

Sittelle torchepot
Sitta europaea
La sittelle torchepot est un petit oiseau des bois qui descend les troncs la tête en bas, grâce à ses pattes puissantes. Présente toute l’année dans une grande partie de la France, elle fréquente aussi les parcs arborés. Son nom évoque la boue dont elle réduit l’entrée de son nid. L’espèce est protégée et mondialement classée en préoccupation mineure.
- Statut
- Préoccupation mineurepopulation en hausse
- Taille
- 12 à 15 cm de longueur totale ; environ 22 à 27 cm d’envergure
- Poids
- Environ 19 à 29 g, selon les populations et la saison
- Longévité
- Jusqu’à environ 12 ans dans la nature d’après le baguage ; beaucoup d’individus vivent moins longtemps
- Régime
- OmnivoreElle mange des insectes, des araignées et leurs larves, ainsi que des graines, des noisettes et d’autres fruits à coque.
- Mode de vie
- Diurne, en couple territorial
- Famille
- Sittidés (Sittidae), ordre des Passériformes (Passeriformes)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit la sittelle torchepot ?
Boisements de feuillus ou mixtes, parcs et grands jardins avec des arbres âgés, en plaine et en montagne selon les régions.
Principales régions : France, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Maroc, Russie, Chine, Japon.
- Europe
- Afrique
- Asie
Sommaire11 parties
Comment reconnaître la sittelle torchepot
Repérez un dos gris bleuté, une gorge claire et un trait noir qui traverse l’œil jusqu’à la nuque. En France, le ventre est généralement orangé à beige, avec des flancs plus roux. Le bec est assez long et pointu. Son corps compact et sa queue courte lui donnent une silhouette différente de celle des mésanges.
Sur un tronc, elle avance par petits bonds et peut descendre directement la tête en bas. Les grimpereaux, plus bruns et au bec courbé, montent habituellement le long de l’écorce. Vous pouvez aussi la repérer à ses cris brefs et sonores, souvent répétés. Mâle et femelle se ressemblent beaucoup ; leurs différences de coloration sont discrètes.
Où vit la sittelle torchepot ?
Son aire s’étend de l’Europe à une grande partie de l’Asie tempérée, avec également des populations dans le nord-ouest de l’Afrique. Elle recherche surtout des arbres suffisamment âgés pour fournir des cavités et une écorce riche en petites proies. Les chênaies, les hêtraies et les forêts mixtes lui conviennent, comme certains parcs et grands jardins.
En France métropolitaine, elle est largement présente sur le continent, mais absente de Corse à l’état habituel. Vous pouvez l’observer toute l’année, car elle est principalement sédentaire. Choisissez un bois de feuillus ou un parc avec de grands arbres. En hiver, les branches dénudées facilitent l’observation ; dès la fin de l’hiver, ses vocalisations aident à la localiser.
Que mange-t-elle au fil des saisons ?
Au printemps et en été, elle cherche surtout des insectes, leurs larves et des araignées sur les troncs et les branches. Son bec explore les fissures de l’écorce et peut en détacher de petits fragments. Les jeunes reçoivent principalement des proies animales, qui apportent les protéines nécessaires à leur croissance.
En automne et en hiver, les graines et les fruits à coque prennent davantage de place dans son alimentation. Elle coince parfois une noisette dans une fente, puis frappe la coque avec son bec. Elle cache aussi des aliments dans l’écorce pour les retrouver plus tard. Aux mangeoires, elle emporte volontiers des graines de tournesol.
Une grimpeuse qui garde son territoire
Ses doigts et ses griffes lui permettent de s’accrocher à l’écorce dans différentes positions. Contrairement aux pics et aux grimpereaux, elle ne prend pas appui sur une queue rigide. Elle parcourt ainsi les troncs vers le haut, vers le bas ou de côté, et examine des fissures accessibles sous des angles différents.
Un couple occupe généralement un territoire qu’il défend aussi en dehors de la reproduction. Les cris signalent sa présence aux voisins, tandis que des poursuites peuvent éloigner un intrus. En hiver, vous pouvez néanmoins voir une sittelle près d’un groupe de mésanges en déplacement. Les jeunes se dispersent après avoir quitté leurs parents.
Pourquoi maçonne-t-elle l’entrée du nid ?
Le couple utilise une cavité naturelle, une ancienne loge de pic ou parfois un nichoir. La femelle applique de la boue autour de l’ouverture pour en réduire le diamètre. Ce travail limite l’accès à certains concurrents et prédateurs trop gros pour passer. Le fond reçoit notamment des écailles d’écorce et des fragments de bois.
En France, la ponte a généralement lieu au printemps, souvent en avril ou en mai selon le climat et l’altitude. Elle compte le plus souvent 5 à 9 œufs. La femelle les couve environ 13 à 18 jours, tandis que le mâle lui apporte de la nourriture. Les deux parents nourrissent ensuite les jeunes, qui quittent la cavité après environ 23 à 25 jours.
Le saviez-vous ?
- 1.Le mot « torchepot » fait référence à son travail de maçonnerie : elle applique de la boue à l’entrée d’une cavité, comme on enduisait autrefois un pot.
- 2.Elle peut casser une noisette sans la tenir dans ses pattes : une fissure de l’écorce sert d’étau pendant qu’elle frappe avec son bec.
- 3.Toutes les sittelles torchepots n’ont pas le même ventre : certaines populations du nord et de l’est de l’aire sont beaucoup plus blanches dessous.
- 4.La sittelle corse est une autre espèce, Sitta whiteheadi. Elle vit uniquement en Corse et possède notamment une calotte différente de celle de la torchepot.
Ce qui menace la sittelle torchepot
Disparition des vieux arbres
L’abattage des arbres à cavités réduit les possibilités de nidification. Des peuplements uniformes et jeunes fournissent généralement moins de sites qu’un boisement conservant des arbres âgés.
Ressources alimentaires réduites
Les traitements insecticides peuvent diminuer les proies disponibles, notamment pendant l’élevage des jeunes. L’appauvrissement des boisements réduit aussi la diversité des ressources saisonnières.
Risques près des maisons
Dans les jardins, les chats et les collisions contre les vitres constituent des risques. Une mangeoire placée près d’un buisson où un chat peut se cacher expose davantage les oiseaux.
Protéger la sittelle torchepot
- Statuts de conservationL’UICN classe l’espèce en préoccupation mineure (LC) à l’échelle mondiale. Elle est également classée LC dans la Liste rouge des oiseaux nicheurs de France métropolitaine publiée en 2016.
- Protection en FranceLa sittelle torchepot est protégée en France par l’arrêté du 29 octobre 2009 relatif aux oiseaux protégés. Sa capture, la destruction de ses œufs et de ses nids, ainsi que la destruction ou la dégradation de ses sites de reproduction dans les conditions prévues par ce texte, sont interdites.
- Conserver les arbres refugesLe maintien des arbres âgés et des arbres à cavités conserve ses sites de nidification et ses zones de recherche alimentaire. Dans un jardin, faites évaluer la sécurité d’un arbre fragilisé avant de décider de son abattage.
Questions fréquentes
Peut-on voir une sittelle torchepot en hiver ?
Oui, elle reste généralement dans sa région toute l’année. En hiver, cherchez-la dans les bois de feuillus, les parcs et les jardins avec de grands arbres. Elle peut visiter une mangeoire proposant du tournesol. Ses cris répétés vous aideront souvent à la trouver avant de la voir sur un tronc.
Comment la distinguer d’un grimpereau ?
La sittelle a le dos gris bleuté, un bandeau noir sur l’œil et un bec assez droit. Un grimpereau est brun moucheté dessus, avec un bec fin et courbé. Observez aussi le déplacement : le grimpereau monte généralement le tronc, tandis que la sittelle peut le descendre la tête en bas.
Pourquoi met-elle de la terre sur mon nichoir ?
Elle utilise de la boue pour ajuster l’ouverture à sa taille et réduire l’accès à certains animaux plus gros. Ce comportement explique son nom de torchepot. Si le nichoir est occupé, laissez cette maçonnerie en place et ne l’ouvrez pas : les adultes ou les jeunes pourraient être dérangés.
Est-elle menacée en France ?
Elle est classée en préoccupation mineure dans la Liste rouge nationale des oiseaux nicheurs de 2016. Ce statut indique qu’elle n’est pas considérée comme menacée à cette échelle. Elle reste toutefois dépendante des boisements et des arbres à cavités. Sa protection légale interdit notamment sa capture et la destruction de ses nids.
Que faire si je trouve un jeune au pied d’un arbre ?
Un jeune emplumé peut avoir quitté le nid et recevoir encore de la nourriture de ses parents. Éloignez les chats et observez à distance, sans le nourrir. S’il est blessé, très peu emplumé ou a été attrapé par un chat, appelez sans attendre un centre de soins pour la faune sauvage pour connaître la conduite à tenir.
Testez-vous
3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.
Autour de cet animal
Sources
- Liste rouge mondiale de l’UICN, Sitta europaea iucnredlist.org
- BirdLife International, DataZone : fiche d’espèce Eurasian Nuthatch (Sitta europaea) datazone.birdlife.org
- MNHN et OFB, Inventaire national du patrimoine naturel : Sitta europaea, statuts et protection inpn.mnhn.fr
- LPO et MNHN, Observatoire des oiseaux des jardins : fiche de la Sittelle torchepot oiseauxdesjardins.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer





