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L'anomalocaris (Anomalocaris canadensis)
Fos.
Anomalocaris canadensis

Anomalocaris

Anomalocaris canadensis

L’anomalocaris était un arthropode marin du Cambrien, connu notamment par les fossiles des schistes de Burgess, au Canada, vieux d’environ 508 millions d’années. Ses deux appendices de capture, ses yeux composés et ses palettes latérales dessinent un nageur très différent des animaux actuels. Sa réputation de broyeur de trilobites est aujourd’hui discutée.

Époque
Cambrien moyen, il y a environ 508 millions d’années pour les fossiles des schistes de Burgess
Découverte
En 1892, Joseph Frederick Whiteaves a nommé l’espèce à partir d’appendices fossiles découverts au mont Stephen, en Colombie-Britannique, qu’il avait interprétés comme des parties de crevettes ; aucun fossile de cette espèce n’est confirmé en France.
Taille
Environ 20 à 60 cm de longueur dans les descriptions et reconstitutions publiées ; la longueur totale dépend notamment de la conservation des spécimens.
Poids
Masse inconnue : aucune fourchette suffisamment fiable ne peut être donnée.
Longévité
Inconnue
Régime
CarnivoreSes appendices préhensiles et des études biomécaniques suggèrent la capture d’animaux à corps mou, sans permettre d’identifier précisément ses proies.
Mode de vie
Inconnu : les fossiles ne permettent pas d’établir une vie en groupe.
Famille
Anomalocarididés (Anomalocarididae), ordre des Radiodontes (Radiodonta)

Fiche vérifiée le · 5 min de lecture

Schistes de Burgess, Colombie-Britannique ; position actuelle des gisements

Où vivait l’anomalocaris ?

Il vivait dans une mer tropicale, au-dessus de fonds marins dont les sédiments ont conservé les fossiles des schistes de Burgess.

Principales régions : Canada.

  • Amérique du Nord et centrale
Sommaire10 parties
  1. À quoi ressemblait l’anomalocaris ?
  2. Quand et où vivait l’anomalocaris ?
  3. Que mangeait-il vraiment ?
  4. Comment se déplaçait-il et vivait-il ?
  5. Ce que nous apprennent ses fossiles
  6. Le saviez-vous ?
  7. Ce qu’il en reste
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

À quoi ressemblait l’anomalocaris ?

Les fossiles montrent un corps allongé, bordé de palettes latérales, et une tête portant deux yeux sur des pédoncules. Devant la bouche se trouvaient deux appendices articulés, munis de pointes sur leur face interne. Vous pouvez les imaginer comme deux bras courbés capables de rapprocher une proie de l’ouverture buccale.

Sa bouche était entourée de plaques disposées en cercle, avec trois grandes plaques particulièrement visibles chez cette espèce. À l’arrière, un éventail caudal complétait le corps. Les reconstitutions publiées donnent généralement des longueurs de quelques dizaines de centimètres, jusqu’à environ 60 cm. La couleur de l’animal vivant n’est pas connue.

Quand et où vivait l’anomalocaris ?

Anomalocaris canadensis est surtout connu dans les schistes de Burgess, en Colombie-Britannique, dans l’ouest du Canada. Ces roches se sont déposées dans une mer du Cambrien, il y a environ 508 millions d’années. Les sites du mont Stephen et du secteur de la carrière Walcott comptent parmi les lieux historiques de découverte.

Les points de la carte correspondent aux positions actuelles de ces secteurs fossilifères, avec des coordonnées approximatives. À l’époque, cette région appartenait à un continent ancien appelé Laurentia et se trouvait sous des latitudes tropicales. Les montagnes Rocheuses que vous voyez aujourd’hui n’existaient pas encore : leur formation est beaucoup plus récente.

Que mangeait-il vraiment ?

Ses deux appendices antérieurs possédaient des articulations et des pointes permettant de retenir une proie. Cette anatomie soutient l’interprétation d’un animal carnivore. En revanche, nous ne disposons pas, pour cette espèce, d’un menu établi par des restes de proies identifiables dans son tube digestif. Le détail de son alimentation reste donc une reconstitution.

Une étude biomécanique publiée en 2023 a testé la résistance et les mouvements de ses appendices. Ses résultats suggèrent qu’ils convenaient à la capture de proies relativement molles, tandis que des efforts importants contre une carapace dure risquaient de les endommager. L’image d’un chasseur brisant régulièrement les trilobites est ainsi remise en question.

Comment se déplaçait-il et vivait-il ?

Les palettes conservées de chaque côté du corps sont interprétées comme des organes de nage. Leur mouvement coordonné aurait permis de pousser l’eau, tandis que l’éventail de la queue participait aux changements de direction. Cette nage est reconstruite à partir de la forme des fossiles et de modèles, sans mesure directe de sa vitesse.

