
Macrauchénie
Macrauchenia patachonica
Aussi appelé Macrauchenia, Macrauchenia patachonica
La macrauchénie était un grand mammifère herbivore d’Amérique du Sud, disparu à la fin du Pléistocène. Elle vivait encore il y a environ 10 000 ans dans des paysages ouverts. Son long cou, ses longues jambes et la position particulière de ses narines ont conduit les paléontologues à lui attribuer une trompe courte, une interprétation qui reste discutée.
- Époque
- Pliocène supérieur à Pléistocène supérieur, environ 7 millions d’années à 10 000 ans, selon les gisements et les sources
- Découverte
- Charles Darwin a recueilli les premiers fossiles connus près de Punta Alta, en Argentine, en 1833, puis Richard Owen a nommé l’espèce en 1838. Aucun fossile de macrauchénie n’est connu en France.
- Taille
- Environ 2,5 à 3 mètres de longueur, avec une hauteur d’épaule proche de 1,5 à 1,8 mètre
- Poids
- Environ 500 à 1 000 kilogrammes selon les estimations, avec une incertitude liée à la forme du corps et à la taille des individus
- Longévité
- Inconnue
- Régime
- HerbivoreSes dents et la forme de leurs surfaces d’usure indiquent une alimentation composée de feuilles, de pousses, d’herbes et d’autres végétaux bas.
- Mode de vie
- Inconnu
- Famille
- Macrauchéniidés (Macraucheniidae), ordre des Litopterna
Fiche vérifiée le · 5 min de lecture
Où vivait la macrauchénie ?
Elle vivait dans des paysages ouverts d’Amérique du Sud, entre prairies, savanes, zones arbustives et secteurs humides selon les régions et les périodes.
Principales régions : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Uruguay.
- Amérique du Sud
Sommaire10 parties
À quoi ressemblait la macrauchénie ?
La macrauchénie avait un corps lourd, quatre jambes assez longues, un cou allongé et une petite tête. Les os des membres montrent un animal capable de se déplacer sur de longues distances dans des milieux ouverts. Sa silhouette pouvait rappeler à la fois un chameau sans bosse, un lama géant et un rhinocéros très élancé.
Ses narines s’ouvraient très haut sur le crâne, près de la région située entre les yeux et le sommet de la tête. Cette disposition a inspiré l’idée d’une courte trompe ou d’une lèvre supérieure mobile. Les fossiles prouvent la position des narines, toutefois ils ne permettent pas de connaître exactement la forme des tissus mous.
Les mâles et les femelles pouvaient présenter des différences de taille, mais les fossiles disponibles ne permettent pas encore de les mesurer avec précision. Les estimations de longueur et de masse varient donc selon les squelettes étudiés.
Quand et où vivait la macrauchénie ?
Macrauchenia patachonica a vécu en Amérique du Sud du Pliocène supérieur au Pléistocène supérieur. Les dates proposées s’étendent approximativement de 7 millions d’années à 10 000 ans, avec des variations selon les couches géologiques et les méthodes de datation.
Ses fossiles sont surtout connus en Argentine, notamment près de Punta Alta, dans la province de Buenos Aires, et dans plusieurs régions de Patagonie. D’autres découvertes proviennent de bassins fossilifères de Bolivie, du Brésil, du Chili et de l’Uruguay. Ces gisements correspondent à des paysages qui ont changé avec les glaciations et les variations du climat.
Elle a survécu jusqu’à une période où les humains étaient déjà présents en Amérique du Sud. Sa disparition appartient à une extinction générale de plusieurs grands mammifères sud-américains, mais les causes exactes restent étudiées.
Que mangeait la macrauchénie ?
La macrauchénie était herbivore. Ses dents broyaient des végétaux et présentent des traces d’usure compatibles avec une alimentation variée, comprenant des feuilles, des pousses, des herbes et des plantes basses. Elle pouvait donc brouter et saisir des végétaux plus hauts avec ses lèvres.
Les paléontologues ne disposent pas, pour cette espèce, d’un contenu de l’estomac conservé qui permettrait d’énumérer ses plantes préférées. Les dents, les mâchoires et parfois les analyses chimiques de l’émail donnent des indices sur son régime, avec des résultats qui peuvent varier selon les régions.
La forme de son museau reste discutée. Une lèvre supérieure très mobile aurait pu l’aider à sélectionner les plantes, tandis que l’hypothèse d’une véritable trompe courte repose surtout sur la position des narines et la comparaison avec d’autres mammifères.
