
Typographe
Ips typographus
Aussi appelé bostryche typographe, typographe de l’épicéa
Le typographe est un petit coléoptère qui creuse des galeries sous l’écorce des épicéas. Présent dans une grande partie de la France, il devient très nombreux après les sécheresses, les tempêtes ou les canicules, lorsque les arbres se défendent moins bien. L’espèce n’est pas évaluée par la Liste rouge mondiale de l’UICN et ne bénéficie pas d’une protection particulière en France.
- Statut
- Non évaluéepopulation inconnue
- Taille
- 4 à 5,5 mm de longueur pour le corps adulte
- Poids
- environ 1 à 3 mg, valeur variable et peu documentée selon l’individu
- Longévité
- Quelques mois à environ un an chez l’adulte, avec une durée totale variable selon le nombre de générations annuelles et les conditions météorologiques.
- Régime
- HerbivoreIl consomme les tissus vivants situés sous l’écorce des épicéas et, plus rarement, de plusieurs autres conifères.
- Mode de vie
- Actif de jour comme de nuit, en groupes sous l’écorce
- Famille
- Curculionidés (Curculionidae), ordre des Coléoptères (Coleoptera)
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vit le typographe ?
Il fréquente surtout les pessières et les forêts mixtes de montagne ou de plaine, depuis le niveau de la mer jusqu’à environ 1 800 mètres selon les régions.
Principales régions : France, Allemagne, Suède, Pologne, Russie, Turquie, Chine, Japon.
- Europe
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître le typographe ?
Le typographe mesure généralement 4 à 5,5 millimètres. Son corps cylindrique est brun foncé à noirâtre, avec des antennes terminées par une petite massue. Les deux élytres, qui protègent les ailes, se terminent chacun par une zone inclinée portant plusieurs petites dents. Chez Ips typographus, quatre dents sont particulièrement visibles sur chaque côté.
Les adultes passent une grande partie de leur vie cachés sous l’écorce. Pour repérer sa présence, observez les épicéas : de petits trous ronds, de la sciure rousse au pied du tronc, des galeries dessinées sous l’écorce et des aiguilles qui jaunissent ou rougissent peuvent former un ensemble d’indices. Un seul signe ne suffit toutefois pas toujours pour identifier l’espèce.
Le mot typographe fait référence au dessin formé par les galeries maternelles et larvaires. Sous l’écorce, ces tunnels ressemblent parfois à des caractères imprimés, surtout lorsque plusieurs galeries partent d’une galerie principale.
Où vit le typographe ?
Le typographe est naturellement présent dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie. En France, il est surtout observé dans les massifs où poussent des épicéas, notamment les Alpes, le Jura, les Vosges, le Massif central et les Pyrénées. Il peut aussi apparaître dans des plantations d’épicéas situées en plaine.
Il se développe sous l’écorce des épicéas, en particulier lorsque les arbres ont été affaiblis par une sécheresse, une tempête, une canicule, une blessure ou un manque d’eau. Les troncs fraîchement tombés et les bois récemment coupés peuvent également attirer les adultes.
Les vols commencent habituellement au printemps, lorsque la température atteint environ 18 degrés Celsius. Dans les régions fraîches, une génération annuelle domine souvent. Dans les secteurs chauds ou pendant les étés longs, deux générations, parfois davantage, peuvent se succéder.
Que mange le typographe ?
Le typographe se nourrit surtout des tissus vivants situés juste sous l’écorce de l’épicéa. La femelle creuse une galerie principale dans le sens du tronc, tandis que les larves ouvrent de petites galeries latérales. Elles consomment une partie du phloème, le tissu qui transporte les sucres fabriqués par les aiguilles.
Les adultes peuvent aussi manger des champignons associés aux galeries. Ces champignons profitent des tunnels et modifient les tissus de l’arbre. En grand nombre, les insectes et les champignons interrompent la circulation de la sève, ce qui peut entraîner la mort rapide d’un épicéa déjà affaibli.
Un arbre vigoureux produit de la résine et peut parfois repousser les premiers insectes qui tentent de pénétrer. Après une sécheresse ou une forte chaleur, cette défense fonctionne moins bien, ce qui explique les pullulations observées dans certaines forêts.
Comment vit le typographe ?
Au printemps, les adultes sortent de leur abri hivernal et recherchent un épicéa favorable. Le mâle commence généralement une chambre nuptiale sous l’écorce. Plusieurs femelles peuvent ensuite creuser des galeries maternelles qui partent de cette chambre.
