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L’archéoptéryx (Archaeopteryx lithographica)
Fos.
Archaeopteryx lithographica

Archéoptéryx

Archaeopteryx lithographica

Aussi appelé Archaeopteryx

L’archéoptéryx vivait il y a environ 150 millions d’années dans un archipel tropical, à l’emplacement de l’actuelle Allemagne. Ses fossiles associent des ailes couvertes de plumes à des dents, des doigts griffus et une longue queue osseuse. Cette combinaison aide les paléontologues à comprendre les premières étapes de l’évolution des oiseaux parmi les dinosaures.

Époque
Jurassique supérieur (Tithonien), il y a environ 150 à 148 millions d’années
Découverte
Une plume isolée découverte en 1860 dans les calcaires de Bavière a été nommée Archaeopteryx lithographica par Hermann von Meyer en 1861, année de découverte du premier squelette connu ; aucun fossile attribué avec certitude à ce genre n’est connu en France.
Taille
Environ 30 à 50 cm de longueur totale, queue comprise, selon les spécimens et les reconstitutions
Poids
Environ 250 g à 1 kg : estimations variables selon les spécimens, leur âge et les méthodes de calcul
Longévité
Inconnue ; les études des os renseignent sa croissance, sans établir sa durée de vie.
Régime
CarnivoreSes petites dents pointues suggèrent des proies animales, notamment des invertébrés et de petits vertébrés, sans menu confirmé par un contenu digestif identifiable.
Mode de vie
Inconnu : les fossiles disponibles ne permettent pas d’établir une vie en groupe ou en solitaire.
Famille
Archéoptérygidés (Archaeopterygidae), ordre des Archéoptérygiformes (Archaeopterygiformes)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Calcaires fossilifères de la région de Solnhofen et d’Eichstätt, en Bavière

Où vivait l’archéoptéryx ?

Il fréquentait probablement les terres d’un archipel tropical bordé de lagunes, dans une région aujourd’hui située en Bavière.

Principales régions : Allemagne.

  • Europe
Sommaire10 parties
  1. À quoi ressemblait l’archéoptéryx ?
  2. Quand et où vivait l’archéoptéryx ?
  3. Que mangeait l’archéoptéryx ?
  4. Comment se déplaçait-il ?
  5. Ce que nous apprennent ses fossiles
  6. Le saviez-vous ?
  7. Ce qu’il en reste
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

À quoi ressemblait l’archéoptéryx ?

Les squelettes montrent un petit animal muni de deux ailes, de pattes arrière et d’une longue queue soutenue par de nombreuses vertèbres. Ses mâchoires portaient de petites dents pointues. Chacune de ses mains conservait trois doigts distincts terminés par des griffes, alors que les doigts des oiseaux actuels sont fortement réduits et en partie soudés.

Les empreintes conservées autour des os révèlent de grandes plumes sur les ailes et une rangée de plumes de chaque côté de la queue. Certaines plumes de vol étaient asymétriques : leur surface était plus large d’un côté de la tige centrale. Cette forme intervient dans le fonctionnement aérodynamique des ailes, mais ne suffit pas à mesurer ses capacités de vol.

Quand et où vivait l’archéoptéryx ?

Les spécimens connus datent de la fin du Jurassique, autour de 150 à 148 millions d’années. Les datations précises varient selon les couches géologiques et les études. À cette époque, la région de Solnhofen se trouvait dans un archipel tropical, au bord d’une mer peu profonde. Les paysages n’avaient donc pas l’aspect des campagnes bavaroises actuelles.

Les principaux gisements se situent aujourd’hui autour de Solnhofen, de Langenaltheim et d’Eichstätt, en Allemagne. Les points de la carte correspondent approximativement à ces secteurs fossilifères. Les corps ont été conservés dans des dépôts lagunaires, mais cela ne prouve pas que les animaux vivaient dans l’eau : ils pouvaient y avoir été transportés après leur mort.

Que mangeait l’archéoptéryx ?

Ses petites dents pointues sont compatibles avec une alimentation composée de proies animales. Les paléontologues envisagent notamment des insectes et de petits vertébrés. Cependant, aucun contenu digestif clairement identifié ne permet de dresser son menu. Les dents donnent un indice sur le régime, sans révéler à elles seules les espèces capturées.

Ses doigts griffus ont parfois été interprétés comme une aide pour saisir des proies ou grimper. La forme d’une griffe peut toutefois servir à plusieurs usages, et ces interprétations restent discutées. Vous pouvez donc distinguer deux niveaux de connaissance : les griffes sont visibles dans les fossiles ; les gestes accomplis avec elles sont reconstitués.

Comment se déplaçait-il ?

Ses pattes arrière lui permettaient de se déplacer au sol, et ses ailes intervenaient probablement dans ses déplacements aériens. Une étude publiée en 2018 a comparé la structure interne de ses os d’ailes à celle d’autres animaux. Les résultats soutiennent un vol actif, probablement sur de courtes distances, avec un mouvement différent de celui des oiseaux actuels.

La fréquence de ses vols, sa manière de décoller et la place des arbres dans son quotidien restent incertaines. Les hypothèses d’un animal surtout terrestre ou davantage grimpeur ont longtemps été débattues. Aucun nid, œuf ou ensemble familial attribué avec certitude à l’archéoptéryx ne permet non plus de décrire ses soins aux jeunes ou sa vie sociale.