Comment vivait la macrauchénie ?
Ses longues jambes et ses pieds adaptés à la marche suggèrent un animal terrestre qui parcourait des espaces ouverts pour trouver de la nourriture. Certains individus vivaient probablement près de cours d’eau ou de zones humides, où les plantes étaient plus abondantes.
Les fossiles connus ne montrent pas clairement de grands groupes ni de pistes attribuées sans ambiguïté à cette espèce. Sa vie en troupeau, en petits groupes ou plutôt solitaire reste donc inconnue. Les naissances, la durée de gestation et la longévité ne sont pas établies.
Elle appartenait aux litopternes, un groupe de mammifères à sabots qui a évolué en Amérique du Sud pendant des dizaines de millions d’années. Les études génétiques sur des protéines anciennes ont rapproché les litopternes des périssodactyles, le groupe qui comprend notamment les chevaux et les rhinocéros.
Ce que nous apprennent ses fossiles
Les os des jambes, les vertèbres, les mâchoires et les dents permettent de reconstituer une partie de l’anatomie et du régime alimentaire. Le squelette montre un mammifère de grande taille, à long cou, dont les membres étaient adaptés à une locomotion efficace.
La position élevée des narines est solidement établie par le crâne. En revanche, la présence d’une trompe courte, son apparence et sa capacité à saisir les aliments sont supposées. Les tissus mous, comme le nez, les lèvres et les oreilles, se fossilisent rarement.
Les fossiles indiquent une disparition à la fin du Pléistocène, mais ils ne permettent pas de donner une cause unique. Les changements de climat, la transformation des végétations et la chasse humaine ont pu agir ensemble, comme pour plusieurs autres grands mammifères sud-américains. La part de chaque facteur reste débattue.
Le saviez-vous ?
- 1.Charles Darwin a découvert certains des premiers fossiles de macrauchénie pendant son voyage sur le navire HMS Beagle.
- 2.Son nom scientifique signifie approximativement « grand lama » en combinant des racines grecques et le nom du lama.
- 3.Les macrauchéniidés ont vécu en Amérique du Sud alors que le continent était longtemps isolé des autres grandes terres.
- 4.Des protéines anciennes ont aidé à préciser la parenté des litopternes avec les chevaux, les rhinocéros et les tapirs.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Fossiles en muséeDes fossiles et des moulages de grands mammifères sud-américains sont présentés au Muséum national d’histoire naturelle à Paris, au Natural History Museum de Londres et au Museo Argentino de Ciencias Naturales Bernardino Rivadavia à Buenos Aires.
Questions fréquentes
Que mangeait la macrauchénie ?
La macrauchénie mangeait des végétaux, notamment des feuilles, des pousses, des herbes et des plantes basses. Ses dents montrent une alimentation d’herbivore capable de varier selon les paysages. Les fossiles ne permettent toutefois pas de connaître une plante préférée avec certitude.
Combien de temps vivait la macrauchénie ?
La durée de vie de la macrauchénie est inconnue. Les paléontologues n’ont pas identifié de lignes de croissance osseuse permettant une estimation fiable, et les os fossiles ne donnent pas directement l’âge maximal atteint par un individu.
Où vivait la macrauchénie ?
La macrauchénie vivait en Amérique du Sud, surtout dans les régions correspondant aujourd’hui à l’Argentine, à la Bolivie, au Brésil, au Chili et à l’Uruguay. Elle fréquentait des prairies, des savanes, des zones arbustives et probablement des milieux humides.
La macrauchénie était-elle dangereuse ?
La macrauchénie n’était pas un prédateur, puisqu’elle mangeait des plantes. Un grand herbivore pouvait se défendre s’il était surpris ou poursuivi, mais aucun fossile ne montre qu’elle attaquait régulièrement d’autres animaux.
Quelle taille faisait la macrauchénie ?
La macrauchénie mesurait environ 2,5 à 3 mètres de longueur et jusqu’à 1,5 à 1,8 mètre à l’épaule. Sa masse est estimée entre 500 et 1 000 kilogrammes, avec une marge d’incertitude selon les squelettes étudiés.
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Sources
- Nature Communications, Ancient proteins resolve the evolutionary history of Darwin’s South American ungulates doi.org
- Smithsonian National Museum of Natural History, rubrique Paleobiology naturalhistory.si.edu
- Muséum national d’histoire naturelle, collections et paléontologie mnhn.fr
Mis à jour le . Datations et mensurations selon les publications scientifiques ; elles évoluent avec les nouvelles découvertes
