

Iguane des Petites Antilles
Iguana delicatissima
Aussi appelé iguane antillais, iguane des Caraïbes
L’iguane des Petites Antilles est un grand lézard herbivore endémique des îles des Caraïbes. Il grimpe, nage et se chauffe au soleil dans les forêts sèches et les fourrés côtiers. Classé en danger critique d’extinction par l’UICN, il recule notamment à cause de la concurrence et des croisements avec l’iguane vert.
- Statut
- En danger critiquepopulation en baisse
- Taille
- 80 à 130 cm de longueur totale, dont environ 35 à 55 cm pour le corps et 45 à 75 cm pour la queue
- Poids
- 1,5 à 3,5 kg chez les femelles et 3 à 6 kg chez les mâles adultes
- Longévité
- Environ 8 à 12 ans dans la nature, avec des longévités plus élevées possibles en parc zoologique.
- Régime
- HerbivoreIl broute surtout des feuilles, des fleurs et des fruits, avec une préférence pour les végétaux disponibles dans les forêts sèches et les fourrés littoraux.
- Mode de vie
- Diurne, solitaire, avec des rassemblements locaux
- Famille
- Iguanidés (Iguanidae), ordre des Squamates (Squamata)
Fiche vérifiée le · 6 min de lecture
Où vit l’iguane des Petites Antilles ?
Il fréquente les forêts sèches, les fourrés, les falaises boisées et les jardins proches des côtes, généralement du niveau de la mer jusqu’à quelques centaines de mètres d’altitude.
Principales régions : Dominique, Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Eustache, Anguilla.
- Amérique du Nord et centrale
La population mondiale est probablement inférieure à 10 000 individus matures selon l’évaluation mondiale de l’UICN.
Sommaire11 parties
- Comment reconnaître l’iguane des Petites Antilles ?
- Où vit l’iguane des Petites Antilles ?
- Que mange l’iguane des Petites Antilles ?
- Comment vit l’iguane des Petites Antilles ?
- Comment se reproduit l’iguane des Petites Antilles ?
- Le saviez-vous ?
- Menaces
- Protéger l’espèce
- Questions fréquentes
- Testez-vous
- Sources
Comment reconnaître l’iguane des Petites Antilles ?
Adulte, il possède un corps robuste, une longue queue et une crête d’écailles qui court du cou jusqu’au dos. Sa couleur varie du gris au brun, parfois avec des teintes verdâtres. La gorge porte un large fanon, une peau extensible utilisée pour impressionner un rival ou paraître plus grand.
La tête est massive, avec une joue épaisse et une petite écaille ronde sous le tympan. Chez les mâles, les pores situés sur la face interne des cuisses sont plus développés et les bajoues deviennent souvent plus marquées avec l’âge. Les jeunes sont généralement plus verts ou brun clair que les adultes.
Il se distingue de l’iguane vert par plusieurs détails, notamment l’absence de grande écaille arrondie bien visible sous le tympan et une crête dorsale souvent moins haute. La distinction peut toutefois devenir difficile lorsque les deux espèces vivent dans la même île ou se sont hybridées.
Où vit l’iguane des Petites Antilles ?
Cette espèce vit naturellement dans les Petites Antilles, un arc d’îles volcaniques et calcaires situé entre la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique. Ses populations les plus connues se trouvent notamment en Dominique, en Guadeloupe, en Martinique, à Saint-Eustache et à Saint-Barthélemy.
Elle recherche les forêts sèches, les lisières, les falaises couvertes de végétation et les fourrés littoraux. Les arbres lui servent de perchoirs et de refuges, tandis que les sols meubles ou sablonneux permettent aux femelles de creuser leurs nids. Il peut aussi fréquenter des jardins et des terres agricoles proches des zones naturelles.
Son aire actuelle est fragmentée. Dans plusieurs îles, des populations historiques ont disparu ou sont devenues très petites. Les routes, les constructions, les chiens, les chats et la transformation des forêts réduisent encore les espaces où il peut circuler et se reproduire.
Que mange l’iguane des Petites Antilles ?
Il est principalement herbivore. Ses repas comprennent des feuilles tendres, des fleurs, des fruits et parfois des pousses. Les plantes consommées changent avec la saison et l’île, car les périodes de sécheresse modifient fortement la quantité de végétation disponible.
Les jeunes peuvent manger une part plus importante de végétaux tendres et d’animaux de petite taille que les adultes, mais l’espèce ne doit pas être décrite comme omnivore pour autant. Sa dentition et son intestin sont adaptés à une alimentation végétale riche en fibres.
En captivité, les soigneurs doivent reproduire cette diversité avec des végétaux adaptés et surveiller l’équilibre alimentaire. Un particulier ne doit pas capturer un iguane sauvage pour le garder chez lui, car l’espèce est protégée et ses besoins sont difficiles à satisfaire.
Comment vit l’iguane des Petites Antilles ?
Diurne, il commence généralement sa journée en prenant le soleil sur une branche, un rocher ou un mur. Cette chaleur lui permet d’augmenter sa température corporelle avant de se déplacer et de chercher sa nourriture. Aux heures les plus chaudes, il gagne souvent l’ombre ou un couvert végétal.
Les adultes vivent plutôt seuls, sauf pendant la période de reproduction ou lorsque plusieurs individus utilisent un même site favorable. Les mâles défendent parfois une zone en hochant la tête, en déployant leur fanon et en comprimant leur corps pour paraître plus imposants.
