
Arthropleura
Arthropleura armata
Aussi appelé mille-pattes géant
L’arthropleura était un parent disparu des mille-pattes, présent en Europe et en Amérique du Nord au Carbonifère et au début du Permien. Certains individus auraient atteint environ 2,6 mètres de longueur. Ses plaques fossilisées, ses pistes et de petites têtes conservées permettent de reconstituer cet animal, même si son alimentation et sa vie quotidienne restent imparfaitement connues.
- Époque
- Carbonifère et début du Permien, il y a environ 346 à 290 millions d’années pour le genre ; les limites varient selon les fossiles retenus.
- Découverte
- Arthropleura armata a été décrit en 1854 par les naturalistes Jordan et von Meyer à partir de fossiles du bassin houiller de Sarrebruck, en Allemagne ; d’autres arthropleuras ont été découverts en France, notamment à Montceau-les-Mines.
- Taille
- Les fossiles du genre correspondent à des individus de quelques centimètres jusqu’à environ 2,6 mètres de longueur estimée ; cette taille maximale n’est pas établie spécifiquement pour Arthropleura armata.
- Poids
- Inconnu pour l’espèce ; une étude estime à environ 50 kilogrammes la masse d’un très grand individu du genre, sans fourchette suffisamment étayée.
- Longévité
- inconnue
- Régime
- DétritivoreUn régime à base de débris végétaux est probable d’après ses affinités avec les mille-pattes et son anatomie, mais aucun contenu digestif incontestable ne permet de préciser son menu.
- Mode de vie
- Inconnu
- Famille
- Arthropleuridés (Arthropleuridae), ordre des Arthropleurides (Arthropleurida)
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Où vivait l’arthropleura ?
Il fréquentait des milieux terrestres, notamment des plaines boisées et des secteurs proches de cours d’eau ; tous les gisements ne correspondent pas à des marécages.
Principales régions : France, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis.
- Europe
- Amérique du Nord et centrale
Sommaire10 parties
À quoi ressemblait l’arthropleura ?
Son corps allongé était couvert de plaques articulées, avec de larges extensions sur les côtés. Sous cette protection se trouvaient de nombreuses pattes. Ces caractères sont directement observables sur les fossiles. Comme les autres arthropodes, il possédait un squelette extérieur, une enveloppe résistante qu’il devait renouveler par des mues pour grandir.
Des fossiles de jeunes individus provenant de Montceau-les-Mines ont révélé une tête munie d’antennes, de mandibules et d’yeux portés par de courtes extensions. L’étude publiée en 2024 rapproche Arthropleura des diplopodes, le groupe des mille-pattes actuels. La couleur de son corps et l’apparence exacte des plus grands adultes restent inconnues.
Quand et où vivait l’arthropleura ?
Le genre est connu au Carbonifère et au début du Permien, approximativement entre 346 et 290 millions d’années selon les fossiles pris en compte. Les continents avaient alors une autre disposition. Les régions correspondant aujourd’hui à une partie de l’Europe et de l’Amérique du Nord se trouvaient près de l’équateur, dans des paysages très différents des paysages actuels.
Les points de la carte indiquent des gisements dans leur position actuelle : Montceau-les-Mines en France, le bassin de Sarrebruck en Allemagne, Howick dans le Northumberland britannique et Mazon Creek dans l’Illinois. Les fossiles corporels et les pistes attribuées à ces animaux renseignent sur leur présence, sans permettre de tracer précisément les limites de leur aire.
Que mangeait l’arthropleura ?
Les chercheurs envisagent principalement une alimentation végétale, comprenant des matières mortes accumulées au sol. Cette interprétation s’appuie notamment sur sa parenté avec les diplopodes, dont beaucoup consomment des feuilles en décomposition. Elle demeure une hypothèse : nous ne disposons pas d’un contenu digestif incontestable qui donnerait directement la liste de ses aliments.
Les pièces buccales des petits spécimens étudiés apportent de nouveaux indices, mais elles ne suffisent pas à établir le menu des géants adultes. Une consommation occasionnelle d’autres aliments ne peut pas être exclue. Vous pouvez donc retenir « probablement détritivore », c’est-à-dire consommateur de débris organiques, en gardant cette incertitude à l’esprit.
Comment se déplaçait et grandissait l’arthropleura ?
Des pistes fossiles montrent le passage de grands arthropodes à nombreuses pattes et sont attribuées à des animaux comme Arthropleura. Elles soutiennent l’idée d’une locomotion terrestre. Cependant, une empreinte ne conserve généralement pas les caractères nécessaires pour reconnaître une espèce précise : elle renseigne davantage sur la marche que sur l’identité exacte de son auteur.
La croissance nécessitait des mues, comme chez les mille-pattes actuels. Certaines enveloppes fossilisées pourraient donc être des restes abandonnés pendant la croissance, et non des cadavres. Sa durée de vie, ses périodes d’activité et son comportement social ne sont pas connus. Aucun indice solide ne permet d’affirmer qu’il vivait en groupes ou s’occupait de ses petits.
Ce que nous apprennent ses fossiles
Un grand fragment découvert à Howick en 2018, puis décrit dans une étude publiée en ligne en 2021, a permis d’estimer une longueur totale proche de 2,6 mètres, une largeur d’environ 55 centimètres et une masse voisine de 50 kilogrammes. Ces chiffres résultent d’une reconstitution à partir d’un fossile incomplet, et non de la mesure d’un animal entier.
L’étude de 2024 a utilisé l’imagerie aux rayons X pour explorer de petits fossiles français sans les dégager entièrement de leur roche. Elle a précisé l’anatomie de la tête et les liens de parenté du genre. Restent discutés son alimentation, les différences entre jeunes et adultes, ainsi que les facteurs ayant permis une si grande taille : l’oxygène ne fournit pas, à lui seul, une explication établie.
Le saviez-vous ?
- 1.Le grand fossile de Howick a été découvert dans un bloc de grès tombé d’une falaise : sa cassure avait exposé les plaques de l’animal.
- 2.Les têtes étudiées en 2024 appartiennent à de petits individus. Elles renseignent sur l’anatomie du genre, sans constituer des têtes de géants adultes.
- 3.Les yeux portés par de courtes extensions constituent un caractère inhabituel par rapport aux mille-pattes terrestres que vous pouvez observer aujourd’hui.
- 4.Une enveloppe abandonnée lors d’une mue peut se fossiliser : chaque reste d’arthropleura ne correspond donc pas nécessairement à un animal mort sur place.
Ce qu’il en reste aujourd’hui
- Collections à CambridgeLe Sedgwick Museum of Earth Sciences, à Cambridge, est associé à l’étude du grand fossile de Howick. Consultez le musée avant votre visite pour savoir si ce spécimen ou une présentation consacrée à Arthropleura est accessible au public.
- Collections en BourgogneLe Muséum d’histoire naturelle d’Autun conserve d’importantes collections paléontologiques régionales, notamment liées aux gisements de Montceau-les-Mines. Les objets présentés peuvent changer : demandez au musée quels fossiles ou documents sur Arthropleura sont visibles.
Questions fréquentes
Était-ce un dinosaure ?
L’arthropleura était un arthropode, un animal à squelette extérieur et à pattes articulées, apparenté aux mille-pattes. Les dinosaures sont des vertébrés, avec un squelette interne. Le genre Arthropleura avait déjà disparu bien avant l’apparition des premiers dinosaures, au Trias, il y a environ 230 millions d’années.
Était-il dangereux pour les humains ?
Les humains n’ont jamais rencontré cet animal : plusieurs centaines de millions d’années les séparent. Aucun fossile ne démontre qu’il possédait un appareil venimeux comparable à celui des scolopendres. Son régime probablement végétal ne permet toutefois pas de reconstituer toutes ses réactions face à une menace.
Avait-il vraiment mille pattes ?
Le mot « mille-pattes » désigne un groupe d’animaux, sans imposer un nombre précis de pattes. Arthropleura en possédait de nombreuses, réparties sous son corps segmenté. Leur nombre exact ne peut pas être donné pour tous les individus, car les fossiles sont souvent incomplets et correspondent à des tailles différentes.
Pourquoi était-il aussi grand ?
L’atmosphère riche en oxygène de certaines périodes du Carbonifère a souvent été proposée comme explication. Cependant, les grands arthropleuras ne coïncident pas tous avec les plus fortes teneurs estimées en oxygène. La nourriture disponible, le milieu et les interactions avec d’autres animaux ont pu intervenir, sans que leur rôle respectif soit établi.
Vivait-il en France ?
Oui, des fossiles du genre ont été trouvés dans des roches situées aujourd’hui en France, notamment à Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire. À cette époque, cette région se trouvait près de l’équateur. Les petites têtes étudiées en 2024 proviennent de ce gisement, mais elles ne prouvent pas que tous ces individus appartenaient à Arthropleura armata.
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Autour de cet animal
Sources
- Université de Cambridge, « Largest-ever millipede fossil found on Northumberland beach » cam.ac.uk
- Journal of the Geological Society, étude sur le grand Arthropleura du Carbonifère de Northumberland, publiée en ligne en 2021 lyellcollection.org
- Science Advances, étude de 2024 sur l’anatomie de la tête et les relations de parenté d’Arthropleura science.org
Mis à jour le . Datations et mensurations selon les publications scientifiques ; elles évoluent avec les nouvelles découvertes