Ses yeux composés indiquent que la vision participait à son mode de vie. Une chasse guidée par la vue est plausible, sans que l’on puisse préciser ses heures d’activité. Les structures respiratoires associées au corps permettaient les échanges avec l’eau. Aucun indice solide ne révèle une vie en banc, des soins aux petits ou une durée de vie.

Ce que nous apprennent ses fossiles

Les schistes de Burgess ont conservé des parties du corps qui disparaissent habituellement après la mort, notamment des contours de tissus mous. Cette conservation exceptionnelle permet d’étudier les appendices, les palettes et l’organisation générale de l’animal. Les spécimens sont toutefois souvent aplatis : retrouver leur volume demande de comparer plusieurs fossiles et de construire des reconstitutions.

L’histoire de son identification montre les difficultés de ce travail. Des appendices isolés furent d’abord pris pour des restes de crevettes, et une bouche isolée fut décrite comme une méduse appelée Peytoia. Des fossiles plus complets ont permis de réunir ces éléments. Aujourd’hui, les discussions portent notamment sur les proies capturées, les performances de nage et certaines dimensions reconstituées.

Le saviez-vous ?

  • 1.Le nom Anomalocaris signifie « crevette étrange ». Il rappelle l’interprétation initiale d’un appendice isolé, longtemps avant que le corps entier soit compris.
  • 2.L’assemblage correct de son anatomie a nécessité de reconnaître que plusieurs fossiles décrits séparément appartenaient à un même type d’animal.
  • 3.Ses fossiles sont aujourd’hui trouvés en montagne, alors que l’animal vivait dans la mer : les roches ont été soulevées bien après leur formation.
  • 4.Il n’était ni un dinosaure ni une crevette actuelle. Les radiodontes appartiennent aux premières branches de l’histoire évolutive des arthropodes.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

  • Au Musée royal de l’OntarioÀ Toronto, le Musée royal de l’Ontario conserve et présente des fossiles des schistes de Burgess, dont Anomalocaris. Sa galerie numérique permet aussi d’examiner des spécimens et des reconstitutions. Vérifiez les informations du musée avant une visite, car les objets exposés peuvent changer.
  • Des gisements protégésLes gisements historiques se trouvent dans les parcs nationaux de Yoho et de Kootenay, au Canada. La collecte personnelle de fossiles y est interdite. Certaines visites des sites sont organisées avec un guide, selon les conditions et les autorisations de Parcs Canada.

Questions fréquentes

Était-ce un dinosaure ?

Non. C’était un arthropode marin, un animal apparenté très lointainement aux insectes, aux crustacés et aux araignées. Il vivait au Cambrien, environ 508 millions d’années avant nous. Les premiers dinosaures sont apparus beaucoup plus tard, au Trias, il y a environ 230 millions d’années.

Pouvait-il manger un trilobite ?

Cela reste discuté. L’idée qu’il broyait couramment les carapaces de trilobites a longtemps circulé, sans preuve directe de ce comportement chez cette espèce. Une étude de 2023 suggère que ses appendices étaient mieux adaptés à saisir des proies molles. Elle ne permet toutefois pas de dresser la liste exacte de ses repas.

Était-il aussi grand qu’un humain ?

Les reconstitutions courantes d’anomalocaris canadensis donnent quelques dizaines de centimètres, jusqu’à environ 60 cm. Les tailles beaucoup plus grandes parfois annoncées concernent des estimations anciennes ou d’autres radiodontes. Il faut donc vérifier l’espèce : tous les animaux de ce groupe n’avaient pas les mêmes dimensions.

Pourquoi trouve-t-on ses fossiles dans les montagnes ?

Les sédiments qui ont enseveli ces animaux se sont déposés au fond d’une mer. Ils se sont ensuite transformés en roches. Bien plus tard, les mouvements de la croûte terrestre ont déformé et soulevé ces couches. Les fossiles marins se retrouvent ainsi dans les montagnes Rocheuses actuelles.

Connaît-on sa couleur et ses petits ?

Sa couleur vivante n’est pas établie : les couleurs des illustrations sont des choix de reconstitution. Sa reproduction et le développement de ses petits restent également mal connus. Un dessin peut montrer une anatomie fondée sur les fossiles tout en ajoutant des détails, comme la couleur, pour lesquels aucune preuve n’est disponible.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quels organes lui servaient probablement à saisir ses proies ?
  2. 2.Dans quel milieu vivait Anomalocaris canadensis ?
  3. 3.Quelle information reste inconnue pour cette espèce ?

Autour de cet animal

Sources

  1. Musée royal de l’Ontario, galerie des fossiles des schistes de Burgess : Anomalocaris canadensis burgess-shale.rom.on.ca
  2. Proceedings of the Royal Society B, « Raptorial appendages of the Cambrian apex predator Anomalocaris canadensis are built for soft prey and speed » (2023) royalsocietypublishing.org
  3. Parcs Canada, parc national Yoho : les schistes de Burgess parks.canada.ca
  4. Wikipédia, Anomalocaris fr.wikipedia.org

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