatifs. Une toxicité non quantifiée ne signifie pas une absence de danger, seulement que les données disponibles ne permettent pas une comparaison chiffrée solide.

Une spécialisation liée à la forêt tropicale

Phyllobates terribilis vit dans des forêts tropicales humides de la côte pacifique de la Colombie, généralement entre 100 et 200 mètres d’altitude. La température y reste élevée et l’humidité est forte. Ce milieu fournit les petites proies nécessaires à l’accumulation des alcaloïdes et limite le dessèchement de sa peau.

Il ne faut pas toucher une grenouille sauvage, même si elle paraît immobile ou si sa peau est sèche. En France, la manipulation d’amphibiens sauvages peut aussi concerner des espèces protégées. En cas de contact avec une substance inconnue ou de symptôme après exposition, rincez la zone et appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Le saviez-vous ?

  • 1.Le nom Phyllobates terribilis signifie approximativement « phyllobate terrible » et l’espèce est aussi appelée kokoï de Colombie.
  • 2.La batrachotoxine est surtout associée aux populations sauvages. En captivité, l’absence des proies adéquates peut faire disparaître ou fortement réduire cette toxicité.

Questions fréquentes

La grenouille la plus toxique peut-elle tuer un humain en la touchant ?

Le risque dépend de la quantité transférée, de l’état de la peau et de l’absorption. Les données disponibles ne permettent pas de donner une règle simple pour un contact direct. Ne touchez jamais une grenouille sauvage inconnue. Après une exposition avec malaise, difficulté à respirer ou trouble cardiaque, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Phyllobates terribilis est-elle dangereuse en captivité ?

Les individus élevés en captivité sont généralement beaucoup moins toxiques, voire non toxiques, lorsque leur alimentation ne contient pas les proies ou précurseurs nécessaires. Cela ne justifie pas une manipulation : le mucus cutané, les animaux eux-mêmes et les règles de protection de la faune imposent de laisser ces amphibiens tranquilles.

Pourquoi le classement des grenouilles toxiques reste-t-il discuté ?

Les études ne mesurent pas toujours la même substance, la même partie du corps ou le même nombre d’individus. Les populations sauvages diffèrent aussi selon leur alimentation. Phyllobates terribilis reste le record généralement admis, tandis que les rangs suivants sont indicatifs et peuvent changer selon la méthode utilisée.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle espèce détient généralement le record de toxicité chez les grenouilles ?
  2. 2.D’où vient principalement la toxicité des dendrobatidés sauvages ?
  3. 3.Pourquoi parle-t-on de grenouille toxique plutôt que de grenouille venimeuse ?

Sources

  1. Wikipédia, « Phyllobates terribilis » fr.wikipedia.org
  2. Muséum national d’Histoire naturelle, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
  3. Union internationale pour la conservation de la nature, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org

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