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Élever des phasmes en famille : guide pratique

Le phasme bâton et le phasme de Java demandent peu de matériel, à condition de respecter leur alimentation, leur humidité et leurs mues. Ce guide vous aide à installer un terrarium sûr, à nourrir vos insectes avec de la ronce ou du lierre et à faire participer les enfants sans les blesser.

Mis à jour le 10 min de lecture

Sommaire10 parties
  1. Choisir des phasmes adaptés à une première expérience
  2. Installer un terrarium haut, ventilé et sécurisé
  3. Donner de la ronce, du lierre et une humidité mesurée
  4. Observer la mue et la ponte sans intervenir
  5. Organiser les soins en famille et respecter le cadre français
  6. Repérer les problèmes courants et agir rapidement
  7. Quand appeler le vétérinaire ?
  8. Questions fréquentes
  9. Testez-vous
  10. Sources

Choisir des phasmes adaptés à une première expérience

Le phasme bâton, souvent vendu sous ce nom dans les élevages, est apprécié pour sa taille modeste, sa rusticité et son alimentation à base de ronces. Le phasme de Java regroupe plusieurs formes commerciales proches, dont les besoins peuvent varier. Demandez au vendeur le nom scientifique, l’âge, la nourriture utilisée et la température habituelle avant l’achat.

Un petit groupe de trois à six jeunes permet d’observer les mues et les comportements sans remplir rapidement le terrarium. Les phasmes vivent souvent moins de deux ans, avec des différences selon l’espèce et le sexe. Les femelles sont généralement plus grandes et pondent davantage que les mâles lorsqu’ils sont présents.

Ces insectes conviennent à une famille capable d’observer sans manipuler souvent. À partir d’environ 6 à 8 ans, un enfant peut participer avec un adulte, en tenant la boîte, en renouvelant les branches et en comptant les individus. Les manipulations directes restent réservées aux enfants calmes et toujours sous surveillance.

  • Prix indicatif en France en 2026 : environ 5 à 15 euros par jeune, selon l’espèce, l’âge et l’éleveur.
  • Un kit simple coûte souvent 25 à 70 euros, avec terrarium, branches, substrat et accessoires.
  • Privilégiez un éleveur qui indique l’origine des insectes et évitez les animaux dont l’identification est incertaine.
  • Lavez-vous les mains après l’entretien du terrarium et avant de manger.

Installer un terrarium haut, ventilé et sécurisé

Pour trois à six jeunes, un terrarium d’environ 30 centimètres de largeur, 30 centimètres de profondeur et 45 centimètres de hauteur peut convenir au départ. Les adultes auront besoin de davantage d’espace, surtout si l’espèce dépasse 10 centimètres. Prévoyez une hauteur correspondant à au moins trois fois la longueur de l’insecte pour qu’il puisse se suspendre pendant sa mue.

Placez le terrarium dans une pièce lumineuse sans soleil direct, à l’écart d’un radiateur et des courants d’air. Une température stable autour de 20 à 25 °C convient à de nombreuses espèces faciles, mais la fiche de l’éleveur doit primer. Une grille fine au plafond et des aérations latérales limitent la condensation et les moisissures.

Fixez les branches pour qu’elles ne tombent pas sur les phasmes. Le sol peut rester nu avec du papier absorbant changé régulièrement, ou recevoir une fine couche de substrat propre. Un couvercle qui ferme réellement est nécessaire : les jeunes phasmes passent par des ouvertures de quelques millimètres.

  • Installez plusieurs branches verticales et obliques, sans angles coupants.
  • Gardez au moins 15 centimètres libres au-dessus des feuilles pour la mue.
  • Retirez les feuilles fanées, les excréments accumulés et les restes moisis chaque semaine.
  • Ne placez jamais le terrarium dans une chambre de bébé ou près d’un aquarium chauffé qui augmente l’humidité.

Donner de la ronce, du lierre et une humidité mesurée

La ronce constitue une nourriture courante pour le phasme bâton et plusieurs phasmes d’élevage. Le lierre peut convenir à certaines espèces, dont des phasmes de Java, lorsque l’éleveur l’utilise déjà. Récoltez les branches loin des routes, des zones agricoles et des espaces traités. Lavez-les à l’eau claire, inspectez-les, puis placez-les dans un bocal lourd dont l’ouverture est protégée pour empêcher une chute dans l’eau.

Renouvelez les feuilles avant leur dessèchement, souvent tous les trois à sept jours selon la chaleur et la quantité consommée. Un groupe de cinq jeunes peut commencer avec une poignée de tiges feuillées, à ajuster selon les restes. Les phasmes mangent surtout la nuit : des feuilles grignotées sur les bords et des déjections sèches montrent généralement qu’ils s’alimentent.

Pulvérisez une brume fine sur les feuilles ou une paroi une fois par jour, parfois un jour sur deux dans un terrarium très ventilé. Le but est d’apporter des gouttelettes accessibles, sans détremper le sol. Une humidité excessive, une odeur de moisi ou une condensation permanente signalent une ventilation insuffisante.

  • N’utilisez jamais de feuilles provenant d’un bouquet acheté chez un fleuriste.
  • Ne donnez pas de salade, de fruits ou de plantes d’intérieur sans confirmation précise de l’éleveur.
  • Changez l’eau du bocal à chaque renouvellement des branches.
  • Si les feuilles sèchent en moins de vingt-quatre heures, éloignez le terrarium d’une source de chaleur.

Observer la mue et la ponte sans intervenir

Avant une mue, le phasme cesse parfois de manger, devient moins mobile et choisit une position suspendue. Il se débarrasse de son ancienne cuticule en quelques minutes à plusieurs heures. Laissez au moins deux fois sa longueur libre sous lui et ne touchez ni l’insecte ni la peau abandonnée. Une chute pendant cette étape peut entraîner une patte déformée ou une blessure.

Les jeunes muent généralement cinq à sept fois avant l’âge adulte, avec des intervalles qui varient selon la température et l’espèce. Une mue réussie laisse une enveloppe vide et un insecte capable de s’agripper. Retirez les feuilles qui encombrent les zones de suspension, mais faites-le seulement lorsque les phasmes sont actifs et fixés ailleurs.

Les femelles peuvent pondre sans mâle chez certaines espèces, par reproduction sans fécondation. Les œufs tombent alors au sol et ressemblent à de minuscules graines. Ramassez-les avec une cuillère sèche si vous ne souhaitez pas de naissances, puis demandez à l’éleveur la conduite adaptée. Leur incubation peut durer environ deux à six mois, avec de grands écarts selon l’espèce et les conditions.

  • Notez la date des mues visibles et le nombre d’individus dans un carnet.
  • Ne séparez pas un phasme suspendu, même pour nettoyer la vitre.
  • Évitez de placer une boîte d’eau ou une décoration dure sous une zone de mue.
  • Préparez un second petit terrarium si les œufs éclosent en nombre.

Organiser les soins en famille et respecter le cadre français

Confiez à l’enfant des tâches courtes et répétées : vérifier les feuilles, compter les phasmes avec un adulte, observer une mue à distance et signaler une branche tombée. L’adulte récolte les végétaux, manipule le couvercle et contrôle la température. Les phasmes sont fragiles : les saisir par le corps ou les pattes peut provoquer une rupture de membre.

En France, l’identification obligatoire concerne les chiens, les chats et les furets, pas les phasmes. Le certificat d’engagement et de connaissance est obligatoire depuis le 1er octobre 2022 pour l’acquisition d’un chien, d’un chat, d’un furet ou d’un lapin, selon les catégories prévues par la réglementation, et ne constitue pas une formalité habituelle pour un phasme. Depuis le 1er janvier 2024, la vente de chiens et de chats en animalerie est interdite.

Avant un achat, vérifiez toutefois l’espèce et son origine. Certaines espèces ou certains échanges peuvent relever de règles de protection, d’introduction ou de la CITES. Ne relâchez jamais un phasme, ses œufs ou une plante porteuse d’œufs dans la nature : une espèce exotique peut survivre localement ou transmettre des organismes indésirables.

  • Demandez une attestation de cession ou une facture lorsque le vendeur en fournit une.
  • Conservez le nom scientifique et les consignes d’élevage avec le terrarium.
  • Transportez les phasmes dans une boîte aérée, garnie de feuilles, sans soleil direct.
  • Prévenez l’école ou un voisin des soins à assurer pendant les vacances.

Repérer les problèmes courants et agir rapidement

Un phasme qui ne mange plus pendant une courte période peut préparer une mue, mais une immobilité prolongée, une perte d’adhérence ou un corps flétri demandent une vérification de la température, de l’aération et de l’accès aux feuilles. Regardez d’abord sans le toucher : un insecte suspendu, immobile et bien accroché peut être en train de muer.