Lorsqu’il est menacé, il peut fuir dans un arbre, se jeter à l’eau ou donner un coup de queue. Il nage correctement sur une courte distance. Sa mâchoire et ses griffes peuvent blesser une personne qui tente de le saisir, même si l’animal cherche d’abord à s’échapper.
Comment se reproduit l’iguane des Petites Antilles ?
La reproduction a lieu pendant la saison favorable, avec des dates qui varient selon l’île et les pluies. Le mâle parade en bougeant la tête, en déployant son fanon et en adoptant une posture haute. Les accouplements peuvent être précédés de poursuites et de comportements territoriaux.
La femelle creuse un terrier dans un sol meuble, souvent en plusieurs visites. Elle y pond généralement une dizaine à plusieurs dizaines d’œufs, puis rebouche l’entrée. La chaleur du sol permet le développement des embryons, sans soins parentaux après la ponte.
Les jeunes sortent seuls du nid après l’incubation. Leur croissance dépend de la nourriture, de la température et des prédateurs présents sur l’île. Les chiens, les chats, les rats et les mangoustes peuvent s’attaquer aux œufs ou aux jeunes iguanes.
Le saviez-vous ?
- 1.L’iguane des Petites Antilles peut nager pour échapper à un danger, une capacité utile sur des îles où les zones naturelles sont proches de la mer.
- 2.L’iguane vert introduit peut s’accoupler avec cette espèce, produisant des hybrides qui compliquent la conservation des populations locales.
- 3.Son fanon de gorge sert à impressionner un rival, à communiquer et à aider le corps à capter la chaleur du soleil.
- 4.Comme d’autres reptiles herbivores, il avale parfois de petits cailloux qui peuvent aider au broyage des végétaux dans le tube digestif.
Ce qui menace l’iguane des Petites Antilles
Iguane vert introduit
L’iguane vert, introduit dans plusieurs îles, lui dispute la nourriture et les sites de repos. Les croisements entre les deux espèces peuvent aussi diluer le patrimoine génétique de l’iguane des Petites Antilles.
Destruction des habitats
Les routes, les constructions, l’agriculture et la coupe de la végétation fragmentent les forêts sèches et les fourrés où il se nourrit et pond.
Prédateurs introduits
Les chiens, les chats, les rats et les mangoustes peuvent tuer des adultes, des jeunes ou des animaux au nid. Les collisions routières touchent aussi les populations proches des zones habitées.
Petites populations isolées
Lorsque quelques individus seulement subsistent sur une île, les cyclones, les maladies, la sécheresse ou la perte de quelques sites de ponte peuvent avoir des effets importants.
Protéger l’iguane des Petites Antilles
- Protection légaleL’espèce bénéficie de mesures de protection dans plusieurs territoires des Caraïbes. Son commerce international est encadré par la CITES, où le genre Iguana figure à l’Annexe II, et les populations françaises relèvent aussi de la réglementation applicable aux espèces protégées.
- Aires protégéesDes habitats sont conservés dans des espaces comme le Parc national de la Guadeloupe, le Parc naturel régional de Martinique, le parc national de Morne Diablotin en Dominique et le Quill-Boven National Park à Saint-Eustache.
- Élevage et réintroductionDes zoos et centres spécialisés coordonnent des élevages de conservation et soutiennent la sensibilisation, le suivi des populations et certaines actions de renforcement ou de réintroduction dans les Caraïbes.
Questions fréquentes
L’iguane des Petites Antilles est-il dangereux pour l’être humain ?
Il évite généralement les personnes et cherche à fuir. Un animal acculé peut toutefois mordre ou frapper avec sa queue. Ne le saisissez pas. En cas de morsure profonde ou de blessure importante, appelez le 15 ou le 112 et demandez un avis médical.
Peut-on avoir un iguane des Petites Antilles chez soi ?
Il ne s’agit pas d’un animal de compagnie ordinaire. Son commerce et son transport sont encadrés par la CITES et par les règles nationales applicables aux espèces protégées. Avant tout projet légal concernant un reptile, demandez les documents requis à la préfecture et à la direction départementale compétente.
Quelle différence existe entre cet iguane et l’iguane vert ?
L’iguane vert est souvent plus vert et porte une grande écaille ronde sous le tympan, tandis que l’iguane des Petites Antilles a une tête et une joue d’aspect différent. Sur certaines îles, les hybridations rendent l’identification visuelle difficile, même pour des observateurs expérimentés.
Que faire si je trouve un iguane blessé aux Antilles ?
Ne le transportez pas sans conseil et ne lui donnez ni nourriture ni médicament. Éloignez les chiens et les enfants, puis contactez un centre de soins pour la faune sauvage, les services locaux compétents ou l’OFB lorsqu’il s’agit d’un territoire français.
Pourquoi cette espèce est-elle en danger critique d’extinction ?
Ses populations sont réparties sur de petites îles et ont fortement diminué dans plusieurs secteurs. La destruction des habitats, les prédateurs introduits, les collisions et la concurrence de l’iguane vert réduisent ses chances de survie.
Testez-vous
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Autour de cet animal
Pour aller plus loin
Sources
- UICN, The IUCN Red List of Threatened Species iucnredlist.org
- Office français de la biodiversité, espèces et réglementation ofb.gouv.fr
Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer







