Crapauds et grenouilles au jardin
Une mare accessible, quelques abris humides et des passages sous les clôtures peuvent accueillir les amphibiens présents autour de votre jardin. Vous pouvez aménager ces refuges sans acheter ni déplacer d’animaux, en respectant leur cycle saisonnier et les règles de protection des espèces françaises.
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Sommaire8 parties
Étape par étape
- Choisissez un emplacement partiellement ensoleillé, éloigné des traitements et des ruissellements de la terrasse.
- Dessinez une mare d’environ 2 à 5 m², avec plusieurs profondeurs et une berge en pente douce.
- Vérifiez l’absence de réseaux enterrés, puis creusez les paliers avant de poser un feutre de protection et une membrane adaptée aux bassins.
- Installez une sortie rugueuse, remplissez de préférence avec de l’eau de pluie propre et plantez quelques végétaux aquatiques locaux.
- À proximité, disposez des branches et des feuilles mortes, puis ménagez un passage sous la clôture si les contraintes de sécurité le permettent.
- N’introduisez aucun amphibien ni poisson ; observez la colonisation naturelle au fil des saisons.
Créer une mare dont les animaux peuvent sortir
Pour un petit jardin, une surface d’environ 2 à 5 m² constitue un repère d’aménagement, sans garantir l’arrivée d’amphibiens. Prévoyez des paliers de 10 à 20 cm et une zone plus profonde de 60 à 80 cm si le terrain le permet. Sur au moins un côté, façonnez une pente douce, autour de 20 à 30 %. Une membrane EPDM destinée aux bassins, protégée par un feutre adapté, permet de retenir l’eau sur un sol perméable.
Choisissez un endroit recevant quelques heures de soleil, avec une partie ombragée aux heures chaudes. Évitez le dessous immédiat d’un grand arbre et les eaux de ruissellement chargées de produits de traitement. Plantez quelques espèces aquatiques locales issues d’une pépinière, sans prélèvement dans une zone humide. N’ajoutez pas de poissons, qui peuvent manger les œufs et les larves. Avec des enfants, prévoyez une protection physique adaptée : une berge accessible aux animaux ne sécurise pas la mare.
- Posez des pierres stables sur certaines berges, sans laisser de membrane glissante entièrement exposée.
- Dans un bassin existant, fixez une planche rugueuse non traitée reliant l’eau à la berge.
- Évitez de prélever de l’eau, des plantes ou de la vase dans une autre mare.
- Conservez une partie de la surface libre de végétation pour observer l’eau et ses habitants.
Installer des refuges et relier les coins du jardin
Les crapauds passent une grande partie de leur vie terrestre sous un couvert qui limite le dessèchement. Dans un coin ombragé, à quelques mètres de la mare si possible, constituez un petit tas de branches et de bûches non traitées, d’environ 60 à 100 cm de côté. Glissez des feuilles mortes dessous et autour, en laissant des interstices accessibles. Un emplacement hors des passages et des zones inondées réduit les dérangements et le risque de noyade dans un abri.
Une clôture étanche peut couper l’accès aux refuges et aux lieux de reproduction. Lorsque la sécurité des enfants et des animaux domestiques le permet, ménagez au niveau du sol un passage d’environ 10 à 15 cm de côté, sans bord coupant. Gardez aussi une bande d’herbes de 30 à 50 cm de largeur le long d’une haie. Ces dimensions sont des repères pratiques, à adapter au terrain ; elles ne garantissent pas la présence d’une espèce.
- Placez les abris à l’ombre d’une haie ou d’arbustes, sur une terre perméable.
- Conservez quelques pierres non scellées avec des cavités au niveau du sol.
- Écartez le bois traité, les palettes de provenance inconnue et les matériaux aux arêtes coupantes.
- Évitez d’éclairer la mare et les refuges toute la nuit.
