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Le huia dimorphe (Heteralocha acutirostris)
EX
Heteralocha acutirostris

Huia dimorphe

Heteralocha acutirostris

Aussi appelé Huia

Le huia dimorphe était un oiseau forestier propre à l’île du Nord de Nouvelle-Zélande. Le mâle portait un bec court et robuste, la femelle un bec long et courbé : une différence remarquable au sein d’une même espèce. Son plumage noir, sa queue blanche à l’extrémité et ses barbillons orangés sont aujourd’hui connus par les collections des musées.

Statut
ÉteinteDernière observation généralement reconnue en 1907, dans les monts Tararua ; la date exacte de disparition reste inconnue.
Taille
Environ 45 à 50 cm de longueur totale, bec et longue queue compris ; la femelle était généralement plus longue.
Poids
Environ 200 à 300 g ; les données disponibles sont limitées.
Longévité
Mal connue, aussi bien dans la nature qu’en captivité.
Régime
OmnivoreIl mangeait des insectes et leurs larves, notamment dans le bois mort, ainsi que des fruits de plantes indigènes.
Mode de vie
Diurne, généralement en couple, parfois en petits groupes
Famille
Calléidés (Callaeidae), ordre des Passériformes (Passeriformes)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

île du Nord de Nouvelle-Zélande, surtout sa moitié sud à la fin du XIXe siècle

Où vivait le huia dimorphe ?

Il fréquentait les forêts indigènes de l’île du Nord de Nouvelle-Zélande, en plaine et dans les reliefs boisés.

Principales régions : Nouvelle-Zélande.

  • Océanie

Aucun individu vivant connu : l’espèce est considérée comme éteinte.

Sommaire11 parties
  1. Comment reconnaissait-on le huia dimorphe ?
  2. Où vivait le huia dimorphe ?
  3. Que mangeait-il avec ses deux formes de bec ?
  4. Comment se comportait-il dans la forêt ?
  5. Comment élevait-il ses petits ?
  6. Le saviez-vous ?
  7. Disparition
  8. Ce qu’il en reste
  9. Questions fréquentes
  10. Testez-vous
  11. Sources

Comment reconnaissait-on le huia dimorphe ?

Son plumage était noir, avec des reflets légèrement métalliques, et sa longue queue se terminait par une large bande blanche. Deux petites excroissances charnues orangées, appelées barbillons, pendaient à la base du bec. Les deux sexes avaient une coloration semblable ; leur distinction reposait surtout sur la forme du bec.

Le mâle avait un bec robuste, assez court et peu courbé, qui mesurait approximativement 5 à 6 cm. Celui de la femelle était plus fin, fortement incurvé et long d’environ 8 à 10 cm. Ces mesures variaient selon les individus. Cette différence entre les sexes avait donné son sens au nom français « dimorphe ».

Où vivait le huia dimorphe ?

L’espèce était endémique de l’île du Nord : elle ne vivait naturellement nulle part ailleurs. Des restes anciens avaient montré une répartition plus étendue que celle décrite par les observateurs européens du XIXe siècle. À cette époque, ses dernières populations connues occupaient surtout les forêts de la moitié sud de l’île.

Elle fréquentait des forêts indigènes comportant notamment des podocarpes, des arbres conifères caractéristiques de la Nouvelle-Zélande. Les vieux troncs et le bois en décomposition lui fournissaient des lieux de recherche alimentaire. Les monts Ruahine et Tararua figuraient parmi ses derniers refuges, alors que les forêts de plaine avaient beaucoup reculé.

Que mangeait-il avec ses deux formes de bec ?

Il recherchait des insectes et leurs larves dans le bois pourri, sous les écorces et parmi les matières végétales en décomposition. Les larves de gros coléoptères forestiers faisaient partie de ses proies. Il consommait également des fruits indigènes, dont ceux du hinau, un arbre de Nouvelle-Zélande.

Le bec robuste du mâle lui permettait de travailler le bois décomposé, tandis que celui de la femelle atteignait des cavités plus profondes ou plus étroites. Les observations historiques indiquaient ainsi des façons différentes de chercher la nourriture. Elles ne démontraient toutefois pas que chaque repas exigeait une coopération entre les deux partenaires.

Comment se comportait-il dans la forêt ?

Les observateurs le rencontraient souvent en couple, parfois en petits groupes. Il se déplaçait entre les branches et cherchait aussi sa nourriture près du sol. Ses ailes arrondies convenaient aux déplacements dans la végétation forestière ; les récits décrivaient surtout des vols courts plutôt que de longs trajets à découvert.

Ses appels comprenaient des sifflements que les personnes expérimentées pouvaient imiter pour attirer les oiseaux. Cette réaction facilitait leur capture. Plusieurs témoignages décrivaient des partenaires restant proches l’un de l’autre, ce qui pouvait exposer le second oiseau lorsqu’un membre du couple avait été tué ou capturé.

Comment élevait-il ses petits ?

La reproduction était peu documentée avant la disparition de l’espèce. Les descriptions disponibles situaient la nidification au printemps et au début de l’été austral, vers octobre à décembre. Le nid était une construction volumineuse de matières végétales, placée dans la végétation, parfois dans un arbre ou une cavité.

Les pontes rapportées comptaient généralement deux à quatre œufs, marqués de taches sur un fond clair. Des adultes avaient été observés nourrissant les jeunes. Les durées précises d’incubation et de séjour au nid n’avaient pas été établies avec assez de certitude pour décrire un calendrier complet de leur développement.

Le saviez-vous ?

  • 1.Les plumes de sa queue étaient des taonga, des biens précieux dans la culture māorie, notamment portés comme marques de rang.
  • 2.Le nom « huia » était associé à l’un de ses appels, que des chasseurs savaient imiter pour attirer l’oiseau.
  • 3.La différence entre les becs avait autrefois conduit certains naturalistes à prendre les mâles et les femelles pour deux espèces distinctes.
  • 4.Un enregistrement conservait une imitation de ses appels par Henare Hāmana, réalisée après sa disparition, et non la voix d’un oiseau vivant.

Pourquoi le huia dimorphe a disparu

  • Destruction des forêts

    Le défrichement pour l’agriculture et l’exploitation du bois avaient supprimé une grande partie de son habitat. La disparition des vieux arbres et du bois mort réduisait aussi ses ressources alimentaires.

  • Chasse et collections

    Les oiseaux avaient été tués pour leurs plumes et capturés pour les collections ou le commerce. La demande des collectionneurs et la mode européenne des plumes avaient accentué la pression sur les populations restantes.

  • Mammifères introduits

    Les rats et les mammifères prédateurs introduits, dont les mustélidés, avaient ajouté une pression sur les oiseaux indigènes et leurs nids. Leur contribution exacte à la disparition du huia reste difficile à séparer des effets de la chasse et de la déforestation.

  • Protection trop tardive

    Une protection officielle avait été instaurée dans les années 1890, alors que l’espèce était déjà devenue rare. La poursuite des captures et l’absence de population mise durablement à l’abri avaient limité son efficacité.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Collections de Te PapaLe Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa, à Wellington, conserve des spécimens et des objets liés au huia. Ces collections documentent son anatomie, son histoire et sa place dans la culture māorie.
  • Spécimens à AucklandL’Auckland War Memorial Museum conserve également des spécimens de huia. Les collections de musées permettent de comparer les oiseaux et d’étudier des caractères qu’aucun individu vivant ne peut désormais révéler.
  • Archives et recherchesLes spécimens, les restes anciens et les récits historiques servent encore aux recherches sur sa répartition et sa biologie. Aucun programme n’a recréé un huia vivant ; un éventuel travail sur de l’ADN ancien ne constitue pas une résurrection de l’espèce.

Questions fréquentes

Quand le dernier huia a-t-il disparu ?

La dernière observation généralement reconnue date de 1907, dans les monts Tararua. Des signalements plus tardifs ont été rapportés, sans confirmation suffisante. On ne connaît donc ni le dernier individu ni la date exacte de sa mort, contrairement à certaines autres espèces disparues.

Pourquoi le mâle et la femelle avaient-ils des becs différents ?

Leurs becs leur permettaient d’exploiter différemment la nourriture cachée dans le bois. Le mâle travaillait les parties décomposées avec son bec robuste ; la femelle sondait des passages plus étroits et profonds. Cette différence pouvait limiter la concurrence alimentaire entre partenaires, sans que son origine évolutive soit entièrement expliquée.

Peut-on encore voir un huia dans un zoo ?

Aucun huia vivant n’est connu, ni dans la nature ni en captivité. Son statut est donc EX, pour « éteint », et non EW, qui désigne une espèce éteinte à l’état sauvage mais encore vivante ailleurs. Des spécimens naturalisés sont conservés notamment à Te Papa et au musée d’Auckland.

Existe-t-il un enregistrement de son chant ?

Un enregistrement célèbre conserve l’imitation des appels du huia par Henare Hāmana, qui avait connu cet oiseau. Il a été réalisé après sa disparition. Ce document transmet un souvenir sonore précieux, mais il ne faut pas le présenter comme un enregistrement direct du chant d’un huia.

Pourquoi ses plumes étaient-elles recherchées ?

Les plumes de queue avaient une forte valeur culturelle chez les Māori et pouvaient marquer le rang de leur porteur. Plus tard, les collectionneurs et la mode européenne ont aussi recherché l’oiseau et ses plumes. Cette demande s’est ajoutée à la destruction des forêts et aux prédateurs introduits.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle différence distinguait surtout le mâle de la femelle ?
  2. 2.Où le huia vivait-il naturellement ?
  3. 3.Que signifie son statut EX ?

Sources

  1. New Zealand Birds Online, Huia nzbirdsonline.org.nz
  2. Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa, collections et ressources sur le huia tepapa.govt.nz
  3. UICN, The IUCN Red List of Threatened Species, Heteralocha acutirostris iucnredlist.org
  4. Wikipédia, Huia dimorphe fr.wikipedia.org

Mis à jour le . Statut mondial selon la Liste rouge de l’UICN ; les statuts nationaux peuvent différer

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