Ce que nous apprennent ses fossiles

Les calcaires de cette région se sont formés à partir de sédiments très fins. Des conditions particulières au fond des lagunes, notamment une faible disponibilité en oxygène, ont favorisé la conservation de certains corps. Plusieurs fossiles montrent ainsi les os et les contours des plumes. Les squelettes aplatis restent cependant difficiles à interpréter, surtout lorsque des os se superposent.

L’archéoptéryx rassemble des caractères présents chez les oiseaux et chez d’autres dinosaures théropodes, le groupe des dinosaures bipèdes auquel appartiennent les oiseaux. Il occupe une position proche de l’origine des oiseaux dans de nombreuses analyses. Cela ne démontre pas qu’il soit leur ancêtre direct : il peut appartenir à une branche ancienne voisine de leur lignée.

Tous les fossiles attribués au genre ne sont pas nécessairement de la même espèce. Leur classement dépend de détails anatomiques, parfois difficiles à distinguer des différences liées à l’âge ou à la conservation. L’appartenance de la plume isolée nommée en 1861 a également été discutée. Enfin, les études de croissance osseuse suggèrent une maturation plus lente que chez beaucoup d’oiseaux actuels.

Le saviez-vous ?

  • 1.Le nom Archaeopteryx vient de mots grecs signifiant « aile ancienne ». Il a été choisi alors que les relations évolutives entre oiseaux et dinosaures commençaient à être débattues.
  • 2.Le terme lithographica rappelle la lithographie : les calcaires très fins de Solnhofen servaient à fabriquer des pierres permettant d’imprimer des dessins et des textes.
  • 3.Le célèbre spécimen de Berlin conserve un squelette et des empreintes de plumes. Sa silhouette est devenue une image souvent utilisée pour expliquer l’évolution des oiseaux.
  • 4.Des structures microscopiques liées aux pigments ont été étudiées dans la plume isolée historique. Elles indiquent une coloration probablement noire, sans révéler la couleur de tout l’animal.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Le spécimen de BerlinLe Museum für Naturkunde de Berlin conserve le célèbre spécimen dit « de Berlin ». Consultez les informations du musée avant votre visite pour connaître les conditions d’exposition.
  • Les collections de LondresLe Natural History Museum de Londres conserve le premier squelette historiquement reconnu, appelé spécimen de Londres. Ses pages publiques présentent son rôle dans l’histoire de la paléontologie.
  • Près des gisementsLe Bürgermeister-Müller-Museum de Solnhofen et le Jura-Museum d’Eichstätt présentent des fossiles régionaux, dont des spécimens d’Archaeopteryx. Les collections permettent aussi d’observer d’autres animaux des lagunes jurassiques.

Questions fréquentes

Était-ce un oiseau ou un dinosaure ?

Les oiseaux appartiennent au groupe des dinosaures théropodes. L’archéoptéryx est généralement présenté comme un oiseau très ancien, tout en conservant des dents, une longue queue osseuse et des doigts griffus. Sa position exacte près de l’origine des oiseaux peut varier selon les analyses et les caractères comparés.

Pouvait-il vraiment voler ?

Les plumes des ailes et la structure des os soutiennent la possibilité d’un vol actif. Une étude de 2018 suggère des vols de courte distance. Les chercheurs discutent encore de son décollage et du mouvement de ses ailes, car son épaule et sa poitrine différaient de celles des oiseaux actuels.

De quelle couleur était-il ?

Nous ne connaissons pas les couleurs de l’ensemble de son plumage. L’étude de minuscules structures associées aux pigments suggère que la plume isolée historique était noire. Cette observation ne permet pas de colorer tout le corps, et l’attribution exacte de cette plume a fait l’objet de discussions.

Vivait-il en France ?

Aucun fossile attribué avec certitude au genre Archaeopteryx n’est connu en France. Les spécimens reconnus proviennent de Bavière, en Allemagne actuelle. Cela décrit les découvertes disponibles : une absence de fossiles ne permet pas de tracer exactement les limites de son aire de vie ancienne.

A-t-il disparu avec les dinosaures il y a 66 millions d’années ?

Ses fossiles connus sont beaucoup plus anciens : ils datent d’environ 150 à 148 millions d’années. Nous ne savons pas précisément quand sa lignée a disparu ni pour quelle raison. On ne peut donc pas attribuer sa disparition à l’impact survenu à la fin du Crétacé, il y a 66 millions d’années.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle combinaison de caractères est visible dans ses fossiles ?
  2. 2.Où les fossiles reconnus d’Archaeopteryx ont-ils été découverts ?
  3. 3.Quel aspect de sa vie reste inconnu ?

Autour de cet animal

Sources

  1. Natural History Museum de Londres, Dino Directory : Archaeopteryx nhm.ac.uk
  2. Nature Communications, Voeten et collaborateurs (2018), Wing bone geometry reveals active flight in Archaeopteryx nature.com
  3. Museum für Naturkunde de Berlin, collections et exposition consacrées à l’évolution museumfuernaturkunde.berlin

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