Entretenir sans détruire les refuges
Préparez de préférence une nouvelle mare en fin d’été ou au début de l’automne, sur un emplacement qui n’abrite pas déjà une zone humide. Dans une mare occupée, aucune date ne garantit l’absence d’animaux : la reproduction varie selon les espèces, les régions et la météo. Observez avant toute intervention. Retirez seulement une petite partie de la végétation à la fois et évitez la vidange complète, qui détruit les habitats et peut piéger des larves.
Avant de tondre ou de débroussailler, inspectez les bordures humides, les herbes hautes et le pied des haies. Travaillez en journée, par petites zones, en conservant des secteurs refuges non coupés. N’utilisez pas de robot tondeuse la nuit, lorsque de nombreux amphibiens se déplacent. Supprimez les pièges accessibles : seaux ouverts, regards découverts et filets lâches au sol. Les produits phytosanitaires et les granulés anti-limaces n’ont pas leur place autour des abris et de la mare.
- Au printemps, observez les pontes à distance et reportez les travaux qui risquent de les toucher.
- En été, vérifiez les sorties du bassin lorsque le niveau d’eau baisse.
- En automne, laissez une partie des feuilles mortes sous les haies.
- En hiver, ne démontez pas les tas de bois et ne retournez pas les refuges occupés.
Respecter les espèces protégées et réagir à une blessure
En France métropolitaine, la plupart des crapauds et grenouilles bénéficient d’une protection stricte : leur capture, leur détention et la destruction de leurs œufs sont notamment interdites, sauf dérogation. Selon l’espèce, les sites de reproduction et les aires de repos sont également protégés. La grenouille rousse et la grenouille verte, Pelophylax kl. esculentus, relèvent de dispositions différentes, sans autoriser une collecte libre. Des arrêtés locaux peuvent renforcer les restrictions. Pour aménager votre jardin, laissez toujours les animaux arriver seuls.
Un amphibien immobile dans un abri n’est pas nécessairement en détresse : observez-le sans le sortir. S’il présente une plaie, a été happé par une tondeuse ou attaqué par un chat, appelez immédiatement un centre de soins pour la faune sauvage afin d’obtenir une consigne adaptée. Contactez l’OFB pour une question réglementaire. Ne donnez ni médicament ni nourriture et ne le plongez pas dans l’eau. Si une mise à l’abri est demandée, suivez les instructions du centre.
- Ne transportez pas une ponte ou des têtards depuis un fossé, un étang ou le jardin voisin.
- Gardez les enfants et les animaux domestiques à distance d’un amphibien blessé.
- Évitez les manipulations à mains nues : la peau des amphibiens est fragile et perméable.
- Si votre chien ou votre chat mord un crapaud, appelez immédiatement le vétérinaire, ou le service de garde la nuit.
Questions fréquentes
Faut-il une mare pour accueillir des crapauds ?
Un jardin sans mare peut servir de refuge terrestre si un lieu de reproduction existe dans les environs et reste accessible. Conservez des feuilles mortes, des abris ombragés et des passages au sol. Les crapauds rejoignent l’eau pour se reproduire, puis peuvent vivre longtemps à terre.
Puis-je ramener des têtards pour peupler ma mare ?
Ne prélevez pas de têtards et n’en acceptez pas d’un autre jardin. Les règles dépendent de l’espèce, souvent difficile à identifier à ce stade. Le déplacement peut aussi transporter des agents pathogènes entre les mares. Aménagez des accès et attendez une colonisation naturelle, parfois sur plusieurs saisons.
Un crapaud est-il dangereux pour les enfants et les chiens ?
Le crapaud ne recherche pas le contact, mais ses sécrétions défensives peuvent irriter les muqueuses et intoxiquer un animal qui le mord. Apprenez aux enfants à l’observer sans le toucher. Après une morsure par votre chien, appelez immédiatement le vétérinaire. Pour une personne présentant des symptômes après contact, appelez le 15 ou le 112.
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Sources
- LPO, ressources Refuges LPO sur les mares et l’accueil de la biodiversité au jardin lpo.fr
- Office français de la biodiversité, informations sur les espèces protégées et la réglementation ofb.gouv.fr
- MNHN / INPN, fiches espèces et statuts de protection des amphibiens inpn.mnhn.fr
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