Les adultes communiquent notamment grâce à des substances chimiques appelées phéromones. Celles-ci attirent d’autres typographes vers un arbre déjà colonisé. Cette stratégie aide l’espèce à dépasser les défenses d’un arbre, mais elle peut provoquer des foyers importants lorsque de nombreux épicéas sont stressés.
Les nouvelles générations quittent les arbres après leur développement et peuvent se disperser sur plusieurs kilomètres, parfois davantage selon le vent et la disponibilité des arbres. Les adultes de fin d’été gagnent souvent la litière ou l’écorce pour passer l’hiver.
Comment se reproduit le typographe ?
Après l’accouplement sous l’écorce, chaque femelle creuse une galerie et dépose ses œufs dans de petites niches latérales. Une femelle pond souvent plusieurs dizaines d’œufs, mais le nombre varie selon sa taille, la qualité de l’arbre et la température.
Les larves restent sous l’écorce et agrandissent progressivement leurs galeries. Elles passent par plusieurs stades avant de se transformer en nymphe, puis en adulte. Par temps chaud, le cycle complet peut durer seulement quelques semaines.
Les adultes de la génération estivale peuvent parfois se reproduire avant l’hiver. La vitesse du développement dépend fortement de la température. Les hivers froids ralentissent le cycle, tandis que les printemps précoces et les étés chauds favorisent l’apparition de plusieurs générations.
Le saviez-vous ?
- 1.Les galeries creusées sous l’écorce dessinent parfois une forme rappelant des lignes d’écriture, à l’origine du nom typographe.
- 2.Un épicéa peut produire de la résine pour repousser les premiers adultes, mais cette défense s’affaiblit fortement lorsque l’arbre manque d’eau.
- 3.Les aiguilles d’un arbre colonisé peuvent rester vertes pendant plusieurs semaines, alors que les larves sont déjà nombreuses sous l’écorce.
- 4.Les fortes chaleurs peuvent accélérer le développement au point de permettre deux générations ou davantage pendant une même saison.
Ce qui menace le typographe
Sécheresses répétées
Les sécheresses et les canicules réduisent la production de résine des épicéas. Des populations importantes peuvent alors se développer dans des peuplements déjà fragilisés.
Tempêtes et chablis
Les arbres cassés ou déracinés offrent une grande quantité de bois favorable à la reproduction. Les adultes peuvent ensuite coloniser les épicéas encore debout à proximité.
Réchauffement du climat
Des printemps plus précoces et des étés plus longs peuvent accélérer le cycle et augmenter le nombre de générations annuelles dans certaines régions.
Protéger le typographe
- Surveillance forestièreLes services forestiers et les propriétaires surveillent les épicéas, repèrent les arbres colonisés et organisent parfois leur exploitation ou leur évacuation pour limiter la propagation.
- Aucune protection spécifiqueLe typographe n’est pas une espèce protégée en France et ne figure pas dans les annexes de la CITES. Les mesures concernent surtout la santé des peuplements forestiers et l’adaptation des forêts au climat.
Questions fréquentes
Que mange le typographe ?
Le typographe mange surtout les tissus vivants situés sous l’écorce des épicéas. Les larves creusent des galeries dans le phloème, tandis que les adultes peuvent aussi consommer des champignons associés à ces galeries. Il ne mange pas le bois dur du cœur du tronc.
Combien de temps vit le typographe ?
Le typographe vit généralement quelques mois à environ un an au stade adulte, avec une durée totale variable selon la saison et la température. Les adultes passent l’hiver à l’abri, et les générations estivales peuvent se développer en quelques semaines lorsque les conditions sont chaudes.
Où vit le typographe ?
Le typographe vit sous l’écorce des épicéas dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie. En France, il est surtout présent dans les Alpes, le Jura, les Vosges, le Massif central et les Pyrénées, ainsi que dans certaines plantations d’épicéas de plaine.
Le typographe est-il dangereux ?
Le typographe est sans danger direct pour les personnes et les animaux domestiques : il ne cherche pas à mordre et ne possède pas de venin. Il peut toutefois tuer des épicéas affaiblis lorsqu’il est très nombreux, ce qui en fait un insecte important pour la gestion forestière.
Quelle taille fait le typographe ?
Le typographe fait généralement 4 à 5,5 millimètres de longueur. Son corps brun foncé est à peu près aussi long qu’un grain de riz. Les mâles et les femelles ont une taille proche, avec des variations individuelles.
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Autour de cet animal
Sources
- INRAE, santé des forêts et ravageurs forestiers inrae.fr
- Département de la santé des forêts, Ministère de l’Agriculture agriculture.gouv.fr
- Office national des forêts, dépérissements et scolytes onf.fr
- MNHN, Inventaire national du patrimoine naturel inpn.mnhn.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