Les moisissures apparaissent lorsque les restes de végétaux et le sol restent mouillés. Retirez les parties atteintes, remplacez le papier ou le substrat et augmentez doucement l’aération. Une patte manquante peut parfois repousser partiellement chez un jeune au fil des mues, tandis qu’une blessure grave ou une hémorragie nécessite un avis vétérinaire.

Les vétérinaires ne prennent pas tous en charge les insectes. Appelez votre clinique avant de vous déplacer afin de trouver un professionnel acceptant les arthropodes. En cas de doute sur une espèce exotique, une mortalité inhabituelle ou un problème de parasites, photographiez le terrarium et notez la température, l’humidité et la nourriture donnée.

  • Isolez un phasme très faible seulement si l’éleveur ou le vétérinaire le conseille.
  • Ne versez aucun produit antiparasitaire ou désinfectant dans le terrarium sans avis vétérinaire.
  • Ne forcez jamais un insecte à boire ou à manger.
  • Nettoyez les accessoires avec de l’eau et séchez-les avant leur remise en place.

Quand appeler le vétérinaire ?

  • Appelez un vétérinaire habitué aux nouveaux animaux de compagnie dans la journée si un phasme saigne, présente une blessure importante ou ne parvient plus à s’agripper.
  • Demandez un avis vétérinaire sous 24 heures si plusieurs phasmes deviennent faibles, cessent de manger hors période de mue ou meurent sans cause visible.
  • Appelez rapidement une clinique avant tout déplacement si vous observez des parasites nombreux, une odeur anormale ou une moisissure étendue avec mortalité.
  • Pour une personne présentant une réaction importante après contact avec le terrarium, une gêne respiratoire ou un malaise, appelez le 15 ou le 112.

La nuit et le week-end, votre vétérinaire indique sur son répondeur le service de garde le plus proche. En cas d’intoxication, le centre antipoison vétérinaire de votre région peut aussi vous conseiller.

Questions fréquentes

Combien de phasmes peut-on garder dans un premier terrarium ?

Commencez avec trois à six jeunes et adaptez l’espace à leur taille adulte. Surveillez les feuilles consommées, les déjections et les mues. Si les insectes se gênent pour se suspendre, si les branches sont couvertes ou si l’humidité reste élevée, agrandissez le terrarium ou séparez une partie du groupe.

Peut-on prendre un phasme dans la main avec un enfant ?

Oui, seulement avec un enfant calme, un adulte présent et un insecte actif, jamais pendant la mue. Placez la main immobile devant ses pattes pour le laisser avancer, sans le pincer ni le tirer. Une observation à travers la paroi convient mieux aux jeunes enfants, car une chute peut gravement blesser un phasme.

Que faire des œufs si nous ne voulons pas de bébés ?

Retirez-les régulièrement du sol avec une cuillère ou un pinceau sec, puis demandez à l’éleveur comment les éliminer. Ne les jetez pas dans le compost, les toilettes ou le jardin. Plusieurs espèces pondent sans mâle et les œufs peuvent rester discrets pendant deux à six mois avant l’éclosion.

Le lierre suffit-il pour tous les phasmes ?

Non. Les plantes acceptées varient selon l’espèce et certains phasmes refusent le lierre. Utilisez d’abord la plante indiquée par l’éleveur, souvent de la ronce pour le phasme bâton. Récoltez uniquement des végétaux non traités, éloignés des routes et des zones agricoles, puis renouvelez les branches avant leur dessèchement.

Testez-vous

3 questions. Choisissez une réponse pour lire l’explication.

  1. 1.Quelle installation aide un phasme à réussir sa mue ?
  2. 2.À quelle fréquence faut-il généralement renouveler les branches feuillées ?
  3. 3.Que faut-il faire des phasmes ou des œufs en surplus ?

Sources

  1. Office pour les insectes et leur environnement, ressources sur les phasmes et l’élevage des insectes insectes.org
  2. Service-Public.fr, obligations liées à la détention et à l’acquisition d’animaux de compagnie service-public.fr
  3. Ministère de l’Agriculture, réglementation et protection des animaux de compagnie agriculture.gouv.fr
  4. MNHN, INPN, réglementation et connaissance des espèces inpn.mnhn.fr

Mis à jour le . Ces repères généraux ne remplacent pas l’avis du vétérinaire qui suit votre animal

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